En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
Les éditions Delcourt viennent de publier Paris brûle encore, une nouvelle bande-dessinée uchronique de la collection Jour J. Comme dans L'imagination au pouvoir, un volume précédent, les événements de mai 68 ont tourné à la guerre civile... Et en 1976, une force d'interposition de l'ONU est installée dans Paris pour tenter de séparer les milices rivales (punks anarchistes, combattants du Christ Roi, militants du SAC,...). La guerre civile et la présence de forces internationales favorisent évidemment quelques trafics lucratifs... Les scènes de combat dans un Paris dévasté, dessinées par Damien, sont étonnantes. Mais - autant prévenir les personnes sensibles - la fin de l'histoire concoctée par les scénaristes, Fred Blanchard, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau, est proprement terrifiante : l'ONU réussit à reprendre la main, et en 1980, Jean Lecanuet (le "Kennedy" français...), grâce à l'argent de la CIA, devient président de la République, et en 1987, Michel Rocard est bien placé pour lui succéder !... Et pourquoi pas plus tard François Hollande président !... Heureusement, tout cela n'est qu'une uchronie...
"Suite à la mort suspecte du général de Gaulle durant la révolution de Mai 68, la guerre civile s'installe durablement en France. Huit ans plus tard, Paris est devenue une ville martyre, une zone de non-droit et d'affrontements entre factions rivales. C'est dans ce chaos que débarquent de nouvelles troupes de l'ONU, accompagnées d'un photographe de guerre dont la présence dépasse le seul cadre du reportage..."
Et s'ils avaient gagné ? Et si la guerre ne s'était pas terminé en 1945 ? C'est sans doute le thème le plus rebattu, avec plus ou moins de talent, de la littérature uchronique... Alors, quoi de neuf, dans le genre, sur les étagères de vos libraires préférés ?
Un chef d'oeuvre, d'abord, avec le célèbre roman de Philip K. Dick, Le Maître du Haut Château, que les éditions J'ai Lu viennent de rééditer dans une nouvelle traduction, avec en prime les deux premiers chapitres de la suite qu'il n'a jamais pu achever...
"1948, fin de la Seconde Guerre mondiale et capitulation des Alliés ; le Reich et l'Empire du Soleil levant se partagent le monde. Vingt ans plus tard, dans les Etats-Pacifiques d'Amérique sous domination nippone, la vie a repris son cours. L'occupant a apporté avec lui sa philosophie et son art de vivre. A San Francisco, le Yi King, ou Livre des mutations, est devenu un guide spirituel pour de nombreux Américains, tel Robert Chidan, ce petit négociant en objets de collection made in USA. Certains Japonais, comme M. Tagomi, grand amateur de culture américaine d'avant-guerre, dénichent chez lui d'authentiques merveilles. D'ailleurs, que pourrait-il offrir à M. Baynes, venu spécialement de Suède pour conclure un contrat commercial avec lui ? Seul le Yi King le sait. Tandis qu'un autre livre, qu'on s'échange sous le manteau, fait également beaucoup parler de lui : Le poids de la sauterelle raconte un monde où les Alliés, en 1945, auraient gagné la Seconde Guerre mondiale..."
On peut aussi trouver le cinquième tome de la série Block 109, Ritter Germania, de Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat, qui vient de sortir aux éditions Akileos. Ambiance crépusculaire garantie...
"Février 1950, Wilhelm Frick, Reichsleiter, est découvert pendu dans une ruelle de Berlin. Le crime est clairement signé : Rittergermania. Frick est le deuxième haut fonctionnaire du régime à être victime de l’ancienne « star » du Reich et tout laisse à penser qu’il ne sera pas la dernière. L’affaire ne pouvant plus être laissée aux services de police, le Reichsführer Reinhardt Heydrich s’en empare et confie l’enquête au SS-Brigadeführer Henning Von Tresckow. La chasse à l’homme est alors lancée..."
Enfin, on peut découvrir une nouvelle série Wunderwaffen et son premier tome, Le pilote du diable, de Richard D. Nolane et Maza, publiée aux éditions Soleil...
"1946 : les armes volantes spéciales des Nazis déciment les avions alliés. Mais le pire reste encore à venir… En cet été 1946, les Japonais ont été battus mais la Seconde Guerre mondiale continue en Europe après l’échec surprise du débarquement allié, le 6 juin 1944. D’étranges avions à réaction totalement révolutionnaires, surnommés Wunderwaffen (« Armes miracles »), défendent désormais efficacement l’Allemagne. Le major Walter Murnau, tête brûlée, homme d’honneur et talentueux pilote de Wunderwaffen, se retrouve décoré par Adolf Hitler, atrocement mutilé lors d’un attentat, qui lui inspire crainte et dégoût. Le voilà publiquement surnommé « Le pilote du Diable »… Il devient alors l’icône d’un régime qu’il déteste. Sans se douter que même pour le « Pilote du Diable », l’enfer n’est jamais loin..."
Avec New york 1947, Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat sont de retour dans leur univers uchronique, particulièrement sombre et violent, celui de Block 109, leur série publiée chez Akileos. Le raid dans lequel ils nous emmènent au milieu des ruines de l'orgueilleuse métropole n'a rien d'une promenade de santé... On s'amusera évidemment à relever les citations cinématographiques et les détournements choc de photographies célèbres...
"18 décembre 1947, les six membres du commando spécialement constitué pour l’« Opération Extraction ,» sont largués au sommet d’un des rares buildings de New York encore debout. Ils ont vingt-quatre heures pour récupérer des documents classés top secret dans le coffre-fort d’une banque de la mégapole ravagée par le feu nucléaire et un virus expérimental."
Nous vous signalons la parution au mois de juin dernier d'une bande-dessinée assez savoureuse, publiée au éditions Delcourt dans la collection Jour J et intitulée L'imagination au pouvoir ? Les auteurs, Duval, Pécau et Mr Fab, ont imaginé un polar politique dans une France uchronique où mai 68 a dégénéré en guerre civile. Un ancien de l'OAS, un peu rude mais sympathique, qui a été trahi par des jeunes loups de la droite gaulliste, revient après quelques années d'absence et arpente un Paris reconstruit dans une architecture psychédélique pour régler quelques comptes... On croise au fil des pages François Mitterrand, Jacques Chirac, Daniel Cohn-Bendit, Serge July, Bob Woodward, Brigitte Bardot et d'autres... Ceux qui connaissent l'histoire politique des années 70 apprécieront les clins d'oeil !...
Mai 68. La chienlit est partout. Craignant de se retrouver dans une situation pire qu’en Mai 40, le Général De Gaulle décide de faire convoyer le plus discrètement possible pendant les « évènements » 200 millions de francs vers le château de Vincennes pour parer à une aggravation de la situation... Mais celle-ci dérape plus vite que prévu : De Gaulle meurt dans un crash d’hélicoptère en allant voir le général Massu et les 200 millions disparaissent dans un casse mené de main de maître. Des manifestations populaires on passe rapidement à une révolution parisienne puis à une guerre civile : Massu envoie les chars et l’armée nettoyer Paris. Dans la tourmente, l’un des braqueurs est laissé pour mort avant de réapparaitre cinq ans plus tard et de réclamer sa part du gâteau à ces anciens collègues. Oui mais voilà, ceux-ci gravitent désormais au plus haut de l’Etat et ne sont pas particulièrement ravis de le revoir… Savoureuse « re »lecture de la scène politique française post-68, ce Jour J est, à mes yeux, le meilleur du lot : Graphismes sublimes et sublimés par Mr Fab, polar bourré de références à peine voilées sur les mœurs de nos princes, et réflexion lucide et désabusée sur le pouvoir et ce qu’on est prêt à faire pour l’obtenir ou le garder. Une œuvre forte, cynique, aboutie et menée à 100 à l’heure.
"Quand un événement se produit, nous nous acharnons à en chercher les causes, à en établir les faits à partir des traces, des indices et des témoignages disponibles. En enquêtant, il faut choisir, laisser de côté des éléments, faire silence sur d'autres ou les valoriser. Sachant ce qui s'est passé, nous reconstruisons la marche du temps en oubliant de ce fait combien l'avenir est apparu chaque fois incertain."
Nous vous signalons la réédition en collection de poche, aux éditions Odile Jacob, de Et si on refaisait l'histoire ? des historiens Anthony Rowley et Fabrice d'Almeida. L'ouvrage propose quelques essais d'histoire virtuelle ou contre-factuelle, ou, pour le dire autrement, aborde d'une façon sérieuse et raisonnée les uchronies chères aux auteurs de science-fiction. L'exercice, couramment pratiqué par les historiens dans les pays anglo-saxon - voir la série des What if ? de Robert Cowley, ou le Virtual history (Basic Books, 2000) de Niall Ferguson - est beaucoup plus rarement tenté en France. D'une lecture agréable, l'ouvrage, par rebond, amène à réfléchir sur les choix du présent... L'Histoire est ouverte !
"Il y a des moments où l'histoire hésite. Alors, la décision d'un homme, le sort d'une bataille, la découverte ou l'accident imprévus représentent autant de carrefours au sortir desquels l'histoire d'un peuple, voire du monde, prend une direction précise. Si Ponce Pilate avait gracié Jésus, si les Arabes avaient gagné la bataille de Poitiers contre Charles Martel, si Louis XVI avait réussi à quitter la France et Napoléon III à empêcher la guerre de 1870, si les Allemands avaient gagné en un mois celle de 1914 et si les Américains n'avaient pas lâché la bombe atomique sur le Japon... Chacun sent bien que la longue durée historique autant que certains aspects de la vie quotidienne en auraient été modifiés. C'est sur ces hypothèses surprenantes que s'écrivent les histoires potentielles ici racontées."
Après le crépusculaire Block 109, Ronan Toulhoat et Vincent Brugeas explorent avec Opération Soleil de plomb, publié chez Akileos, une nouvelle facette de l'uchronie inquiétante et totalitaire qu'ils ont imaginée. L'impact visuel du dessin est toujours aussi impressionnant ! Une série à suivre...
"Octobre 1946, la SS entre au Congo belge, afin de prendre le contrôle de ses mines d'uranium et de coltan. Sur place, la résistance commandée par le colonel Leclerc, met les forces allemandes à rude épreuve. Le Reich décide alors d'y envoyer une unité constituée d'hommes des Légions pénales. Sa mission : trouver Leclerc et ses hommes, et les éliminer.
Dans l'univers uchronique de Block 109, Opération Soleil de plomb vous plongera au cour des ténèbres africaines, dans une chasse à l'homme acharnée."