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biopolitique

  • La pensée biopolitique des Grecs...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Guillaume Durocher à Ego Non et consacré à la pensée biopolitique des Grecs. Journaliste et historien d'expression anglaise et française, Guillaume Durocher écrit pour les sites et les revues de la dissidence américaine.

     

                                              

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  • Notre société face à la hantise de la mort...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par François Bousquet à Boulevard Voltaire dans lequel il évoque la hantise de la mort qui paralyse notre société.

    Journaliste, rédacteur en chef de la revue Éléments, François Bousquet a notamment publié Putain de saint Foucauld - Archéologie d'un fétiche (Pierre-Guillaume de Roux, 2015), La droite buissonnière (Rocher, 2017), Courage ! - Manuel de guérilla culturelle (La Nouvelle Librairie, 2020) et Biopolitique du coronavirus (La Nouvelle Librairie, 2020).

     

                                         

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  • L’enfer est pavé de bonnes intentions hygiénistes...

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par François Bousquet à Causeur à l'occasion de la sortie de son essai polémique Biopolitique du coronavirus (La Nouvelle Librairie, 2020). Journaliste, rédacteur en chef de la revue Éléments, François Bousquet a notamment publié Putain de saint Foucauld - Archéologie d'un fétiche (Pierre-Guillaume de Roux, 2015), La droite buissonnière (Rocher, 2017) et Courage ! - Manuel de guérilla culturelle (La Nouvelle Librairie, 2020).

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    Covid-19 : « L’enfer est pavé de bonnes intentions hygiénistes »

    DAOUD BOUGHEZALA. Vous consacrez le premier chapitre de votre essai Biopolitique du coronavirus. Télétravail, famille, patrie, aux théories complotistes qui font actuellement florès. A l’ère de la scolarité obligatoire, de l’accès gratuit au savoir et à l’information, comment expliquez-vous leur essor ? Vit-on une crise de l’esprit scientifique et rationnel moderne ?

    FRANÇOIS BOUSQUET : Avons-nous jamais été des agents rationnels, des animaux pourvus seulement d’une froide raison calculante ? On peut en douter. Notre imagination a toujours été très active. Le complotisme le prouve à sa manière. C’est d’abord un imaginaire folklorique, souvent sympathique, mais accolé à une sorte de délire interprétatif. Cet imaginaire a brutalement resurgi après le 11 Septembre 2001 et la seconde guerre d’Irak. Peut-être sa longue hibernation n’était-elle qu’un effet d’optique que l’avènement du Web a brisée. Internet n’a d’ailleurs pas réinventé le complot, il l’a seulement sorti de ses niches antimaçonniques, rosicruciennes, soucoupistes. Viral, le complot est devenu mondial, en haut débit et libre accès. C’est la nouveauté. Pour le reste, le complotisme répond à un besoin fondamental de l’âme humaine : l’intentionnalité. Les créationnistes parleraient de dessein intelligent, mais le dessein ici est indifféremment intelligent ou malveillant. C’est ce que Léon Poliakov a appelé d’une formule saisissante la « causalité diabolique ». À elle seule, elle illustre la permanence du miraculeux, de la pensée magique, de l’acteur tout-puissant qui met un visage sur des processus qui sans cela resteraient impersonnels. Comment détester la logique abstraite du capital ou de la mondialisation ? En lui donnant les traits de Bill Gates !

    Disant cela, on en viendrait presque à épouser la ligne de défense des médias centraux contre le complotisme. Mieux vaut au contraire faire l’hypothèse que le complotisme n’est que l’image renversée desdits médias. Les journalistes mainstream voudraient nous convaincre de ce que nous sommes entrés dans l’ère de la « post-vérité ». On ne demanderait qu’à les croire s’ils ne s’illustraient pas du matin au soir dans l’exploitation sans vergogne des faits alternatifs. C’est le faux sans réplique décrit par Guy Debord. Or, ce faux a trouvé une réplique dans le contre-journalisme sauvage et la littérature conspirationniste qui fleurissent sur Internet. L’univers complotiste a toujours fonctionné dans une troublante relation de symétrie avec les médias « légitimes ».

    Sans sombrer dans le complotisme, vous semblez parfois céder à la pensée magique. Ainsi, à l’instar de nombreux écologistes, vous estimez que la nature s’est vengée de nos excès, le Covid-19 étant la nemesis qu’appelait notre hubris. Plutôt qu’une conséquence de la mondialisation et de la surexploitation de la planète, ce virus n’est-il pas un des  fléaux qui jalonnent inévitablement l’histoire humaine ? 

    Rassurez-vous, je ne suis pas Greta Thunberg, le Petit Chaperon suédois qui fait descendre dans la rue les 16-18 ans et les fait pérorer à la tribune de l’ONU. De ce point de vue, le coronavirus a été une bénédiction. Il nous a débarrassé de l’icône suédoise et de ses nattes pendantes qui étaient jusqu’à lui placardées partout, comme une affiche de propagande nord-coréenne. Cela étant dit, la cucuterie écolo-citoyenne est une cible facile. Qu’elle ne serve pas de prétexte pour jeter le bébé avec l’eau du bain, et les enjeux écologiques réels avec les limites de leur traduction médiatique ou partisane.

    Nous entrons dans un monde sans perspectives, dans tous les sens du mot : à la fois sans avenir, sans recul et sans champ de profondeur, comme des prisonniers se heurtant aux murs trop étroits de leur cellule. On nous rétorquera que la Terre n’est pas une prison. Certes. Mais elle a ceci de commun avec les prisons qu’il ne nous est pas donné de pouvoir en sortir. La colonisation, puis l’exploitation des terres émergées et des océans auraient dû nous faire prendre conscience des limites mêmes du globe. Il n’en a rien été. À planète finie et ressources comptées, le capitalisme mondialisé n’a opposé que son dogme de la croissance infinie. La crise actuelle part de là. C’est d’abord une crise de la mondialisation des échanges, des hommes et des virus.

    Ce qu’on ne veut pas voir, c’est que la nature peut aisément fonctionner sans l’homme (elle l’a fait durant des milliards d’années), mais l’inverse n’est pas vrai. C’est pourtant sur cette croyance qu’est fondé le régime économique actuel. Si l’on devait comparer la collision de l’humanité avec les limites de la Terre à un véhicule lancé à toute vitesse sur un obstacle, il faudrait bien comprendre une chose : l’obstacle survivra sans peine au choc, mais pas le véhicule, encore moins son occupant. Dans cette affaire, le phénomène de la vie n’est pas menacé. Sa capacité de résilience est sans limites. Des millions d’espèces nous ont précédés sans laisser d’autres traces que des fossiles dérisoires…

    Examinons la gestion de la crise. A quelques exceptions près (Allemagne, Corée du Sud, Nouvelle-Zélande…), les gouvernements ont paru improviser au fil de l’eau.  Soumis à un pouvoir scientifique divisé et désemparé, notre appareil d’Etat a brillé par son impréparation. Si on les compare à leurs cousines occidentales, les élites politiques et administratives françaises se distinguent-elles vraiment par leur niveau d’incompétence ?

    Ajoutez-y la Chine, quand bien même elle en a été le foyer infectieux. Les bons élèves ont toujours été peu nombreux. Cela fait longtemps que la France n’en fait plus partie. Nulle sur toute la ligne ! Le constat est accablant. De la détection du risque à sa gestion, le gouvernement a accumulé les erreurs et les retards. À ce stade, ce n’est plus seulement d’immunodéficience des élites dont il faut parler, mais d’immunodéfaillance du Système. À Sciences Po, à l’ENA, on ne fabrique plus des serviteurs de l’État, mais des serviteurs de la dette, des contrôleurs de gestion. Ces écoles sont des moules. Comment en sortirait-il autre chose que des séries ? Calibrées comme des produits industriels, programmées comme des logiciels – et c’est d’ailleurs ce qu’ils sont très exactement : ils sont là pour accomplir des programmes. On fabrique des pilotes automatiques, à peine des technocrates, tout au plus des techniciens, si médiocres qu’ils nous feraient regretter le temps des ingénieurs qui pilotaient eux du moins des programmes industriels.

    Comme l’avait analysé Michel Foucault, le pouvoir politique moderne entend préserver la vie (et la santé) des citoyens alors les monarques traditionnels préparaient le salut de leurs sujets. Alors qu’une majorité de français apeurés par la pandémie a approuvé le confinement, le pouvoir macroniste a-t-il trouvé dans cette crise l’assise populaire qui lui manquait ? 

    L’assise populaire, certainement pas. Mais de fait les crises confortent les pouvoirs établis. Pandémie aidant, Emmanuel Caméléon – qui a une surprenante capacité à se réinventer – s’est débarrassé d’Édouard Philippe et des Gilets jaunes. Le confinement a joué pour lui. Ce fut un huis clos entre le Président et les Français, les seconds rôles étant dévolus à ses ministres. Tout aura été fait pour que 2022 soit le match retour de 2017. Ce à quoi Macron s’emploie. Continuer de scinder en deux les LR, pour annexer le centre et les juppéistes ; et renvoyer le solde à la bordure du FN. Après avoir annihilé sa gauche, Macron a ainsi piégé sa droite en l’asséchant. Mais il ne l’a piégée que pour mieux la ressusciter en un parti central unique. L’UMPS n’est plus une figure de style, c’est une réalité politique : le macronisme. Ce que les élites post-nationales cherchaient à accomplir depuis Giscard : accoucher d’une grande coalition, sur le modèle des coalitions à l’allemande, dont Macron incarnerait la version hexagonale. Le rêve giscardien de deux Français sur trois, sauf que c’est désormais un rêve à l’envers. La « coalition » macronienne ne réunissant qu’un tiers des voix, les deux tiers restants s’abstenant ou votant populistes, sans espérance de pouvoir, faute d’alliances. Ce qui fonde tous les espoirs de Macron pour 2020. Jusqu’à preuve du contraire, c’est lui qui a la main. On est obligé d’attendre qu’il la perde. Les vents contraires qui ne manqueront pas de se lever à la rentrée devraient ramener « Jupitérion » sur terre.

    Des masques au gel hydro-alcoolique, l’hygiénisme  ne s’est jamais aussi bien porté. Depuis le début du confinement, nos gouvernants réprouvent tout contact physique extraconjugal au nom du risque viral.  L’obsession prophylactique a-t-il transformé nos dirigeants libéraux-libertaires en néo-inquisiteurs ? 

    Les « enragés » de 68 auraient-ils peur de la rage, qui s’appelle aujourd’hui Covid-19 ? Qui les eût imaginés dans la peau du docteur Knock et de Savonarole ? L’alliance de la bactérie et de la mortification, redoutable attelage qui nous vaut cette avalanche de recommandations médicales et d’interdictions sanitaires. Mais les « boomers » n’ont jamais été à une contradiction près. Ils n’ont que le « vivant » à la bouche, alors qu’ils s’acharnent à le mettre sous cloche. Vivre in vivo tue. Idéalement, il faudrait pouvoir « vivre » in vitro, sinon même in utero, à l’abri de la violence du monde, derrière son masque, confiné à vie. Disant cela, il ne s’agit pas de faire l’éloge du cancer du poumon ou des maladies cardio-vasculaires, ni de nier que le coronavirus ou le tabagisme ne sont pas des problèmes de santé publique, ni de se livrer à une apologie des comportements à risques, mais de ne pas dissocier la prise de risques du risque de vivre. Ici comme ailleurs, le mieux est l’ennemi du bien et l’enfer est pavé de bonnes intentions hygiénistes.

    Vous rejoignez les analyses d’Olivier Rey sur la sacralisation de la vie et son corollaire, le refus contemporain de la mort.  Notre époque érige en effet la survie en valeur suprême, renonçant tant au culte païen du héros qu’à la conception chrétienne de la sainteté. Seuls les djihadistes semblent aujourd’hui chercher leur salut dans l’au-delà. Tout compte fait, la sainte frousse de la mort qu’a notre société laïque adoucit-elle  les moeurs ?

    On a conféré à la vie humaine une valeur que jusque-là elle n’avait jamais eue. C’est ce que Michel Foucault a appelé la « biopolitique ». La biopolitique, c’est la prise en considération de la valeur de la vie humaine – ici et maintenant, tout de suite. Cela, c’est le propre de la modernité, c’est l’acte de naissance de l’individu. Dans les âges antérieurs dominés par la religion, ce qui importait, c’était de se donner les moyens de gagner le paradis chrétien. Avec la modernité, renversement de perspective : la cité terrestre va l’emporter sur la cité céleste. C’est dans ce contexte qu’est née la biopolitique. Peu à peu, les individus ont aspiré à conserver ce qu’il y a de plus précieux pour eux : leur vie. Voilà pourquoi on en a fait trop avec le Covid. Parce que nous modernes avons développé une phobie du danger, une intolérance au risque, un déni de la mort. Tout notre arsenal juridique et réglementaire envahissant est très largement conditionné par cette hantise du risque. Zéro mort, zéro défaut, zéro panne, nouvel impératif catégorique. Ce qu’on cherche à conjurer à travers cela, ce n’est pas seulement la visibilité de la mort, c’est sa possibilité. Dans un monde ludique, plus de place pour le tragique. L’hygiénique peut alors triompher.

    Comme l’a écrit Jean Delumeau, tout épisode de terreur se conclut par la recherche de coupables. C’est aussi l’un des ressorts du populisme, dont vous vous revendiquez. Scrutant le paysage politique, vous écorchez Marine Le Pen, vantez les mérites de Michel Onfray et soulignez les limites d’un tribun pétomane à la Jean-Marie Bigard. En tant qu’homme de droite, que vous inspire l’actuel rejet du concept même d’élite jusque dans les rangs conservateurs ? Donnez-vous raison à Lénine soutenant jadis que « chaque cuisinière doit apprendre à gouverner » ?

    Dans un monde idéal, oui. Mais le vœu d’autonomie, celui du peuple auto-institué, se heurte au principe de réalité, singulièrement dans les pays latins, singulièrement dans les pays anciennement catholiques, singulièrement en France, où la puissance publique a tout vampirisé. Je ne sais plus qui a dit de la France que c’est la seule monarchie d’Europe. Pas plus que les autres, elle ne saurait se passer d’élites. Tout le problème est qu’elles sont de plus en plus médiocres, conformistes et déliées de leurs engagements vis-à-vis des peuples. Raison pour laquelle les populistes croient pouvoir en faire l’économie. Mais la vérité, c’est que le peuple en soi, sans élite ni avant-garde, au sens marxiste du mot, est voué à l’impuissance. C’est ce que donne à voir la longue histoire des révoltes populaires, jusqu’à la crise des Gilets jaunes. Il faut se garder des tentations utopiques qui ont peu à peu submergé ce mouvement une fois que les Gilets jaunes historiques ont déserté les ronds-points. Le RIC ne résoudra pas tous les problèmes, pas plus que le « Web e la Piazza », le Web et la place publique, pour parler comme le Mouvement 5 étoiles. On ne fait pas de la politique à partir de rêveries autonomes, autogestionnaires, conseillistes, archéo-anarchistes. Les sociétés auto-organisées (les sociétés sans État chères à l’anthropologue et ethnologue Pierre Clastres) ne font pas société. Ce qui apparaît au contraire dans les enquêtes d’opinion, c’est que les peuples abandonnés plébiscitent les figures de l’autorité. Dans les sociétés ouvertes, un des deux besoins fondamentaux de l’âme humaine n’est plus assurée : la sécurité. L’âme humaine s’épanouit pleinement dans la liberté pour peu que l’homme est la garantie d’être protégé. Liberté et sécurité. Les deux entrent systématiquement en tension, l’un menaçant d’abolir l’autre. Ainsi de la liberté, grand idéal de la modernité. C’est dans ce sens-là qu’il faut interpréter la demande populiste et l’émergence des sociétés illibérales. On définit communément le populisme comme un appel au peuple, mais il est bien plus un appel au secours des peuples, protestation angoissée qui n’est pas entendue et renvoie aux élites l’image de leur suffisance et de leur insuffisance. L’homme populiste cherche le bon gouvernement, le bon pasteur. Il veut choisir son chef, mais il veut un chef.

    François Bousquet, propos recueillis par Daoud Boughezala (Causeur, 18 août 2020)

     

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  • Biopolitique du Coronavirus...

    Les éditions de La Nouvelle Librairie viennent de publier un essai polémique de François Bousquet intitulé Biopolitique du Coronavirus - Télétravail, famille, patrie. Journaliste et essayiste, rédacteur en chef de la revue Éléments, François Bousquet a notamment publié Putain de saint Foucauld - Archéologie d'un fétiche (Pierre-Guillaume de Roux, 2015), La droite buissonnière (Rocher, 2017) et Courage ! - Manuel de guérilla culturelle (La Nouvelle Librairie, 2020).

    C'est drôle, incisif, talentueux. Bref, c'est du Bousquet ! Une lecture hautement conseillée, donc...

     

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    " Télétravail, famille, patrie ! Le coronavirus marquerait-il la revanche posthume du pétainisme ? Tous assignés à résidence. Tel est le pari de ce livre, qui réunit une série de papiers d’abord parus sur le site d’Éléments, une sorte de feuilleton de la pandémie, avec pour ambition de déboucher sur des propositions concrètes. L’idée de départ, c’était de décloisonner les disciplines, mais en butinant. Internet l’autorise. L’écriture est moins prisonnière des conventions dans lesquelles le papier nous enferme parfois. C’est un format plus souple, où peuvent se mêler des registres plus légers, un peu de Tontons flingueurs, un peu de rock’n’roll. Une sorte de grand écart entre le maréchal Pétain et Michel Foucault, théoricien de la biopolitique. "

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  • Terrorisme : un concept piégé ?...

    Les éditions èRe viennent de publier Terrorisme - un concept piégé, un essai du philosophe critique Frédéric Neyrat, qui était déjà l'auteur de Biopolitique des catastrophes (MF éditions, 2008).

    Il convient de signaler que les éditions èRe ont publié en 2007 La guerre civile mondiale, un recueil d'articles de Carl Schmitt.

     

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    "Le terrorisme est un concept piégé. Pour le déminer, il faut le saisir comme un acte à prétention souveraine dans un monde globalisé. Les actes « terroristes » révèlent d’abord ce que nous sommes : des sociétés soumises à l’illimitation des pouvoirs souverains de la destruction comme à la prolifération globale des risques qui pèsent sur l’avenir des formes de vie. Mais ils révèlent aussi nos fantasmes, car la fabrique du terrorisme est inséparable de celle d’une sécurisation des existences. Cet essai pose dès lors deux questions : 1. quels vrais dangers nous menacent ? 2. jusqu’où désirons-nous être libres ? Pour y répondre, il faut en passer par l’histoire supposée du terrorisme. En examinant les théories de Chaliand, Baudrillard, Lénine, Schmitt ou Appadurai, Frédéric Neyrat explore les multiples sens que recouvre le terme de terrorisme, ses justifications théoriques comme ses composantes fictionnelles. C’est aussi le moyen pour le philosophe de revisiter certaines figures majeures de l’anarchisme, de la gauche extrême ou de l’activisme insurrectionnel qui, d’Action Directe aux islamistes en passant par la Fraction Armée Rouge et Unabomber, ne peuvent nullement se rabattre sur le portrait-robot du terroriste. Un portrait-robot qui est au cœur des stratégies étatiques actuelles : l’installation d’une police préventive."

     

    Sommaire :

    1. APPROCHES DU TERRORISME
    Menace et crédibilité
    Sécurité et liberté
    2. OPERATIONS DE DEMINAGE
    Constellation signifiante
    Cadre de pensée, piège conceptuel
    Acte, intention et devenir
    « Nombreux sont les Terribles… »
    3. L’ACTE ET L’HISTOIRE
    L’acte et la technique
    Chaliand : le terrorisme comme technique transhistorique
    Baudrillard : le terrorisme comme acte symbolique
    Le terrorisme à l’ère globale
    Théorème de Mr Smith
    4. L’ENIGME ET LA FICTION
    Une triple scène
    Sean : il était une fois
    Fraction Armée Rouge : une zone de souveraineté limitée
    Theodore Kaczynski : de la bombe à l’oreille
    Nihilistes et mécréants
    Anarchismes et destructions
    Avatars du mobile explosif
    La fiction qui vient
    5. ILLIMITE
    5.1 L’ABIME DE LA SOUVERAINETE
    « Lancer la foudre »
    Demande de Terreur
    La justice, la vengeance et la guerre
    De la souveraineté
    Terreur et terrorisme selon Thermidor
    5.2 LENINE : LE TERRORISTE, LE PARTISAN ET LE DICTATEUR
    Le terrorisme, en attendant…
    Terreur de masse, épuration et dictature
    « Dictature souveraine »
    Réaction léniniste : le double héritage de 1789
    5.3 CARL SCHMITT : LE PARTISAN MOTORISE A TRAVERS LE MONDE
    Amis et ennemis
    Le partisan contre l’État
    L’époque de l’illimitation
    Partisan, révolutionnaire et terroriste
    5.4 RADICALITES ISLAMIQUES
    Discours de Base
    Coups de force
    Séparation des pouvoirs : jihad et fitna
    « Post-islamisme » et globalisation
    Politique du partisan islamiste globalisé
    Emballement
    5.5 A L’OMBRE DES MINORITES SEDITIEUSES
    Des majorités incomplètes…
    … aux minorités effrayantes
    Phobie de l’échange
    Brouillage terroriste
    Civilisation des chocs
    Exophobies
    5.6 POLICE SOUVERAINE
    Police préventive
    L’Intention sans les Actes
    Surréaction
    Souveraineté exsangue
    Chronopolitique du désastre
    6. DERNIERES EXTREMITES
    Action Directe
    Errance de la souveraineté
    Banalité de la Terreur
    Sabotage des formes de vie
    Autre-de-l’acte et laisser-être
    Civilisation post-terroriste et liberté

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