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19/05/2018

Quand l'économie devient religion...

Les éditions Grasset viennent de publier un essai de Stéphane Foucart intitulé Des Marchés et des Dieux - Comment l'économie devint religion. Journaliste, spécialiste des questions de sciences et d’environnement, Stéphane Foucart est l'auteur de La Fabrique du mensonge. Comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger (Denoël, 2013).

 

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" 2007-2008  : la crise des subprimes plonge le monde dans la stupeur. Personne, ou presque, ne l’a vue venir, et surtout pas les économistes mainstream. L’économie n'était-elle pas censée être une science infaillible ?
Peut-être est-ce tout le contraire. Dans l’Occident post-religieux, le discours économique semble avoir pris la place du sacré. Ce culte a pour principe divin le Marché, incarné par une multitude de Marchés dont l’appétit n’est apaisé que par la croissance. Il a pour valeur cardinale la liberté d’entreprendre, pour idéal l’équilibre et pour credo l’infinitude du monde, condition à la satisfaction des dieux. Il a ses temples, ces grandes bâtisses d’allure gréco-romaine où valsent les indices, reflets des humeurs divines changeantes  . Il a ses rites de consommation ; il a son clergé, la finance, et ses archiprêtres, les grands banquiers centraux, seuls capables d’apaiser la colère des dieux.
Progressivement, depuis le XVIIIe siècle, l’économie a acquis l’autorité dont était investie la religion. Elle ne s’attaque plus à l’astronomie et à la biologie, comme le christianisme avant elle, mais s’en prend à l’écologie et à toutes les sciences qui fixent des limites au Marché. Le nouveau Jupiter, c’est lui.
Une fascinante enquête historico-économique à la recherche des ressorts profonds du système économique qui nous régit. "

11/12/2016

Tour d'horizon... (119)

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Au sommaire cette semaine :

- sur Philit, Adrien Boniteau analyse la situation actuelle en s'appuyant sur les écrits de l'historien et économiste austro-hongrois Karl Polanyi...

Karl Polanyi : réencastrer l'économie dans la société

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 - sur The Conversation, Harriet Dempsey-Jones revient sur notre capacité à détecter le regard d'autrui...

Un sixième sens ? L’étrange sensation que des yeux nous surveillent…

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- sur le site de la revue Défense nationale, Eric Pourcel s'intéresse aux implications, dans le champ de la défense, du génie génétique...

Le génie génétique est-il devenu une arme de destruction massive ? L’affaire CRISPR-Cas9

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05/11/2014

L'erreur de calcul...

Les éditions du Cerf viennent de publier L'erreur de calcul, une charge vigoureuse de Régis Debray contre la gauche sociale-libérale et sa vision de la politique réduite à l'économie et à la gestion. Incisif et sans concession...

 

 

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" « Les déclarations d'amour marquent rarement un tournant historique, mais nos annales retiendront sans doute le "J'aime l'entreprise" lancé par un éphémère Premier ministre au Medef un jour d'août 2014.

Les cris du coeur ont leur ambiguïté. Celui-ci est à longue portée. Comment l'interpréter au juste ? » "

05/11/2012

Misère de la pensée économique...

Les éditions Fayard viennent de publier un nouvel essai de Paul Jorion intitulé Misère de la pensée économique. Anthropologue et économiste, Paul Jorion avait prévu dès 2004 la crise des subprimes dans son livre, refusé par plusieurs éditeurs, Vers la crise du capitalisme américain (La Découverte, 2007). Il a publié en 2011, chez le même éditeur, Le capitalisme à l'agonie.

 

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"Au plus fort de la crise, le silence des économistes est assourdissant, tout comme l’impuissance des élites politiques et des dirigeants financiers. Et pour cause : ils sont bien peu nombreux à avoir su anticiper les événements qui ont eu lieu depuis 2007. Comment la machine a-t-elle pu s’emballer à ce point sans faire réagir ceux qui avaient le pouvoir et les capacités d’éviter les catastrophes en chaîne ? Comment la pensée économique a-telle pu se fourvoyer autant ? Pourquoi n’est-elle pas capable d’inventer des solutions audacieuses et enfin efficaces ? 
Après avoir annoncé un Capitalisme à l’agonie, Paul Jorion poursuit sa réflexion sur l’état du monde financier. Ce qu’il révèle est édifiant : la « science » économique n’en est pas une, mais nous trompe en s’en donnant les apparences. Constatant les errements d’une doctrine qui n’a fait qu’encenser la « machine à concentrer la richesse », laquelle déraille tragiquement aujourd’hui, Paul Jorion bouscule les dogmes établis et propose des voies inédites pour l’avenir : le temps de la solidarité est venu."

16/04/2012

La société pornographique...

Les éditions Bourin viennent de publier La société pornographique, un essai de Jean-Paul Brighelli. Normalien, professeur agrégé de Lettres, Jean-Paul Brighelli est l'auteur de plusieurs essais sur l'éducation et l'école, comme La fabrique du crétin : la mort programmée de l'école (Jean-Claude Gawsewitch, 2005). Il dénonce, en particulier, les dégats dramatiques provoqués par la mise en application de la Nouvelle Pédagogie développée par Philippe Meirieu et ses épigones.

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"La pornographie assigne, impose, ordonne. Elle est la taylorisation de l’individu. L’érotisme est son exaltation. L’une est libérale, l’autre est résolument libertaire – ou libertin.
La société pornographique met l’homme et la femme à la chaîne, en feignant de les libérer. Elle les segmente, en évitant de garder la tête – le sexe lui suffit. Elle tue le désir en prétendant le combler. Elle fait le vide. Elle fait le rien.
Le monde libéral est d’essence pornographique. L’économie a trouvé sa transcription libidinale, et le désir s’exprime en termes de marché.
L’obscène est sur la Toile, il est aussi dans les discours des politiques, les comportements des industriels, les prétentions des artistes. La Société pornographique est l’analyse globale d’un monde où l’Avoir s’est substitué à l’Être – et l’a éliminé."

 

 

13/12/2011

La subsistance de l'homme...

Les éditions Flammarion viennent de publier La subsistance de l'homme, un ouvrage de Karl Polanyi. D'origine hongroise, historien, économiste et anthropologue, Karl Polanyi est l'auteur de La Grande Transformation - Aux origines politiques et économiques de notre temps (Gallimard, 1983 ; rééd. 2009), un essai publié initialement en 1944, qui a fait date. Il s'oppose à la vision libérale du monde ainsi qu'au rôle central du marché et défend le principe d'une économie encastrée dans la société.

 

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"Ce recueil de textes posthumes livre, à travers une étude socio-historique, une interprétation de la nature et des racines de l'économisme contemporain.

Penseur majeur de l'économie de marché et historien du libéralisme, Karl Polanyi reste l'un des rares théoriciens capables de nous aider à comprendre la nature du libéralisme en économie et à reconnaître les limites actuelles de nos démocraties. La Subsistance de l'homme - ouvrage inachevé paru aux États-Unis en 1977, et enfin disponible en français - prolonge et complète son oeuvre magistrale, La Grande transformation. Polanyi y formulait une critique de l'utopie libérale du XIXème siècle à l'origine du mouvement social d'autoprotection, de l'"État providence", aujourd'hui encore fortement menacé.

En prenant le parti d'analyser la subsistance de l'homme sur une très longue période historique, Polanyi offre ici une interprétation originale de la nature et des racines de l'économisme contemporain. L'économie des sociétés primitives, de la vieille Babylone, de l'Égypte ancienne et du royaume du dahomeu au XVIIIème siècle permet de repenser l'universalité et la spécificité des relations sociales et des modes d'"encastrement" de l'économie au sein de la société. Dans la grèce antique, le commerce extérieur, les usages de la monnaie et l'émergence de marchés à l'échelle locale ou méditerranéenne sont autant d'exemples où l'échange était subordonné à la réciprocité et à la redistribution et où l'économie était étroitement liée au politique.

Derrière ce travail de recherche, exigeant et exceptionnel, se déploie l'une des grandes pensées humanistes du XXème siècle, aujourd'hui indispensable pour desserer l'emprise que la logique libérale exerce sur notre représentation de l'économie et du monde."