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11/05/2018

Journal de Dracula...

Les éditions Xénia viennent de publier un roman de Marin Mincu intitulé Journal de Dracula. Roumain, Marin Mincu a enseigné dans les universités de Milan et de Turin et est l'auteur de nombreux romans et ouvrages critiques publiés en Italie et en Roumanie.

 

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" Le premier exploit de ce roman est de démolir le cliché du "vampire" auquel le roman mythique de Bram Stoker réduisit le bien réel Vlad III, dit l'Empaleur. Mincu rétablit un portrait du prince de Valachie tel qu'il fut, et tel qu'il aurait pu s'imaginer : le guerrier hors pair, l'unique terreur de Mehmed II le Conquérant, l'érudit, l'ami et l'égal de l'élite néoplatonicienne. Mais aussi un surhomme à l'ego démesuré, victime et bourreau, forgeant sa propre légende du fond de la geôle de Visegrád où il croupit par la traîtrise de ses royaux "amis". A une époque où la cruauté était la règle, la cabale orchestrée contre lui est un comble d'hypocrisie. Sa réaction sera de combattre le feu par le feu. "Je vais tous les aider dans cette campagne orchestrée contre moi. J'inventerai des histoires truffées d'exactions abominables et j'alimenterai copieusement le fardeau de mensonges dont on m'accable. je serai moi-même l'inventeur des faits les plus monstrueux que la rumeur m'attribuera". Encerclé par des centaines de rats, plongé dans une perpétuelle obscurité, Vlad peu à peu perd la notion du temps et jusqu'à la conscience précise de sons propre corps. Sa confession apparaît comme un poignant entrelacement du rêve et du vécu, où l'écriture finit par s'imposer comme plus énergique et plus vraie que la réalité même. Trouvaille originale, Mincu nous dépeint un Dracula déjà conscient de sa propre légende noire et tient le lecteur en haleine d'un bout à l'autre du roman. "

23/05/2016

Cioran, une mythologie de l'inachevé...

Les éditions du Soupirail viennent de publier un essai d'Eugen Simion intitulé Cioran, une mythologie de l'inachevé. Professeur d'histoire de littérature en Roumanie, Eugen Simion est un de meilleurs spécialistes de l’œuvre de Cioran, et notamment de sa partie roumaine...

 

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" Comment s’approprier les paradoxes de Cioran qui ne dit une chose que pour la contester et semer un doute qui doute de lui-même ? Sinon en acceptant l’invitation qu’il nous fait de nous servir de ses aphorismes pour accéder nous-mêmes aux cimes d’où il regarde, lui, le monde d’un œil si curieux et si désabusé, si confiant et si déçu.

   A la frontière de la littérature et de l’investigation érudite, la « narration critique » d’Eugen Simion est un guide irremplaçable pour celui qui est tenté par cette ascension. Mettant à profit les quelque trois mille pages en roumain d’un auteur qui abandonne la langue de ses écrits de jeunesse pour devenir un maître de la littérature française, Eugen Simion raconte en romancier l’itinéraire de celui qui n’écrit que pour dénoncer les incompétences de l’écriture. Celle-ci n’est qu’une série de panneaux signalétiques destinés à nous conduire vers l’essentiel qui ne peut pas se dire, qui n’est que du vécu. Les compétences exceptionnelles d’historien de la littérature et le talent d’Eugen Simion nous mettent sur la piste de ce pays intérieur que les commentateurs français de Cioran ont trop souvent délaissé, faisant fi de la base, qui donne pourtant le sens véritable de l’ensemble. Facile d’accès et captivant, l’ouvrage d’Eugen Simion comble cette lacune en éclairant les essais français de Cioran par ses écrits de jeunesse et par sa très abondante correspondance. Il enrichit notre appréhension de l’œuvre de Cioran et nous évite les dérives d’une lecture qui risque de situer les enjeux de cette époustouflante démarche intellectuelle ailleurs que là où se trouve leur raison d’être. "

16:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cioran, eugen simion, roumanie |  Facebook | Pin it! |

16/09/2012

Tour d'horizon... (32)

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Au sommaire cette semaine :

- dans Le Monde, l'avocat Michel Guénaire plaide pour un rapprochement de l'UMP et du Front national...

Une refondation qui passe par l'intégration d'un FN dédiabolisé

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- sur Valeurs actuelles, Alain Moyne-Bressan, député de l'Isère, propose de créer un territoire autonome  pour les Roms entre la Bulgarie et la Roumanie afin de tenter de stabiliser ces populations...

Un territoire pour les Rom ?

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16/04/2011

Bréviaire des vaincus...

"Etre l'âme du vide et le coeur du néant !"

Les éditions de l'Herne viennent de publier une seconde partie jusqu'à présent inédite du Bréviaire des vaincus de Cioran. La première parie de cette oeuvre, écrite à Paris entre 1941 et 1944, en langue roumaine, avait été traduite et publiée en 1993, avant la mort de son auteur.

 

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"Le Bréviaire des vaincus fait partie de ces œuvres marquées par une étrange destinée. Cioran le composa pendant la guerre, en roumain, dans le décor de ce Paris occupé où il n’avait pas encore pris la décision de ne plus écrire qu’en français. À l’époque, il vient de quitter définitivement son pays natal – mais c’est toujours dans sa langue maternelle qu’il fixe ses pensées, qu’il crée.

Le Bréviaire est le dernier texte de Cioran rédigé en roumain : un livre d’abord voué à être publié… puis mis de côté, « oublié » par son auteur durant quelque quarante ans !

En 1993, Alain Paruit offrit une magnifique traduction de ce Bréviaire que Cioran, devenu écrivain de langue française, avait pour lui-même jugé en 1963 « illisible, inutilisable, impubliable ». Mais si le grand traducteur avait contribué à sauver de l’oubli l’œuvre-charnière de Cioran, il ignorait alors l’existence d’une seconde partie, découverte seulement après la mort de l’écrivain, en 1995.

C’est cette seconde partie, demeurée totalement inédite, que nous proposons aujourd’hui. Imprégnée du même souffle que la première, elle enregistre les oscillations d’une identité qui se cherche, s’échappe, aspire sans cesse à s’affirmer – fût-ce dans l’excès ou dans le paroxysme de la contradiction. Véritable « journal » de l’esprit de Cioran, l’œuvre explore – souvent avec poésie, parfois avec lyrisme – les nuances d’un désespoir unique, porté par la « malchance » d’être né roumain, impuissant à accepter les limites de la raison comme celles de l’amour, interrogeant sans répit Dieu et sa possible absence, mais saluant encore « le charme fou de l’irréparable » pour puiser enfin dans la musique un antidote efficace contre l’ennui, ce « triomphe absolu de l’Identité ».

Le curieux destin de ce Bréviaire, seconde partie, aurait sans doute amusé son auteur ; il est pour nous l’occasion d’en savoir davantage sur le cheminement intérieur d’un homme qui s’apprêtait à faire l’expérience d’une autre patrie, c’est-à-dire – selon ses propres conceptions – d’une autre langue."