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nicolas gauthier

  • Les snipers de la semaine... (315)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur le site de la revue Éléments, Nicolas Gauthier crible de fléchettes empoisonnées quelques valeureux contempteurs de Jean-Marie Le Pen qui sont tombés de leur piédestal...

    Patrick Bruel, dernière victime de la malédiction de Lepenkhâmon ?

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    - sur Hashtable, H16 allume la Commission européenne incapable de favoriser la croissances de licornes européennes...

    Comment l’épargnant européen finance assidument les licornes américaines qui vont l’écraser

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  • Les snipers de la semaine... (310)

     

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur le site de la revue Éléments, Nicolas Gauthier rafale le système médiatique qui veut faire monter le sauveur de l'extrême-centre...

    Édouard Philippe : ultime recours du « système » et prêt à faire don de sa personne à la France ?

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    - sur Acrimed, Pauline Perrenot dézingue les médias qui ont complaisamment relayé la campagne de communication de l'ambassadeur d'Israël en France à propos de la guerre contre l'Iran...

    Dans l’audiovisuel, un tapis rouge pour l’ambassadeur d’Israël

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  • Les snipers de la semaine... (310)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur le site de la revue Éléments, Nicolas Gauthier allume les influenceurs "français" expatriés à Dubaï pour des raisons fiscales dont le patriotisme s'est brutalement révélé depuis le début de la guerre contre l'Iran...

    Plus fort que la téléréalité : les bronzées à Dubaï

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    - plus sérieusement, sur Hashtable, H16 prend dans sa ligne de mire l'OTAN dont les dernières manœuvres en Estonie ont montré l'inadaptation des moyens militaires terrestres face à la guerre des drones...

    Drones vs OTAN : on a perdu la 7ème compagnie

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  • USA/ Venezuela : géopolitique et retour aux réalités oubliées...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Nicolas Gauthier, cueilli sur le site de la revue Éléments et consacré à l'opération des États-Unis au Venezuela.

     

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    USA/ Venezuela : géopolitique et retour aux réalités oubliées

    « J’avais l’impression de regarder une série télévisée », aurait affirmé Donald Trump en regardant, en direct, l’équipée américaine au Venezuela. Passé l’effet de sidération médiatique, un état des lieux s’impose.

    Le moins qu’on puisse prétendre est, qu’en France comme en Europe, les réactions demeurent de convenance, à l’exception de La France insoumise, résolument contre, et de Giorgia Meloni, présidente italienne du Conseil des ministres, résolument pour. Si les autres autorités, de l’Élysée au Rassemblement national, en passant par Les Républicains et le Parti socialiste, condamnent cette violation manifeste du droit international, le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne s’indignent guère plus que ça. À quoi bon, d’ailleurs ? Certes, le discours de Dominique de Villepin à la tribune de l’ONU, en 2003, s’il avait sauvé l’honneur du Vieux continent, n’avait en rien empêché les USA de partir en guerre contre l’Irak avec le succès qu’on sait. Comme quoi le pouvoir de la parole ne compte que si sous-tendu par le pouvoir véritable, celui des armes. Si Villepin fut entendu ; Trump, lui, est écouté. La nuance est de taille.

    Ne pas confondre Maduro et Chávez…

    Autre nuance ayant manifestement échappée à nombre de nos confrères : Nicolás Maduro n’est pas Hugo Chávez. Le second fut un leader charismatique, populiste et nationaliste, doublé d’un bâtisseur, ayant été le premier chef d’État vénézuélien à vouloir sortir son pays du piège d’une rente pétrolière confisquée par les oligarchies locales en tentant de diversifier l’économie locale et en mettant tout en œuvre pour extirper le peuple d’une pauvreté structurelle. Une lutte qui s’inscrivait dans celle de son compatriote Simón Bolívar, l’homme qui, après avoir rompu avec la couronne espagnole, refusait la tutelle yankee sur l’Amérique latine. Une sorte de troisième voie d’alors, en quelque sorte.

    Le parcours du premier est tout autre. Issu de la petite bourgeoisie de Caracas, il adhère tôt à La Ligue socialiste, un groupuscule marxiste, où il officie comme garde du corps avant d’être envoyé à Cuba, à l’école des cadres communistes. Un apparatchik sans réelle envergure donc, coupé des réalités d’un peuple qu’il ne connait finalement pas tant que ça. D’où cette dérive de plus en plus autoritaire qui répugnait à son auguste prédécesseur. Pour s’en convaincre, il suffit de relire Que la bête meure, l’un des meilleurs SAS consacrés au sujet, à l’occasion duquel Gérard de Villiers explique comment la CIA a protégé Hugo Chávez contre des tentatives d’assassinat ourdies par la haute société vénézuélienne, blanche il va de soi, contre celui qu’elle tenait pour un communiste à moitié Indien. La Maison-Blanche semblait alors tenir cet autocrate pour une personnalité respectable avec laquelle il fallait, bon an mal an, compter. Manifestement, cette époque n’est plus depuis longtemps.

    La prégnance de la doctrine Monroe…

    Après, comment dire, on s’étonne que nos confrères puissent faire mine de s’étonner devant un tel coup de force. Les plus érudits évoquent le retour de cette doctrine Monroe, développée dès 1823 par le président James Monroe qui annonçait que le Sud du continent américain avait vocation à être la chasse gardée de Washington. Depuis, les gouvernements ont pu changer d’étiquette, mais Démocrates et Républicains ont toujours appliqué la doctrine en question ; avec des gants, parfois, le plus souvent sans. Dès 1901, Cuba est occupé par les USA, alors que l’île vient tout juste de s’émanciper de Madrid, passant, de fait, d’une tutelle à une autre. Inutile de rappeler l’épisode tragicomique de la Baie des cochons, en 1961, quand la CIA tente de débarquer Fidel Castro, qui avait préalablement lui-même débarqué Fulgencio Batista, son prédécesseur installé au pouvoir par la Maison-Blanche. Hormis les putschs à répétition organisés en Amérique latine par les services secrets américains, on se souviendra de deux autres expéditions préfigurant celle qui vient d’avoir lieu au Venezuela.

    En 1983, sous le premier mandat de Ronald Reagan, les forces spéciales américaines sont parachutées sur l’île de la Grenade, dont le gouvernement, mené par un Conseil militaire révolutionnaire, tend à se rapprocher du régime castriste. Si l’heure n’est pas encore aux séries télévisées, la dimension hollywoodienne de l’événement pousse Clint Eastwood à réaliser l’un de ses films les plus crétins, Le Maître de guerre (1986). En 1989, c’est au tour de George Bush d’envahir le Panama et d’y kidnapper son président, Manuel Noriega, pourtant agent quasi-officiel de la CIA, mais narcotrafiquant officieux. En 1992, il est condamné à quarante ans de prison par le tribunal de Miami.

    Bref, et tel que plus haut rappelé, rien de bien neuf sous le soleil. Les nations fortes imposent leur loi aux pays faibles. D’ailleurs, que fut la Françafrique ? Des coups d’état à l’occasion desquels l’Élysée se débarrassait de potentats devenus encombrants pour les remplacer par d’autres, plus accommodants. Mais, autrefois, on y mettait les formes, de façon plus ou moins hypocrite. Le véritable changement, c’est que Donald Trump n’a que faire de ces bonnes manières. Il dit ce qu’il va faire et fait ce qu’il a dit. Au contraire d’un Woodrow Wilson par exemple qui, président américain de 1913 à 1921, fut à l’origine de la Société des Nations, cette instance internationale censée mettre fin à toutes les guerres, sans parvenir à empêcher aucune. Un humanisme qui ne l’encombre pas, en 1914, quand il s’agit d’envahir le Mexique et de s’y installer trois ans. Dans le même temps, il intervient militairement à Haïti et en République dominicaine, au motif que les intérêts américains y étaient menacés. Pas mal pour un pacifiste ; même si par ailleurs il était grand admirateur du Ku-Klux-Klan et à l’origine de la Prohibition. À ta santé, Woodrow…

    L’effacement diplomatique de la France…

    Il y a deux sortes de satrapes. Ceux qui se comportent comme tels et qui l’assument. Et ceux qui font de même tout en administrant des leçons de morale à la terre entière. À tout prendre, il n’est pas interdit d’opter pour les premiers. Donald Trump correspond assez bien à cette définition. Tout comme ses homologues russes et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping. Après, on est en droit de préférer Bernard Kouchner : tous les mauvais goûts sont dans la nature. Fortuitement, ce sont ceux des instances européennes, encore persuadées qu’une loi contre la guerre suffit à mettre la guerre hors la loi, alors la guerre a ses propres lois depuis que l’homme est homme ; celle du plus fort prévalant, généralement. En revanche, le génie de la diplomatie a longtemps consisté à les éviter, non point au nom d’un manichéisme infantile (défendre les gentils contre les méchants), mais en raison d’intérêts réciproques bien compris. Ainsi, la guerre d’Ukraine aurait pu être évitée si le Quai d’Orsay était devenu autre chose qu’une officine néoconservatrice sous influence américaine. Car ce sont bien les USA qui ont acculé la Russie à la guerre, tout comme ils l’avaient autrefois fait, en 1990, avec l’Irak, poussant Saddam Hussein à envahir le Koweït.

    En ce sens, l’équipée américaine au Venezuela participe d’une toute autre logique, puisque, franchise trumpesque oblige, il affirme que ses armées sont là pour s’enrichir avec le pétrole local. Une telle honnêteté est proprement désarmante, si l’on peut dire en la circonstance. Idem pour ce Groenland qui pourrait bientôt connaître le même sort. Car malgré ses allures de brute inculte, Donald Trump semble avoir quelques lettres en matière historique. À ce titre, faut-il savoir qu’en 1867, les États-Unis proposaient déjà au Danemark de leur acheter ce fichu Groenland, offre renouvelée en 1946 par le président Harry Truman et, en 2019 par… Donald Trump, lors de son premier mandat. À croire que notre homme a de la suite dans les idées et que ce qui pourrait passer pour l’une de ses énièmes lubies, est de longue date ancrée dans la politique de la Maison-Blanche.

    Après, objectent les derniers tenants de l’ordre international, ce qu’a fait Trump au Venezuela dédouane en quelques sorte ce que Poutine fait en Ukraine ou que Jinping pourrait faire à Taïwan. Ce n’est pas faux. Mais l’un ne ressent plus guère le besoin de se justifier, pas plus que l’autre n’aura éventuellement envie de faire de même, sachant qu’il estime que cette île fait partie intégrante de la Chine. Ce qui est d’ailleurs conforme au fameux “droit international”.

    Mais, après la politique étrangère, quid de la politique intérieure ? Donald Trump a précisément été réélu pour pleinement s’y consacrer. D’où la colère d’une partie de son électorat MAGA à tendance isolationniste, qui voit mal l’intérêt qu’il y a à bombarder l’Iran pour le compte d’Israël et à maintenant envahir le Venezuela, en attendant que vienne le tour de Cuba ou de la Colombie. Ce d’autant plus que si ce raid éclair a été couronné de succès, avec sûrement des complicités intérieures au plus haut niveau, quid de la suite ? Il n’y a pas que les Arabes à savoir mener des guérillas, les Sud-Américains s’y connaissant plus qu’un peu. Soit un problème qui risque de bientôt se poser en termes électoraux, sachant que l’électorat hispanique, de plus en plus incontournable aux USA, a en partie fait sa victoire en 2025, pourrait le défaire à l’occasion des élections de mi-mandat qui s’annoncent. À force d’avoir trop de fers on feu, il peut arriver qu’on puisse se brûler. Une préoccupation qui, manifestement, n’encombre pas plus que ça les cervelles de nos technocrates bruxellois, incapable de comprendre que leur nouvel ordre international, ce chaos organisé, ne fut qu’une parenthèse hypocrite et que le réel reprend aujourd’hui ses droits. En admettant toutefois qu’il les ait un jour oubliés. Le passé a encore de l’avenir, dit-on.

    Nicolas Gauthier (Site de la revue Éléments, 6 janvier 2026)

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  • Demain, une Europe sans Européens ?...

    Le nouveau numéro de la revue Éléments (n°217, décembre 2025 - janvier 2026) est en kiosque!

    A côté du dossier consacré à la démographie des peuples européens, on découvrira l'éditorial d'Alain de Benoist, les rubriques «Cartouches», «Le combat des idées» et «Panorama» , un choix d'articles variés et des entretiens, notamment avec David Betz, Ivan Krastev et Dany Robert-Dufour...

    Et on retrouvera également les chroniques de Xavier Eman, d'Olivier François, de Laurent Schang, de Nicolas Gauthier, d'Aristide Leucate, de David L'Epée, de Bruno Lafourcade, de Guillaume Travers, d'Yves Christen, de Bastien O'Danieli, d'Ego Non et de Bernard Rio...

     

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    Au sommaire :

    Éditorial
    Vous avez dit « domination » ? Par Alain de Benoist

    Agenda, actualités

    L’entretien
    L’entretien choc de David Betz : vers une guerre civile européenne? Propos recueillis par Daoud Boughezala

    Cartouches
    L’objet disparu: le scoubidou, par Nicolas Gauthier

    Mes lectures, par Alain de Benoist

    Une fin du monde sans importance, par Xavier Eman

    Cinéma: Chien 51, dystopie crépusculaire, par Nicolas Gauthier

    Curiosa Erotica: Jean-Pierre Bouyxou, homme de toutes les fascinations. Par David L’Épée

    Champs de bataille: il y a ferraille et ferraille. Par Laurent Schang

    Uranie, l’hortothérapeute (IX). Par Bruno Lafourcade

    Littérature. Les choix d’Anthony Marinier

    Un homme, une maison d’édition: Xavier Meystre. Propos recueillis par François Bousquet

    Le droit à l’endroit: l’État de droit, une vieille idée neuve. Par Aristide Leucate

    Économie. Par Guillaume Travers

    Bertrand Lacarelle, écrivain forlongueur. Par Olivier François

    Bestiaire: Kant, le chien et l’ornithorynque. Par Yves Christen

    Sciences. Par Bastien O’Danieli

    Le combat des idées
    Taxe Zucman: panacée ou illusion ? Par Guillaume Travers

    Le miracle européen : la « grande divergence », apogée et épuisement. Par Thomas Hennetier

    Ivan Krastev: comment notre monde est devenu illibéral. Propos recueillis par Daoud Boughezala

    Qui sont les Blancs ? Julien Rochedy ouvre le dossier interdit. Par François Bousquet

    « Sale Blanc ! » P.-A. Taguieff, radiographie le ressentiment victimaire. Par François Bousquet

    Thomas Hennetier : « Pas de démocratie sans peuple ». Propos recueillis par François Bousquet

    Dans la tête de Mélenchon. Par Denis Collin

    Badinter au Panthéon: la mort lui va si bien. Par Christophe A. Maxime

    L’histoire secrète d’Enrico Mattei : or noir et stratégie de la tension. Par Gérard Boulanger

    Samuel Fitoussi contre les mandarins : pourquoi les intellectuels se trompent. Par David L’Épée

    Dany-Robert Dufour: baise ton prochain comme il te baisera. Propos recueillis par François Bousquet

    Le droit à la continuité historique contre l’extinction des peuples. Par Gabriel Piniés

    Un pas de côté avec Patrice Jean : le roman n’a pas dit son dernier mot. Par Anthony Marinier

    Hugues Pagan le survivant: la nuit n’a pas d’alibi. Par Gérard Landry

    Yellowstone, la pastorale américaine de Taylor Sheridan. Par François-Xavier Consoli

    Erich Fromm, l’apôtre de la société saine. Par Thomas Hennetier

    Dossier : Démographie: l’hiver des peuples européens
    Gérard-François Dumont : anatomie du déclin démographique français. Propos recueillis par Daoud Boughezala

    Trilemme démographique : immigration, stagnation ou sursaut nataliste ? Par Anthony Marinier

    Le Grand Bond… en arrière du continent noir. Par Loup Viallet

    Le mythe nataliste de l’immigration démenti par les faits. Par Darel E. Paul

    Le crépuscule du désir : comment le Japon se vide sans se renier. Par Nina Pravda

    Jean Raspail: l’homme qui avait tout vu venir. Par Anthony Marinier

    Panorama
    La leçon de philo politique : le rêve aristocratique d’Ernest Renan. Par Ego Non

    Pourquoi une philosophie politique civilisationnelle ? Par Frédéric Saint Clair

    Un païen dans l’Église : inspiration finale à Notre-Dame d’Avesnières. Par Bernard Rio

    « Back to bled! » La remigration selon Renaud Camus. Par François Bousquet

    Éphémérides

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  • France-Algérie : les raisons de notre soumission...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Nicolas Gauthier cueilli sur le site de la revue Éléments et consacré à la soumission librement consentie de la France à l'Algérie.

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    France-Algérie : les raisons de notre soumission

    Comme souvent dans l’Histoire, ce qui commence en tragédie finit en farce. Les rapports houleux et passionnels entre la France et l’Algérie n’échappent pas à la règle, étant passés d’une guerre réelle à un antiracisme irréel. Avec les conséquences qu’on sait.

    Pour obtenir la libération de l’écrivain Boulaem Sansal –  en attendant celle du journaliste Christophe Gleizes, lui aussi détenu dans les prisons algériennes –, La France avait, nous dit-on, le choix entre deux stratégies : l’une consistant à la manière forte et l’autre à la diplomatie. Les deux ont échoué avant même d’avoir été mises en œuvre. Si la « manière forte », prônée par Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur dont la démission demeure un défi lancé au bon sens, n’a pas fonctionné, c’est tout simplement parce que l’Élysée a répugné à la pratiquer. Quant à la seconde, il s’agit plus une victoire de la diplomatie allemande que d’un succès du Quai d’Orsay. Bref, pas une balle dans le panier.

    Il ne faut pas aller creuser bien loin pour expliquer les raisons de cette impuissance : c’est la France qui l’a elle-même organisée.

    Guerre d’Algérie : chacun avait ses raisons…

    Résumons. La Guerre d’Algérie fut certes une horreur, plus horrible encore qu’un conflit traditionnel, s’agissant d’une véritable guerre civile, faisant se combattre les Algériens entre eux (FLN et harkis), mais également, et ce dans une moindre mesure, les Français (barbouzes gaullistes et soldats perdus de l’OAS). Pendant des années, tous les protagonistes survivants savaient bien que cette histoire ne s’était pas écrite en noir et blanc. Chacun avait ses raisons, toutes finalement légitimes. Et ce n’est qu’une vingtaine d’années après les Accords d’Évian, en 1962, qu’une vision manichéenne des « événements », tel que la censure d’État disait alors, a commencé à prévaloir ; ce à notre détriment, évidemment. Ainsi, pour nombre de médias et de personnalités politiques, de gauche généralement, cette guerre se résuma-t-elle à une « torture » devenue sorte de système à lui seul, à la fois cause et finalité, mais découplée du contexte du moment et sans qu’on cherche à s’interroger pourquoi elle avait pu être pratiquée. Tout en faisant semblant de croire que les guerriers du FLN se battaient à grands coups de sacs à main, notons-le. Dans la foulée, les mêmes assuraient que la France devait faire repentance pour son rôle de colonisateur. Comme si nous avions été les seuls du genre. Comme si les empires arabo-musulmans, Abbassides et Omeyades, sans oublier son homologue ottoman, s’étaient constitués sans jamais coloniser, d’abord leurs voisins avant de faire de même de pays lointains. Si tel n’avait pas été le cas, on se demande bien comment l’Indonésie serait aujourd’hui devenu le premier pays musulman du monde.

    Repentance : les Algériens ne nous en demandaient pourtant pas tant…

    Ce faisant, nous nous sommes agenouillés alors que personne n’aurait osé nous le demander, et surtout pas les nations concernées, tout en nous livrant, pieds et mains liés, nous interdisant ainsi de répondre à la plus minime provocation. Erreur aussi fatale que lourde de conséquences. En effet, nul besoin d’être un orientaliste distingué pour savoir que si ces peuples ne respectent certes pas que la force, ils méprisent généralement les faibles ; surtout ceux qui en font profession. Le criminologue Xavier Raufer, bien connu de nos lecteurs, affirmait ainsi et en substance, à l’occasion d’un entretien accordé à Causeur : « De par mon métier, j’ai souvent l’occasion de m’entretenir avec mes homologues algériens. La première fois, alors que l’heure était aux présentations, j’ai dit qui j’étais : un ancien partisan de l’Algérie française, du temps de ma jeunesse. Et cela s’est très bien passé. Ils comprenaient et ils respectaient. »

    Dans le même registre, le défunt Jean Bourdier, ancien directeur-adjoint de Minute et l’un des pontes de l’OAS-Métro, affirmait jadis à l’auteur de ces lignes : « Le parrain de ma fille cadette est un ancien chefs du FLN. Finalement, nous aimions tous les deux l’Algérie, chacun à notre façon. Mais, autant il professait la plus grande estime pour mon combat, autant il méprisait les porteurs de valises, concédant que les traîtres sont parfois utiles, qu’il s’en servait donc tout en les méprisant souverainement, ne parvenant pas à comprendre pourquoi ils trahissaient leur peuple et leur patrie. »

    Et le même de poursuivre : « La seule chose pour laquelle la France devrait faire amende honorable, c’est la trahison des harkis, ces soldats qui se sont battus pour la France et qui les a ensuite laissés tomber. Là, nous avons baissé d’un cran dans le cœur des Arabes, qui se rendaient compte que nos dirigeants n’avaient pas de parole. Et, par voie de fait, pas d’honneur. » Mais allez expliquer ça à un Emmanuel Macron qui n’a même pas fait son service militaire et pour qui la présence française en Algérie fut « un crime contre l’humanité. » Rien de moins. La junte au pouvoir, qui n’en demandait pas tant, fut exaucée au-delà même de ses vœux les plus fous. Ça, ce fut l’olive sur la corne de gazelle.

    Tenta-t-il d’ensuite se rattraper en évoquant « la rente mémorielle » du régime algérien ? Possible. Mais le mal était fait et bien fait. En même temps, Emmanuel Macron et capable du meilleur comme du pire ; mais c’est dans le pire qu’il demeure le meilleur.

    Les ravages de notre « antiracisme » d’État…

    Cette faute originelle, tant politique que psychologique, nous n’en finissons plus de la payer, permettant ainsi au régime algérien de confondre « rente mémorielle » et assurance-vie. Pour tout arranger et demeurer dans un semblable registre, notre antiracisme d’État montre un signe de faiblesse tout aussi aberrant, laissant à croire, non sans raison, que nous préférons les « autres » aux « nôtres » et que le fait d’être un « autre » demeure une inusable excuse en tous lieux, même et surtout devant les tribunaux. Comme si le fait d’être « maghrébin » pouvait être une circonstance atténuante, au même titre qu’on ne sait quelle déficience mentale.

    Étrange mélange de condescendance et de haine de soi. Voilà qui paraîtrait incongru sur le reste de la planète ; ça l’est plus encore dans l’âme arabe. Malheureusement, nous en sommes là.

    Nicolas Gauthier (Site de la revue Éléments, 18 novembre 2025)

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