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25/07/2013

Quand la "classe discutante" rêve d'une "divine surprise"...

Nous reproduisons ci-dessous une pépite tirée des chroniques quotidiennes de Robert Redeker. Une réflexion d'une parfaite lucidité...

Pour prolonger le propos de l'auteur, on pourra utilement se reporter à un article intitulé Les années de plomb à l'envers, publié par Causeur il y a quelques semaines...

 

Saison des massacres.jpg

 

Chronique de Robert Redeker

J’ai envie, alors qu’il fait encore nuit, que je me suis levé à quatre heures, dévoré par le besoin de lire, de parler de littérature. Mais le spectacle que me donne la France ce matin même m’en dissuade, me présentant une autre urgence. Qu’apprends-je en effet au saut au saut du lit ? Que, selon la sérieuse agence de presse israélienne MENA, les scènes de pillage sur les vivants et les morts, dont des bandes de jeunes se firent à l’occasion de l’accident de train de Brétigny-sur-Orge les acteurs, ont, en dépit du déni proclamé par les médias et les politiciens français, bien eu lieu. Au juste, ce déchaînement de sauvagerie ne m’étonne en rien. Il ne diffère pas en nature de l’attaque d’un RER par d’autres jeunes, les clones sans doute de ceux dont la kleptonécromanie vient de s’illustrer à Brétigny, ni de la tornade humaine qui ravagea le quartier du Trocadéro à l’occasion de la victoire du PSG au championnat de France de football. Souvenons-nous ! Les journalistes alors ont cherché à nous mentir, à accuser les ultras du PSG, des skinheads classés à l’extrême-droite, blancs de peau, d’être les auteurs de ces ravages. Or, les images de la police montrent bien autre chose : des hordes de jeunes issus de la diversité, venues des banlieues, détruisant, telles des colonnes ensauvagées, tout sur leur passage. Pas de chance pour les journalistes, pas de chance pour les politiciens, les coupables n’étaient pas des fascistes de type nord-européen. Il est vrai que la chance ne s’est pas présentée non plus au moment de l’affaire Clément Méric. Le tambour de la mobilisation antifasciste a été battu avec force plusieurs jours durant. La France venait de connaitre un assassinat répétant ceux qui se commettaient dans l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste des années trente, hurlait-on ! Du ventre encore fécond jaillissait une nouvelle vague de peste brune - pour reprendre les clichés mécanisés de la gent jacassante. No passaran ! Hélas, hélas, trois fois hélas, le héros antifasciste prêt à être panthéonisé aux côtés de l'autre candidat officiel, Stéphane Hessel, le doux agneau gauchiste, le tendre antifa aussi doux que ces chers jeunes de banlieue, était l’agresseur. Pas de chance, vraiment ! Et que dire du supposé néonazi norvégien, Kristian Vikernes, présenté pendant quelques heures comme l’ennemi public numéro un, qu’il a fallu relâcher après l’avoir embastillé, car, à part le délit d’opinion pour lequel il sera poursuivi, rien ne peut  lui être reproché ? Le rapprochement de ces faits met en lumière une tendance profonde travaillant l’âme de ceux qui se sont accaparés la parole dans notre pays, « la classe discutante » comme disait Donoso Cortes : le désir d’un grand attentat fasciste, ou nazi, comme celui qui ensanglanta la Norvège voici deux étés. Le surgissement dans notre pays d’un Breivik, n’ose-t-on penser, mais désire-t-on, détournerait l’attention, réduirait au silence ceux qui s’inquiètent de la « France Orange mécanique », de la multiplication des actes de guerre civile, semblables au caillassage de pompiers et de policiers lors d’un incendie hier à Paris,  en prouvant que la seule menace tient dans la résurgence du fascisme et du nazisme. En attendant cet atroce jour qui sera aussi, bien qu’elle s’en défendra, pour cette classe discutante un jour béni, une divine surprise inversée, les médias de masse s’occupent à fabriquer du fictif et à dissimuler le réel.  Fictif, l’aassassinat par un fasciste de Clément Méric ! Fictifs les projets terroristes de Kristian Vikernes ! Dissimulée, la réalité des événements de Brétigny ! Dissimulée, la véritable nature de la guerilla urbaine du Trocadéro ! C’est bien cette substitution du fictif au réel qui trahit un désir inavoué - celui d’une catastrophe qui viendrait avaliser ce fictif en le transformant en réalité.


Robert Redeker (Quand Redeker eut les cinquante-neuf ans, 19 juillet 2013)