Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/12/2018

Effondrement, collapsologie, catastrophisme : l’heure serait-elle à la fin du monde ?...

Dans cette émission du Plus d’Éléments, diffusée par TV Libertés, l'équipe de la revue, autour d'Olivier François, évoque, à l'occasion de la sortie du nouveau numéro, les risques d'effondrement de la civilisation mais également Mélenchon et les Insoumis en butte à la question migratoire, l’inquiétant phénomène des études scientifiques bidons et « Saint-Ex » loin des clichés. On trouvera sur le plateau François Bousquet, rédacteur en chef, Patrick Lusinchi, directeur artistique, Fabien Niezgoda et Christophe A. Maxime.

                                 

22/11/2018

Fin du monde ou fin d'un monde ?...

Le nouveau numéro de la revue Éléments (n°175, décembre 2018 - janvier 2019) est en kiosque !

A côté du dossier consacré à la collapsologie, on retrouvera l'éditorial d'Alain de Benoist, les rubriques «Cartouches», «Le combat des idées» et «Panorama» , un choix d'articles variés, des entretiens, notamment avec Stephan Carbonnaux, Jérôme Fourquet et Jérôme Sainte-Marie, les chroniques de Xavier Eman, d'Hervé Juvin, d'Olivier François, de Ludovic Maubreuil, de Fabien Niezgoda, de Laurent Schang, d'Yves Christen et de Slobodan Despot et l'anti-manuel de philosophie de Jean-François Gautier...

Bonne lecture !

Vous pouvez commander ce numéro ou vous abonner sur le site de la revue : http://www.revue-elements.com.

 

Elément 175.jpg

Éditorial           

Mauvaise conscience, par Alain de Benoist

Agenda, actualités

L’entretien

Stephan Carbonnaux. Pour une école de la diplomatie écologique à la française, propos recueillis par Pascal Esseyric

Cartouches

Le regard d’Olivier François : Un diable à visage mesquin

Une fin du monde sans importance, par Xavier Eman

Le carnet géopolitique d’Hervé Juvin : Utile, respecté, entendu, ou  le retour du politique

Un peuple et son roi : trop grande révolution , par Ludovic Maubreuil

Un miracle grec, par Armand Grabois

Champs de bataille : Solférino. une bataille, deux villages, trois couronnes, par Laurent Schang

Arto Paasilinna, un fieffé païen, par Anne-Laure Blanc

Jérémiades, par Pascal Esseyric

Bestiaires : L'instinct maternel, ce n'est pas du caca. Quoique..., par Yves Christen

Sciences

Le combat des idées

Pourquoi Mélenchon bute sur la question migratoire, l'analyse de Jérôme Fourquet et Jérôme Sainte-Marie

Populisme : Jean-Claude Michéa persiste et signe, par Thomas Hennetier

Sahra Wagenknecht, la gauche allemande au défi de l’immigration, par Benedikt Kaiser

Aux sources de l'Iliade avec Philippe Conrad, propos recueillis par Pascal Esseyric

En son pays, en sa race. Bâtir, habiter, penser en poète avec Rémi Soulié, par François Bousquet

Races et antiracismes, critique d'un discours schizophrène, par Alain de Benoist

Universités sous influence, par Guillaume Travers

Contre l'éternel retour de Lyssenko, par Pascal Esseyric

Une histoire mouvementée du rock identitaire français, par Xavier Eman

La sociologie du hardeur de Lounès Darbois, pour ou contre ?, par Xavier Eman et David L’Épée

Anarcho-primitivistes fin-de-siècle : les naturiens contre le progrès, par Olivier François

Relire Walter Scott, un héros de l’Europe romantique, par Fabien Niezgoda

Saint-Exupéry, le voltigeur foudroyé, par Christophe A. Maxime

La maison rouge de Malaparte, par Laurent Schang

Dossier

Collapsologie

La fin du monde, une histoire sans fin : impolitique de la catastrophe, par François Bousquet

Apocalypse now : Quelle alternative à l’économie du désastre ?, par Jean de Juganville

Déclin de l’Occident : les 100 ans du maître-ouvrage de Spengler, par David Engels

Halte à la croissance ! L’étrange destin du rapport Meadows, par Eric Maulin

Là où finissent les étoiles : Isaac Asimov et l’effondrement de la galaxie, par Fabien Niezgoda

Paul Virilio, guetteur d’apocalypse : l’accélération du monde, par Pierre Le Vigan

Panorama

L’œil de Slobodan Despot

De l'importance de soigner sa barbe, par Slobodan Despot

Philo : Éprouver l'injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?, par Jean-François Gautier

L’esprit des lieux : La Hütte de Todtnauberg, par Rémi Soulié

C’était dans Éléments : Jean Anouilh contre la télévision

Éphémérides

 

24/10/2018

Cette année-là... (8)

Dans Cette année-là, l'équipe de la revue Éléments, autour de Patrick Lusinchi,  nous fait découvrir sur le plateau de TV Libertés des livres, des chansons, des films, des évènements qui ont marqué la société française en bien ou en mal et qui marquent encore notre présent. Un rendez-vous classé par année, sous le signe d’un retour sur notre passé, avec ce qu'il faut de passion et d'impertinence... Et on retrouve sur le plateau Pascal Esseyric, David l’Épée , Fabien Niezgoda et Ludovic Maubreuil...

Au sommaire ce mois-ci :

– un livre : La fin de l'histoire et le dernier homme, de Francis Fukuyama (1992)

– un bande-dessinée : Tintin et les Picaros , de Hergé (1976)

– un film : The wicker man, de Robin Hardy (1973)

 

                                    

22/10/2018

Ecologie et démographie...

Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Fabien Niezgoda au Blog Eléments sur la question de la démographie, vue sous l'angle de l'écologie... Membre du Mouvement écologiste indépendant, Fabien Niezgoda est professeur d'histoire-géographie et collabore à diverses revues , dont Eléments. Il vient de publier, avec Antoine WaechterLe sens de l'écologie politique - Une vision par-delà droite et gauche (Sang de la Terre, 2017).

 

fabien niezgoda, écologie, démographie, immigration

 

Écologie et démographie : le nécessaire compartimentage d’une planète saturée

Une infographie publiée par l’AFP lundi 8 octobre a fait parler d’elle, en plaçant parmi les gestes permettant de réduire son empreinte carbone le fait d’« avoir un enfant de moins », loin devant le renoncement à la voiture ou le changement des ampoules.

L’AFP n’a fait que reprendre l’évaluation effectuée l’an dernier par la revue scientifique Environmental Research Letters. Du reste, les calculs associant l’impact environnemental d’une société à la consommation individuelle multipliée par l’effectif des consommateurs (en tenant compte du type de technologie utilisée) sont présents de longue date dans la réflexion écologiste la plus sérieuse. Citons l’équation de Ehrlich-Holdren (« I = PAT »), au début des années 1970, ou encore l’équation de Kaya , utilisée par le GIEC. L’évidence mathématique provoque pourtant des cris d’orfraie, car la question démographique a cette particularité d’associer deux dimensions que l’on préférerait sans doute dissocier : d’une part la vaste échelle géographique où se mesure l’impact du nombre, et d’autre part l’échelle familiale et individuelle où toute perspective d’ingérence suscite méfiance ou scandale, comme une atteinte aux droits fondamentaux. Pourtant, ainsi que le souligne Didier Barthès, porte-parole de l’association Démographie Responsable, « il n’y a nulle raison d’opposer une action sur les modes de consommation et la lutte contre la surpopulation, les deux se conjuguent »[1].

Yannick Jadot, cité par le Figaro [2], affirme pourtant que « ces thèses ne pèsent plus rien dans l'écologie politique »…

On pourrait répliquer en demandant ce que pèse Jadot – quoiqu’il ne faille jamais sous-estimer le poids des boulets. Plus tristement, on pourrait s’interroger sur le poids de l’écologie politique elle-même. En réalité, ce qui nous ramène au sujet, les représentants les plus visibles de celle-ci se sont pour la plupart discrédités en évacuant progressivement de leur discours et de leur réflexion les données scientifiques les moins compatibles avec un programme politique qui se veut consensuel et progressiste. Jadot rejette ainsi « les grandes théories de l'effondrement global qui ne tiennent pas la route », alors que, ne lui en déplaise, de plus en plus d’écologistes convaincus, conjuguant expertise scientifique et engagement militant, se tournent vers ce que Pablo Servigne et Raphaël Stevens (Comment tout peut s’effondrer, Le Seuil, 2015) ont nommé la « collapsologie », cette démarche d’anticipation des crises à venir, présente en particulier au sein de l’Institut Momentum que préside Yves Cochet. Il en résulte certes des conclusions rarement optimistes, qui ne permettent guère de vendre du rêve – ce qui ne veut pas dire que les collapsologues négligeraient de dessiner des pistes d’action, bien au contraire. Mais le fait de ne pas chercher à séduire les foules ni à les caresser dans le sens du poil a un avantage : on peut dès lors ne pas tenir compte des tabous, en l’occurrence sur la question démographique, et donner à ce paramètre toute sa place dans la prospective, comme l’ont toujours fait les modélisateurs, à commencer par l’équipe réunie autour de Dennis Meadows, à l’origine du fameux rapport au Club de Rome sur les limites de la croissance. Tout récemment, les scientifiques signataires d’une tribune dans Le Monde [3] l’ont répété eux-mêmes clairement : « Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue pour sauver l’habitabilité de notre planète d’un désastre annoncé. »

Interrogé par L’Express [4], Yves Cochet enfonce le clou du néo-malthusianisme, prônant par exemple une refonte radicale du système d’allocations familiales.

Il a raison ; ce système n’est rien d’autre qu’un outil politique, qu’il est donc légitime d’utiliser en fonction des objectifs que l’on se fixe. Yves Cochet avait d’ailleurs déjà évoqué une « grève du troisième ventre » en 2009, suscitant la gêne de ses collègues Verts. Notons qu’en tant que mathématicien, il n’est pas de ceux qui ignorent les équations citées plus haut, ou qui en négligent la portée ; il n’est pas pour rien devenu une figure de proue de la collapsologie. Cochet a raison également quand il souligne qu’agir sur ce paramètre n’est pas plus illusoire que prôner le sacrifice du confort matériel : renoncer à la voiture, au smartphone, à l’entrecôte… Toutefois, il me semble faire fausse route, ou du moins garder un angle mort dans son raisonnement, quand il dit que cette « limitation des naissances » devrait être menée « encore plus en Europe et aux États-Unis qu'ailleurs », du fait de l’empreinte écologique individuelle plus forte des habitants des pays les plus développés. « Contrairement à l'idée répandue que c'est en Afrique qu'ils font beaucoup d'enfants et que cela est un problème », affirme-t-il, « c'est évidemment chez nous qu'il faut avoir une politique de planification familiale anti-nataliste. »

Le problème, c’est que le « malthusianisme dans un seul pays », dans le cadre d’une « planète migratoire » (pour reprendre l’expression du géographe Gildas Simon), c’est un peu l’équivalent d’un désarmement unilatéral dans un contexte belliqueux : une capitulation, déguisée en démarche pacifiste. Se contenter d’inciter les Européens à réduire leur fécondité sans remettre en cause les flux migratoires en provenance des zones à forte pression démographique ne contribue guère à résoudre le problème global, bien au contraire. Au niveau individuel, et en laissant de côté les enjeux socio-culturels évidemment liés à la question, un Malien qui s’installe en France multiplie en quelques années son empreinte carbone par cent : ce déracinement n’est-il pas une aberration écologique ?

D’autre part, ce jeu de vases communicants a un double effet néfaste sur les pays ainsi connectés. Pour les pays récepteurs, l’apport migratoire réduit à néant les amorces de stabilisation voire de décrue démographique – et si l’on n’est pas convaincu de la surpopulation d’un pays comme la France, que l’on compare des cartes IGN récentes à celles antérieures aux « Trente Glorieuses » et à l’« aménagement du territoire », pour y constater d’un coup d’œil l’explosion de l’emprise foncière des zones urbaines au détriment des zones agricoles et naturelles. Quant aux pays émetteurs, la perspective migratoire leur offre comme un bassin déversoir qui a pour effet de retarder les mesures de régulation interne, alors même que des prises de conscience existent, comme le montre le Partenariat de Ouagadougou sur la planification familiale. Le bilan global en terme de pression démographique et écologique n’est donc en rien amélioré par l’ouverture migratoire. Pourtant celle-ci reste prônée contre vents et marées par ceux qui se veulent porteurs de solutions écologistes. Ainsi, selon le secrétaire national d’EELV David Cormand, l’annonce récente de la candidature européenne du maire de Grande-Synthe Damien Carême, actif dans l’accueil des migrants, « illustre en quoi la question écologique est intrinsèquement liée à la question migratoire et européenne ». Diagnostic exact, du moins pour ce qui concerne les réfugiés climatiques, mais prescription charlatanesque.


Un écologiste immigrationniste ne serait donc pas seulement coupable de « hors-sujet », comme on en accuse parfois les écologistes délaissant leur domaine pour des préoccupations sociétales, mais il commettrait même un contresens ?

Il en va ainsi sur d’autres sujets dits « sociétaux » : souvenons-nous de José Bové rappelant à ses collègues favorables à la généralisation de la PMA les critiques fondamentales de son maître Jacques Ellul sur la question de la technique… Mais en effet, sur le sujet démographique et migratoire qui nous intéresse ici, on peut également constater un contresens, qui a d’ailleurs déjà été relevé par d’autres : « Les écologistes devraient dire que l’immigration maintient ou accroît la pression humaine sur le milieu naturel dans des pays où, de par le recul de la natalité, cette pression pourrait s’y stabiliser sinon régresser. Ainsi il n’y aura pas de répit. L’homme va continuer à saturer l’espace planétaire à la fois par la croissance démographique et par les transferts de population. »[5]

Réaffirmons-le : la prise en compte de la démographie est une absolue nécessité écologique. S’aveugler à ce sujet revient à nier que deux fois trois fassent six. Mais les paramètres de la population et des ressources n’ont guère de sens si on les examine « hors-sol », en dehors des milieux (n’oublions pas le sens étymologique du mot « écologie », la science de l’habitat). La dimension géographique, territoriale, géopolitique ne doit pas être évacuée de l’analyse. « Alors que les humains ont atteint les limites de toutes les frontières, y compris celles de la planète, ils devraient dorénavant se contenter du territoire où peuvent s’exprimer leurs solidarités de proximité. Les problèmes économiques, sociaux et éthiques qu’entraînent les migrations devraient être une motivation supplémentaire pour agir au niveau de la maîtrise de la fécondité, pour élaborer collectivement une démographie responsable. »[6]

L’humanité prise dans sa globalité a déjà dépassé la capacité de charge de la planète, entraînant un déséquilibre accru de la biosphère (le climat et la biodiversité en étant les aspects les plus préoccupants, mais il y en a d’autres : changement d’affectation des sols, acidification des océans, cycles du phosphore et de l’azote, pollution chimique...). Mais si le système thermo-industriel peut et doit être observé et compris dans sa dimension mondiale, force est de constater que « l’humanité » en elle-même n’est pas un acteur politique, contrairement aux sociétés territorialisées ; elles seules peuvent être ces acteurs, à condition précisément de rester des communautés politiques ayant par définition la maîtrise de leur territoire, et donc de leurs frontières. Dans une planète saturée, il est indispensable d’envisager le compartimentage de l’écoumène.

 

Fabien Niezgoda (Blog Eléments, 16 octobre 2018)

 

Notes

[1] « Pour une démographie responsable », entretien paru dans Éléments n°158.

[2] Le Figaro, "Faire moins d'enfants pour sauver la planète : itinéraire d'une thèse vivace" par Edouard de Mareschal

[3] Le Monde, "Climat : « Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue »" Collectif

[4] L'Express, "Pour le climat, on n'est pas prêts à faire moins d'enfants" par Anna Benjamin

[5] René Monet, Environnement, l’hypothèque démographique, cité par Michel Sourrouille, « La problématique des migrations dans une planète close et saturée », in Moins nombreux, plus heureux. L’urgence écologique de repenser la démographie, Sang de la Terre, 2014.

[6] Michel Sourrouille, « La problématique des migrations dans une planète close et saturée », in Moins nombreux, plus heureux, op. cit.

08/10/2018

Ecologie conservatrice contre écologie révolutionnaire...

Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire, dans lequel il évoque l'écologie... Philosophe et essayiste, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Ce que penser veut dire (Rocher, 2017) et L'écriture runique et les origines de l'écriture (Yoran, 2017).

Alain de Benoist 2.jpg

 

Alain de Benoist : « L’écologie a un versant conservateur et un versant révolutionnaire ! »

Avec le départ de Nicolas Hulot du gouvernement, on en vient à penser qu’un ministre de l’Écologie ne sert finalement à rien, si ce n’est à démissionner. Encore une occasion manquée ?

On peut reprocher beaucoup de choses à Nicolas Hulot, mais certainement pas l’accuser d’opportunisme. Je n’en dirai pas autant de son successeur, qui me paraît déjà avoir la bouche bien entraînée pour avaler les couleuvres. Hulot ne tenait pas à être ministre, il a fini par céder aux pressions, il s’en est repenti. Et il est parti. Mais en partant, il a dit la vérité, à savoir que, malgré toutes les sottises que l’on peut entendre sur le « capitalisme vert » et le « développement durable », l’écologie et l’économie obéissent à des logiques inconciliables. L’écologie n’est pas compatible avec le capitalisme libéral ni avec la logique du profit, parce que c’est à leur déchaînement planétaire que l’on doit toutes les dégradations de l’environnement que l’on constate aujourd’hui. C’est ici qu’il faudrait citer le mot de Bossuet sur ceux qui déplorent des conséquences dont ils chérissent les causes.

De ce point de vue, un ministre de l’Écologie ne peut être, en effet, qu’un idiot utile qui fait de la figuration. Il est là pour « verdir » l’image du gouvernement à de simples fins électorales. Soyons sûrs que, dans le rôle, François de Rugy fera merveille. En réalité, aussi longtemps qu’on n’aura pas remis en cause l’obsession de la croissance et de la consommation, la toute-puissance de la marchandise, l’axiomatique de l’intérêt et la folie du productivisme, rien ne s’améliorera fondamentalement.

L’écologie est assez mal vue à droite alors que, conservatrice par nature, elle est précisément née à droite. Est-ce la faute des écologistes ou des gens de droite ?

L’écologie a un versant conservateur et un versant révolutionnaire. Elle est éminemment conservatrice dans la mesure où elle cherche à sauvegarder la nature et à protéger l’équilibre des écosystèmes. Mais elle est révolutionnaire en ce qu’elle est assez lucide pour observer qu’on ne renversera pas la tendance actuelle par des mesures cosmétiques. C’est le paradigme général qu’il faut changer. Cet aspect-là ne peut, évidemment, que scandaliser les libéraux et, d’une façon générale, tous ceux qui pensent que le monde peut bien périr pour autant que l’existence humaine reste gouvernée par des valeurs marchandes et qu’on continue d’obéir aux « lois de l’économie ». « Fiat economia, et pereat mundus » !

Il faut pourtant ne pas avoir pas les yeux en face des trous pour ne pas voir ce que l’on voit aujourd’hui : les pollutions qui ne cessent de s’étendre, l’épuisement des réserves naturelles, les dérèglements climatiques, l’empoisonnement des sols, des airs et des eaux. Le drame est que les gens de droite s’imaginent souvent que se préoccuper du sort de la planète, c’est du « mondialisme » (eh oui, la pollution ne s’arrête pas aux frontières !). Comme ils adorent contester les discours officiels, ils les contestent même quand ceux-ci énoncent des évidences. Les climato-sceptiques sont, à cet égard, les meilleurs alliés des multinationales qui détruisent la Terre. Ils confondent la météo et le climat et croient que ce n’est pas la peine de s’inquiéter des changements climatiques puisque « c’est naturel » (comme les tornades et les tremblements de terre !). Ils me font penser aux surréalistes, qui soutenaient par « non-conformisme » que deux et deux pouvaient faire n’importe quoi, mais surtout pas quatre.

Les gens de droite, en outre, connaissent très mal la pensée écologiste. Ils s’imaginent que l’écologie est représentée par les « partis verts » libéraux-libertaires, qui n’ont cessé de s’allier aux partis productivistes et dont les revendications n’ont qu’un rapport très lointain avec l’écologie. Sans remonter jusqu’à Haeckel, la philosophie de l’écologisme a peu touché les esprits, qu’il s’agisse de la pensée des héritiers de Günther Anders et d’Aldo Leopold, de celles de Murray Bookchin, d’André Gorz et de Vittorio Hösle, de l’Écologie profonde d’Arnes Naess ou de grands théoriciens comme Holmes Rolston III ou John Baird Callicott. En France, beaucoup ont même oublié la veine qui, de Giono, Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, aboutit à François Partant et à Serge Latouche.

Pour certains écologistes, toutes les espèces vivantes auraient le droit de vivre dans un milieu naturel préservé, à la seule exception des peuples de la Terre qui, eux, devraient accepter l’occupation de leur territoire par des populations venues d’ailleurs. L’écologie est-elle incapable de comprendre les effets de l’immigration de masse ?

Les altermondialistes en sont pour la plupart incapables, mais ils sont bien loin de représenter toute l’écologie politique. Lisez, par exemple, le beau livre d’Antoine Waechter et Fabien Niezgoda, Le Sens de l’écologie politique. Une vision par-delà droite et gauche (Éditions Sang de la Terre, 2018) qui s’inscrit dans la tradition naturaliste de Robert Hainard. Mais à l’inverse, ceux qui croient que la question identitaire relègue l’écologie à l’arrière-plan (comme si l’on ne pouvait pas se préoccuper des deux en même temps !) se trompent également. D’autant qu’il faut être vraiment naïf pour s’imaginer que les changements climatiques, la disparition des cultures vivrières, la déforestation, l’épuisement des sols et des nappes phréatiques n’auront pas d’effets sur les vagues migratoires. Quand la planète sera devenue inhabitable pour tout le monde, et que les océans contiendront plus de plastique que de poissons, les revendications identitaires n’auront plus beaucoup de sens. L’écologie n’est pas un discours décoratif, pas plus que la nature n’est le simple décor de nos existences. C’est la condition systémique du maintien de la vie.

Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 27 septembre 2018)

29/09/2018

Hongrie, Autriche, Italie… À la découverte des nouvelles démocraties illibérales

Dans cette émission du Plus d’Éléments, diffusée par TV Libertés, l'équipe de la revue, autour de Thomas Hennetier, évoque, à l'occasion de la sortie du nouveau numéro, les démocraties illibérales (Italie, Hongrie, Autriche…) mais également le combat au Moyen-âge, Sergio Léone et la révolution sexuelle en 1789. On trouvera sur le plateau Pascal Esseyric, directeur de la rédaction, David L’Épée, Ludovic Maubreuil et Fabien Niezgoda.