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afrique - Page 6

  • Avec la surpopulation, c’est un monde invivable qui se dessine…

    Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire, dans lequel il évoque la question de la surpopulation. Philosophe et essayiste, directeur des revues Nouvelle École et Krisis, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Ce que penser veut dire (Rocher, 2017) et Contre le libéralisme (Rocher, 2019).

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    Alain de Benoist : « Avec la surpopulation, c’est un monde invivable qui se dessine… »

    La population mondiale ne cesse d’augmenter. La procréation, par nature, peut être exponentielle, alors que les ressources terrestres ne le sont pas. C’est ce que disait déjà Malthus, dont certains pensent qu’il n’a jamais eu que le tort d’avoir raison trop tôt. Aujourd’hui, y a-t-il péril en la demeure ?

    Passé un certain seuil, toute augmentation en nombre entraîne un « saut qualitatif » qui se traduit par un changement de nature. Comme chacun le sait, la population mondiale augmente régulièrement, mais, surtout, elle augmente de plus en plus vite. Vers 1700, on comptait moins de 700 millions d’habitants sur Terre. En 1900, on en était à 1,6 milliard. Aujourd’hui, avec plus de 250.000 naissances par jour, on a dépassé les 7,7 milliards. Pour la fin du siècle, les estimations moyennes tournent autour de douze milliards, les estimations hautes autour de seize milliards. Bien entendu, on peut discuter à perte de vue sur le nombre de bipèdes qui peuvent vivre sur cette planète. La seule chose qui est sûre, c’est qu’il y a une limite : pas plus qu’il ne peut y avoir de croissance matérielle infinie dans un espace fini, la population ne peut s’accroître indéfiniment sur une étendue limitée. Malheureusement, nous sommes à une époque qui ne supporte pas les limites. Malthus (Essai sur le principe de population, 1803) ne se préoccupait que de l’épuisement des ressources. Aujourd’hui, c’est le nombre qui, à lui seul, pose problème : la quantité est plus que jamais le contraire de la qualité. Avec trois ou quatre milliards de bipèdes en moins, le monde se porterait beaucoup mieux !

    La surpopulation aggrave mécaniquement tous les problèmes, en les rendant peu à peu insolubles. Elle est belligène, car la pression démographique crée des conflits nouveaux. Elle accélère l’épuisement des réserves naturelles. Elle accroît la dépendance économique et la soumission aux fluctuations ravageuses des marchés mondiaux, elle favorise les migrations de masse en provenance des pays surpeuplés, elle aggrave les effets de la surconsommation, de l’épuisement des sols, de la pollution des nappes phréatiques, de l’accumulation des déchets. Il n’y a déjà plus de réserves de productivité en matière agricole, l’extension des terres agricoles est en train d’atteindre ses limites et les ressources halieutiques des océans s’épuisent également. Plus de 90 % de toute la biomasse produite annuellement dans le monde sont d’ores et déjà exploités.

    Il est révélateur que la plupart des écologistes autoproclamés se comportent comme si la démographie et l’environnement étaient des sujets séparés, alors qu’ils sont indissociablement liés. À quoi bon parler de préservation des écosystèmes et de sauvegarde de la diversité, à quoi bon s’inquiéter de la gestion des déchets et des effets de la combustion des énergies fossiles si la croissance démographique entraîne toujours plus de pollutions et de déchets et que l’espace laissé aux espèces sauvages est appelé à disparaître ? À quoi bon vouloir limiter les émissions de gaz à effet de serre si on ne limite pas aussi la population ? Dans trente ans, du fait de l’accroissement naturel et de l’exode rural, 68 % de la population mondiale vivra dans des villes, soit 2,5 milliards d’individus de plus que maintenant. Avec des bidonvilles de plus de vingt millions d’habitants et des mégapoles de plus de cent millions d’habitants, c’est un monde proprement invivable qui se dessine.

    La mondialisation aggrave apparemment la situation, mais elle révèle aussi des disparités considérables. Au-delà de la surpopulation, n’avons-nous pas également affaire à un problème de répartition ?

    C’est évident. En 1950, avec 228 millions d’habitants, le continent africain représentait 9 % de la population mondiale. En 2017, avec 1,2 milliard d’habitants, il en représentait près de 17 %. À la fin du siècle, avec 4,2 milliards d’habitants (dont 89 % au sud du Sahara), il en représentera le tiers. Avec un taux de fécondité moyen de 4,6 enfants par femme, l’Afrique accroît sa population de 2,5 % par an, soit un doublement tous les vingt-huit ans. L’Europe, elle, ne représentait plus que 9,8 % de la population mondiale en 2017, et ce chiffre est encore appelé à baisser. Depuis la chute du mur de Berlin, l’Europe centrale et orientale a perdu 24 millions d’habitants. En France, on vient d’enregistrer la quatrième année consécutive de baisse des naissances : l’âge moyen à la maternité ne cesse de reculer et le solde naturel n’a jamais été aussi bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Le problème, ici, n’est toutefois pas d’abord le nombre, mais la détérioration de la pyramide des âges. Que l’Europe soit moins peuplée n’est pas un drame, loin de là ; ce qui est un drame, c’est qu’elle vieillit inexorablement. Cela dit, il n’est pas sérieux d’imaginer que les Européens peuvent se lancer dans une course à la concurrence démographique où ils feraient « mieux » que les 6,4 enfants par femme de la République démocratique du Congo ou les 7 enfants par femme du Niger !

    « Croissez et multipliez », lit-on dans la Genèse, adresse qui vaut tout autant pour les chrétiens que pour les musulmans et les juifs. Cet axiome religieux vous paraît-il toujours d’actualité ?

    À une époque où la plus grande partie du monde était inhabitée et où le premier impératif, pour les petites communautés existantes, était de s’étendre numériquement pour maximiser leurs chances de survie, le « croissez et multipliez » était parfaitement justifié. Le problème commence lorsqu’on ignore le contexte et qu’on soutient qu’un principe valable dans telles ou telles circonstances est à considérer comme un dogme valable en tous temps et en tous lieux. C’est la raison pour laquelle, dans nombre de milieux, la surpopulation est un sujet tabou : au nom de l’« accueil de la vie » et de la critique du « malthusianisme », on préfère se mettre un bandeau sur les yeux. Or, le laisser-faire nataliste est aujourd’hui irresponsable, et le « respect de la vie » ne saurait s’étendre à ceux qui ne sont pas encore conçus. Quelle est, alors, la solution ? Avec des mesures coercitives, la Chine est parvenue à freiner sa natalité, mais les « incitations » à ralentir la croissance démographique sont généralement des vœux pieux, surtout dans les pays où les enfants sont l’équivalent d’une assurance-vieillesse. L’émigration de masse vers d’autres planètes relève de la science-fiction. Que reste-t-il, alors ? Les épidémies, peut-être !

    Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 25 janvier 2020)

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  • Surpopulation : vers quel monde allons-nous ?...

    Le 4 avril 2019, Pierre Bergerault recevait, sur TV libertés, Philippe Randa, pour évoquer l'essai de Jean-Michel Hermans, Surpopulation : l’alerte mondiale (Dualpha, 2019) qu'il a édité. Philippe Randa est journaliste et éditeur. Auteur de nombreux livres, il a récemment publié un polar intitulé Secret mortel (Auda Isarn, 2018).

     

                                        

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  • Immigration  : « Oser combattre, oser vaincre » (1)...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Hervé Juvin, cueilli sur son site personnel et consacré à la question de l'immigration.

    Économiste de formation, vice-président de Géopragma, Hervé Juvin est notamment l'auteur de deux essais essentiels, Le renversement du monde (Gallimard, 2010) et La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013). Candidat aux élections européennes sur la liste du Rassemblement national, il a publié récemment un manifeste intitulé France, le moment politique (Rocher, 2018).

     

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    Immigration  : « Oser combattre, oser vaincre » (1)

    L’immigration de masse est moralement condamnable, politiquement destructrice, socialement détestable, écologiquement dangereuse.

    Il faut le dire. Il faut en finir avec ces convenances qui interdisent de désigner l’ennemi, avec cette étrange timidité qui paralyse ceux qui ont compris, qui ont vu, mais qui se sentent coupables d’avoir vu ce qu’ils voient et compris ce qu’ils comprennent. L’établir sur la base d’expériences historiques multiples et valides, c’est interroger la complaisance qui a laissé des idées fausses et des émotions manipulées interdire un débat qui n’a jamais eu lieu, et qui est pourtant le plus essentiel à la démocratie ; quelles conditions d’accès et de résidence sur nos territoires, quelles conditions d’accès à la citoyenneté française et aux prestations financées par la solidarité nationale ?

    Monopole verrouillé, le camp du Bien n’a jamais voulu tolérer le débat. Terrorisme médiatique et magistère moral aidant, jamais depuis l’Occupation allemande, les Français n’ont pu dire qui ils étaient, ni la France qu’ils voulaient.

    Nous en sommes là. De sorte que le plus urgent est de prendre les armes de la critique, pour regarder en face la situation de déni de démocratie que nous avons vécue, que nous subissons encore, et sous quels étrangers commandements nous subissons. De sorte qu’il est vital d’accélérer un basculement en cours pour reprendre l’initiative et affirmer clairement que le point de vue moral, politique, social, écologique, et aussi culturel donne raison à ceux qui entendent dénoncer le pacte de Marrakech, tenir nos frontières, et dire à tous et à tous : « on ne passe pas ! »

    Immigration : 50 années de déni de démocratie

    L’histoire rappelle qu’après le mouvement massif de rapatriement des Français d’Algérie et des harkis qui avaient combattu pour la France, l’immigration de travailleurs maghrébins et africains répondait au choix des entreprises industrielles de recruter de la main-d’œuvre bon marché en masse plutôt que d’automatiser. L’origine de ce mouvement migratoire est économique. Et ce sont des entreprises industrielles, automobiles et de bâtiment notamment qui en sont responsables. Cette immigration de travail formée d’hommes jeunes, en bonne santé, cotisant aux systèmes sociaux sans en percevoir de prestations, était présentée comme temporaire. Ils étaient de passage. Qui pouvait s’en inquiéter ?

    La majorité n’allait pas repartir au pays. Leur famille allait les rejoindre en France. Un changement majeur dans la population française a eu lieu sans anticipation, sans information publique, sans décision politique. Le décret permettant le regroupement familial a été pris sans débat public, sans même consultation, en catimini, un décret dont le Président Valéry Giscard d’Estaing déclare aujourd’hui que c’est la plus grave erreur de son septennat. Les Français qui auraient voulu interroger le phénomène se sont vu répondre qu’il n’y avait pas de problème, puis qu’ils étaient le problème, eux et leur incapacité de s’adapter à l’immigration (rapport Tuot, Conseil d’État, 2017). La gauche socialiste a abandonné l’ouvrier, le prolétaire, devenu le « beauf » pour sacrifier à la piété pour le migrant, devenu la figure de l’internationalisme.

    À partir des années 1980, émerge un autre discours, idéologique celui-là. S’affirment comme vérités incontestables trois affirmations ;

    1 –« Nous sommes tous des migrants ». Il suffit de consulter des registres paroissiaux pour constater combien d’habitants de Bourgogne, de Bretagne ou des Pyrénées sont établis depuis des siècles sur leur territoire !

    2 –« Tous ne désirent que devenir comme nous ». La montée de l’Islam sous sa forme radicale, voire terroriste, comme sous la forme d’une religion missionnaire attirant les nouveaux convertis, viendra montrer la fausseté de l’affirmation.

    3 –« Les sociétés multiculturelles sont les plus heureuses ». Partout dans le monde, les sociétés multiculturelles sont les plus violentes, les plus criminelles et les plus divisées. Les exemples du Brésil et du Mexique comme celui des États-Unis devraient suffire.

    Ce discours n’est pas imposé par hasard. Les pires ennemis de l’Europe, de sa civilisation, de son unité ethnique et de sa résistance à l’Islam, sont à l’œuvre. Leur discours est porté par des ordres venus d’ailleurs, il émane de dirigeants dont le but avoué est d’en finir avec les Nations européennes. Citons-en trois : 

    - Le général Wesley Clark, qui commandait les forces de l’OTAN lors des bombardements de la Serbie, affirme en 1999 ; «  ma mission est de détruire l’unité ethnique des nations européennes ». Cette mission sera poursuivie avec des moyens illimités par nombre de Fondations et d’ONG américaines. Elle porte notamment sur l’installation et la protection de populations musulmanes en Europe, le recrutement et la formation d’agitateurs, l’organisation de réseaux qui pourront déstabiliser telle ou telle Nation qui ne se conformerait pas à l’agenda américain pour l’Europe.

    - L’ancien dirigeant d’une firme pétrolière converti à l’humanitaire, Peter Sutherland, directeur du programme pour les réfugiés à l’ONU, ordonne à l’Europe de se préparer à accueillir « plus de cent millions d’Africains » dans la génération à venir.

    - Le pacte de Marrakech fait l’objet d’une promotion agressive de la part de l’ONU, d’ONG et d’institutions internationales qui entendent instituer un droit individuel aux migrations, sapant ainsi l’idée de citoyenneté et d’appartenance nationale et territoriale. Prétendument non contraignant, le pacte est calculé pour être formalisé par des tribunaux internationaux (CJUE) et peu à peu traduit en droit positif par les Nations. Sans débat public, la France le signe le 11 janvier 2019, alors que plusieurs pays européens refusent de le ratifier.

    Ce discours affiche ses bonnes intentions, il masque la montée du capitalisme criminel qui met fin au libéralisme et à la prétendue « loi du marché ». Pour étendre son empire et accroitre ses bénéfices, le système capitaliste n’a plus besoin de l’ordre social et de la paix civile, au contraire ; il entend tirer profit du désordre social, de la dissolution des Nations et de l’alliance avec le crime organisé. La subversion individualiste de tout ordre public, national, citoyen, devient l’une des ressources de la croissance des revenus des multinationales et des entreprises privées affranchies de tout lien territorial ou collectif. Et elle interdit toute prise de conscience et toute action en matière démographique ; des voix se font entendre qui attendent un surcroît d’activité économique et de profit de la hausse de la population mondiale ; 12 milliards de consommateurs, quel rêve !

    La fabrique du client devient le ressort de rendements en hausse ; voilà pourquoi interdire aux Européens de regarder en face le risque existentiel majeur que représente pour eux, pour leur mode de vie et pour leurs terres l’explosion démographique de l’Afrique, voilà pourquoi interdire d’évoquer l’action, certes brutale, de réduction des naissances conduite en Chine et en Inde comme l’une des décisions politiques qui ont sauvé le monde – à chacun d’imaginer un monde dans lequel la population de l’Inde et de la Chine dépasserait 4 milliards ! Qu’en disent les « écolos » politiques ?

    L’aveuglement de la gauche dite « sociale » à ce changement de nature du capitalisme est à l’origine de son étonnante complicité avec son moteur ; l’immigration de masse — ou comment le socialisme détruit la société qu’il prétendait défendre.

    Hervé Juvin (Site officiel d'Hervé Juvin, 11 avril 2019)

     

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  • Vérités et mensonges sur l'histoire africaine...

    Le 12 décembre 2018, Tepa, l'animateur de l'émission Libéré sur parole, diffusé par Patriote.info, recevait Bernard Lugan pour évoquer son livre Mythes et manipulations de l'histoire africaine (L'Afrique réelle, 2013).

     

                                      

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  • Un atlas historique de l'Afrique...

    Les éditions du Rocher viennent de publier le nouvel ouvrage de Bernard Lugan, un Atlas historique de l'Afrique. Historien et africaniste, Bernard Lugan a publié de nombreux ouvrages, dont dernièrement Osons dire la vérité à l'Afrique (Rocher, 2015), Histoire de l'Afrique du Nord (Rocher, 2016), Algérie - L'histoire à l'endroit (L'Afrique réelle, 2017), Heia Safari ! - Général von Lettow-Vorbeck (L'Afrique réelle, 2017) et, dernièrement, Mai 68 vu d'en face (Balland, 2018).

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    " Des origines de l'Homme aux conflits d'aujourd'hui, au fil de 250 cartes accompagnées de notices explicatives, cet atlas inscrit sur la longue durée, fait le bilan des connaissances historiques autour du continent africain à travers les permanences et les ruptures qui expliquent les crises actuelles et qui permettent d'annoncer celles de demain.
    Cet ouvrage, sans équivalent, est l'outil de référence indispensable à tous ceux qui veulent connaître les constantes historiques et ethniques qui fondent la géopolitique de l'Afrique, ou plus exactement des Afriques, et sans la connaissance desquelles tout ce qui est dit ou écrit sur ce continent relève de l'artificialité. "
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  • L’hommage aux « Poilus » dévoyé par l’idéologie dominante...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Bernard Lugan sur les commémorations du centenaire du 11 novembre 1918. Historien et africaniste, Bernard Lugan a publié de nombreux ouvrages, dont Osons dire la vérité à l'Afrique (Rocher, 2015), Histoire de l'Afrique du Nord (Rocher, 2016), Algérie - L'histoire à l'endroit (L'Afrique réelle, 2017), Heia Safari ! - Général von Lettow-Vorbeck (L'Afrique réelle, 2017) et, dernièrement, Mai 68 vu d'en face (Balland, 2018).

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    L’hommage aux « Poilus » dévoyé par l’idéologie dominante

    Pensée par le socialiste Joseph Zimet en charge de la Mission du centenaire de la Grande Guerre, à la ville époux de Madame Rama Yade ancien secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy, la cérémonie du 11 novembre 2018 célébrée sous l’Arc de Triomphe laisse une impression de malaise.

    D’abord, comment expliquer l’insolite relégation des représentants de la Serbie à l’extérieur de la principale tribune officielle alors que leur pays fut un des artisans majeurs de la victoire après avoir perdu 450.000 combattants tués et 134.000 autres blessés sur une population de 4,5 millions d’habitants ? Sans compter des pertes civiles s’élevant à 800.000 morts…

    Ensuite, comment qualifier l’insulte personnelle faite au président Trump, obligé de subir la prestation-provocation de sa compatriote d’origine béninoise, la chanteuse Angélique Kidjo, l’une de ses plus farouches adversaires ? Il est en effet utile de rappeler que cette militante activiste avait manifesté contre son élection au sein de la Women’s March, et qu’elle le qualifie d’homme qui n’a « ni morale, ni valeurs humaines »... Un tel affront diplomatique restera dans les annales...

    Enfin, point d’orgue de la grande entreprise de réécriture de l’histoire de France, l’amplification du rôle de l’Afrique durant la Première Guerre mondiale, à travers un message plus que subliminal : les Africains ayant permis la victoire française, leurs descendants ont des droits sur nous et voilà donc pourquoi ils sont chez eux chez nous…

    Je répondrai à ce troisième point en reprenant mon communiqué en date du 13 mai 2016 dont le titre était « La France n’a pas gagné la Première guerre mondiale grâce à l’Afrique et aux Africains ».

    Laissons en effet parler les chiffres[1] :

    1) Effectifs de Français de « souche » (Métropolitains et Français d’outre-mer et des colonies) dans l’armée française

    - Durant le premier conflit mondial, 7,8 millions de Français furent mobilisés, soit 20% de la population française totale.

    - Parmi ces 7,8 millions de Français, figuraient 73.000 Français d’Algérie, soit 20% de toute la population « pied-noir ».

    - Les pertes parmi les Français métropolitains furent de 1.300 000 morts, soit 16,67% des effectifs.

    - Les pertes des Français d’Algérie furent de 12.000 morts, soit 16,44% des effectifs.

     2) Effectifs africains

    - L’Afrique fournit dans son ensemble 407.000 hommes, soit 5,22 % de l’effectif global de l’armée française.

    - Sur ces 407.000 hommes, 218.000 étaient originaires du Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie).

    - Sur ces 218.000 hommes, on comptait 178.000 Algériens, soit 2,28 % de tous les effectifs de l’armée française.

    - Les colonies d’Afrique noire dans leur ensemble fournirent quant à elles, 189.000 hommes, soit 2,42% de tous les effectifs de l’armée française.

    - Les pertes des Maghrébins combattant dans l’armée française furent de 35.900 hommes, soit 16,47% des effectifs, dont 23.000 Algériens. Les pertes algériennes atteignirent donc 17.98% des effectifs mobilisés ou engagés.

    - Les chiffres des pertes au sein des unités composées d’Africains sud-sahariens sont imprécis. L’estimation haute est de 35.000 morts, soit 18,51% des effectifs ; l’estimation basse est de 30.000 morts, soit 15.87%.

    Pour importants qu’ils soient, les chiffres des pertes contredisent l’idée-reçue de « chair à canon » africaine. D’ailleurs, en 1917, aucune mutinerie ne se produisit dans les régiments coloniaux, qu’ils fussent composés d’Européens ou d’Africains.

    Des Africains ont donc courageusement et même régulièrement héroïquement participé aux combats de la « Grande Guerre ». Gloire à eux !

    Cependant, compte tenu des effectifs engagés, il est faux de prétendre qu’ils ont permis à la France de remporter la victoire. Un seul exemple : l’héroïque 2° Corps colonial engagé à Verdun en 1916 était composé de 16 régiments, or, les 2/3 d’entre eux étaient formés de Français mobilisés, dont 10 régiments de Zouaves composés très majoritairement de Français d’Algérie, et du RICM (Régiment d’infanterie coloniale du Maroc), unité alors très majoritairement européenne.

    Autre idée-reçue utilisée par les partisans de la culpabilisation et de son corollaire « le grand remplacement » : ce serait grâce aux ressources de l’Afrique que la France fut capable de soutenir l’effort de guerre.

    Cette affirmation est également fausse car, durant tout le conflit, la France importa 6 millions de tonnes de marchandises diverses de son Empire et 170 millions du reste du monde.

    Conclusion : durant la guerre de 1914-1918, l’Afrique fournit à la France 5,22% de ses soldats et 3,5% de ses importations.

    Ces chiffres sont respectables et il n’est naturellement pas question de les oublier ou de les tenir pour secondaires. Prétendre qu’ils furent déterminants est en revanche un mensonge doublé d’une manipulation idéologique.

    Bernard Lugan (Blog de Bernard Lugan, 14 novembre 2018)

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