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15/01/2019

Jair Bolsonaro, populiste ultra-libéral ?...

Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire, dans lequel il évoque l'arrivée au pouvoir au Brésil de Jair Bolsonaro... Philosophe et essayiste, directeur des revues Nouvelle École et Krisis, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Ce que penser veut dire (Rocher, 2017) et L'écriture runique et les origines de l'écriture (Yoran, 2017).

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Alain de Benoist : le programme de Jaïr Bolsonaro est consternant !

Élu président du Brésil en octobre dernier, avec plus de 55 % des suffrages, Jaïr Bolsonaro vient de prendre ses fonctions. La gauche, qui multiplie les anathèmes contre lui (homophobe, sexiste, raciste, etc.), parle d’une nouvelle poussée de « populisme » et dit que sa victoire réjouit tout ce que le monde compte de gens « de droite et d’extrême droite ». Vous en faites partie ?

Pas du tout. Bolsonaro a certainement bénéficié de la vogue actuelle du populisme et capté le vote des classes populaires qui votaient auparavant pour le Parti des travailleurs, mais le populisme, je vous le rappelle, n’a pas de contenu idéologique précis. C’est seulement un style, une manière de faire se répondre l’offre et la demande politiques, et ce style peut se combiner avec des idéologies très différentes (Luiz Inácio Lula, l’ancien président, était lui aussi un « populiste »). La droite frétille toujours de façon pavlovienne quand elle entend dire qu’on va rétablir « la loi et l’ordre ». Le problème est que la loi peut être injuste et que l’ordre n’est souvent qu’un désordre établi.

Je me garderai, bien sûr, de faire un procès d’intention à Bolsonaro. J’espère de tout cœur qu’il pourra mettre un terme à la corruption et ramener un peu de calme dans un pays où l’on enregistre 64.000 homicides par an (plus d’un demi-million en dix ans). Ce que je constate en même temps, c’est qu’il était avant tout le candidat des marchés financiers (la Bourse de São Paulo a bondi de 6 % au lendemain de son succès), des multinationales, à commencer par Monsanto, et du lobby des grands propriétaires terriens (la bancada ruralista), et que ce sont les églises évangéliques, contrôlées par les télé-évangélistes nord-américains et pétries de messianisme sioniste, qui lui ont apporté le soutien le plus décisif (ancien catholique, il s’est lui-même converti à l’évangélisme en se faisant symboliquement baptiser dans le Jourdain en 2016).

Mais que lui reprochez-vous essentiellement ?

J’ai écouté les diverses interventions de Bolsonaro et j’ai lu avec attention son programme, que je trouve à bien des égards consternant. Après avoir décidé de se retirer de l’accord de Paris sur le climat, il a annoncé la construction d’une nouvelle autoroute à travers l’Amazonie, l’ouverture à l’exploitation pétrolière et minière de territoires autochtones dont les habitants seront expulsés, et la promotion systématique de l’agriculture industrielle au détriment de la protection de l’environnement. Pour que les choses soient claires, il a d’ailleurs froidement supprimé le ministère de l’Environnement, dont les fonctions ont été transférées à celui de l’Agriculture, et annoncé la disparition du ministère de la Culture. Sur le plan social, il entend recourir à la privatisation quasi intégrale des entreprises publiques, installer un système de retraite par capitalisation des fonds de pension, alléger la fiscalité des groupes industriels les plus puissants, multiplier les exemptions d’impôts pour les tranches de revenu supérieures et réaliser une large dérégulation du secteur financier. S’il y a des gilets jaunes au Brésil, ils y trouveront difficilement leur compte !

En politique internationale, Bolsonaro a adopté la même ligne que Donald Trump dans ce qu’elle a de plus contestable : transfert de l’ambassade de son pays de Tel Aviv à Jérusalem, soutien inconditionnel à l’Arabie saoudite et à Israël, méfiance vis-à-vis de l’Europe et hostilité envers la Chine et la Russie. À cela s’ajoute encore sa nostalgie avouée pour la dictature qui a régné au Brésil de 1964 à 1985, ce qui n’a rien pour me plaire. J’ai vu, dans le passé, s’installer un certain nombre de dictatures militaires, des colonels grecs aux généraux argentins en passant par Pinochet et ses « Chicago Boys ». Je les ai trouvées plus lamentables les unes que les autres.

On présente pourtant Bolsonaro comme un nationaliste…

Plus qu’un nationaliste, ce personnage, humainement assez creux et dénué de scrupules, est en réalité, tout comme Macron, un libéral. Il suffit de voir son entourage. L’homme fort de son gouvernement, qui cumule à lui seul cinq portefeuilles de ministres, est Paulo Guedes, cofondateur de la banque d’affaires BTG Pactual, un ultralibéral formé à l’école de Chicago, ancien élève de Milton Friedman, qui a également fondé l’Institut Millenium, d’orientation libertarienne et pro-pesticides, avant de sévir sous la dictature militaire chilienne. Le ministre des Affaires étrangères, Ernesto Araújo, est un diplomate anti-écologiste lié aux intérêts de l’agro-business. Le ministre de l’Agriculture, Tereza Cristina, est la représentante de la bancada ruralista. Le ministre de l’Éducation, Ricardo Vélez Rodriguez, un Colombien naturalisé brésilien, est un disciple d’Antônio Paim, ancien intellectuel communiste devenu aujourd’hui ultralibéral. Et leur gourou commun, Olavo de Carvalho, est un « penseur » résidant aux États-Unis où il propose des cours de philosophie « online ».

Tout cela est, pour moi, rédhibitoire. Par principe, je ne cautionnerai jamais un virage à droite qui s’accompagnerait d’un retour en force du libéralisme.

Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 11 janvier 2019)

 

14/10/2018

Feu sur la désinformation... (204)

Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé Grandchamp.

 

Au sommaire :

  • 1 : Ne faites pas d’enfants, sauvez la planète !
    L’AFP publie des solutions pour réduire le réchauffement climatique. Comment diminuer son empreinte carbone ? En changeant ses ampoules ou en ayant un enfant de moins ?
  • 2 : Le Zapping d’I-Média 
    L’ « humoriste » Yassine Belattar connu pour sa proximité avec Emmanuel Macron fait dans la menace et le chantage. « Si le prochain ministre de l’Intérieur ne fait pas le lien entre les gens des quartiers et la police, il y aura une émeute. Ce n’est pas une menace, c’est une promesse ».

  • 3: La science vous le dit, il n’y a pas de racisme anti blanc.
    Le racisme anti blanc serait une fake news, une désinformation. Mercredi 10 octobre, France culture et France info affirmaient dans l’émission « les idées claires » que le « racisme anti blanc n’existe pas pour les sciences sociales ». Etre traité de « sale blanc » relèverait de « l’agression pas du racisme ».
  • 4 : Les tweets de la semaine
    Le magazine « Paris Match » publie en couverture sur Marc Olivier Fogiel avec ce titre, « Ma famille mon bonheur ». C’est la première fois qu’un couple gay accompagné d’enfants issus de GPA se retrouve en une d’un grand magazine français. Une couverture d’autant plus gênante que…. Inutile de le rappeler, la gestation pour autrui est interdite en France.
  • 5 : Brésil la démocratie serait-elle menacée par les élections ?
    Présidentielle au Brésil, le candidat Jair Bolsonaro arrive en tête du premier tour avec 46 % des voix. Dans la presse française, il est décrit comme « raciste, homophobe, mysogyne », mais difficile de comprendre pourquoi les brésiliens ont voté massivement pour cet homme. 

                                

03/10/2018

Le Brésil entre illusions et désillusions...

Le nouveau numéro de la revue Conflits (n°19, octobre-novembre-décembre 2018), dirigée par Pascal Gauchon, vient de sortir en kiosque. Le dossier central est consacré au Brésil.

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Au sommaire de ce numéro :

ÉCHOS

ÉDITORIAL

Ne faites pas dire n'importe quoi au football, par Pascal Gauchon

ACTUALITÉ

ENTRETIEN

Hervé Théry. Brésil, le pays sans ennemi

PORTRAIT

Nikol Pachinian. Vers la transition post-soviétique en Arménie ?, par Tigrane Yégavian

ENTRETIEN

Ambassadeur de Hongrie en France Georges Karolyi

ENJEUX

Malaisie : les élections du changement ?, par Jessy Périé et Thomas Choulet

ENJEUX

Un nouveau "grand jeu" dans la Pacifique, par Jean-Marc Holz

ENJEUX

Le grand rendez-vous du Midterm, par Frédéric Pons

ENJEUX

Iran/Arabie saoudite. pourquoi tant de haine ?, par Frédéric Pichon

ENJEUX

La neutralité aujourd'hui : impossible ou indécent ?, par Thierry Buron

IDÉES

Brésil, une véritable école géopolitique, par Florian Louis

L'HISTOIRE MOT À MOT

"Le Brésil est un pays d'avenir et le restera longtemps", par Pierre Royer

LA LANGUE DES MÉDIAS

Qui est plus solidaire ?, par Ingrid Riocreux

BOULE DE CRISTAL DE MARC DE CAFÉ

Trump ne sera jamais élu, par Jean-Baptiste Noé

IDÉES REÇUES

"Le porte-avion est obsolète", par Pierre Royer

BIBLIOTHÈQUE GÉOPOLITIQUE

La Méditerranée asiatique, par Gérard Chaliand

CHRONIQUES

LIVRES/REVUES/INTERNET /CINÉMA

GÉOPO-TOURISME

Johannesburg : la désillusion post-apartheid, par Thierry Buron

 

DOSSIER : Brésil. Illusion, désillusions

Et finalement, si Dieu n'était pas Brésilien, par Yves Gervaise

Les horizons de la puissance brésilienne, par Yves Gervaise

Défendre le territoire et ses ressources, par Pierre Royer

José Bustani : Le Brésilien qui aurait pu empêcher la guerre d'irak

Brésil vs États-Unis. Vers l'émancipation ?, par Frank Favier

La Chine, un partenaire intrusif pour le Brésil ?, par Michel Nazet

L'Afrique, terre de déploiement de la puissance brésilienne ?, par Catherine Augagneur-Delaye et Alain Michalec

L'intérêt du Brésil pour le monde arabe, par Tigrane Yégavian

Carlos-Ivan Simonsen : Le Brésil est un empire tourné sur lui-même

Pas de puissance brésilienne sans agriculture, par Sébastien Abis

Des énergies renouvelables de moins en moins brésiliennes, par Gustavo Ribeiro

Diversité, inégalités, insécurité , par Julien Damon

Le mythe de la démocratie raciale , par Gustavo Ribeiro

Flavio Werneck Meneguelli : La criminalité, problème numéro 1

Brésil : un délire médiatique , par Xavier Raufer

L'Amérique latine vire-t-elle à droite ?, par Anne-Sophie Letac

 

28/03/2018

Olivier Maulin au Brésil...

Les éditions Rue Fromentin viennent de publier Histoire des cocotiers, le journal tenu par Olivier Maulin au cours des années 1997-1998. Anar de droite, tendance Rabelais, critique littéraire à Valeurs actuelles, alsacien et roi de Montmartre, Olivier Maulin est l'auteur de plusieurs romans truculents et païens, comme En attendant le roi du monde (L'esprit des péninsules, 2006), Les évangiles du lac (L'esprit des péninsules, 2008), Petit monarque et catacombes (L'esprit des péninsules, 2009), Les Lumières du ciel (Balland, 2011),  Le Bocage à la nage (Balland, 2013), Gueule de bois (Denoël, 2014) ou La fête est finie (Denoël, 2016).

 

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" En 1997, le romancier Olivier Maulin débute un journal intime.. Il s'agit tout d'abord d'un récit de voyage car Maulin s'expatrie au Brésil. Ses notations de Français perdu au Brésil sont à la fois drôles, justes et touchantes. Il s'agit aussi d'un texte sur la littérature et d'une réflexion sur l'air du temps étrange de la fin des années 1990.

Auteur de douze romans (Les évangiles du Lac, Les Lumières du ciel, Le bocage à la nage ou Les retrouvailles), Olivier Maulin a créé un univers unique à la fois satirique et sensible. Ses romans décrivent comme nuls autres des personnages de paumés en prise avec le progrès et la modernité.
Avant de de venir l'un des auteurs les plus drôle de France, Olivier Maulin a tenu un journal à partir de l'année 1997.
Dans ce premier tome, couvrant les années 1997-1999, le jeune auteur s'interroge sur sa vocation d'écrivain, sur les différents événements de la fin des années 1990, sur son évolution politique. Il part prendre du recul au Brésil et livre un portrait réaliste, à la fois dur et tendre, de ce pays fascinant. "

24/06/2014

Racaille Football club...

Les éditions J'ai lu viennent de rééditer Racaille football club, l'enquête critique de Daniel Riolo sur le football professionnel en France, parue en 2013. Un bon moyen de prendre un peu de recul et de conserver sa lucidité sur les prestations de la sélection nationale au Brésil, pour la Coupe du monde... Daniel Riolo est journaliste sportif sur RMC.

 

Racaille Football club.jpg

" Juin 2012 : la France est éliminée de l'Euro. Pour la troisième fois consécutive, les Bleus quittent une compétition internationale têtes basses. Outre ces piteux résultats sportifs, l'équipe de France de football se retrouve au coeur de polémiques qui vont alimenter les chroniques bien au-delà des pages sportives. On reparle de maillot français sali, d'hymne national pas chanté, bref d'une sélection nationale que les Français n'aiment plus.
L'attitude des joueurs est au cœur du problème. Et la récupération politique est là, en embuscade. Les racailles, la culture racaille. Fantasmes et réalités se côtoient. 80 % des footballeurs sont originaires de banlieue et ce n'est pas sans conséquence. Oui, l'islam est la première religion du foot hexagonal. Et oui, la formation "à la française" est coupable, entraînant de nombreux débats où tout se mélange : banlieue, intégration, respect ou irrespect, immigration, communautarisme.
Les Bleus reflètent un problème social. Et sur l'échiquier politique, le dossier de l'accusation est plus ou moins lourd selon qu'on déplace le curseur de l'extrême droite vers l'extrême gauche... Mais est-il permis d'aller au-delà des discours politiques convenus et caricaturaux ? Le foot français est-il vraiment devenu un "Racaille Football Club" ? "

09/02/2013

A propos des pays "émergents"...

 Sur Realpolitik.tv,  Hervé Juvin revient sur la question des pays émergents et des illusions que cette appellation recouvrait...

 


« Pays émergents », une notion remise en question par realpolitiktv

"La notion « d’émergence » avait rallié tous les suffrages depuis une vingtaine d’années, donnant naissance à ces acronymes, le plus connu étant celui des BRICS, qui traduisait une certitude : le développement ne fonctionne que dans une seule direction, notre avenir sera le leur, et les pays en émergence sont promis à être – à échéance plus ou moins rapide – des pays développés comme nous. Voilà que le tableau se brouille et que des voix éminentes (grands économistes de banques, dirigeants politiques aussi) nous invitent à reconsidérer sur le fond la notion d’émergence."