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Livres - Page 593

  • Deuxième transfiguration...

    Nous vous avions signalé, l'année dernière, la publication de Transfiguration, de Szczepan Twardoch, aux éditions Terra Mare. Nous ne pouvons, à nouveau, que vous recommander la lecture de ce roman d'espionnage vertigineux, dont le héros entend se situer par delà le bien et le mal...

     

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    Etonnant roman que ce mixte d'intrigue policière (le meurtre d'un prélat polonais après le coup d'état du général Jaruzelski) et d'analyse quasi anthropologique des services de sécurité communiste dans leur phase terminale. L'auteur suit pas à pas la carrière brisée net d'un esbek, officier du SB, la police politique polonaise et particulièrement du département IV, chargé d'infiltrer l'Eglise catholique. En fait cet esbek appartient aussi à une structure clandestine, interne au SB, composée de cadres qui, ayant compris qu'ils avaient perdu la guerre froide, préparent un habile processus de reconversion. C'est l'occasion pour Twardoch de nous livrer un tableau d'une cruelle précision, de la Pologne des années 80, comme des techniques utilisées par le SB pour retourner des ecclésiastiques (sélectionner des mous plutôt que de s'attaquer aux durs). l'auteur imagine que, dès les années 50, de jeunes agents dormants - les spahis - auraient été mis en place au sein de l' Eglise polonaise, discrètement poussés dans la hiérarchie jusqu'au moment de leur activation, au plus haut niveau. On songe à un Vladimir Volkoff (dans une version évidemment russophobe) mâtiné de Julius Evola. Un auteur singulier à suivre.

    Christopher Gérard (La Nouvelle Revue d'Histoire n°51, novembre-décembre 2010)

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  • Addiction générale ?...

    Nous vous ignalons la parution récente aux éditions Jean-Claude Lattès d'Addiction générale, un essai d'Isabelle Sorente consacré au culte que notre société rend aux chiffres, au chiffrage, au calcul et dans laquelle ce qui ne peut être exprimé en valeurs quantifiables n'a pas d'existence.

    Polytechnicienne et essayiste, Isabelle Sorente est membre du comité de rédaction de la revue Ravages.

     

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    « Nous vivons sous l’emprise du calcul permanent. Du poids idéal en passant par le taux de fer dans le sang, le quotient intellectuel, la surface de l’appartement, la haute résolution de l’écran, l’extension de mémoire, le forfait 12h illimité le week-end, jusqu’aux milliards d’euros du réchauffement climatique, tout ce que nous touchons se transforme en chiffres. Qu’un nuage de cendres traverse le ciel d’Europe, voilà que des centaines de calculateurs sont lancés. Partout les algorithmes se mettent à tourner pour calculer le manque à gagner des compagnies aériennes. Que cette activité se justifie par une raison économique ne doit pas cacher l’autre vérité, celle qui sort du champ calculable : la transformation instantanée d’un nuage en série de chiffres. Nous transformons le corps en poids, l’intelligence en performance, le passé en code génétique et nos angoisses d’avenir en polices d’assurance et en calcul de risques. 
    Voilà ce qu’on appelle à tort le réalisme, la référence obligatoire à des valeurs numériques, sans lesquelles nos perceptions comme nos pensées paraissent invalides. La raison dépend d’un résultat, la raison est devenue dépendante. »

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  • Vengeances de femmes !...

    Journaliste, polémiste, romancier, auteur de l'excellent Coeur-de-cuir (Flammarion, 1998), Patrick Gofman publie aux éditions de l'Atelier Fol'fer, une deuxième version, revue et augmentée de Vengeances de femmes, un livre qui vous fera regarder votre compagne, votre collègue de bureau ou votre voisine d'un autre œil !

     

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    "« Les femmes portent la moitié du ciel. » Et quelle proportion des enfers ? Vengeances de femmes est une anthologie. Une fleur. Une sélection des meilleures, c'est-à-dire des pires vengeances de femmes. 50 vacheries choisies dans l'Histoire, la mythologie, les faits divers et la littérature. 50 recettes pour accommoder le connard au sang. L'idée ? Elle traîne depuis longtemps dans les magazines. Mais elle appartient d'origine à une femme, Dominique R., journaleuse et maman, qui l'a donnée à un homme, Patrick Gofman, pour son bien, sûrement. Auparavant, elle l'avait envoyé gifler un banquier, à Neuilly. Le financier fit trois tours dans ses mocassins en croco, articula les excuses exigées, puis il dit au savetier en rangers, d'un air de pitié : « Ne croyez donc pas toujours les femmes sur parole, mon ami. » "

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  • Petrouchka !...

    Bitru, Le gala des vaches... des titres d'Albert Paraz, grand inconnu des lettres françaises... Anar, ami de Céline, contempteur de la bourgeoisie, tuberculeux, il a tout le profil de l'auteur maudit ! Heureusement, les éditions L'Age d'Homme de Vladimir Dimitrijevic, récemment décédé, se sont attaché au fil des ans à rééditer des oeuvres de cet auteur. Petrouchka, un roman noir à la langue verte, publié en 1952, en fait partie et disponible chez cet éditeur en collection de poche. Le romancier Jérôme Leroy lui a consacré un excellent article sur Causeur.

     

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    "Il fallait and même que j'aille à la préfecture pour toucher mon mois. Je passais dans les couloirs déserts et longs comme un intestin grêle, avec cette odeur de rat et de flic, indéfinissable. J'entendis crier derrière moi: "Adieu la pastille ! "... et une porte se fermer."

    Ignorant avec la même superbe indifférence les règles de la littérature policière et celles de la ressemblance, Paraz invente un genre nouveau, qu'exploitera plus tard, avec moins de talent mais plus de succès, Frédéric Dard dans la série des San Antonio. Roman sans queue (si on ose dire!) ni tête, désinvolte et libertaire, Une fille du Tonnerre (première partie du Pétrouchka) mélange fiction et réalité, érotisme et humour, actualité et érudition, personnages romanesques et réels: on croise ainsi un amateur de pornographie distingué nommé Michel Simon, et un écrivain grabataire, un certain Albert Paraz, qui se fait engueler par sa créature, Félix Gorin: "T'as un sacré culot de me traiter d'obsédé. Tu sors le soir et tu vas enfiler n'importe quoi, les dominicaines derrières la chapelle de Matisse. Une nuit tu t'es gourré, t'as sauté sur le curé, une autre fois, ça a été un bouc. Pourquoi la chapelle, et pourquoi un bouc ? "

     

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  • Les droites et l'économie...

    Les éditions Riveneuve viennent de publier un ouvrage collectif intitulé Les droites et l'économie en France au XXe siècle et dirigé par Olivier Dard, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Metz, et Gilles Richard, professeur à Sciences Po Rennes. Les auteurs dressent un panorama des rapports ambigus et complexes que les droites (un pluriel bienvenu) entretiennent avec l'économie. On y trouvera notamment une synthèse d'Olivier Dard sur les idées de la Nouvelle droite dans cette matière.

     

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    "L’actualité française récente, à travers les polémiques sur la présidence de Nicolas Sarkozy, la soirée du Fouquet’s, le yacht de Vincent Bolloré et bien entendu « l’affaire Bettencourt » et la mise en cause du ministre Éric Woerth, a relancé des débats déjà anciens sur les droites et l’argent. Le phénomène n’est pas nouveau et a déjà une longue histoire derrière lui, depuis la mise en cause du « Mur de l’argent » et « les Deux cents familles », dans laquelle se sont illustrées bien des plumes venues de gauche (Francis Delaisi, Augustin Hamon) mais aussi des droites nationalistes, d’Emmanuel Beau de Loménie à Henry Coston. Aujourd’hui, d’essais journalistiques en numéros spéciaux d’hebdomadaires, la collusion entre les droites et les affaires est largement dénoncée
    Sur plus d’un siècle, les relations entre les droites et l’économie ont fait l’objet tout à la fois de lieux communs et de représentations solidement établies.
    L’ouvrage n’élude nullement cet aspect de la question (les représentations sont évoquées à travers les « Deux cents familles » et la chanson) mais il procède d’une démarche différente.
    C’est fort de ces héritages et de ces constats que le volume s’est employé à investir quatre principaux chantiers. Le premier d’entre eux analyse comment les droites françaises appréhendent et pensent l’économie, ce qui pose la question des doctrines et des idéologies à l’œuvre.
    Le deuxième chantier porte sur l’examen des milieux privilégiés avec lesquels se nouent des relations entre les droites françaises et l’économie : les entreprises et les patrons.
    Le troisième chantier concerne les forces politiques et sociales.
    Un quatrième chantier enfin renvoie aux expériences gouvernementales menées sous la conduite des droites auxquelles certaines de leurs composantes ou figures sont associées."


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  • L'énigme Roosevelt...

    Les éditions Dualpha viennent de publier une nouvelle étude historique du Docteur Bernard Plouvier, intitulée L'énigme Roosevelt, faux naïf et vrai machiavel. Médecin, l'auteur utilise son scalpel pour disséquer les événements et aller au coeur des choses. Il a déjà notamment écrit une imposante Biographie médicale et politique d'Adolf Hitler ainsi qu'une étude sur l'affaire Dreyfus.

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    "Le 32e Président des Etats-unis d'Amérique, Franklin Delano Roosevelt, " FDR " ne fut pas ce démocrate de légende, ce sauveur de l'économie des USA grâce au New Deal, ni l'ange de la paix, contraint malgré lui à voler de façon désintéressée au secours de démocraties submergées par le " démon nazi " et le " militarisme japonais ", pas plus qu'il ne fut un homme trop confiant et de ce fait honteusement trompé par Staline. Déçu par la reprise de la crise économique en 1937, il veut lancer les USA à l'assaut des marchés de tous les continents. Chef d'une nation pacifiste et isolationniste, il construit le plus gros complexe militaro-industriel de son époque, à la fois pour résorber un chômage massif qu'il a été incapable de traiter autrement, mais aussi pour transformer les USA en gendarme du monde " libéral ", un monde qui sera dominé par l'industrie et le négoce des USA, surveillé par les forces armées et les services de renseignements des USA, un monde dont il veut unir les peuples et les rendre heureux par le don de l'american way of life, superbe machine à standardiser la consommation et l'opinion publique dans tous les continents. Voulant conquérir le marché chinois, il s'arrange pour amener les gouvernants du Japon à se lancer dans une guerre suicidaire. S'il pousse les " démocrates " à la guerre en Europe, en 1938-1939, c'est à la fois pour se débarrasser de la concurrence industrielle et commerciale fort puissante du IIIe Reich, mais aussi pour obliger les peuples européens, ruinés par une nouvelle guerre fratricide, à se débarrasser de leurs colonies et protectorats, offrant ainsi de nouveaux marchés, libérés de tout protectionnisme colonial, à l'industrie et au négoce des USA. La décolonisation offre aussi la possibilité d'implanter les industries grosses consommatrices de personnel dans des pays à populations peu exigeantes en matière de salaire et de protection sociale. En plus d'être le prophète de la mondialisation de la vie politique et (sous)-culturelle, FDR est le premier théoricien de " l'économie globale ". Dans son plan, l'Armée Rouge de Staline joue un rôle majeur. Elle doit terrifier les Etats européens que l'ogre soviétique n'a pas occupés en 1944-1945, et les forcer à concentrer leurs forces armées sur le territoire national, ce qui les oblige à libérer ces peuples exotiques dont FDR veut faire des clients de son Amérique, à la fois maître et modèle d'un nouveau monde à créer. La mort prématurée de FDR a simplement retardé d'un demi-siècle la réalisation de ce plan."

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