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09/11/2017

Un artiste de légende...

Les éditions Vandelle viennent de publier Léo Schnug, un artiste de légende, une monographie signée par Walter et Julien Kiwior, galeristes spécialistes de la peinture alsacienne.

 

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" Il était enfin le temps de reparler du grand illustrateur Léo Schnug, le bédéiste, précurseur de l'heroic fantasy, à la vie rocambolesque. Il a vécu à la Belle Epoque strasbourgeoise, tiraillée entre modernité et tradition, entre la France et l'Allemagne. Schnug, le funambule de l'art local, passe du costume de rêtre du Saint-Empire-Romain-Germanique, à celui de soldat de la Révolution française, peu importe les commentaires bourgeois ou chauvins, Schnug, lui surfe au dessus des partis. Cette attitude à désinhibé son art. Il s'est follement amusé à dépeindre un monde féerique, avec sarcasme et parfois avec panache. Inspiré par les plus grands maîtres du dessin, d'Albrecht Dürer, à Urs Graf, Schnug s'inspire des illustrateurs comme Gustave Doré ou Joseph Sattler, mais en définitive Schnug a fait du Schnug. Il fait ses armes à Strasbourg, autour des artistes comme Charles Spindler ou Gustave Stoskopf. Son style sécessionniste fait mouche. Il devient l'illustrateur des historiens, des archéologues, et des collectionneurs d'antiquités. Ses gueules de guerriers, ses ambiances macabres plaisent. Grâce à la rencontre de l'archéologue Robert Forrer, Léo Schnug entre dans la grande histoire. Il va réaliser les décors du château du Haut-Koenigsbourg, propriété d'un commanditaire aussi prestigieux qu'encombrant, l'Empereur Guillaume II d'Allemagne. Le château va devenir un espace d'affrontement incroyable dans lequel Léo Schnug rencontre la gloire. Ce fut peut-être le pas de trop, dans lequel Schnug va se perdre. Décrié, isolé, il glisse irrésistiblement vers l'abîme, aidé par l'alcool, qui le consume à petit feu. Lorsqu en 1918 l'Alsace redevient française, il fuit à l'asile psychiatrique de Brumath, pour trouver la paix. Il dessine encore des soldats dont il a le secret, pour des amateurs, qui ont compris que ce monde vient de perdre un grand artiste. Il est passé du statut d artiste raté, à celui d'artiste maudit. De nos jours, il est définitivement devenu un artiste légendaire."

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07/10/2017

Néogothique !...

Les éditions de la Bibliothèque universitaire de Strasbourg viennent de publier le catalogue fruit de l'exposition Néogothique ! consacrée à la manière dont à Strasbourg et en Alsace, le Moyen-Age a inspiré les artistes et les savants : peintres, dessinateurs, graveurs, architectes.

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" De la fin du 19e siècle au début des années 1930, un courant médiévaliste parcourt l'Europe. Cette référence à l'époque médiévale pourrait se définir par une projection dans la période contemporaine d'un ou de Moyen(s) Age(s) idéalisés. En Alsace comme ailleurs à cette époque ce goût médiéval s'incarne par sa présence dans des objets visibles par tous (les grands monuments, les musées, les expositions nationales, les mises en scènes de plein air), il est culturellement partagé (les chansons, les airs d'opéra) et économiquement assez accessibles (l'artisanat d'imitation, les éditions à bon marché de contes, de légendes et de romans, les gravures, jusqu'aux collections de figurines et de timbres). L'exposition Néogothique ! est consacrée à la manière dont à Strasbourg et en Alsace, le Moyen Age a inspiré les artistes et les savants : peintres, dessinateurs, graveurs, architectes, artisans d'art, universitaires et écrivains. Exemple emblématique de ce mouvement, le projet du château Haut-Koenigsbourg est évoqué à travers les passions qu'il suscita. Durant cette période certains surent également s'appuyer sur ce courant médiévaliste pour développer une forme artistique propre à la région s'inspirant à la fois des courants français et allemands pour former un groupe réunissant Charles Spindler, Joseph Sattler ou Léo Schnug. Outre ces aspects artistiques, la référence médiévale constitua également un enjeu politique et scientifique dont l'exposition se fait largement l'écho, en soulignant la concurrence entre méthodes ou entre écoles au sein de l'Université de Strasbourg ou en présentant des exemples de tentatives de justification d'un "retour" de l'Alsace au nouvel empire allemand. Accompagnant l'inscription récente de la Neustadt à la liste du patrimoine mondiale de l'humanité, l'exposition de la BNU apporte un éclairage complémentaire au projet, Laboratoire d'Europe, Strasbourg 1880-1930, porté par les Musées de la Ville de Strasbourg, l'Université de Strasbourg et le Service de l'Inventaire du patrimoine de la région Grand Est."

15/08/2016

Quand la France épurait l'Alsace...

Les éditions Yoran publient cette semaine un essai historique de Bernard Wittmann intitulé Une épuration ethnique à la française - Alsace-Lorraine 1918-1922. Défenseur de l'identité alsacienne et historien, Bernard Wittmann est l'auteur d'une Histoire de l'Alsace, autrement (Rhyn un Mosel, 2000).

 

Bernard Wittmann - Epuration ethnique à la française.

" En Alsace-Moselle, la question de la nationalité a laissé des traces douloureuses . Dans les années 1918 à 1924, l'état français cédait alors aux sirènes de l'« antibochisme » et du racisme ! L'Alsace était livrée au nettoyage ethnique, aux cartes d'identité sélectives selon des critères héréditaires et à une politique de francisation despotique. Des Commissions de triage étaient chargées de châtier les « germanophiles » alsaciens.
Pour les Alsaciens, accéder à la « réintégration dans la nationalité française »fut souvent un parcours difficile. Ils durent effectuer des démarches et des recherches généalogiques humiliantes. Au moindre soupçon de « germanophilie », ils pouvaient être expulsés. Mais pour les Allemands « indésirables », nés ou résidant en Alsace- Moselle, qui s'étaient entièrement identifiés à l'Alsace, ce fut un véritable drame : l'expulsion manu militari vers l'Allemagne.
Leur crime : être nés de parents allemands ! Grisée par une victoire inespérée, obnubilée par la haine du « Boche » et désireuse d'imposer rapidement son autorité en Alsace-Moselle, la France reniait ses prétendues convictions républicaines du droit du sol, de la fraternité, de l'égalité et de la tolérance."
 

24/04/2013

Alsace : retour sur l'échec du référendum...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Pierre Bérard, cueilli sur Novopress Breizh et consacré à l'échec du référendum du 7 avril qui proposait la fusion des deux départements et de la région d'Alsace en une seule entité...

 

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Alsace : retour sur l'échec du référendum

Il aurait fallu, pour que le « oui » l’emporte, qu’il gagnât dans chacun des deux départements de la région et qu’il y représentât au moins 25% des inscrits. On est loin du compte puisque c’est le « non » qui a triomphé dans le Haut-Rhin où il recueille 56% des votants. Quand au Bas-Rhin qui s’est prononcé très majoritairement pour le « oui », celui-ci n’y récolte que 23% des inscrits, score insuffisant pour permettre la réalisation de la fusion.

C’est une franche défaite pour Philippe Richert, président UMP de la région et principal avocat d’un projet qu’il portait depuis plus d’une dizaine d’années. Pour ménager des susceptibilités jalouses de leur pouvoir et de leurs prébendes (le projet prévoyait 10 à 20% de cantons en moins) il avait négocié pied à pied avec toutes les collectivités locales et au final la fusion des deux départements et de la région ressemblait à une usine à gaz faite de tractations savantes et de marchandages entre élus.

Qu’on en juge : le futur dispositif prévoyait une Assemblée d’Alsace siégeant à Strasbourg, un conseil exécutif à Colmar, deux conférences départementales et huit à douze conseils de territoires. La dévolution de pouvoirs émiettés à un seul exécutif regroupant les ressources et permettant de disposer d’une force de frappe plus imposante n’était pas lisible pour la majorité des électeurs. Alors que cela aurait pu permettre, par exemple, une politique plus ambitieuse en matière de bilinguisme. Il est vrai que les élus, souvent bilingues eux-mêmes, n’ont jusqu’à présent guère fait la preuve de leur courage pour briser le carcan jacobin français.

Toutes les entités appelées à disparaitre se trouvaient habilement ressuscitées dans le projet du nouvel organigramme d’autant que les élus et les fonctionnaires y demeuraient à peu près en nombre égal (la plus forte collection d’élus et, bien entendu, d’indemnités en Europe). En bref beaucoup d’électeurs ont vu dans ce projet une cacophonie qui ne permettrait pas les économies de fonctionnement promises ni la simplification annoncée d’un millefeuille administratif très dispendieux pour le contribuable.

Comme dans la France « de l’intérieur »  – c’est ainsi que les alsaciens dénomment le reste de l’hexagone – il faudra, pour mettre en place une réforme administrative de cette ampleur plus de clarté et de charisme que n’en ont déployé les partisans du « oui » et surtout une volonté plus affirmée de se détacher du modèle centralisateur qui pour faire la France a largement contribué à détruire ses régions au nom du fétiche de l’unité.  Les animateurs UMP de la campagne du « oui » ont dépolitisé leur discours et, parlant une langue de bois technico-institutionnelle, n’ont pas su donner le souffle nécessaire à leur dessein. C’est une des raisons pour lesquelles il a échoué.

Comment se sont situées les différentes forces politiques vis à vis de ce choix ? Les Verts alsaciens, le plus souvent régionalistes, étaient partisans d’un « oui » sans ambiguïté.  Il n’en allait pas de même à l’UMP et au PS. L’UMP largement majoritaire dans une région où la plupart des habitants se situent au centre droit, était très divisée. Le maire de Colmar, l’UMP Gilbert Meyer, était contre. Quant au président du Conseil général du Haut-Rhin, son « oui » tardif et du bout des lèvres a été compris comme un acquiescement au « non » ou au mieux à l’abstention par nombre d’élus du département qui voyaient dans le projet une atteinte à la spécificité haut-rhinoise (et à leurs privilèges).

Le Parti socialiste était également partagé, montrant par là l’incapacité des vieux appareils à représenter les nouveaux clivages : alors que dans le sud ils optaient pour le « oui », dans le nord et particulièrement à Strasbourg, ils étalaient leurs divisions, pour et contre l’abstention, pour et contre le projet. Les deux « grands » partis de l’alternance unique ne sortent pas indemnes de cet épisode.

Quant aux régionalistes d’Alsace d’Abord, ils s’affirmaient pour un « oui » sans ambages. Emmenés par leur leader Jacques Cordonnier, ils se sont livrés à une intense campagne de collage tandis que leur porte-parole se signalait dans de nombreux débats, où, expliquait-il, il fallait voter « oui » pour ouvrir à l’Alsace la possibilité d’un avenir plus autonome et plus alsacien.

Du côté du « non », outre une fraction de l’UMP et du PS, figurait l’extrême gauche « robespierriste » dont les effectifs squelettiques n’ont même pas cherché à faire campagne, pas plus d’ailleurs que les souverainistes de Debout la République. L’unique force représentative ayant milité pour le « non » fut finalement le Front National qui s’est réjoui des résultats contre « un projet conçu dans les couloirs de Bruxelles au bénéfice de l’Europe antinationale des régions ». Un jugement aux intonations paranoïaques, d’autant plus surprenant que jusqu’en janvier dernier, Patrick Binder, animateur local du mouvement, était un chaud partisan de la réforme – du moins jusqu’à ce qu’il se fasse recadrer par Marine Le Pen, venue tout exprès verrouiller le débat.

L’échec de ce referendum s’explique par diverses raisons. Des raisons d’ordre structurel tout d’abord. La rareté des procédures référendaires dans notre pays qui fonctionne selon les modalités de la « démocratie représentative » et qui fait que le citoyen n’est « souverain » que tous les cinq ans (comme le remarquait pertinemment Jean-Jacques Rousseau), explique que les votants, plutôt que de se prononcer sur la question posée, y voient l’occasion de manifester leur grogne à l’égard des politiques. L’effet Cahuzac, dont s’est prévalu Philippe Richert pour se dédouaner de son propre échec, n’a sans doute guère joué en tant que tel, mais la rupture croissante entre le peuple et ses élites, entre le « kratos » et le « démos » s’est indubitablement manifestée à cette occasion.

Ensuite il s’agissait d’un referendum régional. Les médias nationaux, et à fortiori les chaînes allemandes que suivent nombre d’alsaciens, n’en ont pas fait mention jusqu’au jour du scrutin. Bien sûr la presse régionale a abondamment couvert la campagne où s’étalaient les prises de position des caciques locaux, mais, malheureusement la grande majorité des électeurs ne se fait une opinion qu’en prenant connaissance de ce qui se dit à la télévision.

Pour réformer l’agencement du territoire, pour opposer au moule unique une « province hérissée de libertés », pour introduire les conditions d’un authentique localisme s’appuyant sur le principe de subsidiarité, il aurait fallu plus de ténacité et davantage de stratégie. Il aurait fallu expliquer comment en s’inscrivant dans le long terme la réforme pouvait déboucher sur une rationalisation des moyens, des investissements et des politiques. Surtout il ne fallait pas hésiter à rompre avec ce paradigme français qui confond « l’unité » avec le modèle du « même » ou de « l’unique ».

Cet échec peut avoir pour l’Alsace des conséquences imprévisibles. En effet moins rassemblée et donc moins forte pour résister à l’arasement de ce qui la distingue, elle risque d’y perdre ses règles concordataires, sa sécurité sociale excédentaire, son droit de la chasse, son repos hebdomadaire garanti par le droit local, son livre foncier que bien d’autres lui envient ; tout un ensemble de lois datant de l’époque germanique, élément fort de son identité dans l’ensemble français, et qui seront plus faciles à détruire tant que les normalisateurs de Bruxelles et de Paris ne trouveront pas face à eux des régions vigoureuses et fières de leur identité.

Pierre Bérard (Novopress Breizh, 13 avril 2013)

14/04/2013

Tour d'horizon... (46)

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Au sommaire cette semaine :

 - sur Ria Novosti, Jacques Sapir analyse les conséquences de la crise chypriote dans laquelle il voit un moment clef de la crise de la zone Euro...

Les conséquence inattendue de la crise chypriote

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- sur Metamag, Michel Lhomme revient sur l'échec du référendum sur la réforme territoriale de l'Alsace...

L’Alsace veut manger du millefeuille administratif

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23/08/2012

L'Alsace alsacienne ?...

Les éditions bretonnes Yoran Embanner viennent de publier Histoire d'Alsace - Le point de vue alsacien, un livre de François Waag. Enseignant, « Fränzi » Waag est passionné par l'histoire de l'Alsace. Il collabore à plusieurs journaux et  a déjà publié deux autres ouvrages dont l'un consacré à la Grande Guerre. Il donne dans cet ouvrage le point de vue autonomiste sur l'histoire d'une terre et d'un peuple qui lui sont chers. Intéressant à découvrir... 

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"De la préhistoire à nos jours, l'histoire d'un pays allemand du St Empire romain germanique conquis militairement par Louis XIV en 1648, redevenu allemand en 1871 par le traité international de Francfort, français de 1918 à 1940, etc…

Pendant tout le Moyen Age, l'Alsace morcelée en plusieurs petits états, a connu sa période la plus florissante: Godfried von Strassburg reste un grand nom de la littérature allemande, la première Bible en allemand fut imprimée à Strassburg, etc…

Sur la période allant de 1871 à nos jours, l'auteur se fait un point d'honneur à dévoiler tout ce que l'histoire officielle (Le point de vue français) cache soigneusement. Par exemple, ce fut pendant  la période du Reichsland (1871-1918) que l'Alsace fut la plus libre: les Alsaciens ont fini par disposer d'un gouvernement et d'une Assemblée régionale dotés d'une large autonomie qu'ils perdront dès leur annexion par la France en 1918. Ce qui explique l'histoire houleuse de l'entre-deux guerres.

L'occupation nazie, très dure pour les Alsaciens, servira de prétexte idéal pour Paris afin de supprimer toutes traces de germanisme en Alsace. Il faudra attendre 2011 pour que l'Alsace se réveille enfin et projette de s'autogouverner par une Assemblée territoriale unique."