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26/02/2015

Les kamikazes japonais

« Je me suis levé à 6 heures ce matin pour respirer l’air pur de la montagne. Et tout ce que je ferai aujourd’hui le sera pour la dernière fois. » Ainsi écrit le jeune kamikaze tsuka Akio, avant de s’envoler pour l’ultime mission au large d’Okinawa, le 28 avril 1945. - See more at: http://vitrine.edenlivres.fr/publications/50474-kamikazes#sthash.URjCBgyf.dpuf
« Je me suis levé à 6 heures ce matin pour respirer l’air pur de la montagne. Et tout ce que je ferai aujourd’hui le sera pour la dernière fois. » Ainsi écrit le jeune kamikaze tsuka Akio, avant de s’envoler pour l’ultime mission au large d’Okinawa, le 28 avril 1945. - See more at: http://vitrine.edenlivres.fr/publications/50474-kamikazes#sthash.URjCBgyf.dpuf

 

« Je me suis levé à 6 heures ce matin pour respirer l’air pur de la montagne. Et tout ce que je ferai aujourd’hui le sera pour la dernière fois. » Tsuka Akio, avant de s’envoler pour une mission kamikaze au large d’Okinawa, le 28 avril 1945.

 

Les éditions Flammarion viennent de publier Kamikazes, une étude historique signée par Constance Sereni et Pierre Souyri. Les deux auteurs sont universitaires et spécialistes de la culture japonaise. On doit notamment à Pierre Souyri Une Histoire du Japon médiéval (Tempus, 2013).

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Kamikazes, ou la chronique d’une mort ordonnée

Automne 1944. Le sort du Japon en guerre semble désormais scellé face à la déferlante militaire américaine. Le pays résiste encore mais il faudrait maintenant un vrai miracle pour vaincre l’Amérique. Dépourvu d’armes miracle, l’état-major nippon met alors sur pied des unités spéciales d’attaque.
Des  pilotes choisis et entraînés pour aller se jeter contre des cibles militaires américaines.  Des pilotes baptisés kamikazes (vent divin) transformés en bombes humaines. Dans la propagande japonaise, ces hommes, volontaires pour mourir pour la gloire du Japon, sont présentés «comme la réincarnation des samouraïs qui perdaient la vie par fidélité, tels des pétales de cerisier qui se dispersent au vent

Mais la réalité était-elle conforme à la légende, véhiculée par les écrits et le cinéma? Une question qui sert de fil rouge à ce document historique publié chez Flammarion et rédigé par Constance Sereni et Pierre-François Souyri, deux enseignants spécialistes de la culture japonaise. Deux auteurs qui retracent l’historique de cette arme désespérée, bien loin de l’image d’Epinal du pilote obéissant, fier de donner sa vie. Comme ils le rappellent, la mission des kamikazes est unique dans l’histoire militaire, car dépourvue de cet élément présent dans les missions les plus dangereuses : l’espoir, même ténu, de revenir vivant.
«Ce n’était pas une mission avec une chance sur dix d’en revenir. C’était une mission zéro sur dix

Bien documenté, l’essai n’est pas un livre de guerre. Il constitue plutôt un ouvrage qui voyage entre histoire et sociologie. Il retrace en bref toute la campagne du Pacifique, certes, mais pour expliquer la folle motivation des créateurs de cette arme. On s’attarde davantage sur le gros chapitre lié à l’endoctrinement de ces pilotes qui ne furent pas tous, loin de là, des soldats fanatisés.

Des pilotes qui furent entraînés, endoctrinés en sept jours. Ni plus, ni moins. Peu formés, ils vont souvent manquer leurs cibles par erreur de pilotage ou par confusion des objectifs. Les navires de transport alliés seront souvent confondus avec des navires militaires. Déjà fortement diminuée par le «grand tir aux pigeons des Mariannes», une bataille disputée en août 1944 et dans laquelle le Japon a perdu le tiers de ses porte-avions, l’aviation japonaise va ponctionner plusieurs milliers de pilotes supplémentaires pour les utiliser comme kamikazes, lors de missions sans retour. Prévue comme une solution temporaire, cette arme du pauvre sera utilisée jusqu’en août 1945. Soit 10 mois de sacrifices.

Avec quel bilan ? Côté japonais, on estime les pertes à plus de 3.800 pilotes tués, pour 60 navires américains coulés et 6.830 soldats alliés tués. Des chiffres toujours imprécis aujourd’hui.
Mais force est de constater que cette tactique, absente de la philosophie occidentale, a provoqué une sacrée psychose à bord des navires américains.
Quand la DCA échouait à abattre le kamikaze, il ne restait plus que le miracle pour sauver sa peau. Si les marins américains considéraient les Japonais comme des tueurs et des imbéciles, les analystes de l’US Navy avaient un avis bien différent. «L’avion suicide était de loin l’arme la plus efficace inventée par les Japonais contre les vaisseaux de surface. Alors qu’ils n’ont été utilisés que sur une période de 10 mois, les avions suicide ont été responsables de 48,1% de tous les dégâts infligés à des navires de guerre américains, et de 21,3% des bâtiments coulés pendant la guerre» soulignent-ils.

Créée pour retarder la fin de la guerre, cette «détermination suicidaire des Japonais» a, au contraire, précipité la fin du conflit avec l’usage du feu nucléaire, les 6 et 9 août 1945. À noter, enfin, le cahier photographique qui permet de mettre un visage sur ces kamikazes, parfois très jeunes. Comme ce pilote, âgé d’à peine 17 ans et envoyé à la mort, sans regret. Comme bien d’autres, et dont on peut lire les dernières lettres en guise d’épilogue à ce document qui ouvre un large pan sur la culture japonaise.  Dans laquelle domine notamment la culture de la mort et la notion de sacrifice.  «Comment imaginer, explique le duo d’auteurs, que, lancés dans leur machine folle, certains d’entre eux devaient hurler en appelant leur mère, ou tout simplement fermer les yeux lors du dernier instant avant le choc. Ce furent des victimes du système autant que des héros, qui sont morts, le corps broyé dans leurs machines

Kamikaze. Un terme toujours d’actualité mais galvaudé par les médias. Comme l’explique une petite parenthèse qui remet fort justement les pendules à l’heure. Dans les attentats au Moyen-Orient ou ailleurs, les journalistes baptisent, à tort, les terroristes de kamikazes car ils se suicident dans leur action. Un usage erroné du terme qui énerve les Japonais, qui parlent plutôt de jibaku (ceux qui se font exploser). Les kamikazes, à l’inverse des terroristes, n’ont quant à eux jamais attaqué de cibles civiles, sans défenses. Ils ont, par ailleurs, obéi à un ordre en temps de guerre. Une précision bien nécessaire pour saluer la mémoire de ces pilotes envoyés à la mort dans leurs cercueils volants. «Il est difficile d’imaginer pire gâchis d’une jeunesse sacrifiée

Philippe Degouy (L'Echo, 19 février 2015)



29/07/2014

L'empereur Julien, dit l'Apostat...

Les éditions BD Must font paraître la série Apostat, de Ken Broeders, consacrée à la figure de l'empereur Julien, qualifié d'apostat par l'historiographie chrétienne pour avoir voulu rétablir les cultes païens dans l'empire. L'auteur flamand, a déjà publié les cinq premiers tomes de cette série qui doit en comporter neuf. Les trois premiers tomes sont d'ores et déjà disponibles en français dans toutes les bonnes librairies ou en ligne.

Il est possible de consulter le site personnel de l'auteur, Ken Broeders.

 

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" L’an 355. Un nouveau César, des femmes jalouses et des Germains sanguinaires. Première série de BD dont l’action se situe dans l’empire romain au IVème siècle, APOSTAT relate le parcours turbulent qui mène le jeune Julien à revêtir la pourpre impériale. Il rentrera dans l’histoire sous le nom de Julien l’Apostat. Action, aventure et intrigues forment la trame de cette grande fresque épique et historique.Apostat c’est «Murena» revisité par Bruegel l’Ancien. Se basant sur une documentation scrupuleuse, Ken Broeders nous livre une saga combinant habilement Histoire et aventure. (Michel Eloy, dans le dossier Apostat) "

21/06/2013

La fin de l'Empire européen...

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Le sixième numéro hors-série de La Nouvelle Revue d'Histoire est en kiosque. Ce sera évidemment le dernier numéro publié sous la direction de Dominique Venner.

Ce numéro, coordonné par Philippe Conrad, est consacré exclusivement à la campagne d'Allemagne de 1813 et à son point d'orgue, la bataille de Leipzig. On y trouve notamment des articles de Jean-Joël Brégeon ("Tout a commencé en Espagne" , "Les notables lâchent Napoléon"), de Nicolas Vimar ("L'Angleterre contre la France"), de Clement Mesdon ("Les conséquences du désastre russe", "Petits et grands acteurs de 1813"), de Martin Benoist ("Le double jeu de Metternich" , "16-19 octobre 1813, Leipzig. La bataille des Nations" , "La Pologne, le grand-duché des dupes"), de Vincent Samson ("Printemps 1813 : la campagne de Saxe"), de Jean Kappel ("Les Marie-Louise"), d'Eric Mousson-Lestang ("Le jeu de Bernadotte"), de Michel Ostenc ("Murat et l'idée italienne"), d'Henry Bogdan ("La Bavière à l'heure des choix"), de Philippe Conrad ("Clausewitz, le réformateur prussien"), de Thierry Buron ("1813 dans la mémoire allemande") ou encore d'Alain de Benoist ("L'éveil du romantisme allemand"), ainsiqu'un entretien avec le professeur Willy Brandt ("La Prusse rentre en scène")...

03/04/2013

A la recherche de Mishima...

Les éditions Camion noir viennet de publier Mishima - Voyage à la recherche d'un samouraï de légende, une enquête de Christopher Ross. Voyageur et philosophe, adepte des arts martiaux japonais, Christopher Ross est déjà l'auteur d'Oxford Circus - La quête de la vie réelle (Sully, 2003).

 

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" Le 25 novembre 1970, Yukio Mishima, l’écrivain le plus célèbre du Japon, s’est éventré avant d’être décapité avec son propre sabre. Ce suicide anachronique a été différemment interprété : un acte héroïque désespéré ; une œuvre d’art ; une protestation politique ; le geste d’un fou. Où se trouve la vérité ? Et qu’est devenu le sabre de Mishima ? Trois décennies plus tard, Christopher Ross s’installe au Japon et se met à la recherche de ceux qui pourraient apporter des réponses à ces questions. Forgerons de sabres, critiques littéraires, sabreurs et kendôka, amis et biographes, et même la personne qui a enseigné à Mishima l’art du seppuku sont longuement interviewés. Philosophe itinérant, Christopher Ross donne ici un ouvrage inclassable : journal de voyage, autobiographie, enquêtes philosophiques, tout se mêle pour créer un ouvrage hypnotique qui rend au plus près la réalité du Japon moderne et l’approche singulière de la mort qui le hante aujourd’hui encore. Riches et variés, ces Voyages à la recherche d’un samouraï de légende regorgent d’informations de première main, issues de rencontres sur le « terrain ». Une lecture unique. "

24/12/2011

Napoléon, au-delà de la légende...

Les éditions Chroniques viennent de publier Napoléon - Au-delà de la légende, un ouvrage illustré de Michel Marmin, préfacé par Jean Tulard, un des meilleurs spécialistes français de l'Empereur. Michel Marmin a dirigé pendant de nombreuses années la rédaction de la revue Eléments et est aussi l'auteur de plusieurs essais sur le cinéma, dont, notamment, une bioraphie de Fritz Lang, (Pardès, 2005).

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"Un nouveau Napoléon : comment ne pas s'en réjouir, on n'en finit jamais avec l'Empereur tant les facettes de son génie sont diverses et tant l'iconographie qu'il a inspirée paraît inépuisable.
Dépouillé des préjugés qui entourent Napoléon, ce livre est loin de la légende dorée et de la légende noire qui ont faussé l'image de l'Empereur, mais il se garde de lui enlever le merveilleux qui entoure un destin exceptionnel, source de tant de rêves" - Jean Tulard

19/05/2011

Soleil et acier...

«Une mort peut agir sur l'avenir comme une irradiation»

La journaliste Jennifer Lesieur, à qui l'on devait déjà une biographie de Jacques London (Tallandier, 2008), vient d'en publier une, dans la collection de poche Folio, consacrée à l'écrivain japonais Yukio Mishima.

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"Kimitake Hiraoka, dit Yukio Mishima (1925-1970) a connu la célébrité et a fait scandale dès la publication, à l’âge de 24 ans, de son premier récit autobiographique, Confession d’un masque.
Auteur d’une oeuvre aussi abondante que variée, il a publié une quarantaine de romans, des essais, des pièces de théâtre, des récits de voyages, des nouvelles. Ecrivain génial, dangereux idéologue, révolté narcissique, inadapté hanté par l’expiation ? Le visage de Mishima est recouvert de plusieurs masques que Jennifer Lesieur essaie d’enlever un à un. Aujourd’hui encore, pour nombre de Japonais, il reste une personnalité sulfureuse. Lui qui disait vouloir faire de sa vie un poème, trouvant l’existence humaine limitée et avouant désirer vivre éternellement, s’est donné la mort, au sommet de sa gloire, le 25 novembre 1970 : en pratiquant un seppuku par éventration, suivi d’une décapitation."