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  • De la Méditerranée au Nord olympien...

    Les éditions Ars Magna viennent de publier De la Méditerranée au Nord olympien, un recueil de textes de Julius Evola destinés au public germanique sous forme d'articles ou de conférences.

    Penseur essentiel du traditionalisme révolutionnaire, écrivain au style clair et puissant, Julius Evola est notamment l'auteur de Révolte contre le monde moderne (1934), Les Hommes au milieu des ruines (1953) et Chevaucher le tigre (1961).

     

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    " Alors que l’activité que Julius Evola a menée en Allemagne constitue encore un continent en cours d’exploration, ce recueil propose plusieurs échantillons provenant de ce territoire peu connu, riche en éléments conceptuels. Civilisation aryo-nordique, spiritualité guerrière, refonte européenne sous les signes conjugués du Graal et de l’étendard impérial, voici quelques thèmes que le philosophe italien a proposés à ses auditeurs et lecteurs allemands, développés au fil de vingt-quatre textes inédits traversant deux décennies.

    « Transplanté » en terre germanique, Julius Evola déploie une vision enthousiaste et riche en espérances devant l’effondrement des démocraties et de leurs valeurs, tandis que surgissent à l’horizon les silhouettes des deux aigles, allemand et italien, unis dans un même vol rénovateur.

    Cette anthologie fournit ainsi un matériau essentiel pour comprendre la relation que le philosophe a entretenue avec l’Allemagne nationale-socialiste et l’Italie fasciste et, plus largement, pour saisir les enjeux de l’alliance politique et militaire italo-allemande au cours de l’entre-deux-guerres."

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  • Enquêtes médiatiques sur le « clan Trump » : quand la géopolitique devient un business familial...

    Nous reproduisons ci-dessous un article de synthèse d'André Archimbaud cueilli sur le site de l'Observatoire du journalisme et consacré aux bonnes affaires du clan Trump...

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    Enquêtes médiatiques sur le « clan Trump »: quand la géopolitique devient un business familial

    La présidence Trump a déjà ses zones d’ombres : errements depuis l’assassinat de Charlie Kirk, affaire Epstein minorée… autant d’ailleurs que l’enquête sur les deux tentatives d’assassinat dont Donald Trump a été la cible. Mais elles ne s’arrêtent pas là : serait-il notamment possible que les politiques américaines, de paix comme de guerre, soient essentiellement alignées sur les intérêts financiers du clan Trump, quitte à contrevenir à ceux des Américains ou même de Benjamin Netanyahou ?

    Pour les opposants au président, la corruption est déjà flagrante. Les médias américains ont commencé à creuser, pour apprécier l’enrichissement du « clan » trumpien et son modus operandi, en particulier depuis la dernière élection. Faute de vérité absolue, une multitude d’indices ou de pistes se sont ouvertes.

    Un enrichissement sans précédent pour une famille présidentielle en exercice

    De 2024 à cette année, le patrimoine net de Donald Trump est passé de 2,3 à 6,5 milliards de dollars, indiquait ainsi le magazine Forbes en mars 2026. Des chiffres analogues à ceux du Wall Street Journal en décembre 2025, et du New Yorker au début 2026, qui évoquent eux aussi quatre milliards de dollars de gains nets en valeur sur papier générés par les seules structures lancées par Trump depuis l’élection de 2024. « Son second mandat, en revanche, s’annonce marqué par une soif de pouvoir insatiable », écrit David K. Kirkpatrick dans le New-Yorker. Et il n’est visiblement pas le seul.

    On constate également depuis l’élection un enrichissement de la fratrie : encore selon Forbes, mais en septembre 2025 cette fois, la fortune de Donald Trump Jr. est passée de 50 à 300 millions de dollars, et celle d’Éric Trump a été multipliée par dix pour atteindre environ 400 millions de dollars.

    De son côté, Barron Trump (le jeune fils de Melania et du président) détenait à l’automne dernier une part estimée à 150 millions de dollars, notamment grâce aux cryptomonnaies, toujours selon le même magazine. Ce levier a été d’ailleurs productif : l’écosystème crypto familial (World Liberty Financial et son stablecoin USD) a ainsi attiré des investissements massifs, dont l’achat de 2 milliards de dollars de jetons par des entités liées aux Émirats arabes unis. Les enquêtes d’Axios en janvier 2026 indiquent que si les petits investisseurs ont subi des pertes sur les « Meme coins » pro-Trump, les structures de la famille ont généré plus de 2,3 milliards de dollars de bénéfices nets.

    Les activités du « business clan » de Trump tracées

    Retracer l’écosystème Trump est pour le moins complexe. Plusieurs médias l’ont fait :

    • « L’empire commercial de la famille Trump s’accroit, nous avons cartographié ses 268 pièces », indiquait le Wall Street Journal en décembre 2025, modélisant ainsi plusieurs centaines d’entités commerciales actives gérées par Donald Trump et ses enfants.
    •  « L’écheveau complexe des accords, des politiques et des richesses de Trump » : L’infographie interactive du New York Times, aussi en décembre 2025, illustre par des schémas de synthèse et des cartes les connexions « explicites » entre les décisions de politique étrangère des États-Unis et les intérêts financiers de la famille.
    • Plus militant, le groupe de pression CREW (Citoyens pour la responsabilité et l’éthique à Washington) ne craint pas d’évoquer des soupçons de « corruption » et propose depuis février 2026 plusieurs graphes pour suivre les projets immobiliers internationaux de la marque Trump depuis 2014. « Les revenus de Trump issus de ses propriétés à l’étranger devraient exploser durant son second mandat », commente l’organisation, les estimant pour l’heure à 430 millions de dollars depuis 2024.
    • L’opposition n’est pas en reste, puisque la Chambre des représentants publie aussi un traçage : les démocrates de la commission de surveillance ont mis en ligne un tableau de bord visuel qui comptabilise l’évolution des gains de la famille. Ils accusent le président de profits issus d’« escroqueries numériques », de portefeuilles crypto et de faveurs accordées aux plus offrants, notamment des grâces présidentielles. Selon leur analyse, ces pratiques auraient généré 2,25 milliards de dollars de profits directs au 1ᵉʳ janvier 2026, et 9,7 milliards de dollars avec la valorisation des actifs numériques, dont jusqu’à 600 millions provenant d’intérêts étrangers. Il est toutefois dommage qu’ils n’aient point songé à suivre la fortune des parlementaires.

    L’Empire Trump : 540 entités… pour l’instant ?

    Depuis le premier mandat de Trump, le « business clan » trumpien s’est considérablement diversifié. De nombreuses sources évoquaient déjà début 2025 « plus de 540 entités liées à son empire », dont l’immobilier traditionnel représenterait seulement la moitié d’entre elles.

    Cette diversification est notable dans les hautes technologies. Trump a intégré ses plateformes numériques (Trump Media/Truth Social) au sein d’entités spécialisées dans la finance décentralisée, puis en fusionnant fin 2025 ce Trump Media & Technology Group avec une entreprise du secteur de l’énergie nucléaire spécialisée dans l’alimentation des centres de données au service de l’intelligence artificielle. Une fusion alors évaluée à 6 milliards de dollars.

    Les fils Donald Jr. et Eric Trump ont aussi des participations financières directes dans des entreprises de drones de défense militaire cherchant des contrats avec le Pentagone, ce qui n’est pas sans provoquer des critiques.

    Les USA, « capitale mondiale des actifs numériques »

    Le lancement par le clan Trump, en septembre 2024, de la plateforme de finance World Liberty Financial accompagnait une véritable vision géopolitique visant à faire des États-Unis « la capitale mondiale des actifs numériques ». C’est donc en pleine campagne électorale que ce projet familial (avec Donald Trump Jr., Eric Trump et Barron Trump impliqués) a été lancé. WLF s’inscrivait dans un virage, à la croisée de la tech et des enjeux de puissance : dérégulation du secteur crypto, constitution d’une réserve stratégique de bitcoins, et positionnement des États-Unis comme leader mondial face à la Chine et à l’Europe.

    Or, en vue de valoriser les plateformes du clan Trump, les médias et réseaux sociaux du Trump Media & Technology Group (Truth Social), dont le compte X du président lui-même, sont essentiellement utilisés comme un outil mondial de communication politique, ce qui peut avoir un impact sur les capitalisations boursières en général et la valorisation des entreprises du clan en particulier. Soufflant souvent le chaud et le froid, les déclarations géopolitiques de Trump ont pu parfois provoquer une volatilité boursière déterminante. « C’EST UN GRAND MOMENT POUR ACHETER !!! DJT », avait-il notamment tweeté le 9 avril, 4 heures avant d’annoncer une pause de 90 jours sur la majorité des tarifs douaniers qu’il voulait imposer, provoquant un fort rebond des marchés, dont un gain de 10 % pour le Dow Jones. De quoi provoquer des accusations de délit d’initié et de manipulation de marché. Depuis, la guerre avec l’Iran a confirmé l’importance pour les marchés de la parole (numérique) du président américain.

    Bien sûr, valoriser des actifs permet de construire ou d’entretenir des amitiés. Le clan Trump a ainsi explicitement lié la promesse d’une dérégulation environnementale massive à des contributions financières électorales. Notamment le milliard de dollars demandé aux dirigeants du secteur pétrolier en septembre 2024. La libération des forages sur les terres fédérales et le soutien aux infrastructures fossiles favorisent directement les donateurs et partenaires commerciaux du réseau Trump.

    La confrontation commerciale avec Pékin a permis des exceptions « transactionnelles »

    Les intérêts financiers de la famille Trump servent aussi de levier aux puissances étrangères. Pendant les tensions douanières entre 2017 et 2020, le gouvernement chinois avait déjà habilement accordé plus de 40 marques commerciales exclusives à Ivanka Trump et à la Trump Organization, protégeant ainsi leurs lignes de produits sur le marché asiatique.

    Par ailleurs, la politique ciblée de sanctions contre de grandes entreprises technologiques chinoises (comme ZTE en juillet 2018 ou TikTok entre 2020–25) a souvent été modulée en fonction de concessions commerciales ou de contreparties indirectes (tarifs, achats agricoles américains, etc.).

    Le clan Trump, passerelle avec Israël, les pétromonarchies du Golfe et bientôt l’Iran ?

    Au Moyen-Orient, tout a commencé avec les accords d’Abraham, en septembre 2020 lors du premier mandat de Trump. Ce projet de normalisation des relations entre Israël et les pétromonarchies (Émirats arabes unis, Bahreïn, mais aussi le Maroc) a jeté les bases financières d’un nouveau modus operandi. Ces accords ont fait naître l’espoir d’un marché économique régional sans précédent.

    En première ligne se trouve le gendre du Président, Jared Kushner. Grâce à son fonds d’investissement, Affinity Partners, lancé officiellement en janvier 2021, le mari d’Ivanka avait ainsi levé 2 milliards de dollars auprès du fonds souverain saoudien (PIF), ainsi que des centaines de millions auprès des Émirats arabes unis et du Qatar. Cependant que la Trump Organization se lançait dans des projets immobiliers haut de gamme dans la région. La compagnie a par exemple négocié des contrats majeurs pour le développement de complexes hôteliers et de golf à Oman et en Arabie saoudite, directement soutenus par des promoteurs étatiques locaux.

    Usant de l’approche financière, Jared Kushner a donc démontré sa capacité à tisser des liens « solides » entre Israël et les pays du Golfe. Affinity Partners, son fonds, gère désormais plus de six milliards de dollars provenant principalement de fonds souverains d’Arabie saoudite et du Qatar, selon des chiffres de Bloomberg de mars 2026. Une part de ces capitaux est explicitement destinée à financer et acquérir des participations dans des entreprises technologiques et des projets d’infrastructure en Israël. L’objectif affiché est d’utiliser ces incitations économiques pour souder les pays signataires des Accords d’Abraham.

    Sur le front immobilier, La Kushner Companies a levé en 2020 100 millions de dollars auprès de géants de la finance israélienne (comme l’assureur Menora Mivtachim) pour financer des complexes immobiliers aux États-Unis. La famille a depuis longtemps sécurisé d’importants financements auprès de la Bank Leumi, l’une des principales institutions bancaires d’Israël.

    300 milliards pour l’Iran, et combien pour Jared ?

    La mécanique des accords pourrait en effet être interprétée comme un système que les juristes nomment « pay-to-play ». Il s’agit juridiquement d’une zone grise qui ressemblerait à du trafic d’influence. Par exemple, le fait que des monarchies arabes financent le fonds Kushner (Affinity) qui investit ensuite en Israël et qui lève aussi des fonds dans les pays arabes pour pouvoir financer des plans de reconstruction d’infrastructures dans les zones rasées par les guerres, suscite de vifs débats sur l’achat d’influence politique à Washington.

    La guerre d’Iran pourrait bien accélérer la tendance. Le 21 juin 2026, le vice-président JD Vance a déclaré à la presse que l’idée d’inclure dans le mémorandum signé avec Téhéran 300 milliards d’investissements régionaux pour la reconstruction du pays provenait de Kushner, l’un des négociateurs américains sur ce dossier (comme sur celui de l’Ukraine) avec Steve Witkoff.

    Déjà en mai, le New York Times dénonçait le conflit d’intérêt ou le « business profitable de la paix » mené par ces deux entrepreneurs. Les choses se confirment : ce fonds serait a priori financé par les pétromonarchies qui désormais font partie d’un corridor coordonné par le fonds de Jared Kushner, Affinity Partners, lui-même massivement financé par leurs fonds souverains.

    Une stratégie de l’après-guerre (avec l’Iran) émerge donc : bien que la Trump Organization n’ait aucun projet officiel en Iran à ce jour (ce qui reste encore formellement interdit par les sanctions américaines), la pacification et la réorganisation économique du Moyen-Orient profitent directement à la valorisation de l’empire Trump, présent dans l’ensemble de la péninsule arabique.

    Ukraine et Russie : un contexte différent, mais toujours des intérêts financiers

    Les plans de paix de l’administration Trump pour l’Ukraine et l’Iran diffèrent par leur nature, mais pourraient bien converger vers un même objectif d’accords transactionnels. D’ailleurs, il se réalise selon la même philosophie : celle du « syndic de faillite », chargé d’administrer l’insolvabilité. Kushner et Witkoff envisagent la levée des sanctions, la création de zones économiques spéciales et l’exploitation des ressources locales.

    Si, en Iran, le plan a inclus des négociations sur le programme nucléaire et l’ouverture de fonds d’investissement massifs pour relancer l’économie iranienne, en Ukraine il s’agirait d’abord (pour les émissaires de Trump) de geler les lignes de front. Kiev abandonnerait certaines revendications territoriales et renoncerait à rejoindre l’OTAN. Le clan Trump postulerait que la reconstruction de l’Ukraine et la gestion de ses vastes ressources gazières, pétrolières ou minières seraient confiées à des coentreprises et des investisseurs américains. Les fonds russes gelés en Occident seraient d’ailleurs au cœur de ces mécanismes d’investissement. Le dossier ukrainien n’est donc pas traité par le clan Trump comme une crise de sécurité internationale classique, mais comme une restructuration d’entreprise dont il faut extraire les actifs avant de la remodeler.

    Retenons la formule magique, désormais omniprésente dans la presse : Kushner dessine les contours politiques et la stratégie de redressement, les fonds bilatéraux captent les ressources physiques, et les cryptomonnaies servent de structure financière hors contraintes afin de maximiser les rendements des investisseurs privés.

    Les contours de la solution qui se dessine en Ukraine semblent se résumer ainsi : Bien qu’il n’y ait pas de mandat officiel attribuant des contrats à la Trump Organization, car il faut éviter des conflits d’intérêts frontaux, la structure de l’accord de reconstruction sert directement le clan.

    L’administration a officialisé la création en mai 2025 du United States-Ukraine Reconstruction Investment Fund. Ce partenariat bilatéral se concentre sur l’exploitation des ressources naturelles (minéraux critiques, hydrocarbures) grâce à la participation d’acteurs institutionnels et privés. La direction de ces projets serait confiée à de grands fonds américains. Le NY Times en janvier 2026 rapportait que BlackRock était « au centre » de la vision du président américain, par son implication dans le plan de relance. L’écosystème de la Trump Organization et de ses partenaires immobiliers (comme Witkoff) pourrait indirectement bénéficier de cette ouverture des marchés ukrainiens aux capitaux privés américains. « Faites de l’argent, pas la guerre », titrait le WSJ en novembre 2025, soulignant l’origine russe de l’idée.

    Les annonces diplomatiques ont aussi un effet sur les cryptos

    Rappelons aussi que le secteur crypto est devenu un outil de spéculation et un vecteur de transfert de capitaux privilégié par l’écosystème Trump (notamment via leur projet familial World Liberty Financial). Non seulement vecteur, mais aussi baromètre des percées diplomatiques, le marché des cryptomonnaies réagit désormais instantanément aux annonces de paix de l’administration. Par exemple, le dénouement des accords parallèles (comme le cadre de paix avec l’Iran) a provoqué une envolée immédiate du Bitcoin au-delà des 63 000 $. Sans oublier la « fluidité » d’un système qui permettrait le contournement des sanctions afin de procéder hors des blocages structurels ou règlementaires. Ainsi, dans l’éventualité du gel du conflit, et d’une levée progressive des sanctions contre la Russie, les crypto-actifs sont compris par le clan d’affaires Trump comme une infrastructure financière fluide qui permettrait de déplacer des capitaux à l’est, sans s’encombrer de la lourdeur des régulations bancaires traditionnelles.

    De plus lesdites cryptos permettent une certaine intégration commerciale : l’utilisation de jetons liés à la galaxie Trump pour des transactions ou des bonus est déjà testée dans d’autres sphères d’influence de la Maison-Blanche, préfigurant leur usage potentiel dans les zones économiques spéciales prévues en Europe de l’Est.

    Conclusion : la géopolitique « transactionnelle » d’une oligarchie

    Si Trump, l’homme d’État, ne mérite pas les félicitations du jury, la diplomatie transactionnelle du « business clan » trumpien ne manque cependant pas de cohérence. Partant du principe que les élites occidentales sont la cause du chaos mondial et non sa solution, le syndic de faillite Trump choisit de les ignorer et de s’enrichir sans retenue, réglant les questions entre tours de passe-passe et passe-droits. Avec lui la géopolitique devient un immense chantier de restructuration d’entreprise. Ce qui d’ailleurs n’est pas sans provoquer certaines fissures entre son clan, pragmatique, et le gouvernement, messianique, actuellement au pouvoir en Israël.

    Or la situation du clan est pourtant doublement fragile. Elle est géographiquement « fixée » dans certains espaces économiques qui sont aussi des zones de guerre (péninsule arabique, Iran, Ukraine, Russie) ; elle dépend de nouveaux secteurs économiques caractérisés par une grande volatilité. Il serait donc aisé, pour une puissance étrangère hostile, d’éradiquer la fortune personnelle du « clan » trumpien, bien plus que de ruiner une population entière. Ceci explique peut-être la récente efficacité de la guerre asymétrique menée par les Iraniens. Car elle frappe aussi au portefeuille.

    André Archimbaud (Observatoire du journalisme, 5 juillet 2026)

     

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  • Paul Morand : le style et l'élégance...

    Le cinquante-quatrième numéro de la revue Livr'arbitres, dirigée par Patrick Wagner et Xavier Eman, est en vente, avec, notamment, un dossier consacré à Paul Morand...

    La revue peut être commandée sur son site :  Livr'arbitre, la revue du pays réel.

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  • Le conflit des visions du monde...

    Dans cette nouvelle vidéo, Ego Non nous fait découvrir la pensée de Wilhelm Dilthey, savant et philosophe allemand, pour qui les grandes philosophies ne sont ni de simples erreurs, ni des vérités absolues, mais des expressions partielles de la vie humaine face à l’énigme du monde.

     

                                              

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  • Les Vaisseaux noirs...

    Les éditions Albin Michel viennent de publier le premier roman d'Axel Jurgensen intitulé Les Vaisseaux noirs. Juriste et gérant d'un cabinet de conseil en stratégie, Axel Jurgensen est passionné par l'Antiquité et la mythologie grecque depuis toujours.

     

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    "Pélée, prince déchu et chasseur solitaire, s'éprend d'une nymphe marine : la belle Thétis à la chevelure d'algues.

    De leurs noces somptueuses auxquelles prennent part les dieux de l'Olympe naîtront le plus valeureux des Grecs, Achille, mais aussi la plus emblématique des guerres, celle de Troie.

    S'inspirant de cette rencontre originelle et des destins croisés d'Achille et de son contraire troyen, Pâris, Axel Jurgensen retrace dans ce premier roman la montée inexorable du conflit qui, selon la légende, embrasa il y a trois mille ans les rives de la Méditerranée.

    Aux prises avec des dieux tout-puissants et capricieux, les héros grecs et troyens tenteront de recouvrer leur liberté et d'éviter un affrontement inéluctable. À court d'expédients, ils devront se résoudre à embarquer à bord de leurs « vaisseaux noirs », à la rencontre de leur destin. Le poème d'Homère peut commencer...

    Imprégné de poésie, porté par un souffle épique, Les Vaisseaux noirs, qui ressuscite avec brio une épopée perdue, résonne aujourd'hui avec une force toute particulière."

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  • USA : Le privé a capturé le profit, le public avait pris le risque...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue du site Souveraine Tech consacré à l'interventionnisme économique américain...

     

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    USA : Le privé a capturé le profit, le public avait pris le risque

    Il existe un paradoxe que l'on évite soigneusement dans les débats européens sur la politique industrielle : les États-Unis, apôtres déclarés du capitalisme de marché, pratiquent depuis des décennies l'un des interventionnismes économiques les plus massifs du monde. Sauf qu'ils ne l'appellent pas ainsi. Et l'Europe, fascinée par le discours, a longtemps ignoré la réalité. Mais la leçon américaine que certains nous invitent à tirer de ce constat mérite d'être regardée de plus près. Car elle n'est pas celle que l'on croit.

    Le "hidden developmental state"

    Des chercheurs en économie politique ont forgé un concept pour désigner ce phénomène : le "hidden developmental state", l'État développeur caché. Derrière le discours libéral américain se cache une réalité tout autre, celle d'un État fédéral qui finance, oriente et structure l'innovation technologique à une échelle sans équivalent dans le monde occidental.

    Ce n'est pas une théorie du complot. C'est de l'histoire économique documentée.

    Ce concept est dû à l'économiste et sociologue Fred Block, qui l'a formalisé dans un article fondateur de 2008, "Swimming Against the Current : The Rise of a Hidden Developmental State in the United States" (Politics & Society, vol. 36, n°2). Block y montre que l'État fédéral américain a construit, derrière le paravent de la défense nationale, un appareil d'intervention économique comparable dans ses effets à celui du Japon ou de la Corée du Sud.

    Les acronymes qui ont changé le monde

    Pour comprendre le rôle de l'État américain dans la technologie, il faut connaître quelques institutions clés.

    DARPA, la Defense Advanced Research Projects Agency, a été créée en 1958 après le choc du lancement de Spoutnik. C'est elle qui a financé ARPANET, le réseau qui a donné naissance à Internet. C'est elle qui a développé le GPS. C'est elle qui a financé les premières recherches sur les interfaces tactiles.

    La NASA, au-delà de la conquête spatiale, a structuré des filières industrielles entières : matériaux composites, miniaturisation électronique, logiciels embarqués. Des technologies nées pour envoyer des hommes sur la Lune se retrouvent aujourd'hui dans nos smartphones.

    Les NIH, les Instituts nationaux de la santé, financent l'essentiel de la recherche biomédicale fondamentale américaine. Lorsque Moderna a développé son vaccin à ARN messager contre la Covid-19 en un temps record, c'est sur des décennies de recherche publique qu'elle s'est appuyée. Le privé a capturé le profit ; le public avait pris le risque.

    Le Department of Defense mérite sans doute une mention particulière. Premier acheteur technologique du monde, il entretient avec certaines entreprises des relations qui ressemblent moins à des contrats qu'à des rentes. Palantir en offre l'illustration la plus saisissante : en 2023, plus de 55 % de son chiffre d'affaires provenait de contrats gouvernementaux américains, principalement militaires et de renseignement. La société a décroché en 2022 un contrat de 823 millions de dollars avec l'armée américaine pour son système TITAN de ciblage sur le champ de bataille. Son modèle économique n'est pas celui d'une startup technologique : c'est celui d'un prestataire d'État qui se finance sur fonds publics avant de valoriser ses capacités sur les marchés privés.

    Elon Musk illustre le même paradoxe à plus grande échelle encore. SpaceX a reçu, depuis sa fondation, plus de 15 milliards de dollars de contrats fédéraux, dont une part substantielle de la NASA et du Pentagone. Tesla a bénéficié de milliards en crédits d'impôt fédéraux et subventions d'État. L'entrepreneur qui prétend aujourd'hui défaire l'État fédéral a construit sa fortune sur lui.

    Un modèle national, pas supranational

    Cette réalité a été théorisée de son côté par l'économiste italienne Mariana Mazzucato dans The Entrepreneurial State (Anthem Press, 2013, traduit en français sous le titre L'État entrepreneur, Fayard, 2020). Sa thèse complète celle de Block : l'État américain ne se contente pas de camoufler son interventionnisme, il en est le moteur premier, prenant en charge les risques de l'innovation que le secteur privé refuse d'assumer seul. La différence entre les deux lectures est précise : Block explique pourquoi ce rôle reste invisible ; Mazzucato argumente pourquoi il devrait être revendiqué.

    C'est ici que la leçon américaine devient inconfortable pour ceux qui voudraient l'enrôler un peu trop rapidement au service de l'intégration européenne.

    Le Pentagone est un acheteur national. La DARPA répond à l'intérêt national américain. Le CHIPS Act est une loi du Congrès américain, votée pour protéger la base industrielle américaine, avec des clauses *Buy American* explicites. Ce modèle n'est pas celui d'un marché intégré supranational entre États souverains qui auraient mis en commun leurs instruments : c'est celui d'un État unitaire qui mobilise librement sa puissance budgétaire au service de ses propres priorités stratégiques.

    L'analogie correcte pour la France n'est donc pas "construisons ensemble une DARPA européenne". C'est une question plus simple et plus exigeante : pourquoi la France ne fait-elle pas, seule, ce que les Américains font seuls ?

    La réponse est connue. Pas par manque de volonté exclusive, mais parce que le cadre juridique européen l'en empêche structurellement. L'article 107 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne interdit les aides d'État susceptibles de fausser la concurrence. La directive sur les marchés publics impose l'ouverture à la concurrence européenne, y compris pour des contrats à dimension stratégique. Le règlement sur les concentrations a bloqué la fusion Alstom-Siemens au nom de la concurrence intra-européenne, au moment précis où Pékin consolidait son champion ferroviaire national. Ce sont ces règles qui ont désarmé les États membres, pas leur incapacité à coopérer.

    Le tournant américain de 2022 : une leçon que Bruxelles refuse d'entendre

    Depuis 2022, les États-Unis ont abandonné toute ambiguïté. Le CHIPS Act alloue 52 milliards de dollars en subventions directes pour relocaliser la fabrication de puces sur le sol américain. L'Inflation Reduction Act consacre 369 milliards de dollars à la transition énergétique avec des clauses de préférence nationale explicites. Le projet Stargate engage 500 milliards de dollars dans l'intelligence artificielle avec une implication directe du gouvernement fédéral.

    Ces lois violent frontalement les principes que l'Union européenne impose à ses propres membres. Un État membre de l'UE qui tenterait l'équivalent se verrait immédiatement notifié par la Commission pour aide d'État illégale.

    L'Europe n'est donc pas en retard parce qu'elle n'a pas su se coordonner. Elle est en retard parce qu'elle a volontairement désarmé ses États au nom d'une doctrine concurrentielle qui n'a jamais été partagée par ses principaux compétiteurs.

    Ce que cela exige

    La vraie leçon américaine n'est pas un appel à davantage d'intégration européenne. C'est un rappel de ce que signifie la souveraineté technologique lorsqu'elle est prise au sérieux : la capacité d'un État à orienter ses commandes, à protéger ses filières, à financer ses risques, sans avoir à en demander l'autorisation à une instance supérieure.

    Cette capacité, la France et les autres États membres de l'Union l'ont partiellement cédée. La récupérer ne passe pas par la construction d'une "souveraineté européenne", formule commode qui ne désigne le plus souvent qu'un transfert supplémentaire de compétences vers des institutions qui ont fait de la neutralité concurrentielle leur raison d'être.

    Elle passe par une révision en profondeur du cadre juridique européen : révision du régime des aides d'État pour autoriser explicitement les commandes publiques stratégiques, clause de sauvegarde technologique dans les marchés publics, reconnaissance du concept d'infrastructure critique nationale soustrait aux règles de concurrence ordinaires.

    Ce sont des réformes que des États souverains peuvent exiger. C'est une tout autre ambition que de se lamenter de la fragmentation européenne comme si elle était une fatalité naturelle plutôt que le résultat de choix juridiques erronés et précis, effectués à des moments précis, par des hommes qui croyaient sincèrement, ou prétendaient croire, que le marché suffirait.

    Cela n'a pas suffi, hélas. 

    Souveraine tech (Souveraine tech, 25 juin 2026)

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