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30/03/2017

Transmettre ou disparaïtre...

A l'occasion de la tenue à Paris du colloque de l'Institut Illiade, la revue Livr'arbitres publie son quatrième numéro hors-série qui comporte les textes des interventions de la plupart des conférenciers. Un numéro à ne pas manquer, notamment pour ceux qui n'ont pas pu être présents.

La revue peut être commandée sur sa page Facebook :  Livr'arbitre, la revue du pays réel.

 

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Editorial

Qu’est-ce qu’être français ? Qu’est-ce qu’être européen ? Le simple fait de poser ces questions – qui reviennent régulièrement dans le débat intellectuel et politique – prouve la grave crise identitaire que traversent notre pays et notre continent. On interroge aujourd’hui ce qui allait de soi hier…

Cette situation est d’autant plus préoccupante que, confronté à des périls immenses et pour certains inédits (submersion migratoire, ethno-masochisme, déculturation de masse par la sous-culture américaine, naufrage de l’éducation nationale et de l’enseignement…), jamais peut-être nos peuples n’ont eu autant besoin de bases solides, d’enracinement profond, de connaissance et de fierté d’eux-mêmes afin de se défendre, de résister, et de « combattre ce qui les nie » pour reprendre l’expression de Domnique Venner. Pour survivre tout simplement. D’où l’importance fondamentale – vitale même – de la transmission.

C’est pourquoi la rédaction de Livr’arbitres est heureuse et fière de s’associer une nouvelle fois à l’Institut Iliade pour offrir à ses lecteurs un florilège des interventions et contributions de son colloque annuel sur le thème si crucial « Transmettre ou disparaître. »

Ce nouvel hors-série de « Livr’arbitres » est un numéro important. Un numéro à lire bien sûr, mais aussi à partager, à faire découvrir, à conseiller, à offrir… à transmettre !

Xavier Eman

Au sommaire :

L'héritage européen, le connaître, le transmettre, par Philippe Conrad

Porter la flamme de notre monde, par Mathilde Gibelin

Une humanité modèle plutôt qu'une humanité nouvelle, par Edouard Chanot

Le recours par la transmission, par Rémy Martin

Le récit civilisationnel de l'Europe, par Lionel Rondouin

L'école et la transmission, par Maxime Valérien

Les origines du désastre : l'idéologie de la déconstruction, par François Bousquet

Aristote au Mont-Saint-Michel. Ou comment la tradition grecque s'est transmise au Moyen Age, par Fabien Niezgoda

L'entreprise, vecteur de transmission. Entre hiérarchie et volonté de pérennité, par Philippe Christèle

Le conte, lointaine mémoire et permanence vivante, par Anne-Laure Blanc

Vincenot, le passeur de traditions, par Patrick Péhèle

Après le dernier homme, l'Européen de demain ! , par Jean-Yves Le Gallou

 

17/03/2017

Michel Déon, la fin d'une époque...

Le vingt-deuxième numéro de la revue Livr'arbitres, dirigée par Patrick Wagner et Xavier Eman, est en vente, dans une nouvelle formule, avec notamment un dossier consacré à Michel Déon, mort le 28 décembre 2016...

La revue peut être commandée sur son site :  Livr'arbitre, la revue du pays réel.

 

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Au sommaire de ce numéro :

Éditorial

Plaisirs solittéraires

Coup de coeur

Une fin du monde sans importance

Nouveautés

Zazous !

Ukraine, le triomphe du manichéisme

Les Évangiles, un rapport de gendarmerie

Rééditions

L'âme visionnaire de Drieu La Rochelle

Inédit

L'énigme du lundi de Pâques

Essais

Devenir « classique » : Roberto Bolano

La Droite buissonnière, Patrick Buisson une figure de l'irrégulier

L'Unité normande

12 portraits pour dessiner la Tradition

Témoignage

Itinéraire particulier d'un enfant privilégié

Portraits

Le parfum d'un écrivain oublié

Boylesve et Stendhal

Boylesve intime

René Boylesve, l'avant-Proust

René Boylesve, entre l'élan et l'obstacle

Arno Breker, un art pour réenchanter l'Europe

La Comédie inhumaine de Darien

Dossier Michel Déon

Souvenirs de Michel Déon

Je ne veux jamais l'oublier

Un bain d'éternelle jeunesse

Michel Déon par Matulu

Le Héros d'une génération blessée

L'exil est son royaume

La patrie lui fait mal au coeur

Des liens phosphorescents

Michel Déon, mémorialiste aux semelles de vent

Lire Déon pendant un demi-siècle

Déon, comme le dieu Janus

Déon, écrivain tragique

Michel Déon, navigateur hauturier

Michel Déon : le gentilhomme de l'âme

Michel Déon, une discrétion bienveillante

Michel Déon à Monclar d'Agenais

Eloge du poulpe

Mihel Déon, hussard et mousquetaire des lettres

Merci, Michel Déon

De l'usage de la Guinness en république malouine

Déon-Brigneau, une solide amitié au delà des vicissitudes de la vie

Souvenir de Charles Maurras

Michel Déon, bibliophile

Déon, ou la vie de l'écrivain telle que je la rêvais

Errances fugitives

Les Trompeuses Espérances... et la vraie délectation

Spetsai, le paradis perdu de Déon

Saudade

Michel déon, doublement immortel

Lettre à Michel Déon

In memoriam

1917, naissance d'un monde

Réflexions

Aboli bibelot

Nouvelle

Pugilat

Récit de voyage

Mousson d'hiver (suite)

26/02/2017

La revue de presse d'un esprit libre... (22)

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La revue de presse de Pierre Bérard

Au sommaire :

Le texte de Julien Freund « La Thalassopolitique » publié en 1985 par les Éditions du labyrinthe comme postface au « Terre et Mer. Un point de vue sur l’histoire mondiale » de son ami Carl Schmitt, ressort sous forme d’article.
 
 
 
Pour la Revue du crieur (émanation de Mediapart) le temps presse. Pourquoi ? Parce que les « droites et les extrêmes droites » européennes sont de plus en plus contaminées par les idées d’Alain de Benoist… ! Article passe partout qui en reste à l'alarme classique style « camarade réveillez-vous, bon sang » et demeure rivé au logiciel droite-gauche comme ultime grille d’analyse. En bref une dénonciation qui ne brille pas par son originalité.
 
 
 
Un film de Patrick Buisson glorifie le monde ancien de la France paysanne, celle des derniers Gaulois (extraits).
 
 
 
Le site Metamag publie un court article sur Maslenitsa, la fête russe d’origine païenne qui ponctue le retour du printemps.
 
 
 
Bérénice Levet répond à Emmanuel Macron, candidat du postnational et de la vie liquide, qui nie l’existence d’une culture et d'un art français.
 
 
 
Tribune d’Alain de Benoist sur boulevard Voltaire à propos d’Emmanuel Macron, télévangéliste christique.
 
 
 
Pour Mathieu Bock-Côté Macron c’est la globalisation heureuse et le gauchisme culturel.
 
 
 
Boris Le Lay : Macron, les oligarchies financières contre les peuples (vidéo).
 
 
 
Éric Zemmour dans une récente chronique qualifie Macron de fils adultérin de Madelin et de Cohn-Bendit (vidéo).
 
 
 
Le livre de Xavier Eman « Une fin du monde sans importance » paru aux Éditions Krisis fait l’objet d’une belle recension sur le blog du Cercle Non Conforme.
 
 
 
La matinale de radio-libertés du 21 février est animée par Xavier Eman. Celui-ci propose en fin d’émission des modalités d’action « communautaires » à la dissidence.
 
 
 
À propos des médias russes présentés unilatéralement à l’Ouest comme de dangereux agents d’influence du Kremlin susceptibles de bouleverser les résultats de l’élection présidentielle française, François-Bernard Huyghe décrypte les rouages de la diplomatie d’influence à commencer par celle de Washington autrement plus préoccupante.
 
 
 
Entretien avec Ingrid Riocreux paru le 20 février dans Le BSC News Magazine à propos de son livre « La langue des médias. Destruction du langage et fabrication du consentement » paru aux Éditions du Toucan.
 
 
 
Le brillantissime Charles Robin est l’invité de Bistro Libertés pour son livre «  Itinéraire d’un gauchistes repenti » paru aux éditions Krisis. Malheureusement les débats se noient dans des bavardages inconsistants, aussi sera-t-il plus sage de ne regarder que les vingts premières minutes de la vidéo, celles où l’hôte donne libre cours
à sa compréhension du présent.
 
 
 
Christopher Gérard a surtout apprécié dans « La Morsure des Dieux », dernier film de Cheyenne-Marie Carron, le portrait d’une paysannerie acculée au désespoir.
 
 
 
La philosophe Anne Frémaux pose de bonnes questions dans un article publié par le Journal du Mauss. S’interrogeant d’un point de vue de gauche sur les bons usages de l’utopie dans l’anthropocène, elle conclut à la nécessité de la décroissance sans s’apercevoir, semble-t-il, que sa démarche ne doit rien à la gauche qui tout au long de son histoire a compris son progressisme comme le déploiement sans fin de l’arraisonnement de la terre et de l’accumulation du capital.
 
 
 
En France les villes moyennes désertées. En cause le développement exponentiel de leur périphérie. Entretien avec Olivier Razemon auteur du livre « Comment La France a tué ses villes ».
 
 
 
La revue québécoise Le Harfang a publié un entretien avec Lucien Cerise consacré à l’ingénierie sociale dont il décortique les usages et les finalités.
 
 
 
Michel Onfray se rapproche de plus en plus des positions de la nouvelle droite canal historique, comme le montrent ses interventions au cours d’une émission avec Zemmour et Naulleau. Vidéo (les 52 premières minutes).
 

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20/02/2017

Déliaison sociale...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue assez sombre de Xavier Eman, cueilli sur son blog A moy que chault ! et consacré au délitement du lien social, conséquence de la disparition du peuple, abattu sous les coups de "la marchandisation de l’existence et [de] l’atomisation ethnico-culturelle"...

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Déliaison sociale

Les diverses « affaires » qui accablent l’ex-héros de la droite conservatrice française, François Fillon, si instrumentalisées et finalement assez anecdotiques soient-elles, sont révélatrices de l’état de délitement de la morale publique dans notre pays. Ce n’est certes ni une révélation, ni une nouveauté, simplement une énième confirmation. Plus que la malhonnêteté du personnage, ces affaires révèlent d’ailleurs plus sa médiocrité, la petitesse de ses préoccupations, sa cupide mesquinerie de petit boutiquier, ses tristes calculs d’apothicaire de province… L’homme pense bas. Son collègue DSK, dont il pourrait d’ailleurs connaître le destin, pensait au niveau de sa braguette. Fillon lui pense à celui de son portefeuille. Il n’est bien évidemment pas le seul. Nous savons que ces tares touchent la quasi-totalité du personnel politique, d’un bout à l’autre du spectre jadis idéologique aujourd’hui simplement médiatico-folklorique. Les hommes politiques contemporains ne sont plus là pour servir mais pour se servir. Cela crève les yeux depuis des lustres. La politique est devenue l’un des rares moyens de gagner rapidement beaucoup d’argent sans qu’il soit nécessaire de posséder des qualités particulières autres que la souplesse de la colonne vertébrale, la dextérité de la langue et une absence complète de scrupules. « Arriver aux affaires » c’est un peu comme gagner au loto… Passe-droits divers, carrières rémunératrices assurées pour la famille et les amis, train de vie somptuaire, impunité… Bien sûr la révélation régulière de ce népotisme et de ces prévarications choque encore « le bon peuple » mais c’est bien souvent davantage par envie et jalousie que par condamnation morale. Car le véritable drame est bien là, c’est dans l’ensemble du corps social – et non seulement dans les prétendus « élites » - que la morale publique et le sens de l’intérêt collectif et général se sont désagrégés. Les vieilles lunes maurassiennes ont vécu, il n’y a plus de séparation – du moins dans le domaine des valeurs, aspirations, des ambitions, des goûts et désirs - entre le « pays légal » et le « pays réel » mais une simple séparation entre d’un côté les corrompus/corrupteurs et de l’autre ceux qui aspirent à l’être ou rêvent de le devenir. La « décence commune » du peuple n’est malheureusement aujourd’hui plus qu’un phantasme pour intellectuel bourgeois et nostalgique. Il suffit pour s’en convaincre de le fréquenter autrement que dans les livres ce bon peuple si « décent ». Le spectacle de la vie quotidienne est à ce titre particulièrement navrant. On constate aisément que toutes les catégories sociales reproduisent les comportements et les modes de pensées sensés être reprochés à la classe politique et à « l’oligarchie » : obsession matérialiste, individualisme forcené, arrivisme, égoïsme, goût pour la fraude, la « resquille », la tricherie… De sa feuille d’impôt qu’on falsifie à la file d’attente que l’on coupe en passant par le travail au noir et l’arnaque à l’assurance, tout est bon pour « se débrouiller », « s’en sortir », « niquer les autres », « se démerder », « profiter du système »… C’est le règne des combinards et des petits malins… Chacun pour soi et sauve qui peut ! Le contexte économico-social délicat n’est évidemment pas étranger à ce tropisme mais il est loin d’être la seule et même la principale explication. La cause majeure de cette névrose individualiste, de ce repli frileux et calculateur sur soi-même, unique finalité de l’existence, de cette guerre de basse intensité de tous contre tous est tout simplement la disparition pure et simple du peuple, désormais simple mot totalement vidé de substance et de réalité. Il n’y a plus de peuple, il ne reste désormais qu’une somme d’individus cohabitant sur un même espace et qui ne sont plus liés que par une appartenance commune purement légale, administrative et formelle. Le peuple a disparu sous les coups de boutoirs conjugués des deux phénomènes majeurs de la modernité : la marchandisation de l’existence et l’atomisation ethnico-culturelle. Dans un monde entièrement régi par l’échange marchand, indifférencié où que l’on soit sur la planète, et peuplé d’être déracines et mélangés, de toutes races, de toutes cultures, de toutes croyances et de toutes origines, il ne peut y avoir de peuple, l’appartenance commune ne peut-être que formelle, superficielle, artificielle, elle n’est plus intimement, charnellement, ontologiquement ressentie. Elle n’est plus, dans le meilleur des cas, que de l’ordre du discours. Plus de passé commun, plus de rites partagés autres que ceux, mondialisés, de la consommation, plus de mode de vie particulier, plus de vision du monde collective, plus de souvenirs rassembleurs, plus de commensalité intégrée, plus d’objectifs unificateurs… On ne reconnaît plus son voisin, l’homme que l’on croise dans la rue ou au bureau, comme un membre de sa communauté mais comme un individu autre, concurrent, qui pourrait être n’importe qui … Qui est cet homme qui ne s’habille pas comme moi, ne parle pas comme moi, ne mange pas comme moi ? C’est un étranger, il ne m’est rien… Je ne l’aime ni ne le déteste, il m’indiffère, je ne partage avec lui qu’une situation géographique, sans doute temporaire d’ailleurs. Les français, comme la plupart des autres européens, ne sont désormais plus que des consommateurs errants dans un vaste supermarché où déambulent d’autres zombies de tous les types ethno-culturels. Même caddie et même monnaie dans les poches, mais rien d’autre en commun, rien qui unie, qui rassemble, qui peut nourrir une véritable et concrète solidarité qui ne soit pas un simple slogan sans substance.

Les scandales politico-financiers mis en lumière médiatiquement ne sont donc finalement que les symptômes les plus visibles des maux qui rongent depuis de longues années une population de plus en plus hétérogène, privée de valeurs transcendantes et partagées et dont la longue dépression n’est plus guidée que par des intérêts privés et des appétits matériels.

Ni l’exemple ni la solution ne viendront du haut, d’une classe oligarchique qui se nourrit de cette situation qui assure la prorogation de son règne. S’il existe une voie permettant d’échapper à ce lent délitement social, elle passera par la refondation de véritables communautés porteuse de sens et de valeurs, bâties autour d’affinités communes et de projets collectifs. Une modèle qui devra vraisemblablement rompre avec l’entassement urbain comme avec l’aliénation salariale afin de recréer de nouvelles formes d’existence collective et de chrématistique naturelle.

L’avenir est à un communautarisme de combat.

Xavier Eman (A moy que chault !, 16 février 2017)

27/01/2017

Au-delà de la géopolitique : des hommes...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Eman, cueilli sur son blog A moy que chault ! et consacré à la crise ukrainienne... Chroniqueur à la revue Éléments, où ce texte avait été publié initialement, Xavier Eman vient de publier Une fin du monde sans importance (Krisis, 2016).

 

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Au-delà de la géopolitique : des hommes

Le conflit russo-ukrainien est l’un de ces sujets clivants et passionnels dont raffolent les français depuis au moins l’Affaire Dreyfus. Chacun est ainsi invité à choisir son camp, à s’y tenir fermement, et à considérer celui qui a fait le choix opposé non pas comme un adversaire ou un contradicteur mais comme un ennemi absolu qu’il convient sinon d’éradiquer – cela demanderait trop d’énergie – du moins de mépriser et de haïr.

Une fois son drapeau de rechange choisi, plus question de nuance, de gradation et ou de prise de distance, sabre au clair et haro sur les lignes ennemies aussi redoutables que virtuelles ! Atlantistes stipendiés par la CIA d’un côté contre Poutinôlatres à la recherche d’une virilité par procuration de l’autre… On s’écharpe alors joyeusement sur ces réceptacles à vacuité que sont les réseaux sociaux, des anciens camarades s’injurient, d’autres se diffament, le « reductio ad hitlerum » vole bas, la mauvaise foi et l’insinuation fielleuse aussi… Tout le monde est vendu, acheté, loué par les officines les plus diverses et manipulé par les services les plus improbables, censés être « secrets » mais dont chacun connait apparemment parfaitement les agissements autant que les intentions… La hargne et la vindicte des uns et des autres sont en général proportionnelles à l’absence complète de toute influence sur la question, de la moindre interaction réelle avec la tragédie concernée. On plante des petits drapeaux sur une carte, on fantasme de grandes alliances futures, on évoque de nobles et belles idées (L’Europe ! Le monde multipolaire !), et de grands concepts (Eurasisme, anti-impérialisme…), sacrifiant allègrement au passage les hommes et femmes de chair et de sang qui se battent et se débattent sous cette avalanche de doctes analyses et de componctieux discours métapo-géopoltiques parfois passionnants mais trop souvent désincarnés.

Si je n’oublie évidemment pas que ces hommes et ces femmes, qui luttent et qui souffrent, se trouvent des deux côtés de la tranchée, j’évoquerais plus particulièrement le cas des nationalistes ukrainiens à qui, dans les milieux dits « dissidents », au nom « d’enjeux continentaux » déclarés primordiaux, l’on dénie péremptoirement tout droit à l’auto-détermination et à l’indépendance, et que l’on traîne ordinairement dans la boue. A leur encontre, on commet la faute et l’injustice de ne considérer que les conséquences étatiques et institutionnelles de leur engagement et de leur action, en balayant d’un revers de la main la nature et la légitimité originelle de ceux-ci. Un peu comme s’il était désormais interdit de se déclarer « nationaliste » ou « souverainiste » en France du fait de l’intégration de celle-ci à l’Otan et de la soumission de ses dirigeants successifs, de Sarkozy en Hollande, aux injonctions de Washington, et que cette situation nous condamnait impitoyablement à accepter de devenir une province vassale d’un autre puissant voisin. Si l’on ne jauge de l’honorabilité et de la justesse d’une lutte qu’à l’aune de ses conséquences « macro-politiques » à plus ou moins long terme, alors fort peu échappent à la condamnation… Ainsi les « dissidents » au communisme ont-ils été finalement les fourriers du néo-libéralisme le plus sauvage, les militants du Front National ont assuré pendant 20 ans la victoire de la gauche dite « socialiste » et les combattants anti-colonialistes ont fait le lit des dictatures militaires et de l’islamisme radical…

Or, dans un monde aussi résigné, veule et lâche que le nôtre, il serait bon de s’attarder aussi sur la « geste » d’un peuple jeune et courageux, sur sa valeur morale et éthique, sur sa capacité – devenue anachronique en Occident- de se battre et de mourir pour son drapeau et la foi en son histoire. Quand des jeunes gens à peine majeurs, sur les barricades de Maïdan, affrontaient avec des armes de fortune les forces spéciales de sécurité, qu’ils tombaient sous leurs balles, ce n’était pas pour toucher un chèque de la CIA ou pour complaire au vautour BHL, c’était pour leur dignité d’hommes libres, pour le droit de vivre dans un pays souverain et indépendant, selon le destin qu’ils ont choisi. Et quand le chanteur d’Opéra Wassyl Slipak abandonne le confort économique et social des salles de spectacle parisiennes pour aller combattre et mourir sur le front du Donbass, ce n’est pas pour servir on ne sait quel plan étatsunien d’encerclement de la Russie, c’est pour défendre ce qu’il considère comme étant le sol de la mère partie et mettre sa peau au bout de son identité.

Leur combat a été dévoyé, instrumentalisé, détourné ? Peut-être. Mais n’est-ce pas là d’ailleurs le destin de toutes les révolutions ? De toute façon, ils n’en sont pas moins des héros, de ces hommes différenciés, fiers et ardents, qui font tant défaut à notre temps de calculateurs et de boutiquiers.

Dire cela, ce n’est pas haïr la Russie – qui compte bien sûr elle aussi ses morts glorieux - ou dénier à Vladimir Poutine toute qualité politique, ce n’est pas davantage vouloir trancher de façon définitive un débat complexe et ardu que je laisse aux érudits et aux spécialistes, mais juste tenter d’appeler à la raison et à la justice ceux qui oublient un peu trop facilement les hommes derrière les théories et les idées.

Les nationalistes ukrainiens se sont révoltés et battus pour se débarrasser d’un gouvernement corrompu et vendu à l’étranger. Celui-ci a été malheureusement remplacé par un autre gouvernement corrompu, vendu à un autre étranger… Pour notre part, nous français, sommes également soumis à un gouvernement d’atlantistes corrompus, mais sans nous être ni révoltés ni battus. Ce simple constat devrait nous conduire à un minimum d’humilité et de respect.

Xavier Eman (A moy que chault !, 22 janvier 2017)

21/01/2017

Droite/gauche : c'est fini !...

Le nouveau numéro de la revue Eléments (n°164, janvier - février 2017) est disponible en kiosque à compter de ce jour, 21 janvier 2017.

A côté du grand entretien avec Marcel Gauchet et du dossier consacré à la fin du clivage droite/gauche,  on trouvera les rubriques «Cartouches», «Le combat des idées» et «Panorama» et les jeunes plumes talentueuses qui font le succès, mérité, de la nouvelle formule de notre revue préférée.

Bonne lecture !

Vous pouvez commander ce numéro ou vous abonner sur le site de la revue : http://www.revue-elements.com.

 

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Au sommaire de ce numéro :

 

L'éditorial d'Alain de Benoist : Deux dynamiques et une question

Forum          

L’entretien

Marcel Gauchet sans tabous

Cartouches

Le regard d’Olivier François : L’AF et ses dissidents

Une fin du monde sans importance par Xavier Eman

Cinéma : Un coup de tonnerre (de Brest) pour rien

Champs de bataille : La dernière charge des cuirassés

Musique : Grand Blanc, avis de tempête

Sciences

Le combat des idées

Les nouvelles têtes à claques du libéralisme

Éric Brunet, le Père Ubu du libéralisme

Guy Verhofstadt, alias « Baby Thatcher »

La France buissonnière de Sylvain Tesson

Vivre et penser comme des loups

Littérature : entretien avec Louis Jeanne

La leçon de Gabriel Matzneff

Tintin : retour au pays des Soviets

Or noir : la guerre du Chaco

À la redécouverte de Thomas Sankara

Entretien avec Ludovic Maubreuil

Après nous le déluge ? La réponse de Sloterdijk           

 

Dossier

Droite-gauche, c’est fini !

Fiction : Le Pen-Mélenchon au second tour ?

L’obsolescence programmée du clivage droite-gauche

Droite + gauche, et vice versa

Le moment populiste

Permanence du clivage droite-gauche

Pourquoi les vrais socialistes font la guerre à la gauche

Entretien avec Charles Robin

Rencontre avec Bernard Langlois

 

Panorama

L’œil de Slobodan Despot

Série télé : Black Sails

Philosophie : L’esprit dépend-il de la matière ?

L’esprit des lieux : Venise

C’était dans Éléments : Pourquoi le terrorisme ?

Éphémérides