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19/11/2015

Peut-on éradiquer l'islamisme en france ?....

Nous reproduisons ci-dessous les propositions du groupe de haut-fonctionnaires Plessis, cueillies sur le Figaro Vox, pour une politique ferme d'éradication de l'islamisme en France...

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Islamisme : les propositions choc d'un groupe de hauts fonctionnaires

Après les nouveaux attentats qui viennent de frapper la France, il est vital de revenir avec lucidité sur les graves menaces qui pèsent sur notre société et notre peuple. Depuis les attaques de janvier, un grand nombre d'analyses plus ou moins judicieuses avaient été publiées, de l'atrabilaire Qui est Charlie? (1) d'Emmanuel Todd, au subtil Situation de la France (2) de Pierre Manent.

Le slogan majeur avait alors été «pas d'amalgame», sous-entendu entre l'islam et les terroristes. La situation présente invalide brutalement cet artifice de communication. Admettons que la raison d'Etat pousse les dirigeants à fermer les yeux sur certaines situations dont l'énoncé même pourrait remettre en cause certaines de leurs politiques. Les attentats du 13 novembre nous montrent que cette posture empêche de lutter efficacement contre des menaces pourtant bien identifiées. Il n'y a que des politiques aveugles ou craintifs et des médias tenants du politiquement correct pour affirmer qu'il n'y a pas de problème de l'islam en France, comme ailleurs. Les responsables religieux et les intellectuels musulmans (3) les plus avisés et les plus honnêtes le reconnaissent .

Certes, porter la parole publique en ces temps troublés est difficile. Mais nier les problèmes, c'est en créer d'autres, plus vastes, plus graves, voire insolubles. Après les attentats de Charlie Hebdo, le président de la République avait sans doute raison lorsqu'il voulait éviter la stigmatisation injuste et la confrontation de nos concitoyens, mais il aurait tort d'affirmer de nouveau que les assassins, comme ceux de Charlie Hebdo «n'ont rien à voir avec l'islam» (4) . Et doublement tort, d'abord parce que cette parole présidentielle ne porte pas auprès d'une population qui vit, au quotidien, frictions et incompréhensions et, ensuite, parce que les meurtriers de janvier et de novembre, s'ils ne sont pas l'islam de France ont bien à voir avec lui. Et cet islam de France peine à se dégager des dérives que connaît l'islam dans trop de pays. Essayons d'y voir clair et de dégager quelques points.

Premier point: l'islam de France est très largement sunnite. Ce qui induit au moins trois difficultés.

Idéologiquement le sunnisme est aujourd'hui travaillé par des tendances dures et rétrogrades qui ont peu à peu pris l'ascendant sur les autres courants. Abdennour Bidar, Malek Chebel et quelques autres peuvent forcer notre estime en appelant à un islam des Lumières, dont il faudrait creuser s'il est théologiquement possible. En tout état de cause, ils ne pèsent tien auprès de la masse sunnite.

Politiquement, le sunnisme, dans le monde en général et en France en particulier, est travaillé par les influences extérieures toutes plus dangereuses les unes que les autres. Algériens, Saoudiens, Qataris, Turcs, Marocains, dans une moindre mesure Egyptiens, tentent tous de contrôler via leur argent, leurs imams ou leur capital religieux (lieux saints, aura, institutions…) une large part du marché des biens du salut islamique en France et ailleurs. Or, ce sont aussi des Etats, qui jouent leurs partitions destinées à accroître leur pouvoir et leur influence sur le grand échiquier mondial ; la France en est une case essentielle, notamment en raison de son rôle en Europe.

Organiquement, le sunnisme est peu structuré et permet à toutes sortes de groupes, ou d'individus, de dessiner les contours de leur islam et de leur djihad. C'est d'autant plus fâcheux que n'importe quel lecteur du Coran en aura découvert les contradictions qui peuvent justifier bien des interprétations dont celles, très nombreuses, qui recèlent d'importantes potentialités de violence.

Deuxième point: l'islam de France est confronté à une radicalisation de ses jeunes. Il est d'abord essentiellement la religion de citoyens ou d'immigrés issus de pays anciennement colonisés par la France. Si l'ancienne génération a largement tourné la page, il n'en va pas de même des nouvelles. Leur situation sociologique, éducative et culturelle, conjuguée à l'instrumentalisation de l'Histoire par certains Etats, comme l'Algérie, ou encore aux propos irresponsables de spécialistes de la repentance, réactive sans cesse des relations psychologiques difficiles et une mentalité d'exploités en révolte. Ne voit-on pas jusqu'à l'avocat de l'un des ex-complices d'Amedy Coulibaly le présenter comme une victime révulsée par les exactions de la police? Peu importe que ces jeunes soient nourris au biberon de l'enseignement gratuit français, des allocations sociales françaises, hébergés dans des logements sociaux, certes parfois dégradés, mais fort peu onéreux grâce à l'effort financier français. Ils ne se perçoivent pas comme Français, mais parfois même comme anti-Français. Une part non négligeable d'entre eux a touché à la délinquance qu'ils ne vivent pas tant comme l'entrée en criminalité que comme l'inévitable opposition à des institutions dont une large part des médias et médiateurs de toutes sortes leur serinent à longueur de journée qu'elles sont injustes. Ceux-là sont habitués à la police et à nos tribunaux. Ils les détestent, mais n'en ont plus peur tant la réponse pénale est devenue risible depuis vingt ans.

Troisième point: l'islam de France baigne dans l'un des pays les plus laïcs d'Europe! Non seulement l'Etat français s'est longtemps révélé incapable de comprendre la question religieuse par une sorte de cécité institutionnelle largement partagée par certaines «élites», mais ce laïcisme, souvent porté par la gauche, a aussi eu pour effet la fragilisation de la confession majoritaire en France, le catholicisme, et s'est trop souvent traduit par une agressivité à l'égard du christianisme en général. Les uns et les autres, catholiques compris -et parfois catholiques en tête- ont soigneusement appris que le christianisme ne devait plus structurer l'univers mental des Français, niant de ce fait son rôle essentiel dans la constitution de notre civilisation dans le passé et dans la conservation de ses valeurs dans l'avenir. Nos concitoyens ont souvent perdu de vue leur identité religieuse et n'ont plus pour horizon qu'un vague humani(tari)sme, certes issu d'un christianisme éthique dégradé, mais encombré d'un anticléricalisme culturel qui ne lui permet guère d'apercevoir les forces de régénération œuvrant au cœur du christianisme.

Dans une économie en crise, un pays à «l'identité malheureuse», qui ne croit plus en grand-chose, a bien peu à offrir à des jeunes en quête de références: des centres commerciaux? Le mariage homosexuel et la GPA? Des plugs devant le ministère de la justice? Au fond, d'une certaine façon, le problème de l'islam de France est aussi celui du christianisme en France: trop peu levain dans une pâte trop lourde. Un christianisme trop absent et qui a admis un peu vite son élimination de la scène publique.

Ces trois séries de problèmes dessinent les contours d'une politique visant à éradiquer l'islamisme en France qui pourrait comporter quelques axes.

1er axe: trancher les relations d'influence/allégeance entre l'islam de France et certains pays arabes. Les choses sont, au fond, assez simples: notre pays ne doit plus tolérer la présence sur son sol d'imams étrangers, officiels ou officieux, qui développent des thèses qui, de près ou de loin, vont à l'encontre de nos valeurs ou de la tranquillité publique. Il s'agit donc de disposer des moyens juridiques d'expulser les responsables à la moindre suspicion. Il s'agit aussi d'interdire et de réprimer très sévèrement tout financement par l'étranger. Cela suppose également de rompre les relations financières douteuses avec certains pays, tel le Qatar qui investit massivement dans l'économie française et dans les banlieues. Cela suppose enfin de reconsidérer nos relations avec des pays qui jouent un rôle trouble et foulent aux pieds nos valeurs, tels que l'Arabie Saoudite.

2ème axe: conforter les courants modérés au sein de l'islam, ce qui signifie, les aider à s'organiser et leur confier les clés de l'enseignement, du prêche et de l'exégèse dans notre pays. Ce qui signifie, à l'inverse, priver les radicaux de tout lieu d'expression. Concrètement, cela suppose d'interdire, au moins pour un temps, tout enseignement coranique par des personnes non agréées et contrôlées par l'Etat, d'interdire tout prêche, spécialement en langue étrangère, non visé par les autorités et d'expulser ou de condamner les réfractaires, d'interdire de la même façon les livres et publications internet suspects, de mettre sous tutelle les lieux de culte musulman ou a minima de les contrôler sérieusement.

3ème axe: achever l'organisation de l'islam de France. La création du CFCM était un pas… qui n'a pas suffi. Comme le proposait Malek Chebel, il faut un grand mufti de la République et la mise en place d'une organisation interne de l'islam sunnite. L'Etat peut y aider en ne tolérant l'existence que d'imams formés à ses écoles, et agréés par ses soins, en n'acceptant l'administration des lieux de culte que par des associations elles aussi contrôlées et dûment habilitées, en tout cas qui ne soient pas confiées aux plus extrémistes. Et il est indispensable que l'ensemble des responsables musulmans condamnent sans ambigüité non seulement ces actes terroristes, mais aussi, les organisations islamo-fascistes et leurs membres de l'EI, du front Al-Nosra et assimilés.

4ème axe: lutter contre la radicalisation de manière radicale. L'identification a fait des progrès mais ne suffit pas. L'échange de données avec nos partenaires doit s'intensifier. L'isolement des détenus islamistes doit devenir une réalité, isolement des autres détenus, mais aussi isolement entre eux. Les étrangers doivent être expulsés et les doubles nationaux déchus de leur nationalité puis expulsés. Plus généralement, les délinquants doivent sentir la force de l'Etat dont la répression pénale doit être très sévère. Cela devrait être, en particulier à l'égard du trafic de stupéfiants, dont certains n'ont toujours pas compris qu'il finançait, pour une part, le terrorisme et, d'autre part, qu'il était poreux avec les milieux radicalisés. Enfin, il n'est plus tolérable qu'en France des salafistes, puissent fréquenter des mosquées salafistes et écouter des prêches violents sans autre intervention des pouvoirs publics qu'une surveillance par les services de renseignement. Lorsqu'ils sont étrangers, ces extrémistes doivent être massivement expulsés, à titre préventif, pour raison d'ordre public.

5ème axe: maîtriser les flux migratoires. La dynamique démographique de la population musulmane en France, entretenue notamment par une immigration massive en provenance de pays à majorité musulmane, n'est pas de nature à faciliter la mise en place d'une cohabitation durable et harmonieuse entre les différentes composantes de la société. Du reste, l'absence de statistiques précises en la matière pourrait masquer un accroissement beaucoup plus significatif qu'on ne le pense généralement. La question de l'islam en France est ainsi étroitement liée à la maîtrise des flux migratoires, réguliers et irréguliers. Nous renvoyons pour plus de détails à notre précédent article , s'agissant notamment de l'indispensable contrôle effectif et rigoureux des frontières.

6ème axe: le plus difficile, envisager de manière différente les religions. Le combat idéologique face à l'islamisme ne peut embrasser qu'un nombre limité d'options, toutes aussi complexes dans notre pays traversé de contradictions. La première option serait de réactiver un laïcisme sourcilleux qui fut celui des radicaux du début du XXème siècle, mais la gauche et ses élites terranovesques ont déserté ce combat. L'actuel premier ministre peut bien prétendre le ranimer (5) , mais, paraphrasant François Mitterrand face à Jacques Chaban-Delmas, on est tenté de lui répondre: «Quand je vous regarde, je ne doute pas de votre sincérité, mais quand je regarde votre majorité, je doute de votre réussite»(6) . Le risque existe au surplus que cette lutte se déchaîne encore et avant tout contre le catholicisme, plus tendre et tolérant (voir la «crise» des crèches avant Noël qui, avec le recul, montre à quel point les «libres penseurs» se sont trompés d'adversaires, par facilité et sans doute aussi par lâcheté), que contre un islam volontiers chatouilleux. Sur le fond, par ailleurs, ce combat a-t-il des chances d'être efficace et est-il même souhaitable? L'effacement du religieux est une part du problème. Faut-il creuser davantage le fossé entre des peuples avides de sens et leurs institutions?

La seconde option serait d'accepter une nouvelle place des religions dans notre société de façon à en apaiser les relations et à franciser l'islam. A moins d'accepter l'islamisation de notre pays, cette option doit consister aussi à renforcer le christianisme pour équilibrer la situation et la résistance naturelle à l'islam, réactiver le fond éthico-philosophique qui fait le soubassement de nos valeurs républicaines et qui est profondément chrétien. Cela passe par un nouveau dialogue avec les institutions chrétiennes. Cela suppose une nouvelle réflexion sur la présentation du fait chrétien et de son impact sur la France, l'Europe et l'Occident notamment dans les programmes scolaires, les manuels, à l'inverse de la mise en valeur actuelle de l'islam au détriment du christianisme. Franciser l'islam cela passe aussi par une politique claire en matière de symbolique: pas de burqa, ni de qamis afghan sur le territoire national, pas de voile, pas de prières publiques, pas de mosquée ostentatoire et l'application scrupuleuse de nos lois, par exemple en matière de polygamie. Côté christianisme, les institutions nationales et locales doivent ranger au rayon des vieilleries les oripeaux du laïcisme d'antan, peut-être avec regret, mais «comme on peut regretter la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages» (7) .

Non seulement une telle évolution pourrait bien rassurer nombre de nos concitoyens mais aussi attirer une part de la jeunesse d'origine immigrée. Mais ce n'est pas le seul enjeu: notre société doit inspirer le respect, retrouver des valeurs fortes et se libérer d'un consumérisme et d'un libertarisme débridés. Le Gouvernement est-il en capacité d'y contribuer? Sa gestion du mariage homosexuel, l'insistance renouvelée du ministre de la Justice sur la PMA au profit des lesbiennes, démontre qu'un certain establishment n'a rien compris aux évolutions profondes de notre société.

Voilà bien une des racines de l'absence de résolution du problème de l'islam en France depuis des années et des inquiétudes que nous pouvons nourrir pour l'avenir: nos «intelligentsias» parisiennes sont trop libertaires, tout à la fois pour brider les forces de désordre et pour donner, notamment à nos jeunes, une espérance qui dépasse le matérialisme. Elles sont encore trop laïcardes pour s'appuyer sur le catholicisme honni et dont elles font encore leur principal adversaire, comme autrefois les politiques français qui s'aveuglèrent au point de ne vouloir détruire que l'Autriche et de laisser croître la Prusse. Qui sera capable de se saisir du problème?

Groupe Plessis (FigaroVox, 16 novembre 2015)

Notes :

1 - Qui est Charlie? Sociologie d'une crise religieuse, Seuil, 2015.

2 - Situation de la France, Desclée de Brouwer,‎ 2015

3 - «Des intellectuels de confession musulmane appellent à une «révolution» dans l'islam», Le Figaro, 14 janvier 2015.

4 - Adresse à la Nation à la suite des évènements des 7 et 8 janvier 2015, «Ceux qui ont commis ces actes, ces terroristes, ces illuminés, ces fanatiques, n'ont rien à voir avec la religion musulmane.»

5 - Discours de Manuel Valls à l'Assemblée nationale en hommage aux victimes des attentats, 13 janvier 2015.

6 - En réaction au discours de politique de politique générale de Jacques Chaban-Delmas, en 1969.

7 - Charles de Gaulle, allocution télévisée du 14 juin 1960 «Il est tout à fait naturel que l'on ressente la nostalgie de ce qui était l'Empire, comme on peut regretter la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages.»

31/12/2012

Un bilan de l'année 2012...

Nous reproduisons ci-dessous le bilan de l'année 2012 dressé par Michel Geoffroy pour Polémia. A méditer avant de franchir le seuil de la nouvelle année...

 

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Bilan 2012 : ethnicisation des clivages politiques et post-démocratie

1/ L’ethnicisation des clivages politiques : l’immigration, boulet politique

2012 a vu la réélection de B. Obama qui n’a recueilli aux Etats-Unis que 39% du vote des électeurs blancs ; par contre, il a mobilisé le vote des Afro-Américains et des Hispaniques. En France, F. Hollande a été élu alors qu’il ne rassemblait ni la majorité des inscrits ni celle des votants ; par contre, il a bénéficié à 86% du vote des électeurs musulmans et, à une majorité écrasante, des voix des électeurs outre-mer.

La similitude des deux processus signifie que la grande substitution de population européenne initiée par l’oligarchie avec l’immigration de peuplement a commencé en 2012 à exercer des effets politiques nationaux d’envergure et manifestement durables.

Aux Etats-Unis comme en France, l’élément fondateur de l’identité nationale –que ce soient les descendants des colons « wasp » ou les Français de souche – est en décroissance numérique, à la différence des « minorités » ethniques : cela commence à se traduire politiquement.

En France, la gauche a misé sur l’immigration pour asseoir son assise électorale et elle entend exploiter au maximum ce filon ; d’où sa volonté de faire aboutir son projet d’ouverture des élections locales aux étrangers et, bien sûr, son attitude systématiquement laxiste sur la question des migrations.

Les élus locaux « républicains » avaient déjà compris la nécessité de courtiser le vote musulman, ce qui s’est traduit notamment par leur attitude bienveillante vis-à-vis de la construction de mosquées. En retour, la France immigrée vote pour la gauche, c’est-à-dire pour plus d’immigrés.

L’immigration n’est donc plus seulement un boulet économique et social. 2012 démontre qu’elle devient aussi un boulet politique dont le poids électoral ne se limite plus au niveau local mais pèse désormais sur les scrutins nationaux. Masse de manœuvre économique du patronat, l’immigration devient aussi la masse de manœuvre électorale de l’oligarchie pour contrer la révolte européenne qui vient.

Bonne année 2012 aux Français de souche !

2/ La progression de la menace islamiste

Les assassinats commis en mars 2012 par Mohamed Merah à Toulouse ont porté sur la place publique une autre réalité que l’oligarchie s’efforçait de cacher : celle de la gravité de la menace islamiste en Europe.

Dans le cas Merah, en effet, tout a été fait par le système médiatique pour brouiller la perception des choses.

On a d’abord tenté d’orienter les esprits vers la piste de l’attentat raciste commis, bien sûr, par la terrible « extrême droite », jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de cacher le nom de l’assassin. Pas de chance ! Les médias nous ont alors dit, comme à l’habitude en pareil cas, qu’il ne fallait pas faire d’amalgame car il s’agissait du geste « incompréhensible » d’un isolé. Puis on nous a dit que Merah avait subi la mauvaise influence de son milieu familial. Puis on a découvert qu’il avait des contacts réguliers avec la mouvance islamique. On sait aujourd’hui que la sûreté française le surveillait, manifestement pas assez, pour cette raison. Bref, que le gentil garçon amateur de voitures rapides, était un terroriste potentiel qui est passé à l’acte.

Le gouvernement Aznar avait lui aussi essayé de cacher l’identité des auteurs de l’attentat islamiste de Madrid de 2004 et il a perdu sa majorité pour cela. En France comme en Espagne, l’oligarchie qui ne cesse de prétendre que l’immigration est une chance et que la suppression des frontières est un progrès des droits de l’homme, s’efforce en contrepartie de dissimuler la réalité de l’islamisme qui en découle, comme la nuée porte l’orage. Mais les faits, comme Merah, sont têtus.

Tout comme le sont les Printemps arabes, également salués par l’oligarchie qui y voyait le triomphe de ses « valeurs » et de la démocratie ; mais la fin des méchants « dictateurs », comme en Iran, signifie l’arrivée au pouvoir des islamistes, cette fois plus près de chez nous.

Bonne année 2012 aux habitants de Toulouse et à tous les riverains de la Méditerranée !

3/ La post-démocratie en marche

2012 marque aussi une nouvelle progression vers l’instauration de la post-démocratie en France.

Ce régime repose sur un credo simpliste et destructeur :

  • -les droits de l’homme comme le point de vue des minorités l’emportent en toute chose sur ceux des citoyens car il ne faut pas que la majorité les « discrimine » ;
  • -l’économie, c’est-à-dire le gouvernement des choses, doit succéder à la politique, c'est-à-dire au gouvernement des hommes ;
  • -le juge doit l’emporter sur le législateur.

Ce qui signifie qu’en post-démocratie le verdict des banques, des médias et des juges importe plus que les préférences majoritaires des électeurs, a fortiori des électeurs autochtones.

Cela induit un divorce de plus en plus profond entre le pays réel et le pays légal.

C’est pourquoi les initiatives de la nouvelle « majorité » socialiste heurtent de front l’opinion majoritaire des autochtones : fiscalisme, écologisme, mariage et adoption homosexuels, droit de vote des étrangers aux élections locales, laxisme pénal, mesures en faveur des Roms et des immigrants, etc. Car ces initiatives, qui s’analysent comme une violence faite au corps social, répondent aux souhaits des minorités actives et de l’oligarchie financière, mais pas de la majorité du peuple français. Car en post-démocratie les minorités font la loi.

Pendant longtemps les Français sont restés passifs face à l’avènement de la post-démocratie, parce que la société de consommation rendait celle-ci aimable. Mais aujourd’hui que la pénurie et la précarité s’installent avec la non-croissance et le chômage structurel, il en va autrement. On ne rit plus et la révolte, lentement, se propage dans le corps social.

Pas étonnant que l’image de l’exécutif se dégrade encore plus rapidement que sous la présidence Sarkozy !

Un nombre croissant d’intellectuels qui n’hésitent pas à courir le risque de la diabolisation marquent aussi leurs distances vis-à-vis d’un tel système. Cela veut dire que la glaciation idéologique qui accompagnait la mise en place du système oligarchique a cessé. Comme en URSS autrefois, le système ne fait plus rêver : il ne repose plus que sur la contrainte pour le plus grand nombre et sur l’intérêt pour une petite minorité qui est aux commandes de l’appareil.

On sait qu’une telle combinaison dure rarement.

Bonne année 2012 à tous les démocrates !

4/ L’incroyable nullité de la droite française

La gauche française doit sa victoire cataclysmique de 2012 au rejet de la personne de N. Sarkozy et au fait que la droite se trouve coupée artificiellement en deux : entre une droite qui se prétend « républicaine » et une droite populiste et diabolisée par le système. Alors que la gauche s’unit toujours le temps des élections.

Comme l’a bien montré le débat sur la reconnaissance du vote blanc, la « majorité » gouvernementale socialiste est en réalité minoritaire en voix dans le pays. Alors que l’opinion des Français autochtones évolue de plus en plus à droite, ce qu’illustre d’ailleurs le succès de la motion de la Droite forte à l’UMP (28% des suffrages), la gauche cumule finalement tous les pouvoirs politiques en France aujourd’hui. Et F. Hollande, personnalité peu charismatique, qui se targuait d’ailleurs significativement lors de la campagne de 2012 de sa « normalité », se trouve donc élu président de la République.

On aurait pu penser que l’échec de 2012 aurait donné à réfléchir au sein des appareils de la droite « républicaine ». Hélas, non contente de s’en tenir à une tactique digne du sapeur Camember – qui se jetait à l’eau pour éviter la pluie – consistant à diaboliser le Front national tout en prétendant séduire ses électeurs par des promesses verbales, l’UMP vient au surplus de se diviser elle-même. Car à droite la division est une seconde nature.

L’année 2012 restera marquée par une incroyable guerre des chefs à l’UMP. En quelques jours et en direct, tout un personnel politique qui tenait le haut des médias a laissé apparaître son triste visage : des politiciens attachés à leurs places, incapables de faire passer l’intérêt général avant leurs ambitions, incapables de s’entendre sur une stratégie.

Mais, au-delà du spectaculaire, cette implosion exprime la volonté obtuse des états-majors de la droite de tout faire pour empêcher la constitution d’une large union incluant la droite populiste, qui serait seule capable de battre la gauche.

La crise de l’UMP illustre enfin le divorce croissant entre les états-majors des partis du système, les militants et les électeurs de droite. Le divorce tient au fait que les états-majors refusent ce que la base réclame de plus en plus ouvertement. Il provient aussi du fait que les électeurs de droite en ont assez de voter pour des hommes qui se prétendent de droite et qui en réalité pratiquent une politique de gauche.

Bonne année 2012 aux gentils électeurs de droite qui votent pour ces gens-là !

5/  Pendant le spectacle, la zone euro s’enfonce dans la crise

Les psychodrames politico-médiatiques, ou l’agitation autour des réformes « sociétales » du gouvernement Ayrault, peinent de plus en plus à occulter que la crise économique et financière continue de plus belle. A la différence des années Sarkozy, on continue de couler, mais cette fois dans un épais silence « normal ».

On a une fois de plus consenti de gros efforts pour sauver la zone euro, c’est-à-dire la zone mark, comme si la monnaie unique constituait une fin en soi. Pour l’oligarchie sans doute, mais pas pour les peuples européens !

Car la zone euro reste un espace économique hétérogène, donc fragile, caractérisé par une faible croissance et un fort taux de chômage en tout cas dans sa partie sud, car tout a été sacrifié à la stabilité des prix et à l’ouverture des frontières économiques. Parce que le système économique occidental s’organise désormais au bénéfice des prêteurs, donc des banques, alors qu’auparavant il bénéficiait aux emprunteurs, ce qui a favorisé la croissance dans la seconde moitié du XXe siècle.

Or les prêteurs tiennent à ce que les Etats remboursent leurs prêts : voilà ce que recouvre en réalité la question des « dettes souveraines »: les banques veulent faire rendre gorge aux Etats à qui on a interdit, par dogmatisme, de monétiser leur dette, c'est-à-dire de faire évoluer son prix. Ce système fait désormais mentir le vieil adage européen « Qui paye ses dettes s’enrichit ». Nos ancêtres tenaient les prêteurs en suspicion et ils avaient bien raison !

Le sort tragique de la Grèce ne doit pas faire oublier que le taux de chômage atteint 25% au 3e trimestre en Espagne, que celui de la France ne diminue pas ou qu’un changement de premier ministre en Italie fait trembler les marchés, c'est-à-dire l’euro, et que cela fait maintenant cinq ans que les responsables politiques déclarent « sauver » l’euro tous les trois mois : c’est fou comme cette monnaie nous rend plus forts !

Les dettes publiques proviennent aussi du fait que les finances des Etats explosent sous le poids des dépenses sociales, lesquelles ont deux sources principales : le chômage et l’immigration de peuplement. Or sur ces deux causes les gouvernements ne peuvent agir, par dogmatisme néo-libéral et à cause du politiquement correct.

La zone euro se trouve donc contrainte de mener une politique déflationniste qui ne dit pas son nom : diminuer les dépenses publiques, limiter les salaires et les pensions, augmenter les impôts sur les ménages pour « redresser les comptes publics » mais les diminuer sur les entreprises pour assurer leur « compétitivité » dans une économie sans frontières.

On sait qu’une telle politique, au demeurant contradictoire et qui ne s’attaque pas aux causes mais seulement aux effets, produit rarement de bons résultats. Ce fut justement la politique conduite par les démocraties dans les années 1930 en Europe.

Bonne année 2012 à tous les banquiers et à leurs employés : politiciens, publicitaires, journalistes !

Michel Geoffroy (Polémia, 29 décembre 2012)

09/05/2010

N'émigrez pas !

Une prise de conscience africaine du caractère néfaste de l'émigration : c'est tout l'intérêt du livre d'Omar Ba, N'émigrez pas ! L'Europe est un mythe, que les éditions Jean-Claude Gawsewitch viennent de publier. Bousculant le politiquement correct, il rejoint, à partir d'un point de vue différent, les analyses des observateurs les plus lucides de l'immigration en Europe. Alain de Benoist, dans un éditorial de la revue Eléments, écrivait déjà en 1983 : "L'immigration est née de l'obligation faite à des hommes de se déraciner, par un système économique désireux de faire appel à une main d'oeuvre bon marché, système fondé sur le profit qui transfère les hommes comme on transfère les marchandises ou les capitaux. Fruit de l'idéologie de la rentabilité (à courte vue), elle est une forme moderne de déportation et d'esclavage."

Omar Ba.jpg
 

"Après le succès de "Je suis venu, j’ai vu, je n’y crois plus" (plus de 10 000 exemplaires), Omar Ba nous livre un texte percutant sur l’immigration, un sujet brûlant. Omar Ba affirme que les Africains qui quittent tout pour venir en Europe perdent au change. Leur avenir est sur le continent noir. L’immigration contribue à maintenir les populations africaines en position d’assistanat. De plus, les populations immigrées sont plus touchées par le chômage : l’Europe a-t-elle besoin de l’immigration ? Les immigrés sont « conviés à la misère ». Omar Ba est contre les régularisations massives des sans-papiers, qui vont pousser de nombreux autres Africains à quitter leurs pays d’origine pour l’Europe en leur donnant de l’espoir, mais qui vont aussi priver les pays d’Afrique de leurs ressortissants. Au sujet des expulsions, il s’agit d’une sanction juridiquement approuvée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, cela ne devrait pas provoquer autant de remous. Pour Omar Ba,l’opinion publique choisit l’émotion (cas du renvoi des Afghans en décembre 2009). « Parfois il est salutaire de raccompagner l’étranger dans son pays », selon lui. Les conditions socio-économiques se dégradent dans les pays du Nord, qui ne peuvent donc plus accueillir. Mais selon Omar Ba, l’immigration ne doit pas être associée au racisme, c’est un problème socio-économique, à ne pas « racialiser » (ex : la chasse aux Camerounais exercée en Guinée Equatoriale en mars 2004, où on a vu « des Noirs s’en prendre à d’autres »)… Un texte à contre-courant des idées « bien-pensantes » sur l’immigration, le point de vue surprenant d’un immigré africain de 27 ans."