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On déboulonne...

Nous reproduisons ci-dessous une chronique de Richard Millet, cueillie sur son site personnel et dans laquelle il évoque notamment la vague de politiquement correct qui vient renverser les statues de personnages historiques dénoncés comme racistes...

Auteur de La confession négative (Gallimard, 2009) et de Tuer (Léo Scheer, 2015), Richard Millet a publié l'automne dernier aux éditions Léo Scheer un roman intitulé Province.

 

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On déboulonne…

Le scénario est immuable, presque rassurant, en tout cas routinier : l’orgasme médiatique donné par les attentats islamiques de Catalogne a été suivi de son concert d’indignation officielle, et d’infantiles et obscènes lamentations sur la voie publique. Il a, accessoirement, permis de parler le moins possible de l’attaque au couteau, à Turku, en Finlande, où un Marocain a tué deux femmes et en a blessé plusieurs autres : sans doute cela faisait-il trop de Marocains dans le paysage... Le branle-bas politico-médiatique a surtout marqué, encore une fois, l’impuissance européenne devant l’immigration massive de peuples généralement hostiles à l’Europe : paradoxe destructeur qui interdit de nommer l’islam – exception faite pour Charlie Hebdo qui ironise à bon escient sur l’islam comme « religion de paix éternelle », au grand dam des immigrationnistes stipendiés. Pour le reste, nulle analyse de la place conquérante, envahissante, intimidante de cette religion, en Europe, où la presse tente de  « désamalgamiser » le terrorisme de l’islam en expliquant (comme on le lit dans Le Point, où l’on admirera l’euphémisme remplaçant « fou » ou « psychopathe ») que « de plus en plus de profils psychiatriques vont passer à l’acte », alors que ce terrorisme-là (y en a-t-il d’autres ?) a pris le relais de l’islamo-marxisme palestinien des années 1970.

Ainsi l’Europe est-elle piégée par le politiquement correct, ce bras juridico-culturel grâce auquel le capitalisme mondialisé somme les peuples indigènes de faire comme si les immigrés musulmans et les « migrants » illégaux si chers à la boboïtude mondialiste, étaient des « hommes comme les autres », désireux de se fondre à tout prix dans la béatitude démocratique incantée par l’Union européenne et l’ONU. L’immigration de masse a pour effet d’incliner les vieilles nations au reniement et à l’expiation de leur propre culture, essentiellement judéo-chrétienne, au profit d’un surf sur l’horizontalité amnésique et vertueuse dans laquelle l’ « autre » ne cesse en réalité de me nier. On en voit la trace dans l’inculture des jeunes Français qui n’ont plus d’échelle de temps, ni de sens critique, ni même de goût, mais bien le devoir de dénoncer la « bête immonde » qu’agitent devant eux les professionnels de l’antiracisme d’État. On le voit aussi aux États-Unis, où les Sudistes sont encore punis, et toujours plus privés de leur histoire par les carpetbaggers idéologiques qui exigent le déboulonnage des statues et des symboles confédérés. Ce déboulonnage, qui fait penser au dynamitage des bouddhas de Bamiyan par les talibans, ne réglera évidemment pas la question du « racisme » aux USA. Un ami m’écrit du Minnesota qu’à ce compte-là les figures du mont Rushmore seront un jour martelées sous le prétexte qu’elles se trouvent sur des terres volées aux Indiens… Cela va dans le même sens que la révision générale des manuels scolaires, des textes littéraires, et l’autocensure pratiquée par les écrivains eux-mêmes. On peut redouter ainsi de voir déboulonner par les éditeurs la statue du soldat confédéré qui se dresse à Jefferson, dans les romans de Faulkner. La littérature sudiste sera ainsi caviardée dans son ensemble pour être entièrement au service du Bien ; c’est en grande partie pourquoi la littérature actuelle est illisible.

Un autre ami m’envoie de magnifiques photos de la colline de Sion-Vaudémont, « colline inspirée » sur laquelle s’élève un monument à Maurice Barrès : on s’étonne que nulle pieuse association n’ait exigée qu’on abatte cet édifice qui pollue ce lieu où ne devrait souffler que l’esprit démocratique.

Richard Millet (Site officiel de Richard Millet, 27 août 2017)

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