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14/08/2012

Une internationale des gangsters en col blanc ?...

Nous reproduisons ci-dessous iun point de vue de Jean-Paul Baquiast, cueilli sur le site Europe solidaire et consacré aux malversations d'ampleur mondiale commises par le système financier international...

 

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L'internationale des gangsters à col blanc

L'ONG Tax Justice Network a confié une étude sur les paradis fiscaux à un expert du domaine, James Henry, ancien chef économiste chez Mac Kinsey. Le contenu du rapport de ce dernier est progressivement remis à la presse. Il commence à susciter certains échos timides.


Il n'y a pas de raisons sérieuses pour contester les éléments connus à ce jour du document, lesquels recoupent beaucoup d'informations obtenues par ailleurs de façon plus dispersée. Le journal britannique The Guardian vient d'en publier les premières conclusions. Il compare a juste titre les chiffres des sommes dissimulées à ceux des dettes publiques européennes , mises à la charge des contribuables européens dans le cadre du processus de rétablissement des équilibres budgétaires. Les sommes « évaporées » suffiraient à couvrir tous les déficits actuels. Or James Henry estime à seulement 10.000 dans le monde le nombre des super-riches bénéficiant de ces dissimulations.

Selon le rapport, les 10 principales banques privées, dont UBS et Le Crédit Suisse pour la Confédération Helvétique, Goldman Sachs pour les Etats-Unis, ont contribué à dissimuler dans les pays qui garantissent le secret bancaire, Suisse et Iles Caïmans en premier lieu, une somme de 21 trillions de dollars (peut-être 25 ou 30). Il s'agit d'un montant égal au produit intérieur brut des Etats-Unis et du Japon réunis, les deux plus puissantes économies du monde. Un réseau efficace de banques privées, comptables, fonds d'investissement profite désormais de la levée des barrières douanières et réglementaires pour offrir aux privilégiés de ce monde les moyens d'échapper aux taxes et contrôles des Etats nationaux. Loin d'être « finis », comme l'avait affirmé Nicolas Sarkozy avec une rare impudence de la part d'un chef d'Etat, les paradis fiscaux ont vu les sommes abritées par eux multipliées par 4 ces cinq dernières années.

Selon la Banque des Règlements Internationaux et le FMI, les sommes ayant échappé aux pays en développement seraient suffisantes pour payer les dettes que ces derniers ont contracté à l'égard du reste du monde. Les élites mondialisées de ces pays ont organisé ces fuites, avec la complicité des banques, au lieu de réinvestir leurs bénéfices dans leurs frontières d'origine.

L'étude, qui ne prend pas en compte des actifs non financiers comme les biens immobiliers ou l'or, estime à 280 milliards de dollars le seul manque à gagner pour les Etats, en terme de revenus fiscaux. On doit ajouter, comme nous l'avions indiqué dans un précédent article, que les sommes ainsi détournées relèvent de processus dits d'évasions fiscales, sans être véritablement d'origine criminelles. Mais dans le même temps, les principales banques mondiales et leurs filiales dans les paradis fiscaux organisent l'accueil et le blanchiment des revenus des organisations mafieuses. L'enquête actuellement menées aux Etats-Unis concernant la banque britannique SHBC laisse deviner l'ampleur, sans comparaison avec celles de la dissimulation fiscale , des sommes d'origine criminelle transitant par cette banque, comme par ses homologues dans le monde.

Certains s'étonnent que les gouvernements, qui n'ignorent rien de la réalité de ces comportements, continuent à ne pas lutter contre eux, autrement que par des mesures cosmétiques. Dans le même temps, au risque de pousser les populations à la révolte, comme en Grèce et bientôt en Espagne, ils continuent à réduire les dépenses publiques et sociales les plus nécessaires, et à relever les impôts. La France désormais socialiste s'est engagée dans un processus de ce type, sous la pression de ses voisins. Il est vrai que seule elle ne pourrait pas faire grand chose.

Il serait cependant possible, au niveau de l'Union, que les gouvernements européens bloquent les failles réglementaires permettant aux multinationales et aux spéculateurs d'échapper à leurs charges. Il faudrait aussi intensifier les contrôles et les répressions au lieu de réduire les effectifs des services fiscaux et des tribunaux. Menées au niveau européen, ces politiques devraient être défendues dans le cadre de la coopération internationale auprès de pays comme les Etats-Unis qui prétendent souffrir des mêmes maux. Elles avaient certes été mentionnées au niveau du G20, qui avait prétendu lutter contrer les paradis fiscaux. Mais il ne faut pas se faire d'illusion. Aucun gouvernement ne prendra de mesures susceptibles de gêner en quoi que ce soit les intérêts de ses ressortissants les plus puissants.

Ils n'ont plus peur de rien

Tout laisse penser au contraire que les connivences depuis longtemps dénoncées par de rares économistes entre les intérêts financiers, les gouvernements et administrations publiques, les médias et l'internationale des super-riches se poursuivront indéfiniment. La crainte que tous ces gens pourraient éprouver face à d'éventuelles révoltes démocratiques ne résiste pas à l'analyse objective qu'ils font de leur situation. Comment les 90% des populations qui voient constamment maintenant leurs niveaux de vie se dégrader trouveraient-ils le courage et les ressources pour se révolter...d'autant plus que partout, y compris dans les « démocraties », se renforcent les moyens de coercition.

Le politologue libéral américain Paul Craig Robert voit juste quand il estime que la chute de l'URSS à la fin du 20e siècle fut l'évènement majeur ayant autorisé le gouvernement américain et ses alliés à perdre toute prudence dans l'exploitation des populations. Le pouvoir soviétique n'avait plus guère de ressources, mais il pouvait encore, tant qu'il existait, polariser un minimum d'opposition au sein des pays capitalistes, et susciter de ce fait une certaine peur salutaire. A sa disparition, dit Paul Craig Roberts, les oligarchies occidentales ont considéré qu'elles avaient la voie libre pour mettre en coupe réglée les économies et les populations. On ne voit pas très bien ce qui pourrait aujourd'hui leur imposer plus de retenue.

Sources
* Tax Justice Network
http://www.taxjustice.net/cms/front_content.php?idcat=148
* The Guardian. Les élites mondiales ont dissimulé avec la complicité des banques 21.000 milliards de dollars dans les paradis fiscaux http://www.guardian.co.uk/business/2012/jul/21/global-elite-tax-offshore-economy 

Jean Paul Baquiast (Europe solidaire, 25 juillet 2012)

26/06/2012

Le capitalisme hors la loi...

Les éditions du Seuil publient dans leur collection de poche Point, Le capitalisme hors la loi, un essai de Marc Roche. Correpondant du quotidien Le Monde à Londres, pour couvrir la City, Marc Roche a déjà publié une enquête fouillée sur la banque Goldmann Sachs, intitulée La Banque - Comment Goldmann Sachs dirige le monde (Albin Michel, 2010).

 

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"Un capitalisme de l’ombre s'oppose désormais au capitalisme réglementé. Contournement massif des règles, paradis fiscaux… les interdits ont explosé. Ce système retient en otage États et consommateurs, salariés et petits actionnaires. Est-on impuissant face à ce pouvoir occulte que la classe politique n'ose pas affronter ? Une extraordinaire enquête, de Paris à Hong Kong, de Genève à Washington.

« Ce livre propose une immersion au cœur de cette face cachée du capitalisme qui dirige la planète en toute impunité. »"

01/01/2012

Bonne année...

 

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Avant de vous laisser lire les voeux grinçants de Michel Geoffroy, cueillis sur Polémia, Métapo infos vous souhaite une année 2012 dédiée à la mobilisation, à la résistance et au combat face au système et à sa pensée unique...

Cordialement !

 

 

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Rien que de bons voeux

Bonne Année à Goldman Sachs qui a gentiment fourni des dirigeants à la Grèce, à l’Italie, à l’Espagne et à la Banque centrale européenne, pour nous aider à mieux prendre en considération les intérêts des banques et des marchés.

Bonne Année à M. Trichet, aux directoires de la Banque centrale européenne et des banques centrales de la zone euro, qui ont bien mérité du Deutsche Mark.

Bonne Année à l’euro surévalué « qui nous rend plus forts », mais que les gouvernements européens nous disent qu’il faut maintenant secourir d’urgence.

Bonne Année à N. Sarkozy et A. Merkel qui décident de nouveaux traités limitant encore plus la souveraineté budgétaire des citoyens européens, mais sans les soumettre à référendum.

Bonne Année à tous les gouvernants européens qui veulent nous protéger des démons du protectionnisme : les travailleurs chinois et indiens les remercient chaleureusement.

Bonne Année à Liliane Bettencourt, à Maurice Lévy, à Louis Schweitzer, à Jean-Cyril Spinetta, à Frank Riboud et à tous les dirigeants qui ont souhaité au mois d’août dernier « l’instauration d’une contribution exceptionnelle qui toucherait les contribuables français les plus favorisés ». Leurs vœux seront exaucés au-delà de leurs espoirs puisqu’en 2012 nous paierons tous plus d’impôts, plus de taxes, ainsi que des tarifs et des péages plus élevés.

Bonne Année à tous les chômeurs, en particulier les jeunes : l’embellie est en vue car N. Sarkozy a convoqué un sommet sur l’emploi dans trois semaines.

Bonne Année aux inégalités sociales : elles vont continuer de prospérer avec la récession que nos gouvernants font tout pour écarter en réduisant les dépenses publiques et en augmentant les impôts et les taxes.

Bonne Année aux syndicats de cheminots, de la RATP, des contrôleurs aériens, des pilotes de ligne, des postiers, des gaziers et d’EDF et d’une façon générale à tous les « partenaires sociaux » : vous aurez certainement l’occasion en 2012 de « lutter » pour vos revendications catégorielles en prenant en otages comme d’habitude les salariés, les usagers et les banlieusards impuissants.

Bonne Année aux fabricants de caméras de vidéosurveillance, de radars et d’alcootests : le gouvernement a décidé d’en implanter de nouveaux et de rendre obligatoires ces derniers pour « améliorer notre sécurité », bien entendu.

Bonne Année à tous les délinquants et criminels récidivistes : les 5 millions de victimes annuelles de crimes et délits recensées en France par l’Observatoire de la délinquance et de la réponse pénale leur assureront une activité soutenue en 2012.

Bonne Année à ceux dont on ne parle jamais dans les médias : ceux qui profanent les églises, les tombes chrétiennes ou les cimetières militaires.

Bonne Année aux forces de police et de gendarmerie qui continuent d’arrêter – en évitant les « bavures » – ceux que les juges libèrent peu de temps après.

Bonne Année à tous ceux qui veulent venir en France nous faire profiter de leur extraordinaire savoir-faire ou nous enrichir de leurs magnifiques différences culturelles ou religieuses. Ils nous rejoindront bientôt puisque les syndicats, le patronat et les présidents d’université le réclament de concert aux pouvoirs publics, pour notre bien. Et bonne année à tous les « sans-papiers » : ils seront régularisés par circulaires une fois de plus, n’en doutons pas, en 2012.

Bonne Année à tous les Mohammed car ce serait le prénom le plus fréquemment inscrit à l’état civil à Oslo, à Bruxelles ou à Marseille.

Bonne Année à toutes les associations communautaires et « antiracistes » qui sont financées par le contribuable pour aider les étrangers qui contournent les lois de la République, pour promouvoir la discrimination à l’encontre des Français de souche ou pour réduire toujours plus notre liberté d’expression.

Bonne Année au Parlement qui vote toujours plus de lois mémorielles qui confient aux juges le pouvoir de dire ce qui doit être « historiquement correct » pour nous.

Bonne Année au Conseil constitutionnel et à la Cour européenne des droits de l’homme, qui mettent en tutelle le pouvoir législatif, c'est-à-dire notre souveraineté.

Bonne Année aux médias et aux agences de publicité : ils continueront en 2012 de nous fournir régulièrement en bobards et ils veilleront à ce que nos informations et nos pensées restent bien « politiquement correctes ».

Bonne Année aux Egyptiens, aux Tunisiens, aux Libyens, aux Afghans, aux Irakiens, aux Syriens, aux coptes et aux chrétiens du Nigéria : vous aurez bientôt le choix entre le chaos, la valise ou l’islamisme, mais avec les compliments des « libérateurs » occidentaux. Car, dieu merci, vous n’êtes pas protectionnistes !

Bonne Année à nos militaires morts aux ordres de l’OTAN et à leurs familles : vous serez honorés le 11 novembre à la place de vos grands-parents qui sont morts pour la France.

Bonne Année à Laurence Parisot qui nous souhaite une France métissée et qui se dévoue pour nous éviter de tomber dans un « piège bleu Marine ».

Mais surtout bonne année à tous les Français qui finiront par ouvrir les yeux et qui en tireront enfin les conséquences politiques en 2012 !

Michel Geoffroy (Polémia, 29 décembre 2011)