Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/04/2011

Guerre discriminatoire et logique des grands espaces...

Les éditions Krisis viennent de publier Guerre discriminatoire et logique des grands espaces, un recueil de textes de Carl Schmitt, le célébre philosophe allemand du politique. Préfacé par Danilo Zolo, auteur récent de La justice des vainqueurs - De Nuremberg à Bagdad (Jacqueline Chambon, 2009), les textes sont annotés par le politologue allemand Günter Maschke.

 

guerre discriminatoire.jpg

 

 

"Cet ouvrage réunit deux textes fondamentaux publiés par Carl Schmitt à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, et qui se complètent mutuellement. Le premier est une vigoureuse critique de la Société des Nations (SdN) et de l’ordre juridique international qu’elle a tenté de mettre en place, ordre lié à la notion de « guerre juste », c’est-à-dire de guerre discriminatoire, où l’ennemi est moralement discrédité et représenté comme un criminel en guerre contre l’ «humanité », qui ne doit pas seulement être battu, mais définitivement éradiqué. Schmitt montre que l’idéologie universaliste exclut la possibilité de considérer l’ennemi comme un justus hostis, un adversaire qui peut avoir ses raisons; elle remplace cette notion symétrique par la notion unilatérale de juste cause (justa causa) dont ne peut être titulaire que l’un des belligérants en présence. Toute conception universaliste du droit des gens apparaît de ce point de vue comme la légitimation d’une guerre qui, sous prétexte d’être « juste », n’est que la plus totale de toutes. L’idée-clé est que la guerre en tant qu’institution juridique ne peut être qu’une affaire d’Etats.
Schmitt n’en constatait pas moins que la dissolution de l’ordre international fondé sur des bases purement étatiques est un processus irréversible. La question se posait donc de savoir quelle alternative il entendait proposer. Le second texte fournit sa réponse : la mise en place de « grands espaces » excluant l’intervention de puissances étrangères, à l’instar de la « doctrine Monroe » adoptée en 1823 par les Etats-Unis.
L’actualité de cette analyse est évidente, au moment où l’on enregistre un retour de la « guerre juste » et où la mondialisation appelle la constitution de « grands espaces » qui pourraient être autnt de pôles de régulation de la globalisation dans la perspective d’un monde multipolaire. A partir d’un examen minutieux de l’évolution du droit international, Carl Schmitt, il y a plus de 70 ans, annonçait l’avènement de la « guerre globale ». Il parlait même déjà d’ »intervention humanitaire » et d’ »Etats-voyous ». « Nous pensons aujourd’hui à l’échelle planétaire, par grands espaces », écrivait-il. L’avenir serait-il aux grands ensembles continentaux, aux grands espaces et aux empires qui les protègent ?"

25/10/2009

La Justice des vainqueurs...

Philosophe et spécialiste du droit international, qu'il enseigne à l'université de Florence, Danilo Zolo publie ces jours-ci aux éditions  
Jacqueline Chambon La justice des vainqueurs - De Nuremberg à Bagdad ,un réquisitoire impitoyable contre "la justice" que les grandes puissances, et plus particulièrement les Etats-Unis, imposent au monde depuis plus d'un demi-siècle.

Zolo.jpg

"En dépit de sa prétention affichée à l'impartialité et à l'universalisme, le droit international contemporain est un système à deux vitesses. Il y a une justice sur mesure pour les grandes puissances occidentales, qui ont joui d'une impunité absolue pour des guerres d'agression qu'elles ont présentées comme des guerres humanitaires ou de prévention du terrorisme. Pour les autres, et notamment les vaincus, il y a la « justice des vainqueurs », fondamentalement punitive. La situation est favorisée par la connivence des institutions internationales, le silence d'une grande partie des juristes universitaires et la complicité des médias. C'est la thèse développée avec force par Danilo Zolo dans cet essai. Avec la minutie de l'historien, la précision du juriste et la hauteur de vue du philosophe, il montre que « ni les institutions universalistes, fondées dans la première moitié du siècle dernier par les vainqueurs des deux guerres mondiales, ni la juridiction pénale internationale n'ont fait leurs preuves jusqu'à présent. Les Nations unies et les cours pénales internationales se sont révélées incapables, non pas d'assurer une paix stable et universelle - utopie kantienne dépourvue d'intérêt théorique et politique -, mais du moins de limiter le plus possible la tendance des grandes puissances à se servir ad libitum de leur écrasante supériorité militaire ». La phrase d'Hitler reste donc d'une tragique actualité : « Quand on commence et qu'on mène une guerre, ce n'est pas le droit qui importe, c'est la victoire. »"
Danilo Zolo avait accordé un long entretien à Alain de Benoist dans la revue Eléments (n°129, été 2008) sur le thème de la Méditerranée.

17:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : danilo zolo |  Facebook | Pin it! |