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04/05/2012

Journal d'un mauvais Français...

Les éditions du Rocher viennent de publier Journal d'un mauvais Français de Christian Millau, la suite de son talentueux Journal impoli (Rocher, 2011). Impertinence et liberté d'esprit au menu !...

 

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"Les "mauvais Français" qui refusent de marcher au son du clairon du prêt-à-penser vont se régaler. Dans l'irrévérence, l'humour ou la colère, sur fond de campagne présidentielle, Christian Millau bouscule le présent et fait revivre son passé, riche de souvenirs inédits, comiques ou émouvants, littéraires, politiques ou journalistiques. En un bouquet étincelant se croisent des personnages aussi dissemblables que Nicolas Sarkozy et Louis-Ferdinand Céline, François Hollande et Antoine Blondin, DSK et Michel Déon, Marine Le Pen et Gaston Gallimard, Dodo la Saumure et la vicomtesse de Noailles. Après le succès de son Journal impoli, unanimement salué par la critique, le jeune hussard de quatre fois vingt ans est reparti au galop."

10/12/2011

Un siècle au galop !...

Les éditions du Rocher ont publié en début d'année 2011 le journal de Christian Millau intitulé Journal impoli - Un siècle au galop 2011-1928. Journaliste, critique gastronomique, romancier, incarnation d'une droite plus éprise de vie et d'action que de théorie, Christian Millau nous livre un journal écrit d'une plume alerte où les souvenirs du siècle écoulé s'entrechoquent. A déguster au coin du feu...

 

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"C'est le Journal d'un jeune hussard de quatre fois vingt ans qui revit sa vie au galop. C'est le grand balayage, d'humeur et d'humour, d'irrévérence et de flamme, d'émotion et de colère d'un siècle tumultueux qui palpite sous la plume d'un écrivain libre de toutes entraves.

Glanés de 2011 à 1928, des souvenirs, des rencontres, qui étonnent, passionnent, serrent le coeur ou font éclater de rire. Nimier et Aymé, Morand et Céline, Vialatte et Blondin, Mauriac et Léautaud, Cendrars et Desproges, Hemingway et Orson Welles. Hitler à son balcon, Churchill avec la Callas, l'abbé Pierre au Crazy Horse... Alger sous la mitraille, les grands procès de l'OAS, le goulag de la Mer Blanche, l'été 1940... Les travelos de Singapour, les coupeurs de têtes d'Amazonie... La grande Histoire et la petite filent au galop du siècle."

02/12/2011

L'inquisition médiatique...

Les éditions Dualpha viennent de publier L'Inquisition médiatique, un essai de Francis Puyalte consacré aux dérives du journalisme, préfacé par Christian Millau. Ancien grand reporter au Figaro, l'auteur revient sur plusieurs affaires emblématiques de ces dernières années...

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"Frères des épistoliers d'hier qui pourvoyaient les bûchers et les échafauds, des journalistes d'aujourd'hui dénoncent, instruisent, jugent et condamnent.
Dans la presse écrite et audiovisuelle, ils fabriquent des innocents ou des coupables. Leur opinion personnelle forge l'opinion publique. Moralistes, ils nous prêchent le Bien et le Mal. Intouchables, ils détiennent le 1er pouvoir, celui qui influence les trois autres, l'exécutif, le législatif et le judicaire. Ce sont les nouveaux Inquisiteurs. Du procès Omar Raddad, version "touche pas à mon pote", à celui de Maurice Papon, joué d'avance, du léchage et du lâchage de Bernard Tapie au lynchage de Georges Frêche, des jeunes de banlieue aux bobos des salons parisiens, de Dutroux à Outreau ou d'un Dominique à l'autre, mais surtout des "magistrats pédophiles" de Nice à la métamorphose d'imposteurs en icônes, Francis Puyalte accuse l'implacable tribunal des médias.
Journaliste lui-même (carte n°23762, délivrée le 4 novembre 1966), il propose une dissection d'affaires retentissantes et de quelques autres, moins tapageuses, mais pareillement tripatouillées, instrumentalisées par des titulaires de cartes de presse amateurs, aveugles ou sans conscience. C'est un petit voyage de l'autre côté du miroir."

26/11/2011

Deux poids, deux mesures...

Nous reproduisons ci-dessous un excellent article de Christian Millau, cueilli sur Atlantico  et consacré à la troublante différence de traitement entre Maxime Brunerie, jeune militant de la droite radicale connu pour avoir tenté de tirer sur Jacques Chirac en 2002, à l'occasion du défilé du 14 juillet, dont l'intégration dans le jury d'un prix littéraire de seconde zone a suscité une violente polémique, et Cesare Battisti, terroriste d'extrême gauche, accusé d'avoir froidement assassiné un policier et un gardien de prison dans les années 70 en Italie, et , par ailleurs, auteur de polars et coqueluche du milieu littéraire germanopratin... 

 

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Pourquoi les bonnes âmes préfèrent-elles un Battisti en cavale et non repenti, à un Brunerie ayant purgé sa peine et revenu de ses erreurs ?

S’avisant au tout dernier moment que Maxime Brunerie, le jeune homme qui avait tenté de tuer Jacques Chirac le 14 juillet 2002, faisait partie du jury du Prix littéraire du Savoir et de la Recherche , David Le Breton, le lauréat pressenti, a refusé d’être couronné, l’Université Paris-Descartes a rompu son partenariat et de nombreux jurés ont démissionné. Un passé d'extrême droite exclut-il tout droit à la rédemption ?

Maxime Brunerie ? Pour moi, c’était un jeune homme dérangé qui avait voulu descendre Jacques Chirac avec un 22 long rifle et qui a été libéré en 2009, après sept ans de réclusion. J’apprends que la romancière Laurence Biava, fondatrice de ce nouveau prix, faisant sa connaissance au Salon du Livre où il présentait son récit autobiographique, Une vie ordinaire, avait été séduite par sa "brillante intelligence" et sa volonté de rédemption. Il lui avait expliqué qu’il ne rêvait pas de tuer Jacques Chirac mais d’être lui-même abattu par le GIGN. Un peu compliqué, mais pourquoi pas ? Ce n’était sûrement pas pour rien qu’au moment de son procès, il avait été soumis à un examen psychiatrique. Il en avait néanmoins pris pour dix ans.

Quoiqu’il en soit le problème n’est pas là. Que Brunerie ait été sérieusement fêlé et ne le soit plus, qu’il regrette sincèrement ou non son geste, les jurés de ce Prix s’en contrefichent. La clé de toute cette (mince) affaire se trouve dans le titre de la dépêche de Rue89 :« Brunerie, l’ancien facho qui voulait tuer Chirac ». Eh oui, un ancien facho ! Autrement dit, une ordure (un ancien stalinien étant, lui, des plus convenables). Et qu’avait-il fait d’affreux et d’inexcusable dans sa vie, l’ancien facho ? Il avait été candidat du parti de Bruno Mégret aux municipales (un diable, Mégret ? Plutôt un pauvre diable) et fréquenté les milieux d’extrême droite. En juillet dernier, il avait voulu adhérer au Modem de François Bayrou ! Vous savez, ce mouvement terroriste de lanceurs de bombes ? Bref, le dernier des salauds.

Je précise que je ne connais pas ce type, que je n’ai jamais tiré sur un président de la République et que j’ai envie de vous dire : vous voyez ce que la politique mal comprise peut faire d’un jeune homme cultivé qui se voyait sans doute un grand destin.

Peu importe qu’il ait purgé sa peine et ait droit à la mansuétude - si souvent proclamée par la gauche – de ses compatriotes. Un repenti de l’extrême droite ? Mon dieu, quelle horreur ! Pour Me Emmanuel Pierrat, avocat et élu PS, qui a les idées larges en ce qui le concerne et étroites en ce qui concerne les autres, Eliette Abecassis, philosophe et romancière à succès, Mazarine Pingeot, Arnaud Viviant (ce "héros" qui a craché sur la dépouille de Philippe Muray), Fabrice Lardreau, jeune romancier qui combat l’exclusion (à l’exception de ceux qu’il exclut lui-même) et quelques autres, pas question de mêler leurs voix à celle d’une pareille vermine.

Bien-sûr, je ne conteste à personne le droit de refuser un prix  ou de le donner, mais imaginons un instant un autre scénario. Cette fois, il ne s’agit pas d’un facho mais d’un ancien militant de l’extrême gauche italienne – celle-là même qui exécuta Aldo Moro - fondateur des Prolétaires Armés, condamné par contumace  par la justice italienne à la perpétuité pour  l’assassinat d’un gardien de prison et d’un policier, ainsi que pour complicité dans les meurtres d’un boucher et d’un bijoutier de Milan dont le fils, rescapé de la fusillade, est resté tétraplégique. Césare Battisti – vous l’avez reconnu –échappant pour la seconde fois à l’extradition (la première grâce à François Mitterrand) vit, à présent, libre au Brésil, sans s’être jamais repenti de quoi que ce soit.

Tant qu’il n’aura pas été jugé, il faut se garder de se prononcer sur sa culpabilité ou son innocence. En tout cas, si cet assassin présumé, image sainte de notre gauche bien pensante – de Fred Vargas à Guy Bedos – pouvait revenir en France et si on l’invitait à participer au  jury du Prix du Savoir et de la Recherche, on peut être certain que ni Mazarine Pingeot, ni  Emmanuel Pierrat ou Arnaud Viviant ne claqueraient la porte. Avec Libération, Rue89, Médiapart et tout le lobby des intellos "comme il faut",, le retour du héros serait salué comme une victoire de la démocratie .

Christian Millau (Atlantico, 23 novembre 2011)