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éducation nationale - Page 7

  • Comment liquider proprement un peuple ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Julien Jauffret , cueilli sur le site de l'hebdomadaire Minute et consacré à la réforme des programmes des collèges.

     

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    Comment liquider proprement un peuple

    Le pays tout entier a été pris d’une crise de fou rire quand ont été dé­voilés, à la mi-avril, les nouveaux programmes scolaires et la langue ridicule qui les accompagne. Même David Pujadas sur France 2, pas spécialement réputé pour son esprit de rébellion, s’est tapé la cuis­se en évoquant les perles du jargon pédagogique : « traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête » (nager), « rechercher le gain d’un duel médié par une balle ou un volant » (jouer à la raquette) ou « aller de soi et de l’ici vers l’autre et l’ailleurs » (apprendre une langue étrangère).
    Cette réaction quasi unanime témoigne certes d’une bonne santé mentale et d’un bon sens que l’époque n’a pas encore complètement anéanti. Mais elle a aussi son revers, très français : elle prend les choses à la légère, elle ironi­se… puis elle passe à autre chose en haussant les épaules.
    Ce charabia est pourtant beaucoup plus grave qu’il n’y paraît et dit tout de la philosophie de ces nouveaux programmes et de leur vo­lonté délibérée de se placer hors du réel. Il n’est pas besoin d’être parano pour imaginer en outre que ce jargon n’a pas passé accidentellement tous les filtres du Conseil supérieur des programmes (CSP) et qu’il n’est par conséquent pas là par hasard. Il obéit donc à un but : le con­trefeu ; un hochet envoyé aux médias qui s’en sont saisi avec gourmandise et sont ainsi tombés dans le panneau. Les quatre minutes de re­portage du JT de France 2 passées à se moquer de la novlangue pédagogique sont autant de mi­n­­utes perdues à s’interroger sur le fond du pro­gramme : un vrai massacre qui renoue avec les délires pédagogiques que l’on croyait révolus.
    L’esprit, on le connaît : l’apprentissage à l’école ne doit plus être une bête accumulation de con­naissances mais un « facteur de progrès global de la personne ». Plus que des savoirs arbitraires, ce sont les différents aspects de la vie sociale qu’il faut enseigner à l’élève dans une école transformée en « lieu de vie ». Dans cette optique, la grammaire devient « l’étude de la langue » : l’enfant « ob­serve » les phrases et en tire lui-même les règles qu’il n’apprend plus par cœur.
    On ne soulignera jamais assez le caractère idéologique de ces méthodes qui ne sont pas là pour donner à l’enfant un socle de connaissance mais pour le libérer de tout assujettissement, et principalement celui de la langue vécue comme une domination. Influencés par les philosophes de la modernité, les « néo-pédagos » (socialistes libertaires et chrétiens de gauche pour la plupart) considèrent en effet avec Foucault que les règles régissant la langue s’inscrivent dans une logique de dressage visant à contrôler les mentalités et les comportements. L’obéissance à ces règles (orthographe et grammaire) aurait ainsi pour seule finalité d’inculquer le respect automatique de la norme. C’est donc bien la grammaire, l’orthographe et la dictée, piliers de l’ordre bourgeois, qu’il fal­lait détruire pour faire de l’école le lieu d’une redistribution du pouvoir. L’objectif est largement atteint avec à la clef  20 % d’illettrés en classe de 6e.
    Pour le reste, on a suffisamment parlé de la fin programmée des langues anciennes, de la culture générale, des classes préparatoires et des classes bi­lingues, jugées trop élitistes, pour qu’il soit né­cessaire d’y revenir. Notons simplement avec Julia Sereni (Figaro Vox du 21 avril) qu’à partir du moment où « la transmission du savoir reste vécue comme une violence reproductrice d’inégalités, c’est à la transmission elle-même que l’on s’attaque pour diminuer les inégalités ».
    Mais le plus grave dans ces nouveaux programmes est sans doute le traitement réservé à l’Histoire. Le CSP distingue, pour les classes de 5e, 4e et 3e, des thèmes obligatoires et des thè­mes laissés au choix de l’enseignant. Avec cette particularité inouïe : l’étude de l’islam sera désormais obligatoire, celle du christianisme médiéval facultative. Et encore les professeurs choisissant ce thème auront-ils l’obligation de l’aborder sous l’angle de l’« emprise de l’Eglise sur les mentalités rurales ». Une histoire nationale de plus en plus facultative, avec quelques obligations néanmoins : l’esclavage, la colonisation, la colla­boration. Autrement dit, les repères com­muns donnés aux collégiens seront cons­titués de l’histoire glorieuse des autres… et de notre histoire honteuse. Comment ne pas voir dans cette haine de soi poussée au paroxysme l’accompagnement pédagogique d’un grand remplacement souhaité ?
    La formidable Histoire d’Alsace de François Waag, récemment rééditée chez l’éditeur breton Yoran Embanner, débute par cette citation de l’historien tchèque Milan Hübl que l’on aurait intérêt à méditer : « Pour liquider les peuples, on commence par leur enlever leur mémoire. On détruit leurs livres, leur culture, leur histoire. Puis quelqu’un d’autre leur écrit d’autres livres, leur donne une autre culture, leur invente une autre histoire. Ensuite, le peuple commence lentement à oublier ce qu’il est, et ce qu’il était. Et le monde autour de lui l’oublie encore plus vite. »   

    Julien Jauffret (Minute, 30 avril 2015)

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  • Tout le monde il est beau...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique d'Éric Zemmour sur RTL, datée du 3 avril 2015 et consacrée au classement des lycées français publié par l'éducation nationale, opération de désinformation parfaitement menée avec l'appui des médias...

     

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  • Un zéro pointé pour l’école de la République...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Jean-Paul Brighelli à TV Libertés à l'occasion d'une conférence donnée devant le Cercle Aristote pour la sortie de son livre Tableau noir (Hugo et Cie, 2014).

     

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  • Comment les pédagogistes ont tué l'école...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jean-Paul Brighelli, cueilli sur le site du Point et consacré à l'action criminelle des pédagogistes au sein de l’Éducation nationale.

    Professeur en classes préparatoires et défenseur de l'élitisme républicain, Jean-Paul Brighelli a publié dernièrement dernièrement Tableau noir (Hugo et Cie, 2014), un nouvel essai sur l’école.

     

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    Comment les pédagogistes ont tué l'école

    Républicains contre pédagos (pour "pédagogistes") : cet affrontement entre les tenants d'une tradition scolaire héritée de Jules Ferry et les jusqu'au-boutistes de l'expérimentation pédagogique a commencé il y a une trentaine d'années, lorsque les premiers, qui comptaient sur Jean-Pierre Chevènement pour faire avancer leurs idées, ont été supplantés par les seconds, arrivés dans les fourgons de Lionel Jospin. Dans le Figaro du 25 novembre, un sociologue québécois réputé, Mathieu Bock-Côté, analyse avec une grande finesse les enjeux de cette guerre - dont, disons-le tout de suite, la conclusion est d'ores et déjà connue : l'école républicaine, qui mettait le savoir au coeur du système, est morte, vive l'école de la pédadémagogie, qui met "l'élève au centre" et cherche son bonheur immédiat, au détriment de sa formation, de sa culture et de sa réussite future.

    Le pédagogue Ponce Pilate

    Par parenthèse, que ce soit dans le Figaro que cet excellent article paraisse ou que j'écrive dans les colonnes du Point.fr n'est pas tout à fait indifférent : en face, les pédagogistes ont le Monde, l'Obs et Libération. Cet affrontement entre deux conceptions violemment antagonistes de l'école est aussi une rivalité de presse, sous-tendue en partie par une opposition droite/gauche. Même si le noyau dur des républicains est constitué de chevènementistes, voire d'anciens gauchistes. Paradoxe, c'est le Front national qui aujourd'hui reprend sans vergogne, avec un opportunisme impeccable, les thèses des républicains (sans que cela implique en quoi que ce soit que lesdits républicains adhèrent aux thèses du Front national), et le PS se coule dans les propositions des pédagos. Par exemple, comme le souligne Bock-Côté, la récente décision de remplacer les notes par des pustules vertes, ou de renoncer définitivement au redoublement tout en imposant l'évaluation par compétences et non par performances, est une victoire majeure du clan pédago, qui proclame que c'en est fini de l'évaluation-sanction : désormais, tout le monde s'aime, et tout le monde réussira. Encore un effort, et l'élève s'autoévaluera, ce qui, soyons-en sûrs, lui évitera tout traumatisme. On est tellement mieux dans le coton. 80 % d'une génération au bac - on y est. Et puis après... Après, c'est l'écrasement contre le mur du supérieur - mais là aussi, on arrondit les angles, on n'a que 50 % de pertes en première année. Après, c'est l'éclatement contre le mur de l'embauche. Évidemment, Ponce-Pilate-pédago s'en lave les mains, il n'est plus concerné.

    La mise à mort de la culture

    Pour que des non-enseignants comprennent bien les enjeux de cette lutte, il faut énoncer les choses clairement. Le remplacement de la transmission de connaissances par l'évaluation de compétences revient à mettre à mort la culture classique - à commencer par la maîtrise de la langue. À qui s'étonnerait que les enfants et les adolescents maîtrisent désormais de façon fort aléatoire les codes du français, à commencer par l'orthographe, si discriminatoire, les pédagos rétorqueront qu'il ne faut pas s'arcbouter sur des codes bourgeois désormais dépassés. Et que s'accrocher à l'apprentissage de la lecture par des méthodes alpha-syllabiques (le B.-A. BA), c'est vouloir perpétuer une école à deux vitesses, où les enfants de classes dominantes voyaient confirmés à l'école les codes appris à la maison, pendant que les enfants du peuple ramaient pour les rejoindre. Désormais tous nuls, les voici à égalité. Apprendre à lire de façon méthodique, c'est l'horreur pédagogique, affirme, encore récemment, la grande prêtresse des pédagos, Évelyne Charmeux. Dans le même élan, les chronobiologistes et les didacticiens, deux tribus constituant des sous-groupes de la nouvelle élite autoproclamée, affirment que l'enfant ne doit pas commencer en même temps toutes les opérations de base, mais n'en venir à la multiplication que bien après - quant à la division, la voici désormais reléguée en CM1. Que les mathématiciens déplorent la dyscalculie qui en résulte pendant que les profs de français pleurent sur la dysorthographie n'émeut guère nos révolutionnaires. Philippe Meirieu, gourou en chef, ne proclamait-il pas jadis qu'il fallait apprendre à lire sur les modes d'emploi des appareils ménagers ? Voir ce qu'en pense Jean-Paul Riocreux, qui en tant qu'ancien inspecteur d'académie, a vu de près les dégâts de cette idéologie qui se fait passer pour "naturelle". Autre grand ancêtre de ces déconstructeurs, Pierre Bourdieu, qui n'a pas hésité à affirmer que dans la transmission de la culture, le problème, c'est la culture. Éliminons-la : l'enfant ne s'en portera que mieux. Il y a du rousseauisme dégénéré dans ces conceptions mortifères.

     

    Les plus fragiles sacrifiés

    La distinction droite/gauche est d'autant moins pertinente que les grands nuisibles mis au pouvoir sous Jospin sont demeurés en place sous la droite - et se sont même renforcés, tant les ministres de Chirac et de Sarkozy, à la louable exception de Xavier Darcos, étaient ignorants des rouages de la rue de Grenelle. Robien, par exemple, voulut promouvoir la méthode syllabique : ses services, infiltrés à tous les étages, à commencer par les corps d'inspection, par les réformateurs pédagos, en sortirent une circulaire sur la liberté pédagogique des enseignants. Et les plus jeunes, les plus tendres, formatés dans les IUFM (et désormais dans les ESPE) institués tout exprès pour promouvoir les théories des gourous, continuèrent à utiliser des méthodes létales, sous la houlette (ou la cravache) d'inspecteurs primaires particulièrement motivés. Comprenons-nous bien : ce qui se joue depuis trente ans, c'est la mort programmée de l'école - ça, c'est quasiment acquis - et, en sous-main, la mort décidée de la France - ou tout au moins son déclin. Parce que le pédagogisme ne s'arrête pas aux méthodes de lecture. Le pédagogisme, c'est le collège unique, la "séquence pédagogique" qui a remplacé le cours et qui saucissonne la transmission, c'est aussi une façon de "comprendre" les filles qui arrivent voilées, la libre expression de tous les extrémismes, et la fin des inégalités insupportables nées de cette "constante macabre" qui suppose qu'il y a - quelle honte - des bons élèves à côté d'élèves en difficulté : inventer un ministère de la Réussite scolaire participe de cette idéologie mortifère à force d'être lénifiante. À terme, ces destructeurs de l'École publique qui se veulent de gauche entraînent le glissement des élèves et des parents vers une école de plus en plus privée. Le succès des structures indépendantes ne s'explique pas autrement. À terme également, ce sont les plus fragiles qui paient le prix de ces illusions : les élèves de ZEP, par exemple, pour lesquels on feint de faire des efforts, mais qui sont de moins en moins incités à aller au bout de leurs capacités - ce à quoi devrait se limiter l'école, et ce serait déjà une grande idée républicaine et humaniste.

    Jean-Paul Brighelli (Le Point, 28 novembre 2014)

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  • Tableau noir...

    Les éditions Hugo et Cie viennent de publier Tableau noir, un essai décapant de Jean-Paul Brighelli. Normalien et agrégé de lettres, ancien professeur de classes préparatoires, Jean-Paul Brighelli est un défenseur inconditionnel de l'élitisme républicain et aussi un redoutable polémiste. On lui doit déjà plusieurs essais consacrés à l'école, réédités en format poche, comme La fabrique du crétin (Folio, 2006) ou A bonne école (Folio, 2007).

     

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    " Il y a dix ans La Fabrique du crétin dressait le constat lucide et accablant des dysfonctionnements de l’école de la République. Aujourd’hui, Tableau noir dresse le constat impitoyable d’une faillite générale, malgré les réformes entreprises, ou à cause d’elles. Venu au pouvoir avec un pseudo-projet de refondation, le gouvernement socialiste a achevé le désastre initié dans les années 1990. Une faillite voulue, conforme aux engagements européens d’une France à bout d’école comme on est à bout de souffle; faillite de la formation, faillite de la transmission, parce que la faillite principale, c’est celle du renouvellement social.

    Ce sont prioritairement les plus pauvres qui paient le plus cher. Loin de les pousser au plus haut de leurs capacités, on ne leur donne même plus les bases qui leur permettraient de comprendre qu’on les sacrifie. Et parallèlement, on massacre aussi les enseignants, quand on en trouve encore : parce qu’il ne suffit pas de vouloir recruter, encore faut-il réinventer un métier chaque jour plus difficile; les ambitions sont chaque année revues à la baisse ou les résultats flamboyants d’un baccalauréat qui ne veut plus rien dire sont l’attestation la plus exemplaire de la faillite du système. Tableau noir, au-delà du constat accablé, est un livre de propositions."

     

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  • Feu sur la désinformation... (13)

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé.

    Au sommaire :

    • Partie 1 :  L’éducation nationale et la photo black black black.

    • Partie 2 : James Foley et le bobard de l’AFP.

    • Partie 3 : Brèves : le n°3 du gouvernement russe à Paris - L'affaire du Mistral - The parisienne.

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