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27/11/2017

La guerre civile froide...

Les éditions Le Retour aux sources viennent de publier un essai de Jean-Michel Vernochet intitulé La guerre civile froide - La théogonie républicaine de Robespierre à Macron. Journaliste, écrivain, ancien grand reporter au Figaro magazine, Jean-Michel Vernochet a notamment publié Iran - La destruction nécessaire (Xénia, 2012) et Les égarés - Le Wahhabisme est-il un contre islam (Sigest, 2013).

 

Vernochet_La guerre civile froide.jpg

" Si les grands idéaux, Liberté, Égalité, Fraternité étaient restés ce qu’ils sont et ce qu’ils doivent être, des idéaux et non ce qu’ils sont devenus, des articles de foi et de loi, tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes républicains. Hélas des fanatiques, messianistes plus ou moins conscients, se sont mis en tête de faire tomber du ciel sur le plancher des hommes ces idéalités qui eussent dû y rester accrochées jusqu’à la fin des temps...

L’opposition entre les deux pôles droite/gauche incarne donc jusqu’à ce jour la guerre éternelle du Bien contre le Mal. D’un côté l’Homme nouveau, forcément jeune, surdiplômé, libéral-libertaire, urbain, habitant branché des métropoles, libre de préjugé, sachant jouir sans entrave ni temps mort, mobile, ouvert au monde et chantre du village planétaire. De l’autre, des beaufs ringards et repliés sur eux-mêmes avec leurs stéréotypes hérités d’un passé obsolète, peu éduqués, l’esprit encombré de vieilleries, statiques et sédentaires, en majorité ruraux ou provinciaux, à la mobilité intellectuelle réduite, hostiles et incapables de vivre le temps présent.

La guerre idéologique du XXIème siècle, après avoir opposé capitalisme et collectivisme, fait aujourd’hui se confronter le globalisme, soit la République universelle, aux Nations et aux traditions… "

                       

03/09/2010

De la fraternité...

Paru initialement en 2009, Le moment fraternité, essai de Régis Debray, ressort dans la collection de poche Folio essai. Nous reproduisons ici la recension qu'en avait fait Alain de Benoist dans la revue Eléments

moment fraternité.jpg 

 

De la fraternité

 

Dans la devise républicaine, la notion de «fraternité» est souvent perçue comme celle qui permet d'équilibrer les deux autres, la liberté et l'égalité. Mais c'est aussi celle dont on a le moins souvent traité. Régis Debray, dans un essai véritablement éblouissant, y voit l'occasion de rappeler qu'il n'y a pas de citoyenneté qui vaille sans un projet collectif. « L'individu est tout, et le tout n'est plus rien. Que faire pour qu'il devienne quelque chose ?»

La fraternité, remède au «royaume morcelé du moi-je»! Belle occasion de revenir sur ce qui est indispensable au nous, à commencer par la référence à une sacralité, qu'elle soit séculière ou révélée, avec ce qu'elle comporte de souvenirs et, parfois, de nostalgie pour une légende héroïque ou un mythe fondateur («la nostalgie est un sentiment révolutionnaire. Je reconnais le conservateur à ce qu'il n'en a aucune »).

Le sacré, en ce sens, précède le religieux et lui survivra (« On ne se déprend pas du sacré en le sécularisant»). Mais l'idée de fraternité doit être bien comprise. Elle n'est pas l'amitié. Elle n'est pas la solidarité. Elle n'est pas non plus les « droits de l'homme", cette nouvelle religion civile dont Debray n'a pas de mal à faire apparaître la vacuité. La fraternité implique que les hommes se perçoivent comme les enfants d'un même père, mais d'un père dans lequel ils ont choisi de se reconnaître. Dans L'espoir, Malraux disait que « le courage est une patrie ». La fraternité politique, solidarité élective et non pas naturelle, est en ce sens le contraire même de la fratrie. La fraternité est aujourd'hui une notion orpheline, car « une vie à la première personne du singulier une vie mutilée».

Le nous implique certes une confrontation (entre «eux» et «nous »), mais cette confrontation est aussi nécessaire au vivre-ensemble. «L'abolition des différences, écrit Debray, porte en elle la violence comme le nuage porte la pluie et le devoir de vertu le devoir de terreur". Aujourd'hui, il s'agit de «faire du nous avec du neuf ». Ce grand livre aussi un acte de foi.

Alain de Benoist, Eléments n°132 (juillet-septembre 2009)