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  • Identité française ou européenne ?...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Julien Rochedy à Eric Morillot sur la chaîne Youtube, Les Incorrectibles, dans lequel il aborde notamment la question de l'identité européenne...

    Publiciste et essayiste, Julien Rochedy, qui est une figure de la mouvance identitaire, a déjà publié plusieurs essais dont Nietzsche l'actuelL'amour et la guerre - Répondre au féminisme, Philosophie de droite, Surhommes et sous-hommes - Valeur et destin de l'homme (Hétairie, 2023), Qui sont les Blancs ? - Généalogie d'une identité interdite (Hétairie, 2025) et, dernièrement, Le temps du Centaure (Hétairie, 2026).

     

                                              

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  • Roger Wybot, maître du contre-espionnage français...

    Les éditions Perrin publient cette semaine Roger Wybot - Maître du contre-espionnage français, une biographie du fondateur de la DST (ancêtre de la DGSI) écrite par Olivier Brun.

    Haut fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, ayant occupé différents postes dans le renseignement, à la direction de la surveillance du territoire ainsi qu'au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, Olivier Brun a été l'un des principaux contributeurs, sous la direction d'Hugues Moutouh et Jérôme Poirot, au Dictionnaire du renseignement (Perrin, 2018).

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    " Dans la France d'après-guerre, Roger Wybot (1912-1997) se vit parfois qualifié d'"homme le plus puissant de la IVème République" ; homme de réseaux, homme de l'ombre auréolé du prestige de la Résistance, il participe dès 1944 à la création de la redoutable et redoutée direction de la Surveillance du territoire (D.S.T.), dont il prend la tête pour une quinzaine d'années.

    Véritable bras armé du ministère de l'Intérieur, la DST et son illustre directeur entrent alors de plain-pied dans les intrigues de la guerre froide, traquent les fuites, filent les agents doubles et sonorisent les ennemis de l'intérieur. De l'affaire des généraux à la guerre d'Algérie, l'ancêtre de la DGSI laisse ainsi son empreinte sur nombre de dossiers du renseignement français.

    Craint, charismatique et volontiers iconoclaste, Roger Wybot mène également avec détermination son service dans les guerres de chapelle fratricides qui animent les services français, jusqu'à projeter sur les responsables politiques eux-mêmes une ombre un peu trop grande. À son retour au pouvoir, fin 1958, le général de Gaulle préférera l'évincer, laissant à l'ancien résistant la possibilité, depuis les placards dorés de Beauvau, de rêver à un retour aux affaires tout en s'adonnant à son goût pour la peinture ou l'acuponcture."

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  • Rockefeller, Manhattan, AMGOT : réponse à une tribune sur les origines de l’Union européenne...

    Nous reproduisons ci-dessous une excellente mise au point de Balbino Katz, le chroniqueur des  vents et des marées, cueilli sur Breizh-Info et consacré aux origines de l'Union européenne...

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    Rockefeller, Manhattan, AMGOT : réponse à une tribune sur les origines de l’Europe

    Il existe une maladie singulière dans certains milieux souverainistes : la réalité n’y paraît jamais suffisamment éloquente. Lorsqu’un fait est grave, il faut encore l’orner ; lorsqu’une influence est attestée, il faut lui découvrir un dessein secret ; lorsqu’une politique se poursuit pendant plusieurs décennies, il faut qu’un cénacle l’ait conçue dès l’origine jusque dans ses moindres conséquences. La vérité, décidément, n’est jamais assez belle. On lui plante un décor derrière, on ajoute quelques personnages dans la pénombre et, bientôt, l’Histoire ressemble à une mauvaise pièce où Bilderberg tient lieu de Deus ex machina.

    C’est le sentiment que m’a laissé la récente tribune publiée dans Breizh-info sur les origines de la construction européenne et le supposé projet mondialiste dont elle serait l’instrument. Le plus irritant est que ce texte repose, pour partie, sur des faits parfaitement réels. L’influence américaine dans l’Europe d’après-guerre est une évidence historique ; le soutien de Washington à l’unification européenne également ; Jean Monnet était bien partisan d’un dépassement progressif des souverainetés ; le référendum de Maastricht fut remporté en France d’extrême justesse ; celui de 2005 fut perdu par les partisans de la Constitution européenne avant qu’une bonne partie du dispositif institutionnel ne reparaisse dans le traité de Lisbonne. Autrement dit, le dossier est déjà copieux. Pourquoi diable éprouver le besoin de le gâter ?

    Prenons Jean Monnet. Il n’est nul besoin de lui prêter le projet clandestin d’abolir les peuples européens, de mélanger leurs populations et d’instaurer à terme un gouvernement mondial. Son fédéralisme européen est suffisamment explicite. Monnet voulait créer graduellement des intérêts communs administrés par des institutions communes auxquelles seraient déléguées des parts de souveraineté. L’institut qui porte aujourd’hui son nom le présente lui-même sans ambages. On peut juger cette conception funeste, technocratique, antidémocratique ou au contraire providentielle ; encore faut-il la juger pour ce qu’elle fut.

    Sa fameuse méthode n’était d’ailleurs pas véritablement secrète. Elle consistait à rendre l’intégration politique possible par l’intégration fonctionnelle : le charbon et l’acier d’abord, puis le marché, les normes, la monnaie, avec chaque fois des institutions communes créant à leur tour la nécessité de nouvelles institutions. C’est précisément ce mécanisme que peuvent critiquer les souverainistes. Nul besoin de faire de Monnet un Fantômas de la géopolitique. Il suffit de lire ses textes.

    L’influence américaine mérite, elle aussi, mieux que le roman. L’American Committee on United Europe a bel et bien existé. Son président fut William Donovan, ancien patron de l’OSS et figure majeure de la naissance du renseignement américain ; les archives de la CIA elles-mêmes rappellent son rôle à la tête de cette organisation destinée à favoriser l’unité de l’Europe occidentale face à la menace communiste. (CIA) Voilà un fait considérable. Il nous renseigne sur la stratégie américaine de l’après-guerre, sur la volonté de structurer l’Europe occidentale, sur l’anticommunisme et sur les réseaux transatlantiques qui accompagnèrent la construction européenne.

    Pourquoi transformer cette politique d’influence, bien réelle, en preuve d’un dessein mondial ourdi pendant quatre-vingts ans ? Les États-Unis avaient des intérêts. La France avait les siens. L’Allemagne en avait d’autres. Les fédéralistes européens poursuivaient leurs propres rêves, les gaullistes la combattaient, les Britanniques tergiversaient, les gouvernements changeaient, les crises bouleversaient les plans. L’Histoire est pleine de coalitions provisoires, d’arrière-pensées, de financements occultes, de services secrets et de diplomates retors. Elle est aussi pleine d’échecs, d’accidents, de rivalités et d’imbécillités. Le complotisme commence précisément lorsque cette mêlée confuse devient rétrospectivement un plan.

    L’affaire du projet Manhattan est, à cet égard, assez extraordinaire. La tribune affirme que Roosevelt ne pouvait constitutionnellement financer secrètement la bombe atomique et que des sociétés privées auraient donc « entièrement pris en charge » le projet, donnant ainsi naissance au complexe militaro-industriel. C’est faux. Le projet Manhattan fut un programme fédéral américain placé sous l’autorité de l’armée et financé par des crédits publics dont la destination était dissimulée dans différentes lignes budgétaires. Le secret fut effectivement gardé à l’égard de l’immense majorité du Congrès, tandis qu’un petit nombre de parlementaires de haut rang furent finalement informés. Des entreprises privées comme DuPont furent des contractants cruciaux ; elles ne furent nullement les banquiers clandestins de la bombe. Les documents historiques américains décrivent précisément cette combinaison de crédits publics secrets, d’administration militaire, de laboratoires universitaires et d’industrie privée.

    La différence n’est pas vétilleuse. Elle détruit tout simplement le chaînon censé relier Manhattan à la naissance d’un pouvoir financiaro-militaro-industriel autonome qui aurait ensuite entrepris de gouverner la planète. Eisenhower mettra effectivement en garde, en 1961, contre l’influence croissante du complexe militaro-industriel. Cette puissance était assez considérable pour qu’on l’étudie sans lui inventer un péché originel imaginaire.

    Même confusion avec l’AMGOT. Les Alliés avaient bien préparé des dispositifs d’administration militaire pour les territoires libérés ou occupés. Il exista également des projets concernant la France, auxquels de Gaulle s’opposa avec la dernière vigueur. De là à faire de l’AMGOT la matrice d’une occupation américaine permanente de l’Europe occidentale, puis le prélude de l’OTAN et enfin celui de l’Union européenne, il y a un fossé que les archives ne permettent pas de franchir. Les fonds des National Archives que je connais bien témoignent d’une administration militaire alliée réelle et de travaux relatifs à la France ; ils ne démontrent nullement l’existence de cette magnifique autoroute historique conduisant tout droit de 1944 à Bruxelles.

    Arrive enfin David Rockefeller, et avec lui le morceau de bravoure. La tribune reproduit cette fameuse déclaration attribuée à une réunion de Bilderberg en 1991 : remerciements à la grande presse pour quarante années de discrétion, « plan pour le monde », gouvernement mondial, souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers internationaux. Voilà qui tombe à pic. Trop à pic, justement.

    On sait que Rockefeller participait à la réunion de Bilderberg de Baden-Baden en 1991. Ce que l’on ne trouve pas, c’est une source primaire solide établissant qu’il y aurait prononcé ce texte. La citation circule depuis des décennies de site en site, jusque sur Goodreads, auquel renvoie d’ailleurs la tribune. On trouve quantité de reproductions, d’affirmations et de transcriptions tardives ; on cherche vainement l’enregistrement, le procès-verbal authentifié ou le document contemporain permettant d’en établir la provenance. Un historien peut travailler sur une archive secrète devenue publique. Il ne peut faire d’une citation sans pedigree la clef de voûte d’une démonstration.

    Le plus cocasse est que le texte comporte ailleurs des erreurs beaucoup plus triviales. Il transforme ainsi le « serpent monétaire européen » apparu en 1972 en SME, avant d’affirmer que celui-ci se serait transformé en Système monétaire européen en 1977. Le serpent date bien de 1972 ; le Système monétaire européen entre en vigueur en 1979. La bévue n’est pas pendable. Elle devient cependant fâcheuse lorsqu’on prétend reconstituer, année après année, les rouages secrets d’une mécanique historique.

    Tout cela est d’autant plus dommage que la critique de la construction européenne peut parfaitement se passer de ces colifichets. Maastricht fut approuvé en France par 51,04 % des suffrages exprimés. Une moitié du pays engagea donc l’autre, presque exactement, dans une transformation monétaire et politique dont le caractère difficilement réversible apparaissait déjà. En 2005, le peuple français refusa le projet de Constitution européenne. Deux ans plus tard, le traité de Lisbonne reprit une large part de son architecture institutionnelle et fut ratifié par voie parlementaire. Le souverainiste dispose là d’un grief autrement plus sérieux qu’un déjeuner de Rockefeller à Baden-Baden.

    La construction européenne peut être critiquée pour ce qu’elle est : une architecture juridique et institutionnelle qui organise des transferts successifs de souveraineté ; une mécanique dont chaque étape tend à rendre la précédente irréversible ; un système où la compétence appelle la compétence, où l’intégration économique nourrit l’intégration politique et où l’éloignement du centre de décision rend progressivement plus difficile la sanction populaire. Il est également parfaitement légitime de rappeler que les États-Unis ont encouragé cette construction lorsqu’elle servait leurs intérêts stratégiques. Tout cela appartient à l’histoire politique ordinaire, laquelle est déjà suffisamment rude.

    Ce que je récuse, c’est le passage subreptice de l’influence au commandement, du réseau au complot, du projet politique au plan occulte universel. Qu’un banquier parle avec un ministre ne signifie pas qu’il le dirige. Qu’un service secret finance une organisation ne signifie pas qu’il contrôle cinquante ans d’histoire. Que plusieurs hommes partagent un objectif à un instant donné ne signifie pas que leurs successeurs exécuteront jusqu’au bout un programme écrit dans quelque arrière-salle. Prendre ces raccourcis, c’est prendre des vessies pour des lanternes et offrir de surcroît à l’adversaire le meilleur moyen de ne jamais répondre aux vraies questions.

    Le complotisme possède en effet un avantage délicieux pour ceux qu’il prétend combattre : il transforme une critique sérieuse en caricature. Montrez le contournement du référendum de 2005, et l’on devra vous répondre. Parlez de transferts de souveraineté, il faudra discuter des traités. Étudiez les financements américains du fédéralisme européen, vous ouvrirez un véritable dossier historique. Ajoutez Rockefeller, le gouvernement mondial, Manhattan financé par des industriels conspirateurs et quatre-vingts années d’un plan sans accroc : votre contradicteur n’a plus qu’à sourire, relever trois erreurs et jeter le reste avec.

    C’est se tirer soi-même une balle dans le pied.

    Je ne crois pas davantage à l’innocence perpétuelle des puissants qu’à leur omnipotence. Les gouvernements mentent, les services secrets conspirent, les industriels font pression, les banques défendent leurs intérêts, les organisations internationales produisent leurs propres oligarchies et les hommes d’influence aiment infiniment mieux travailler loin du regard populaire. Refuser le complotisme ne consiste aucunement à croire au monde des Bisounours. Cela consiste seulement à ne pas attribuer à quelques hommes une prescience et une maîtrise de l’Histoire dont ils sont, heureusement, dépourvus.

    Les souverainistes devraient être les premiers à s’en souvenir. Leur critique porte sur une question immense : qui décide ? À quel peuple appartient le pouvoir politique ? Jusqu’où peut-on transférer la souveraineté sans vider la démocratie de sa substance ? Ces questions sont assez graves pour ne pas être ensevelies sous le fatras des citations apocryphes et des généalogies imaginaires.

    La vérité est souvent moins romanesque que le complot. Elle possède une qualité autrement précieuse : elle résiste à l’examen. Et lorsque la vérité suffit à accuser, celui qui l’enjolive ne la fortifie pas. Il lui fait tort.

    Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées (Breizh-Info, 13 août 2026)

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  • Combattre parmi les machines...

    Les éditions Pierre de Taillac viennent de publier un essai de Dylan Rieutord intitulé Tactique robotique - Combattre parmi les machines. Ancien officier, chercheur indépendant et consultant, l'auteur travaille sur l’innovation technologique, la stratégie et l’emploi tactique des robots militaires.

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    " En Ukraine, drones et robots ont imposé une nouvelle réalité du combat. Ce qui se joue dans cette guerre est une rupture majeure dans l'histoire militaire, comparable à l'apparition des armes à feu, mais en infiniment plus rapide.

    Elle marquera tous les nouveaux conflits, s'exportera partout dans le monde. Désormais, la guerre se fera avec des systèmes capables de prolonger l'action du combattant, de l'appuyer, voire de se substituer à lui.

    Depuis plusieurs années, l'auteur analyse l'essor de ces systèmes inhabités. Son constat est clair : penser une tactique robotique n'est plus une option, mais une nécessité. Et cette mutation ne peut se penser qu'aux prismes des seuls débats éthiques et juridiques, si importants soient-ils. Car elle touche au cœur même de l'action militaire: la manœuvre, la décision, le choc.

    Appuyé sur un vaste travail de recherche en sources ouvertes, une expérience militaire et une approche pluridisciplinaire, Tactique robotique explore les fondements de la robotique militaire et met la tactique au centre de l'analyse."

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  • Bernard Lugan : "L’histoire de l’Afrique est d’abord celle des dominations entre Africains !"...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Bernard Lugan à Pierre-Alexandre Bouclay sur Radio Courtoisie pour évoquer avec lui son parcours (né au Maroc, 6ᵉ génération d’Africains français, onze années au Rwanda, amitié avec Dominique Venner) et présenter son livre Quand les Africains colonisaient l’Afrique (Rocher, 2026).

    Historien et africaniste, Bernard Lugan a publié de nombreux ouvrages, dont Histoire de l'Afrique (Ellipses, 2009), Atlas historique de l'Afrique (Rocher, 2018), Esclavage, l'histoire à l'endroit (L'Afrique réelle, 2020) et Histoire du Maroc (Ellipse, 2023).

                                               

     

                                             

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  • L’état du monde et l’avenir de l’homme...

    Les éditions Vents Mauvais viennent de publier un recueil d'essais de Pentti Linkola intitulé L’état du monde et l’avenir de l’homme. Pêcheur, activiste écologiste et polémiste, Pentti Linkola est une des principales figures de l'écologie profonde autoritaire. On peut rapprocher ses positions de celles de Ted Kaczynski, alias Unabomber.

     

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    « Il nous reste encore une chance de nous montrer sans pitié. Mais si nous ne le faisons pas dès maintenant, tout est perdu. » Pentti Linkola

    Pendant des décennies, Pentti Linkola est resté l’un des grands absents du débat intellectuel français. Alors que ses ouvrages nourrissaient des débats passionnés en Finlande et dans le monde anglo-saxon, seules quelques traductions éparses étaient accessibles au public francophone. Le présent ouvrage est une sélection d’essais rédigés par Linkola entre 1992 et 2002 – l’occasion de découvrir l’une des voix les plus singulières, cohérentes et dérangeantes de la pensée écologique contemporaine.

    Pêcheur professionnel et ornithologue de renom, Linkola n’était ni un expert de plateau télé, ni un écologiste de salon, mais un homme vivant au rythme des saisons, dans la solitude des lacs et des forêts. Décédé en 2020, il fait partie de ces rares hommes qui ont vécu exactement comme ils pensaient. Là où tant d’autres se contentaient de dénoncer les ravages de la modernité industrielle, lui en observait chaque jour les conséquences concrètes sur les paysages, les animaux et les communautés humaines.

    Pour Linkola, la catastrophe écologique n’est pas à venir : elle est déjà là. Le véritable scandale n’est pas l’inaction, mais notre incapacité persistante à nommer les causes du désastre – la religion du progrès, la croissance perpétuelle, l’expansion démographique et l’idée que nos désirs devraient toujours primer sur les équilibres du vivant. Là où notre époque continue de chercher refuge dans les promesses de la croissance verte, de l’innovation salvatrice ou des miracles technologiques, Linkola refuse toute illusion. Il ne nous vend ni solution toute faite, ni miracle de la science.

    Ses adversaires le décrivent comme excessif. Ils n’ont pas tout à fait tort. Linkola pousse chaque raisonnement jusqu’à ses conséquences ultimes. Mais c’est précisément ce qui rend sa lecture indispensable de nos jours. Dans un monde saturé de communication, de moralisation et de langage convenu, il demeure l’une des dernières voix capables de parler sans filtre, sans précaution oratoire et sans souci de respectabilité.

    Linkola est avant tout un « défenseur de la vie naturelle », et la dureté de ses propos est à la mesure de son attachement au vivant. Il se fiche bien de savoir comment préserver notre mode de vie, et nous interroge sur ce que nous sommes réellement prêts à abandonner pour que la vie se poursuive. Le confort ou les forêts ? L’abondance ou les espèces ? La croissance ou les conditions de notre existence ? Peu de penseurs ont eu le courage de formuler le problème avec une telle netteté.

    À l’heure où notre civilisation hésite entre la fuite en avant transhumaniste et la redécouverte des limites naturelles, la pensée de Pentti Linkola apparaît moins comme une curiosité que comme une confrontation devenue inévitable. On peut rejeter ses conclusions. On peut s’indigner de ses propositions. Mais il est chaque jour plus difficile d’ignorer les questions qu’il pose.

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