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22/02/2018

Le piège Blanquer ?...

Au-delà des apparences et des effets d'annonces, que veut et que fait réellement Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'éducation nationale ? Veut-il véritablement éradiquer le pédagogisme au sein de l'Education nationale comme l'a dit Eric Zemmour dans une de ses chroniques sur RTL ? Claude Meunier-Berthelot, enseignante et essayiste spécialiste des questions éducatives, a donné un point de vue intéressant sur Polémia, que nous reproduisons ci-dessous...

 

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Zemmour pris au piège de Blanquer ?

Dans son éditorial sur RTL du 13 février 2018, Eric Zemmour a présenté la politique de Blanquer comme une « souffrance [pour les] pédagogistes ». Ces pédagogistes qui ont littéralement saccagé l’Education Nationale depuis des décennies… Souffrent-ils au vu des décisions que Blanquer serait censé prendre ? « Chaque jour est un jour de souffrance, chaque jour est une torture, chaque jour sa catastrophe, chaque jour son offense, son humiliation… » dit-il, faisant un inventaire à la Prévert : « Un jour c’est la méthode syllabique, le bon vieux B.A.BA qui revient en majesté, un jour c’est la dictée, et maintenant les quatre opérations, même la division dès le cours préparatoire, demain peut-être, la fin du bac dans une pochette surprise et pourquoi pas la sélection à l’université…non ! C’est trop de douleur ! Entendre un membre de la commission Villani dire “l’objectif de la mission est de rompre avec l’engrenage dans lequel l’enseignement est plongé depuis 40 ans”, c’est plus qu’ils n’en peuvent supporter… »

Mais derrière le discours de Blanquer quelle est la réalité ? Une mise en œuvre sélective des bonnes orientations. Toutes les décisions prises par Blanquer et qui s’apparentent à un projet « authentiquement réactionnaire » (sic) – c’est-à-dire en réalité à des conceptions qui ont fait la gloire passée de notre Ecole -, sont bien mises en œuvre, mais uniquement dans les « réseaux d’éducation prioritaire », c’est-à-dire uniquement en faveur des élèves issus de l’immigration. Et le plus redoutable axe de communication de Jean-Michel Blanquer consiste à présenter avec le cynisme le plus éhonté, tous les dispositifs salutaires pour le système éducatif mais qui s’appliquent uniquement dans les REP (réseaux d’éducation prioritaire) comme s’ils étaient applicables et appliqués à tous, c’est-à-dire également à nos enfants.

Et quand il visite des écoles où il met en évidence, la lecture acquise dès le CP dans des classes dédoublées et avec des méthodes éprouvées, les dictées, les fables de La Fontaine, les leçons de morale, les chorales, les cours de latin-grec… il se situe toujours dans les écoles des réseaux d’éducation prioritaire.

Deux systèmes éducatifs aux objectifs et moyens diamétralement opposés

A cet égard, rappelons qu’en vertu de la loi de refondation de l’école du 7 juillet 2013, loi résultant de l’aboutissement d’un lent processus de bi-partition qui a pris naissance depuis plusieurs décennies, il existe deux système éducatifs qui fonctionnent en parallèle avec des objectifs et des moyens éducatifs totalement opposés.

– Un pour nos enfants, basé sur des méthodes anti-pédagogiques destructrices de l’intelligence et de la formation intellectuelle et notamment sur les méthodes de lecture de nature globale qui perdurent avec Blanquer – dont la dernière supercherie en date est de qualifier « syllabiques » les méthodes « semi-globales » – et sur le constructivisme, autrement dit, système où la transmission des savoirs et la formation intellectuelle disparaissent et où les élèves sont censés construire leur savoir à travers des activités diverses et variées, suivant un parcours qui leur est personnel, sans obligation de résultat.

« Et çà ne marche pas … » , comme l’a déclaré Jean-Pierre Chevènement le 4 septembre 2017 sur LCI au micro d’Audrey Mara mais méthodes que Jean-Michel Blanquer ne remet absolument pas en cause contrairement à ce que prétend Jean-Pierre Chevènement, puisque le ministre a dit qu’il conservait l’interdisciplinarité – marque du constructivisme – « qui va dans le bon sens » (sic).

– Un système éducatif pour les réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP+ – 1100 sur le territoire national scolarisant 1 200 000 élèves), autrement dit pour les élèves issus de l’immigration y compris les enfants de clandestins scolarisés dans les REP+, c’est-à-dire les REP renforcés. Dans ce système, est dispensé un enseignement de qualité accompagné d’un soutien personnalisé, avec un personnel spécifiquement formé, des méthodes pédagogiques efficaces (sic), l’acquisition d’une « culture solide » (sic), l’objectif d’excellence de résultats rigoureusement contrôlés (avec remise de prix, d’excellence notamment). C’est le point le plus important. A lire sur le sujet :  Ecole, la haute trahison (Editions Apopsix 2017).

Autres erreurs

Mais d’autres erreurs se sont glissées dans le discours d’Eric Zemmour.

Quand il encense Claude Allègre – en réalité, pédagogiste parmi les pédagogistes dont personne « n’a eu la peau » (sic) mais qui a « eu la peau » de l’Ecole, contrairement à une idée largement répandue – et attaque à Najat Vallaud-Belkacem – qu’il est de bon ton de critiquer si l’on veut faire apparaître Blanquer comme un redresseur de torts – il est tout autant dans l’erreur.
Enfin, quand il dit que Blanquer oblige les pédagogistes à démissionner de tous leurs lieux de pouvoir, il est encore dans l’erreur : Michel Lussault, directeur du CSP (Conseil Supérieur des Programmes) a été poussé à la démission tout simplement parce que sa mission de refonte des programmes des collèges était terminée mais pas une seule décision prise par Jean-Michel Blanquer ne s’est démarquée fondamentalement de la politique de son prédécesseur. Contrairement aux annonces faites dans la presse, de simples assouplissements ont été apportés et encore ! Le prétendu rétablissement des classes bi-langues qui n’avaient jamais été supprimées, le prétendu retour du latin sans aucune disposition de fond correspondante, etc…

Conclusion

Alors quand Eric Zemmour prétend que Jean-Michel Blanquer « reconstruit l’Ecole pierre après pierre, l’Ecole d’avant qu’ils [les pédagogistes] ont tant haïe » , il faut bien s’imprégner de cette réalité catastrophique pour l’avenir de nos enfants et de la société française : cette politique éducative de « l’Ecole d’avant » n’est pas pour nos enfants et Jean-Michel Blanquer ne fait que poursuivre et renforcer une politique déjà très aboutie en la seule faveur des élèves issus de l’immigration dans les réseaux d’éducation prioritaire.

Claude Meunier-Berthelot (Polémia, 17 février 2018)

23/02/2012

Claude Allègre parmi les siens...

Nous reproduisons ci-dessous un portrait au vitriol de Claude Allègre par Claude Bourrinet, publié sur Voxnr. A lire !...

 

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Nicolas, Claude, François et les autres

Stefan Zweig, avant son suicide, le 22 février 1942, écrivit une nouvelle, Le Joueur d’échec, publiée à titre posthume, qui met aux prises, autour d’un échiquier, deux êtres que tout oppose. Le premier, Monsieur B., un aristocrate, a pratiqué le jeu subtil dans une geôle de la Gestapo. Le second, Mirko Czentovic, champion du monde des échecs, comme Claude Allègre peut être lauréat du Nobel etc., est un individu frustre, ignorant, redoutable tacticien, exécutant efficace. L’un est pourvu de ce que Pascal nomme l’esprit de finesse, dont la lucidité aiguë peut entraîner la faiblesse et l’impuissance, l’autre de l’esprit de géométrie, dont l’engrenage mécanique garantit une victoire, celle du tracteur, image chère à notre ancien ministre de l’éducation « nationale ».

Les saillies grotesques de l’homme Allègre, qui ressemblent par bien des côtés, dans l’ordre intellectuel, aux provocations gouailleuses d’un Coluche, avec la même productivité démagogique, auraient pu apparaître, à la fin des années 90, comme le cas pathologique d’un imposteur étrangement parvenu sur l’un des sommets de l’appareil d’Etat. Mais au fond, on le vit bien dans les commencements d’un XXIe siècle, concept néomaniaque cher à tous les modernistes fétichistes, que la vulgarité, la caricature imbécile et agressive, allaient devenir, même au faîte de l’Etat, un mode de gouvernement.

On apprend que le personnage a rejoint le QG de Nicolas Sarkozy, avec lequel il doit bien se trouver des accointances. Le plus pitoyable et le plus comique dans l’affaire, est que les journalistes collent au produit made in USA Allègre l’étiquette « socialiste ». Il est vrai que le système d’alternance gauche/droite demande encore que l’on croie aux apparences, comme les philosophes « éclairés », descendants des haruspices, appliquaient mécaniquement, selon les dires entendus de Voltaire, les gestes de la messe, tout en se clignant de l’œil, goguenards. Voilà encore un effet de la séduction présidentielle, dira-t-on. Il est vrai que plusieurs transfuges du parti socialiste, les uns mus par le ressentiment, d’autres par l’arrivisme, certains par des appétences sionistes et atlantistes, tous par un penchant avoué pour le libéralisme économique, ont rejoint les rangs de ce qu’on désigne comme la « droite ». Il est inutile de revenir sur ce qu’a été, durant les cinq dernières années, ce jeu de dupes, ce trompe-l’œil itératif, qui n’a fait qu’amuser la galerie médiatique, et contribuer à plonger le pays dans le désespoir.

Le plus surprenant est que l’on accorde tant d’importance à des personnages aussi peu reluisants, dont la crédibilité, dans le domaine qui est le leur, est largement entamée. A ce titre, Allègre demeure comme un paradigme, un exemplaire de l’imposture récurrente, non seulement parce qu’il a mené une politique démagogique et dévastatrice au ministère de l’Education, avec le soutien et les conseil de cet autre Attila qu’est Philippe Merrieu, mais aussi, dans le domaine scientifique, il a enfilé comme des perles les bourdes, les erreurs, des ignorances qui auraient disqualifié n’importe quel lycéen. Qui ne se souvient pas de ses sorties bouffonnes, dénoncée par les spécialistes, sur la gravitation, sur la relativité, sur le réchauffement climatique, et, dernièrement, sur les OGM, qui seraient inoffensives pour l’environnement ? Celui qui conseillait jadis d’étudier au lycée les mémoires de Zinedine Zidane, et qui s’en prenait grossièrement aux professeurs, détenteurs du savoir, est sans doute le plus apte à lâcher des énormités. Mais ce triste sire, qui réside de façon quasi permanente aux USA, qui ne voit que par l’empirisme raboteur ango-saxon, qui présente en modèle l’enseignement dévasté du nouveau-monde, n’est-il pas finalement ce que l’on peut offrir de meilleur en guise de libéral estampillé ? Nous voyons chaque jour, parmi ces « économistes » qui hantent les plateaux de télévision, ce genre de spécimens aussi obtus que des reptiliens antédiluviens, auprès desquels un mammouth est une bête d’une subtilité sans pareille.
La question essentielle serait de savoir pourquoi on passe si aisément de la « gauche » à la « droite ». Si l’on s’avisait d’enquêter sur l’hypothèse inversée d’une passe entre « droite » et « gauche », on serait bien prêt d’avouer qu’un tel effort est inutile. La « droite » en effet est d’accord avec la « gauche » sur presque tout ce qui touche les problèmes « sociétaux » et civilisationnels : elle est partisane, dans les faits, sinon explicitement, de l’immigration de masse, favorable au « métissage », ne hait point le mariage gay, l’euthanasie, même si elle y met parfois des airs de sainte Nitouche, électoralisme oblige, bafoue l’autorité des maîtres, des parents, crache sur notre Histoire nationale, quand elle ne la supprime pas, etc. Pourquoi un membre de la dite « droite » rejoindrait-il les troupes de la « gauche » si la « droite » n’est plus qu’une coquille creuse, ou, du moins, enveloppe les mêmes valeurs que celles de « gauche » ? S’il y est, à moins d’être sot comme un Orgon face à Tartuffe, il sait à quoi s’en tenir ! Il y a belle lurette que les valeurs de « droites » sont jugées désuètes, « ringardes » par une classe politique formatée par le même moule ! Mais, rétorquera-t-on, peut-être aurait-on, dans l’esprit sensible de quelque militant de l’MP, par aventure, des scrupules à voir le pays détruit par une politique libérale et mondialiste extrémiste, et voudrait-on, avec humilité, revenir à une politique équilibrée, dont l’Etat serait l’acteur volontariste, régalien, pour tout dire gaullien ? Pourquoi pas la « gauche », alors ? Seulement voilà : la « gauche » partage les mêmes convictions civilisationnelles que la « droite » en matière économique, sans parler des choix géopolitiques, sionistes et atlantistes, mondialistes et, in fine, comme un Strauss Kahn et un Attali ne cessaient de le marteler, le même projet de gouvernement planétaire, totalitaire, et dédaigneux des identités (hormis celles qui, provisoirement, peuvent servir à leur entreprise dévastatrice de nos racines).

Les déclarations récentes de Hollande, dans le journal de « gauche » britannique, le Guardian, ne laissent guère de doute sur ce choix. Le candidat « socialiste » avance dans cet entretien qu’il ne faut pas prendre pour argent comptant ses déclarations belliqueuses contre la « finance », que la gauche, sous Mitterrand, avait déjà « réconcilié » le pays avec l’entreprise et la bourse, que les communistes sont cuits, bref, qu’il est un libéral pure souche. La preuve ? Il admire Tony Blair, dont on sait comment il continua la politique libérale de Margaret Thatcher, et comment il fut désigné par le sobriquet de « caniche de Bush », lui qui aligna son pays sur la politique agressive et colonisatrice des Américains en Irak, comment il mentit effrontément, fut accusé de crime de guerre etc. Beau modèle, en vérité ! Un peu comme ces responsables « socialistes » grecs, espagnols et belges, collaborateurs des fossoyeurs de leur propre pays, acteurs de plans de rigueur, dont Hollande, en Grèce, ne met pas en doute l’opportunité. Terra Nova, Groupe de réflexion qui l’influence, ne prend-il pas son inspiration dans le système politique et économique américain ? Les « primaires » ne sont-elles pas un plagiat grotesque des mœurs outre-atlantiques ? En souhaitant un retour de la Grande-Bretagne au « cœur » de l’Union européenne, Hollande n’avoue-t-il pas explicitement un choix libre-échangiste, mondialiste, à domination anglo-saxonne, dont la prépondérance écrasante de la langue anglaise est l’illustration, perspective que le général de Gaulle craignait, et qui fut ouverte, comme l’on sait, en 1973, par l’entrée du Royaume uni dans le Marché commun ? Après l’avoir longtemps caricaturé par idéalisme idéologique, la « gauche » n’a-t-elle pas balancé, comme la France, le peuple français dans la corbeille de l’Histoire ?

Si Allègre possède une qualité, c’est celle de synthétiser, dans sa médiocrité de fourbe, dans son cynisme de Ganelon, dans sa vulgarité libérale, dans sa brutalité de politicard roublard et méprisant, les tendances lourdes de l’UMPS.

Claude Bourrinet (Voxnr, 20 février 2012)

14/10/2010

Quelle économie pour demain ?...

La ville d'Alençon (Orne) organise cette année la 14e édition de La pensée en question, son cycle de conférence, qui aura cette anné pour thème l'avenir de l'économie. C'est dans ce cadre qu'Alain de Benoist participera aux côtés de l'ancien ministre Claude Allégre et de l'économiste Philippe Jurgensen, à une table ronde, animée par un journaliste d'Alternatives économiques, portant sur les rapports entre l'économie et l'environnement. 

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Être ou avoir ? Quelle économie pour demain ?

La France peut-elle encore soutenir une croissance forte et durable ?
Quels sont les moyens concrets de sortir de la crise ?
La décroissance est-elle une solution d’avenir ?
L’activité économique est-elle compatible avec la notion de Développement Durable ?
Autant de questions auxquelles tenteront de répondre les différents intervenants de la Pensée en question.

Moins abstrait, moins philosophique que les années précédentes, le thème de l’édition 2010 nous concerne tous. « La crise financière, économique et sociale a mis à mal le pays.
Aujourd’hui, tout le monde sait que les modèles économiques actuels ne sont plus viables.
La Pensée en question sera l’occasion de présenter des solutions nouvelles, concrètes et innovantes » annonce Maïté Vanmarque, chargée de l’organisation.

« Les conférences apporteront des éléments de réflexion dans un vrai souci pédagogique.

Notre ambition est de rendre l’événement accessible au plus grand nombre. » Le professeur, politologue et écrivain Paul Ariès, l’ingénieur agronome, économiste et homme politique Pierre Larrouturou, et le philosophe Christian Fauré seront quelques-uns des intervenants de l’édition 2010. « C’est une chance d’accueillir Paul Ariès car c’est l’intellectuel de référence du courant de la décroissance.

Pierre Larrouturou, qui sort un nouveau livre à l’automne, propose des solutions nouvelles qui ont été mises en place avec succès dans certaines entreprises. Le philosophe Christian Fauré exposera les idées défendues par l’association Ars industrialis, parmi lesquelles le refus du capitalisme et l’ouverture vers l’économie de la contribution. » Pour la première fois, une table ronde de clôture, animée par un journaliste du magazine Alternatives économiques, devrait réunir le journaliste, philosophe et politologue Alain de Benoist, l’économiste Philippe Jurgensen, et le géochimiste et ancien ministre Claude Allègre.

Cette table ronde sera consacrée aux rapports entre l’économie et l’environnement."

La Pensée en question, en septembre et octobre à la Halle aux Toiles – Entrée gratuite - Renseignements à la médiathèque au 02 33 82 46 00