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  • Alain de Benoist : « Le RN n’est pas en train d’unir les droites, mais d’absorber ses concurrents »

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Breizh-Info, dans lequel celui-ci donne sa lecture de la victoire du RN aux élections européennes et de la dissolution de l'Assemblée nationale par le président de la République.

    Philosophe et essayiste, directeur des revues Nouvelle École et Krisis, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Contre le libéralisme (Rocher, 2019),  La chape de plomb (La Nouvelle Librairie, 2020),  La place de l'homme dans la nature (La Nouvelle Librairie, 2020), La puissance et la foi - Essais de théologie politique (La Nouvelle Librairie, 2021), L'homme qui n'avait pas de père - Le dossier Jésus (Krisis, 2021), L'exil intérieur (La Nouvelle Librairie, 2022) et, dernièrement, Nous et les autres - L'identité sans fantasme (Rocher, 2023).

     

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    Alain de Benoist : « Le RN n’est pas en train d’unir les droites, mais d’absorber ses concurrents »

    Breizh-info.com : Que pensez-vous de la décision du président Macron de dissoudre l’Assemblée ? Y voyez-vous une mesure nécessaire ou un signe d’instabilité politique ?

    Alain de Benoist : C’était surtout une mesure inévitable. Après un tel désastre électoral, comment Macron aurait-il pu rester silencieux ? Je n’y vois pas un signe d’instabilité politique, mais plutôt l’aboutissement somme toute logique d’un processus de recomposition entamé depuis plus de quinze ans. Ce serait en tout cas une grave erreur de voir dans le résultat des élections européennes un simple mouvement de colère passager. Le diagnostic a été posé depuis longtemps. Depuis la révolte des Gilets jaunes, pour ne pas remonter plus haut, Emmanuel Macron a cristallisé sur sa personne une défiance et une hostilité d’une ampleur jamais vue. Avec une industrie qui ne représente plus que 10 % du produit intérieur brut, un endettement de 3000 milliards, un service de la dette qui dépasse 55 milliards par an, 5 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres, sans oublier une immigration de masse voulue par le grand patronat qui est perçue partout comme synonyme d’insécurité, les gens ordinaires réalisent que le système est entré dans une phase terminale. Le processus s’est seulement accéléré, grâce à un effet de cliquet qui s’est traduit par un « saut qualitatif brusque » à la suite de quoi les plaques tectoniques se sont mises à bouger. C’est en cela que le vote des européennes peut être qualifié d’historique.

    Breizh-info.com : Le RN a récemment remporté un succès important lors des élections. Quels sont les facteurs qui, selon vous, ont contribué à cette augmentation du soutien au RN ?

    Alain de Benoist : Je viens de l’indiquer. La cause principale du succès du RN, par-delà le discrédit global dont fait l’objet la classe politique dominante, est le véritable schisme qui oppose aujourd’hui un nombre toujours plus grand de citoyens au « monde d’en-haut ». Les fractures sociales et politiques à l’œuvre partout en Europe, mais plus spécialement encore en France, font que la majorité des citoyens ne parlent plus la même langue que les catégories intégrées ou supérieures. C’est une situation dont l’enjeu est existentiel. Le « bloc central » a perdu toute crédibilité du fait de son incapacité à tenir ses promesses et à regarder en face la réalité. Le premier ressort du vote est un profond sentiment de déclin social que Christophe Guilluy a depuis longtemps décrit.

    Jordan Bardella a obtenu deux fois plus de voix que la « majorité présidentielle », qui ne représente plus que 15 % des suffrages (et seulement 8 % des inscrits) ! Il est arrivé en tête dans toutes les régions, dans 94 % des communes et dans toutes les classes d’âge, y compris les jeunes et les retraités. On peut donc parler de généralisation sociologique. Au vu d’un tel rapport de forces, prétendre, comme le fait Emmanuel Macron, que tous ceux qui ne partagent pas ses vues appartiennent aux « extrêmes » n’est tout simplement pas crédible. « Extrême-droitiser » les revendications de plus de 50 % des Français revient en fait à légitimer l’extrême droite !

    Breizh-info.com : Comment pensez-vous que les prochaines élections législatives vont remodeler le paysage politique français?

    Alain de Benoist : Logiquement, le résultat des législatives devrait confirmer, voire amplifier, le scrutin des européennes. Il y a certes de grandes différences entre une seule élection à un tour et 577 élections à deux tours et au scrutin majoritaire, mais il est tout aussi évident que toutes les élections, quelles qu’elles soient, se transforment aujourd’hui d’emblée en référendum pour ou contre Emmanuel Macron. La compétition oppose désormais trois blocs. Mais le bloc majoritaire, en l’occurrence le bloc populaire porté par le Rassemblement national, est très uni, tandis que les deux autres sont à la fois minoritaires et divisés. A bien des égards, nous assistons en direct à la fin du macronisme.

    Certains semblent penser que l’union des droites qu’ils appellent de leurs vœux est en train de se réaliser. Ce n’est pas mon avis. Le RN n’est pas en train d’unir les droites, mais d’absorber ses concurrents. Le mouvement Reconquête ! a déjà explosé sous l’effet des rivalités entre Zemmour et Marion, ce qui était prévisible, tandis que les Républicains poursuivent leur descente aux enfers : les uns sont voués à s’associer au RN, les autres à devenir les supplétifs de Macron, tandis que ceux qui ne veulent ni de l’un ni de l’autre finiront dans les poubelles de l’histoire. Au demeurant, ma conviction profonde est que l’avenir du RN ne passe pas par l’union des droites, mais par l’effondrement du centre.

    Breizh-info.com : Parallèlement à la montée du RN, nous assistons à une augmentation du soutien aux factions d’extrême gauche. Quels sont, selon vous, les moteurs de cette évolution parallèle ?

    Alain de Benoist : Pas plus que je n’ai cru dans le passé au « plafond de verre » ou à la pérennité du « cordon sanitaire », je ne crois aujourd’hui au « péril rouge ». Le Nouveau Front populaire n’est qu’un médiocre avatar de la Nupes, et la mise au point en catastrophe d’un « programme » censé convenir à la fois à Glucksmann et à Raphaël Arnault, à Hollande et à Philippe Poutou, est tout simplement grotesque. Les processions de convulsionnaires qui se déroulent actuellement dans la rue relèvent de la stratégie des castors (« faire barrage » à l’extrême droite), ce qui les fait surtout apparaître comme des dinosaures. Ces gens-là, qui ne conçoivent la marche en avant qu’en ayant le regard braqué sur leurs rétroviseurs, n’ont plus rien à dire sinon hurler au « retour du fascisme » à une époque où la majorité des gens sont surtout préoccupés, non d’un « fascisme » inexistant mais de ces réalités bien concrètes que sont l’insécurité grandissante, la baisse du pouvoir d’achat, l’exclusion sociale et la généralisation de la précarité.

    Le Nouveau Front populaire ne peut en fait avoir qu’un seul espoir, celui d’empêcher le Rassemblement national d’atteindre la majorité absolue à l’issue du second tour. Ce qui ne fera qu’accélérer la marche au chaos.

    Breizh-info.com : Comment pensez-vous que ces changements politiques affecteront la société française en termes de cohésion sociale et de politique publique ?

    Alain de Benoist : Tout dépend de la façon dont se déroulera la cohabitation si cohabitation il doit y avoir, et de ce que Jordan Bardella voudra et surtout pourra faire. Le calcul d’Emmanuel Macron repose sur l’idée qu’il est toujours très difficile pour le Premier ministre d’un régime de cohabitation de mettre en œuvre la politique qu’il entend suivre. Il pense donc que, confronté aux échéances, le Rassemblement national multipliera les échecs, fera la preuve de son incompétence et se discréditera peu à peu. Son éventuel succès aux législatives serait ainsi la garantie paradoxale de sa défaite à la présidentielle. L’hypothèse n’est pas à exclure : Bardella aura contre lui le chef de l’Etat, le Conseil constitutionnel, l’Union européenne, la Cour européenne des droits de l’homme, le gouvernement des juges et les marchés financiers, ce qui fait beaucoup. Je pense néanmoins que des parades sont possibles. La décision macronienne de dissoudre l’Assemblée nationale reste un coup de poker ou, si l’on préfère, un pari pour le moins risqué.

    Breizh-info.com : Quel impact pensez-vous que ces changements politiques en France auront sur ses relations avec l’Union européenne ?

    Alain de Benoist : L’Union européenne sort plutôt affaiblie des résultats de l’élection européenne que nous venons de vivre. Les incertitudes auxquelles elle est confrontée sont certainement appelées à s’accroître. Mais je ne crois pas que les rapports de force vont, dans l’immédiat, y être modifiés d’une façon vraiment substantielle. Il en irait différemment si ce qui vient de se passer en France se produisait aussi dans plusieurs autres grands pays d’Europe.

    Breizh-info.com : Comment décririez-vous le sentiment actuel de l’opinion publique française à l’égard de ses institutions et de ses dirigeants politiques ? Doit-on craindre un retour, à haut niveau, à la violence politique dans les prochaines semaines ?

    Alain de Benoist : Une intensification de la violence est en effet très possible. Mais de quelle violence parle-t-on et où commence-t-elle exactement ? Relire à ce propos les Réflexions sur la violence de Georges Sorel. Ou bien les Essais sur la violence de Michel Maffesoli, qui montre bien que la violence peut être tout à la fois destructrice et créatrice (Marx y voyait la grande « accoucheuse » de l’histoire). La peur de la violence conduit souvent à accepter ou légitimer des choses bien pires que la violence. Il est plus réaliste d’admettre que, dans certaines circonstances, l’épreuve de force est inévitable.

    Breizh-info.com : Quel regard portez vous enfin sur la fracture, la sécession de fait, actée, validée, entre les métropoles et la ruralité, entre plusieurs populations qui manifestement, ne peuvent et ne pourront désormais plus vivre ensemble ?

    Alain de Benoist : Nous vivons aujourd’hui des formes nouvelles de tribalisation et d’« archipélisation » (Jérôme Fourquet). La cause essentielle en est que les formes organiques de vie communautaire ont été systématiquement détruites par la modernité. La société prime désormais sur la communauté, et cette société est une société d’individus. Pour les libéraux, toute analyse de la vie sociale relève de l’individualisme sociologique. L’idéologie des droits de l’homme, qui est la religion civile de notre temps, professe pareillement que les pouvoirs publics doivent faire droit à toutes les revendications individuelles, ce qui aboutit nécessairement à la guerre de tous contre tous.

    Au-delà de toutes ces divisions, on repère néanmoins des entités relativement stables, parmi lesquelles je placerai l’opposition entre la France périphérique et les grandes métropoles mondialisées, entre les somewhere et les anywere, ceux qui ont encore un mode de vie enraciné et ceux qui se veulent « citoyens du monde ». Cette opposition est le fruit de la sécession des élites, à laquelle a répondu la « sécession de la plèbe » (secessio plebis). Le processus est là aussi engagé de longue date. Il sera passionnant de voir comment cela va évoluer.

    Alain de Benoist, propos recueillis par Yann Vallerie (Breizh-info, 19 juin 2024)

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  • Jacques Lacroix : « La Gaule nous a transmis aussi l’importance de la diversité régionale »...

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Jacques Lacroix à Breizh-Infos à l'occasion de la sortie de son livre Le Grand héritage des Gaulois (Yoran, 2023).

    Professeur agrégé, docteur ès Lettres et Civilisations de l'université de Bourgogne, Jacques Lacroix est spécialisé dans l'étude des noms d'origine gauloise et a publié un ensemble d'ouvrages et d'articles sur l'héritage linguistique des Gaulois, liant toponymie , histoire et archéologie, dont, en deux tomes, Les frontières des peuples gaulois (Yoran, 2021).

     

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    Jacques Lacroix : « La Gaule nous a transmis aussi l’importance de la diversité régionale »

     

    Les Gaulois sont toujours là, mais de façon très inattendue : davantage que dans les vestiges archéologiques – très précieux – dans les noms de lieux familiers qu’ils nous ont transmis. On en compte plus de 10 000, non seulement dans l’Hexagone mais aussi en Belgique, en Allemagne du sud, en Suisse, en Italie du nord. Se dévoile ainsi un riche patrimoine, un grand héritage dont nous n’avions pas conscience alors que nous le côtoyons chaque jour.

    L’ouvrage le Grand héritage des Gaulois, signé Jacques Lacroix et édité par les éditions Yoran Embanner, ne se contente pas d’inventorier ces témoins du passé, il éclaire leur sens. Les noms restituent les principaux aspects d’une civilisation où notre pays trouve indubitablement certaines de ses racines. Le passé des Celtes est toujours présent.       

    Jacques Lacroix est professeur agrégé, docteur ès Lettres et Civilisations de l’Université de Bourgogne. Il a publié un ensemble d’ouvrages et d’articles sur l’héritage linguistique des Gaulois, liant toponymie, histoire et archéologie, dont Les Noms d’origine gauloiseEnquête aux confins des pays celtes, Les irréductibles Mots gaulois dans la langue française et Les Frontières des peuples gaulois

    Nous l’avons interrogé.

     

    Breizh-info.com : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

    Jacques Lacroix : J’ai fait une carrière d’enseignant de Lettres, un métier qui m’a passionné : intéresser les jeunes, transmettre, donner le goût du savoir. En même temps, en gagnant sur le temps des vacances, j’ai développé une recherche sur la langue gauloise et les souvenirs qu’elle nous a laissés. Parce que la présence de mots d’origine gauloise que je constatais dans les dictionnaires m’intriguait. Cette recherche a abouti au bout de plusieurs années à une thèse sur ce qu’on appelle le « substrat gaulois » (présidée par Venceslas Kruta, un des maîtres des études celtiques). Les membres du jury m’avaient prévenu : « Monsieur, vous verrez, la thèse n’est pas un aboutissement, c’est un début, vous vous engagerez plus avant dans la recherche ». Et c’est ce qui s’est passé : j’ai écrit des articles (une soixantaine aujourd’hui) et des livres (une dizaine), mais donné peu de conférences, afin de garder le maximum de temps pour la recherche. Elle est pour moi plus qu’un goût : une passion. Et, aujourd’hui que je suis à la retraite, je peux m’y consacrer entièrement. C’est un plein bonheur !

    Breizh-info.com : Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire sur les Gaulois ?

    Jacques Lacroix : Honnêtement, je crois que bien des sujets dans bien des domaines m’auraient convenu : ce qui m’anime, c’est le goût de chercher ! La recherche ressemble un peu à une enquête policière : il faut découvrir ce qu’on ne comprenait pas encore, pour cela s’engager sur différentes pistes, avec des renseignements parfois trompeurs, recourir à des témoins, faire des investigations (ici linguistiques), exhumer des documents, dégager des indices révélateurs. Enfin, par des bonds soudains dans l’enquête, la vérité se démasque.

    La recherche sur les mots et les noms issus du gaulois se prête bien à ce « cheminement » – un mot du reste d’origine gauloise ! L’idiome est mal connu ; ses vestiges, fragmentaires : inscriptions parcellaires, documents linguistiques dispersés, incomplets, voire manquants. Et il faut démêler le vrai du faux pour bien mesurer l’influence du gaulois sur notre langue.

    Breizh-info.com : Pouvez-vous décrire votre processus de recherche pour ce livre ?

    Jacques Lacroix : Pour le livre précédent (Les Irréductibles Mots gaulois dans la langue française), j’avais travaillé sur les mots du lexique gaulois qui sont passés dans le vocabulaire du français. Pour ce nouveau livre (Le Grand Héritage des Gaulois), je me suis tourné vers les noms de lieux issus de « nos ancêtres ». Mais la démarche est la même. Dans les deux cas, il faut partir des formes anciennes, mots ou noms propres, attestés dès l’Antiquité et au Moyen Âge, en France mais aussi dans les pays d’ancienne tradition celtique : particulièrement en Irlande, en Grande et en petite Bretagne (langues celtiques). Pour toute explication avancée sur l’origine et le sens d’un nom, la comparaison est nécessaire ; un indice isolé ne suffit pas : une hypothèse portée sur un nom unique ne donne pas la vérité. On ne peut la saisir que si un ensemble de noms vont dans le même sens, que si tous les indices concordent. Le but a été ici de bien mesurer toute l’étendue des appellations d’origine gauloise, sans prétendre à l’exhaustivité.

    Breizh-info.com : Quels ont été les défis auxquels vous avez été confronté lors de la rédaction de ce livre et comment les avez-vous surmontés ?

    Jacques Lacroix : Travailler sur les noms de lieux (les toponymes) nécessite de manier énormément d’appellations géographiques. Cela sur de grandes étendues, car les noms d’origine gauloise se retrouvent un peu partout dans l’Hexagone (la Corse mise à part), et même au-delà : il a fallu prendre en compte certains noms de pays voisins qui ont connu un passé gaulois (car la Gaule ne se limitait pas au territoire actuel) : Belgique, sud des Pays-Bas, Allemagne du sud-ouest, Suisse, et même, à dates anciennes, Italie du nord.

    Deuxième exigence : il a fallu ordonner cette matière foisonnante, distinguer noms de localités, noms de régions et petits pays, de reliefs, de cours d’eau, de forêts…Regrouper aussi selon les significations des toponymes. Car tout nom issu du gaulois voulait dire quelque chose, et le grand intérêt, pour moi, était de dégager les sens qu’ils portaient. D’où un classement thématique : noms de lieux liés aux différents peuples, à leurs frontières, à leurs préoccupations guerrières, à leurs activités de production, à leurs moyens de communications, à leurs lieux de commerce, à leur religion.

    Enfin, il fallait surtout adopter une présentation aérée et tâcher de transmettre clairement les faits, sans rendre les explications absconses. Une trentaine de cartes, des encarts et même des petits jeux aident à donner respiration au texte.

    Breizh-info.com : Qu’espérez-vous que les lecteurs retiendront du « Grand Héritage des Gaulois » ?

    Jacques Lacroix : Les lecteurs découvriront d’abord que l’héritage gaulois est bien plus important qu’on ne croit. Les Irréductibles Mots gaulois ont établi que, contrairement à l’idée reçue, nous ne gardions pas 60 ou 120 mots français issus du gaulois mais un millier. Le Grand Héritage des Gaulois – et c’est ce qui justifie son titre – montre que les noms de lieux issus de la langue de « nos ancêtres » sont extrêmement nombreux : l’index du livre comporte 2 000 noms mais il y en existe davantage (environ 10 000) !

    Deuxième enseignement, les lecteurs verront comment ces noms ne sont pas anecdotiques, n’ont pas été gardés par le simple hasard. Ils nous apportent des témoignages précieux du passé : nous soulignent des caractéristiques, des points de force des sociétés gauloises. À travers eux, c’est toute une civilisation des anciens peuples gaulois qui vient se révéler à nous, dans sa richesse, sa diversité, son originalité.

    Breizh-info.com : Pouvez-vous nous donner des exemples de l’influence de la langue gauloise sur la toponymie française contemporaine ?

    Jacques Lacroix : Si on prend les 50 plus grandes villes de France, on s’aperçoit que la moitié ont un nom provenant du gaulois, dont Nantes, Rennes, Amiens, Metz, Lyon, Dijon, Limoges et Paris : oui, la capitale du pays a un nom d’origine gauloise, dont le livre révèle le sens ! Près d’un tiers de nos régions et petits pays doivent leur appellation à la langue de « nos ancêtres » (Anjou, Auvergne, Médoc, Quercy, Saintonge, Vendée…) ! Remontent aussi aux parlers gaulois plusieurs centaines de noms de montagnes (Ardennes, Vosges, Morvan, Jura, Alpes…), de cours d’eau (Loire, Seine, Rhin, Rhône, Charente…), de forêts (Savoie, Margeride, Perche, Tanneron… et la mythique Brocéliande). Plus incroyable, en ce XXIe siècle, 60 noms de peuples ou peuplades gauloises ont donné leur appellation (leur « ethnonyme ») à des régions et à des villes de notre pays (le Berry est la terre des anciens Bituriges ; la Touraine est l’ancien lieu de vie des Turons ; Vannes est l’ancienne cité des Vénètes, etc.). Incroyable aussi de penser que plus de 200 communes de France tirent leur nom d’une des désignations gauloises de la forteresse. Et qu’une soixantaine de nos localités doivent toujours leur appellation à un dieu gaulois (comme Lyon, Nîmes, Toulon, Beaune, Vence). Il y a une mémoire linguistique des noms comme il y a une mémoire archéologique des sols. Il faut retrouver ce qui a été caché.

    Breizh-info.com : De quelle manière pensez-vous que l’héritage gaulois influence encore la culture française moderne ?

    Jacques Lacroix : Très vaste question ! La civilisation classique gréco-romaine nous est essentielle, mais elle n’est pas la seule composante qui a marqué notre pays. On ne doit pas s’enfermer dans une pensée unique, une culture unique. D’autres apports ont compté, dont l’héritage gaulois (à de moindres degrés, bien sûr). La richesse de la France : ses paysages, ses traditions, le mode de vie des habitants, son esprit, son art, sa langue, ont été pour une part non négligeable marqués par les Gaulois (1 000 ans de présence sur notre sol) ; il en reste quelques traits spécifiques.

    Ce sont les Gaulois, d’abord, qui ont organisé les premiers nos espaces naturels : réparti les principales terres de culture, de pâturages, de bois, de landes, formé le premier grand réseau de routes reliant les différents terroirs (bien avant les Romains !). Ils ont également découpé cet espace vaste en nombreux territoires et petits pays (même si ces structures ont pu être ensuite remodelés, nous en gardons certaines permanences dans nos régions et nos départements). Le mode de vie gaulois a été rural pour l’essentiel, avec un habitat longtemps dispersé. Très proches de la nature, les Gaulois ont été écologistes avant l’heure ; ils construisaient leurs maisons avec des matériaux montrant cette conscience écologique ; ils avaient une grande connaissance de la nature, des arbres et des plantes.

    La Gaule nous a transmis aussi l’importance de la diversité régionale. L’espace faisait coexister de nombreux peuples ; nous gardons, malgré le centralisme « jacobin », un ancrage très fort pour nos différentes régions, avec des particularismes bien exprimés. Les peuples gaulois pouvaient se diviser, peut-être avons-nous conservé parfois trop d’individualismes, un goût des querelles et un sens protestataire assez vif. Mais les Gaulois savaient aussi se rassembler dans les heures graves, avec un esprit de résistance, d’unité que nous avons parfois retrouvé.

    Les populations gauloises (aux dires même de César) étaient industrieuses : intelligentes et laborieuses, avec une économie active, une haute maîtrise technologique ; la Gaule nous a transmis certaines de ces valeurs, de ces qualités. Et je montre dans le livre comment les noms de lieux rendent compte de nombre de ces aspects. En particulier l’agriculture et l’élevage (si actifs au XXe siècle), déjà les deux mamelles de la Gaule, avec de grandes plaines céréalières et des cheptels très développés. Aussi l’industrie automobile, très active en France et industrie performante à l’époque gauloise ! Ajoutons le secteur de la mode, déjà à la pointe à l’époque de nos aïeux (vêtements et bijoux). Le commerce a été un secteur très important en Gaule, entre divers peuples et aussi avec des voisins plus lointains ; nous avons gardé cet esprit d’ouverture pour les « échanges » – un mot d’origine gauloise !

    Des façons de vivre spécifiques se sont peut-être également conservées, comme l’art de la table : le goût du bien manger et du bien boire. Certaines coutumes et traditions celtiques pourraient également perdurer, telle la coutume du gui et différentes fêtes, comme Halloween, jadis moment de béance entre la fin de l’année et le début d’une autre, d’échange entre monde des morts et monde des vivants. Même l’art gaulois, où prime la force de l’imagination, le génie des métamorphoses – tout à fait différent de l’art classique gréco-romain –, se reconnaît dans l’art moderne (André Breton et André Malraux l’ont bien montré).

    Enfin, il y eu jadis un grand attachement des habitants à la langue gauloise et à l’acte de nomination. Une nouvelle langue a été imposée au pays, mais l’attachement aux mots des parlers traditionnels et aux appellations anciennes des lieux n’a pas disparu. Lui correspond aujourd’hui l’attachement particulier à notre langue nationale et à nos langues régionales. Nous mesurons aussi la nécessité de les protéger des attaques extérieures ! Très profondément ancrés, le français a gardé – malgré la romanisation – certains mots et certains noms venus du gaulois, ce qui est trop ignoré. Des milliers de noms de lieux d’origine gauloise nous entourent, que nous côtoyons chaque jour ; c’est le plus bel héritage de culture que nous ont transmis nos aïeux, notre plus beau patrimoine immatériel !

    Breizh-info.com : Envisagez-vous de poursuivre votre travail ou vos recherches sur l’histoire gauloise ou d’autres sujets historiques ?

    Jacques Lacroix : Il y a bien d’autres aspects de la culture et la langue de « nos aïeux » que je n’ai pas encore abordés, le domaine gaulois étant beaucoup plus riche qu’on ne croit ! Je vais retourner à la recherche et m’engager vers l’écriture d’un nouveau livre sur le lien entre les données linguistiques et les découvertes archéologiques. En soulignant toujours la richesse des noms de notre substrat : un vrai trésor !

    Jacques Lacroix, propos recueillis par Yann Vallerie (Breizh-Info, 16 janvier 2024 )

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  • Alain de Benoist : « Séparer l’identité et le social est un non-sens.»...

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Breizh-Info, dans lequel il évoque la question de l'identité à l'occasion de la sortie de son dernier essai, Nous et les autres (Rocher, 2023).

    Philosophe et essayiste, directeur des revues Nouvelle École et Krisis, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Contre le libéralisme (Rocher, 2019),  La chape de plomb (La Nouvelle Librairie, 2020),  La place de l'homme dans la nature (La Nouvelle Librairie, 2020), La puissance et la foi - Essais de théologie politique (La Nouvelle Librairie, 2021) et L'homme qui n'avait pas de père - Le dossier Jésus (Krisis, 2021).

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    Alain de Benoist : « C’est une erreur de croire que l’ampleur des préoccupations identitaires replace les questions d’ordre économique à un niveau secondaire »

    Alain de Benoist vient de publier un (nouvel) essai remarquable intitulé «Nous et les autres » qui s’attaque à la question de l’identité. Pour en discuter, nous l'avons interrogé.

    Breizh-Info.com : Tout d’abord, est-ce que ce livre part de la volonté d’apporter une réponse aux débats actuels sur l’identité ou les identités, débats monopolisés médiatiquement et curieusement par l’extrême gauche et par une certaine gauche ?

    Je dirais plutôt qu’il part de la volonté d’y voir plus clair dans ces débats qui, aujourd’hui, ressemblent à des foires d’empoigne. De nos jours, tout le monde parle de l’identité, mais c’est le plus souvent sur le mode de la litanie ou du slogan. Quand on demande à ceux qui en parlent le plus de dire ce qu’ils entendent par là, quel contenu ils donnent à l’identité, quelle idée ils s’en font, on obtient des réponses parfaitement contradictoires. Mon livre est une tentative de mise au point. La première partie, la plus théorique, s’efforce de montrer comment la notion d’identité s’est formée au cours de l’histoire sociale et de l’histoire des idées, en liaison notamment avec la montée de l’individu. La seconde, plus actuelle et plus polémique, analyse l’identitarisme racialiste proprement délirant des milieux indigénistes ou « postcoloniaux ».

    Je dis dans l’introduction que l’identité est à la fois vitale et floue. Vitale parce qu’on ne peut pas vivre sans identité, floue parce que l’identité est toujours complexe : elle comprend différentes facettes qui peuvent entrer en conflit les unes avec les autres. Les deux erreurs à ne pas commettre sont de croire que l’identité n’est pas vitale parce qu’elle est floue, ou qu’elle ne peut pas être floue si elle est vraiment vitale.

    Pour bien comprendre ce dont il s’agit dans la narration identitaire, il faut prendre en compte trois catégories de différences : entre l’identité héritée, en général à la naissance, et l’identité acquise (qui est tout aussi déterminante que la première : quand on meurt pour ses idées, on meurt pour une identité acquise), entre l’identité individuelle et l’identité collective, et surtout entre l’identité objective et la perception subjective que l’on s’en fait. Les différentes facettes de notre identité n’ont en effet pas à nos yeux la même importance, et c’est ce qui détermine notre sentiment de proximité par rapport aux autres. Si je suis un Breton, un Français et un Européen, est-ce que je me sens plus breton que français ou l’inverse ? Plus français qu’européen ou l’inverse ? Si je suis chrétien, est-ce que je me sens plus proche d’un chrétien du Mali que d’un païen norvégien (pour des raisons religieuses), ou l’inverse (pour des raisons culturelles) ? Si je suis une lesbienne de droite, est-ce que je me sens plus proche d’un homme de droite (pour des raisons politiques) ou d’une lesbienne de gauche (pour des raisons d’ordre sexuel) ? On peut imaginer mille questions de ce genre. Elles nous montrent que les différents aspects de notre identité ne s’harmonisent nécessairement entre eux.

    Breizh-Info.com : L’ère de la globalisation, l’avènement de la société libérale, notamment après les conflits civils du XXe siècle en Europe, semblaient avoir effacé en partie la question identitaire, qui revient aujourd’hui sous d’autres aspects. Le signe d’une force bien plus importante que toute question d’ordre économique notamment ?

    La question identitaire ne fait pas retour, elle surgit tout simplement. Dans les sociétés traditionnelles, la question de l’identité ne se pose même pas. C’est à l’époque moderne qu’elle commence à se poser parce que les repères s’effacent, et que de plus en plus de gens s’interrogent sur ce qu’ils sont et sur ce à quoi ils appartiennent. « Qui suis-je ? », « qui sommes-nous ? » sont des questions qui ne se posent que lorsque l’identité est menacée, incertaine, ou qu’elle a déjà disparu. C’est ce qui rend cette notion intrinsèquement problématique. Censée constituer la solution, elle fait aussi partie du problème.

    C’est une erreur de croire que l’ampleur des préoccupations identitaires replace les questions d’ordre économique à un niveau secondaire. L’économique et le social font aussi partie de l’identité. Notre identité économique, sociale, professionnelle ou autre, n’est pas dissociable des autres facettes de notre personnalité. C’est tout particulièrement vrai pour les classes populaires, qui sont bien conscientes de faire actuellement l’objet d’une discrimination à la fois culturelle et sociale : elles se sentent étrangères dans leur propre pays et subissent un mépris de classe constant. Elles se sentent donc doublement exclues. Séparer l’identité et le social est un non-sens. C’est ce que n’a pas compris Eric Zemmour, qui a cru pouvoir ressusciter le clivage gauche-droite en associant un discours anti-immigration des plus anxiogènes à des options économiques libérales. Les classes populaires lui ont tout naturellement préféré Marine Le Pen.

    Breizh-Info.com : Ce début de XXIe siècle semble également marquer le retour de la question de la race, du racialisme, dans le débat identitaire, notamment du fait des mouvements indigénistes (mais pas que). Estimez-vous que ce débat soit fondamental ou bien qu’il constitue au contraire une forme de retour en arrière, d’essentialisation de l’identité au travers de ce prisme ?

    Les races existent, et les facteurs raciaux sont à prendre en compte comme tous les autres. Leur donner une importance centrale, vouloir tout expliquer par eux, est inconséquent. J’ai déjà publié trois livres contre le racisme, je n’y reviendrai pas. La véritable nature de l’homme, c’est sa culture (Arnold Gehlen) : la diversité des langues et des cultures résulte de la capacité de l’homme à s’affranchir des limitations de l’espèce. Vouloir fonder le politique sur la bioanthropologie revient faire de la sociologie une annexe de la zoologie, et interdit de comprendre que l’identité d’un peuple, c’est d’abord son histoire. Ce n’est pas seulement une régression de type réductionniste, c’est aussi profondément impolitique. On en voit le résultat avec les délires racialistes de l’idéologie « woke », qui sont parfaitement comparables aux délires du suprémacisme blanc américain : le degré zéro de la pensée politique.

    Breizh-Info.com : Pourquoi avez-vous choisi de vous attarder particulièrement sur la question de l’identité juive ? Qu’est-ce qu’elle nous dit aujourd’hui ?

    Breizh-Info.com : Je consacre à cette question un « excursus » placé en appendice de mon livre. La raison en est simple. Au cours des deux derniers millénaires écoulés, le peuple juif n’a cessé d’être confronté (et de se confronter) à la question de son identité. Alors que tant d’autres peuples ont disparu au cours de l’histoire, il a réussi à se maintenir en diaspora par une discipline intellectuelle constante et par le moyen de la proscription des mariages mixtes. Sans cette endogamie rigoureuse, il aurait sans doute disparu. Ce qui est également intéressant, c’est que la pensée juive a toujours été tiraillée entre un pôle universaliste et un pôle particulariste. La réponse que le judaïsme orthodoxe donne à la question : « Qui est juif ? » diffère totalement des législations antisémites qui distinguent des « demi-juifs », des « quarts de juifs », ce qui ne veut pas dire grand-chose. Selon la tradition de la halakha, ce qui prévaut est la loi du tout ou rien : on est juif si l’on est né d’une mère juive, on ne l’est pas si l’on est né d’un père juif et d’une mère non juive. Bien sûr, au fil des siècles, tout cela a donné lieu à des discussions passionnées, qui se sont encore amplifiées après la création de l’Etat d’Israël. J’ai choisi cet exemple pour montrer que l’identité n’est jamais une chose simple.

    Breizh-Info.com : Vous avez consacré l’essentiel de votre vie à la défense de l’identité, et notamment de la civilisation européenne. Comment votre regard, et votre propre perception de ce que vous êtes et de ce que les autres sont, ont-ils évolué sur plusieurs décennies ? Et aujourd’hui, qui êtes-vous, qui sont les autres ?

    Mon regard s’est sans doute affiné, mais il n’a jamais changé. Personnellement, je me définis fondamentalement comme un Européen, solidaire de son histoire et de sa culture. A l’heure de la crise généralisée des doctrines universalistes, je souhaite que l’Europe devienne une puissance civilisationnelle autonome. Mais cette définition de la « nostrité » n’est pas exclusive des autres. Elle n’entraîne ni la xénophobie ni le refus de reconnaître les valeurs et la grandeur des autres cultures du monde, bien au contraire (sur certains points, nous devrions même prendre exemple sur elles). Dans nos rapports avec les autres, nous devons comprendre que toute identité est dialogique : on n’a pas d’identité si l’on est seul. Les systèmes universalistes s’efforcent de faire disparaître l’altérité au profit d’un monde unidimensionnel. Ce sont ces systèmes qui représentent l’ennemi principal, parce qu’ils veulent éradiquer les différences entre tous les peuples.

    Alain de Benoist, propos recueillis par Yann Vallerie (Breizh-Info, 13 février 2023)

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  • Feu sur la désinformation... (403) : Victoire à Callac !

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un numéro de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et animée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, et Jules Blaiseau.

    Au sommaire :

    • 1 - L'image de la semaine
      Le lanceur d’alerte Damien Rieu a été victime d’une manipulation par un curieux journaliste.
    • 2 - Les Rencontres du Papotin
      Emmanuel Macron, à l’aune de sa redoutée réforme des retraites, ne recule devant rien pour redorer son image et diviser les électeurs. Retour sur une séquence d’un brio redoutable en matière de communication politique.
    • 3 - Revue de presse
    • 4 - Victoire pour Callac
      Le projet du maire de Callac de repeupler sa bourgade avec des familles de migrants africains semble avoir échoué. Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info, nous explique tout.

     

                                               

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  • Sécession...

    Le nouveau numéro de la revue Réfléchir & agir (n°76 - Hiver 2022) est paru. Le dossier est consacré à la sécession...

    La revue n'est plus disponible que par abonnement.

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    Au sommaire :

    En bref

    Antipasti

    Guillaume travers : "L'idiocratie est en marche, y compris chez beaucoup de ceux qui la dénoncent."

    Scènes et rustines du nationalisme

    DOSSIER 

    Sécession

    "L'importance fondamentale de transmettre et de continuer à exister en tant que Blanc, en tant qu'Européen.", entretien avec Yann Vallerie
    Quelle indépendance énergétique ?, par Scipion de Salm
    Orania, par Klaas Malan
    Pour une école libre, entretien avec Sylvain Roussillon
    Le web serein, par Georges Hirlay

    "J'ai quitté la France parce qu'elle est morte.", entretien avec un camarade qui vit en Russie

    Une urgence, la révolution culturelle, par Pierre Gillieth

    Arthur Kemp, bâtir le foyer blanc, par Klaas Malan

    Que faire ?, par Pierric Guittaut & Eugène Krampon

    Hommage

    Tombeau pour Jack Marchal, par Pierre Gillieth

    Géopolitique

    Trudeau, le Macron québecois, par Rémy Tremblay

    Judaïca

    Les Juifs de Mussolini, par Edouard Rix

    Féminisme

    Quand féminisme rimait avec fascisme, par Sylvain Roussillon

    Notes de lecture

    Les crimes du mois

    Cinéma

    Vigilante, l'honneur retrouvé, par Pierre Gillieth

    Disques

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  • Faire face au système Macron !...

    Le Forum de la dissidence, organisé par la Fondation Polémia se tiendra samedi 3 décembre 2022 au NewCap Event Center, 3 quai de Grenelle à Paris (15e), à compter de 14 heures, sur le thème : Faire face au système Macron !

    Dissidence 2022.jpg

    Trois ans après le Forum de la dissidence consacré à la dictature Macron, le bilan est ahurissant !

    Interdiction de sortir à plus d’un kilomètre de chez soi. Des hélicoptères traquant des randonneurs. L’interdiction des réunions de famille. La quasi-obligation vaccinale, sous couvert de pass sanitaire. La liberté de prescription des médecins bafouée. La censure croissante de toute opinion dissidente.

    Nous vivons dans une société de propagande ou toutes les atteintes à notre identité et à nos libertés sont imposées par la synchronisation progressiste des médias, de l’école, de l’université, du monde professionnel, du sport, de la culture, du divertissement, des institutions de l’État ou des fonctions politiques.

    Cette année nous avons choisi de mettre en avant la première ligne de la Résistance dans le combat pour notre identité et nos libertés.

    Le lanceur d’alerte Damien Rieu, en pointe Face au Grand Remplacement et à l’islamisation.

    L’influenceur Nicolas Faure, qui déconstruit chaque semaine sur Sunrise L’idéologie égalitaire, source de tous nos maux.

    Yann Vallerie, de Breizh Info qui lutte contre l’implantation de foyer d’immigrés africains dans des bourgades rurales de Callac.

    Nicolas Demade, qui nous donnera ses recettes pour faire face au Grand Endoctrinement scolaire.

    Jean-Eudes Gannat qui montrera comment il est possible de faire face aux persécutions politiques.

    Thaïs d’Escufon qui nous dira comment se faire entendre malgré la censure.

    L’historien français du droit, le professeur Jean-Luc Coronel de Boissezon exposera comment Faire face aux persécutions universitaires.

    Le chroniqueur régulier de Cnews, l’avocat Pierre Gentillet, qui montrera comment Faire face au gouvernement des juges.

    Renaud Camus qui traitera lui un sujet fondamental : Faire face à la laideur.

    Et Michel Geoffroy, premier contributeur de Polémia, qui s’attaquera à Faire tomber le mur de l’ouest.

    Voilà un programme de combat. Avec des intellectuels mais aussi des hommes et des femmes de terrain.

    Début à 14 heures

    Ouverture des portes à 13h30

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