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24/11/2017

La nouvelle vague du conservatisme...

Le nouveau numéro de la revue Éléments (n°169, décembre 2017 - janvier 2018) est disponible en kiosque.

A côté du dossier consacré à la vague conservatrice qui déferle sur le paysage intellectuel français, on retrouvera l'éditorial d'Alain de Benoist, les rubriques «Cartouches», «Le combat des idées» et «Panorama» , un choix d'articles variés, dont un , décapant, consacré à Marseille,  et des chroniques de Xavier Eman, d'Hervé Juvin, d'Olivier François, de Ludovic Maubreuil, de Laurent Schang et d'Yves Christen...

Bonne lecture !

Vous pouvez commander ce numéro ou vous abonner sur le site de la revue : http://www.revue-elements.com.

 

Eléments 169.jpg

Éditorial

Diversité

Agenda, actualités

 

L’entretien

Matthew B. Crawford : « Silence, qu’on réfléchisse enfin ! »

 

Cartouches

Le regard d’Olivier François : W. Morris, père de la fantasy

Une fin du monde sans importance par Xavier Eman

Le carnet géopolitique d’Hervé Juvin

Cinéma : Hazanavicius s’attaque à Godard

Champs de bataille : Hardi Téméraire !

Bestiaires par Yves Christen

Sciences

 

Le combat des idées

Marseille : explosion d’un laboratoire multiculturel

Stanislas Dehaene, J.-M. Blanquer et les neurosciences

Catalogne 1937-2017

La vente d’Alstom à General Electric

Le bel avenir du nucléaire : entretien avec François Géré

Le romantisme fasciste

Les trésors de Matulu

Les idées noires de Jean-Pierre Georges

Allez-y sans moi, le film de Patrick Buisson

La grande offensive des antispécistes

Le crépuscule de la chasse

Billebaude, entretien avec Anne de Malleray

Thoreau le sauvage, dernier des contemplatifs

Arne Naess, l’écologie profonde et ses ennemis

 

Dossier

La Nouvelle Vague du conservatisme

Les équivoques du conservatisme

Le conservatisme de A à Z

Esquisse d’un manifeste conservateur

Pourquoi je ne suis pas conservateur par David L’Épée

Conservatisme : antithèse ou antichambre de la tradition ?

Lorsque le socialisme était conservateur

 

Panorama

L’œil de Slobodan Despot

Série télé : Engrenages, plus vraie la vie…

Philo : doit-on tout passer au crible de la raison ?

Honfleur 2017, rendez-vous du cinéma russe

L’esprit des lieux : New York, New York

C’était dans Éléments : La Police de la pensée

 

Éphémérides

20/03/2017

Bulles technologiques ?...

Les éditions Wildproject viennent de publier un essai de Catherine et Raphaël Larrère intitulé Bulles technologiques. Catherine Larrère est professeur de philosophie morale et politique à la Sorbonne, alors que Raphaël, quant à lui, est ingénieur agronome...

 

Bulles technologiques.jpg

"L'absence d'évaluation critique de la technique est un présage de dissolution sociale."
ARNE NÆSS

" Créer la vie à partir de rien, éradiquer définitivement certaines espèces, annuler le vieillissement, faire travailler des nanomachines à notre place… On peut penser que détenir une telle puissance, c’est s’exposer à des catastrophes de même ampleur.
Mais ces promesses ont-elles la moindre consistance ?

Les angoisses technophobes ne sont-elles pas le revers des espoirs technophiles ? Les nanotechnologies ont beaucoup promis, surtout dans le domaine de la santé, mais qu’ont-elles produit ? Les promesses technologiques cherchent surtout à aspirer dans leurs bulles ceux qui y croient, pour attirer les crédits.

Bulles technologiques propose de replacer les entreprises technologiques dans leur contexte social et naturel. Il s’agit de saisir conjointement les transformations du monde social qu’elles sont susceptibles d’apporter, et leur insertion problématique dans leur contexte naturel. Car la technique est un mode essentiel de relation à la nature.

Créer la vie : ce n’est pas que cette ambition soit sacrilège, c’est qu’elle est mensongère. Les pouvoirs de la technologie sont bien plus limités que ses promoteurs ne le prétendent Les techniques interviennent toujours dans une nature que nous n’avons pas produite."

12/09/2013

Ecologie, communauté et style de vie...

Les éditions du Dehors viennent de rééditer Écologie, communauté et style de vie, un essai du philosophe norvégien et fondateur de l'écologie profonde Arne Næss. Un premier livre de cet auteur, Vers l'écologie profonde, avait été publié en 2009 aux éditions Wildproject.

 

Arne Naess.jpg

 

En quête d'un raisonnement durable

Le Norvégien Arne Næss, né en 1912 et tout juste disparu (le 12 janvier dernier), a conceptualisé dès 1973 la « deep ecology ». Il aura pourtant fallu attendre jusqu’à ce jour pour que ses textes fondateurs soient traduits en français. L’enjeu n’est pas des moindres : il s’agit d’offrir à la crise écologique une réponse d’ordre culturel. En effet, Arne Næss oppose l’« écologie profonde » à une autre, jugée superficielle. Celle-ci s’exprime en un mouvement
contestataire, dont le moteur est la crainte des dangers pesant sur le confort des pays développés. Mais, pour être efficace, l’écologie ne peut se contenter de relever scientifiquement des « faits » : elle doit mettre à jour des valeurs afin d’orienter le progrès vers de nouveaux objectifs. Pour ce faire, les solutions techniques ne peuvent suffire, car les problèmes ne le sont pas. La démarche écologique doit donc être « profonde » en ceci qu’elle doit s’enraciner dans les fondements conceptuels de notre rapport au monde, qui renferment eux-mêmes des systèmes de valeurs. Arne Næss soutient ainsi que la manière dont nous percevons le monde est à l’origine de notre irrespect à l’encontre de la nature. Nos sociétés industrielles ont amélioré les conditions matérielles de la « vie bonne », sans examiner si celle-ci était effectivement vécue comme telle. Pour sortir de l’impasse, le philosophe norvégien reconduit les concepts écologiques aux valeurs qu’ils expriment. Ainsi, qu’est-ce que « l’environnement » ? Rien d’autre que l’immédiat dans lequel nous vivons, c’est-à-dire pas seulement la nature physique, mais aussi les relations et les mouvements. En ignorant le fait que ces interconnexions sont à l’origine de toute identité, nous finissons par nous détruire nous-mêmes.
De la même manière, qu’est-ce que la « diversité » ? Pour chacun d’entre nous, celle-ci se traduit en termes d’aptitude personnelle à une interaction créative avec l’environnement. Voilà pourquoi elle mérite, selon Næss, d’être valorisée. Ces considérations ouvrent de nouvelles perspectives
sur la « réalisation de soi ». Arne Næss désigne ainsi l’acte par lequel un individu s’affirme, en lien avec ce qui l’entoure. Cela suppose de penser l’unité d’une manière
qui englobe l’autre comme un élément de sa définition. L’autre n’est plus seulement une conscience étrangère me faisant face (comme chez les existentialistes), ni l’indice d’une division dans le psychisme humain (comme dans la psychanalyse) : l’autre désigne chaque élément, animé ou pas, valant comme un potentiel susceptible d’améliorer ou de détériorer notre appartenance à la vie. Là se trouve la « valeur intrinsèque » de la nature, qui s’oppose à son utilité proprement dite, en ce qu’elle procède d’un choix, et non d’un usage. Arne Næss introduit donc dans la pensée écologique un gigantesque renversement. Il n’aborde pas l’écologie comme un problème moral spécifique et prend les choses exactement à rebours : ce sont les lois écologiques (autrement dit les lois naturelles) qui doivent fournir les principes de la moralité humaine. Peut-être Arne Næss a-t-il surestimé l’impact de cette reformulation conceptuelle à grande échelle ? Mais, en posant les bases d’une véritable « écosophie », il nous indique ce qu’il nous reste à faire : inventer de nouvelles formes de coexistence au sein d’un univers entièrement repensé.

Maxime Rovère (Le Magazine littéraire, mars 2009)