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nicolas gauthier

  • AfD, ou le grand retour du théâtre antifasciste !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Nicolas Gauthier cueilli sur le site de la revue Éléments et consacré à la victoire de l'AfD, le parti populiste allemand, aux élections dans le Land de Saxe-Anhalt...

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    AfD, ou le grand retour du théâtre antifasciste !

    Ce lundi 7 septembre, les démocrates ont mal à leur démocratie. Et les humanistes à leur humanité. Les grandes douleurs sont généralement muettes. Pas les leurs, depuis les 45 % emportés par l’AfD populiste, dans le land allemand de Saxe-Anhalt.

    En période de trouble politique, ne jamais oublier l’adage du cinéaste Max Pécas, sorte d’Alain Duhamel, le politologue qu’on sait, en un peu moins pointu, toutefois : « On se calme et on boit frais à Saint-Tropez ! » Ces mots immortels n’ont manifestement pas été retenus par l’ensemble d’une classe politique européenne peinant aujourd’hui à cuver sa gueule de bois. Il ne faut jamais abuser du jus de quinoa ; tous les spécialistes savent ça. Ainsi donc, le nazisme serait à nos portes, ou un bidule approchant, alors qu’on ne sait même pas encore si l’AfD aura la majorité nécessaire pour gouverner le land en question. Il est fait état des voix du BSW, formation de gauche populiste et souverainiste. Voir même celles de quelques élus chrétiens-démocrates de la CDU, pour que le compte y soit.

    Pour L’Humanité, il s’agit d’un « affreux bégaiement de l’histoire ». Libération a globalement la même une : « En Allemagne, le choc fasciste. » Tout dans la nuance. Le défunt Lionel Jospin ne disait pas autre chose en évoquant le « théâtre antifasciste ». Quant au Monde, une tribune évoque « le symptôme d’une maladie chronique de la démocratie allemande. » Le populisme relèverait donc plus d’une pathologie que d’un simple choix politique. À quand son remboursement à 100 % par la Sécu ? Voilà qui tomberait à point nommé, tant il est de notoriété publique que les caisses de cette dernière sont pleines à craquer.

    La chute des partis de gouvernement…

    Après tout, ceux qui filent la métaphore médicale n’ont pas tout à fait tort, sachant que si on leur administrait quelques calmants savamment dosés, ils ne s’en porteraient que mieux. D’où cette piqûre de rappel relative à ce qu’est l’AfD. Il s’agit d’un mouvement populiste, tel que plus haut écrit, qui doit principalement son succès à un trop plein d’immigration, tel l’accueil inconditionnel par l’ancienne chancelière Angela Merkel, en septembre 2015 de plus d’un million d’immigrés, principalement venus de Syrie. D’où ce sentiment de dépossession culturelle, éprouvé par une proportion grandissante d’Allemands, phénomène que l’on peut d’ailleurs observer partout en Europe. Sentiment d’autant plus amer que l’ancienne RDA demeure encore le parent pauvre de la réunification allemande.

    Il y a encore cette autre colère : celle consistant à ne pas se sentir entendu par les partis de gouvernement, chrétiens de la CDU et de la CSU au premier chef. Mais aussi sociaux-démocrates du SPD, sans oublier les écologistes (Grüne) et les gauchistes radicaux (Die Linke). Bref, rien que de très banal sur notre vieux continent ; les pays voisins de l’Allemagne éprouvant tous globalement semblable ressentiment vis-à-vis d’une classe politique majoritairement donnée pour incompétente et usée. Ensuite, qui sont les gens de l’AfD ? Comme toujours dans ce type de mouvement, il y a un peu de tout et beaucoup de rien.

    Une chancelière lesbienne pour l’Allemagne…

    Alice Weidel, sa présidente, présente ainsi un profil pour le moins particulier et pas tout à fait raccord avec l’idée que l’on peut se faire des sections d’assaut d’un futur IVème Reich. Lesbienne revendiquée, elle vit en couple avec une immigrée sri-lankaise de nationalité suisse. Elles se sont fait fabriquer deux enfants, grâce à deux généreux géniteurs dont on ne sait s’ils ont été ou non rétribués. Nous sommes donc loin d’un « ordre moral » revendiqué, mais plutôt d’enfants de Mai 68 qui auraient mal tourné. Quant à son co-président, l’ancien décorateur Tino Schrupalla, on dira, pour demeurer poli, qu’il a plus une tête de gondolier vénitien que d’un possible chancelier allemand. Pour ce qui est d’Ulrich Siegmund, le héros du jour en Saxe-Anhalt, il était autrefois vendeur de parfums, honorable métier soit dit en passant, et qui a mené sa campagne sur une mobylette Simson, symbole cacochyme de la défunte RDA. S’il y a nostalgie chez lui, ce serait plus celle d’Erich Honeker que d’Adolf Hitler. Mais il faut bien de tout pour faire un monde ; surtout dans celui du populisme.

    Si c’est ça, « L’homme le plus dangereux d’Allemagne », tel que titré en couverture de Der Spiegel, nos voisins d’Outre-Rhin peuvent dormir sur leurs deux oreilles. On notera d’ailleurs qu’Ulrich Siegmund s’est fait un plaisir de dédicacer à tours de bras l’hebdomadaire en question à ses fans. Et le sens de l’humour, avec ça. Paradoxalement, c’est Libération qui calme le jeu, sous la plume de Christophe Bourdoiseau, son envoyé spécial à Magdebourg, sur ses lieux du cataclysme. Interrogeant les passants, on apprend ainsi : « Dans une pizzeria de Magdebourg, deux serveurs assurent n’avoir aucune inquiétude pour leur avenir. “Vous savez, moi, je suis Italien. Alors cela ne me concerne pas. L’autre, d’origine libanaise, est tout aussi imperméable à ce choc électoral. “Ça fait vingt ans que j’habite à Magdebourg. J’ai des amis de tous les bords politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche. L’important, c’est de bien se tenir et de s’intégrer”, explique-t-il. »

    À en croire La Tribune dimanche, il y aurait pourtant péril en la demeure : « Manuela, prof de mathématiques et de physique a lu attentivement le programme de l’AfD. “Enlever le drapeau arc-en-ciel et ne laisser que le drapeau allemand devant les écoles, cela peut sembler un détail, mais c’est retirer un symbole de tolérance. C’est le signe d’une fermeture d’esprit”. » On avait pourtant cru comprendre le contraire : les mœurs particulières d’Alice Weidel sont de notoriété publique et cela ne l’empêche pas d’être adulée par les militants de l’AfD. Comme s’ils étaient finalement moins en proie à la « fermeture d’esprit » que certains.

    Notons encore que, ironie de l’histoire, Fabien Roussel annonçait, le même jour, sa candidature à la prochaine élection présidentielle. À sa place, celle du premier de nos communistes, on se poserait cette question consistant à savoir pourquoi les anciens habitant de l’Allemagne de l’Est plébiscitent-ils aujourd’hui le populisme ?

    Fabien Roussel pourra toujours en discourir autour d’un barbecue, avec ses derniers militants. Au bout de quelques merguez, lui et ses amis comprendront peut-être que le peuple est plus enclin au bon sens (celui de l’AfD dont le programme n’a rien de véritablement fracassant), qu’à de fumeuses idéologies. Telles, celles développées par le PCF, à en lire L’humanité : « Notre projet doit s’articuler à notre plan climatique, aux luttes féministes et antiracistes. » Seulement voilà, poursuit ce quotidien : « Les salariés nous parlent de la dégradation de leurs conditions de vie et commencent à voter RN, alors qu’ils sont parfois métis, originaires d’Outre-mer. »

    Au moins les camarades de l’ancienne RDA ont-ils résolu cette douloureuse équation en votant pour les intérêts du peuple ; ce qui n’est finalement pas si incongru, en démocratie.

    Nicolas Gauthier (Site de la revue Éléments, 8 septembre 2026)

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  • Les snipers de la semaine... (315)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur le site de la revue Éléments, Nicolas Gauthier crible de fléchettes empoisonnées quelques valeureux contempteurs de Jean-Marie Le Pen qui sont tombés de leur piédestal...

    Patrick Bruel, dernière victime de la malédiction de Lepenkhâmon ?

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    - sur Hashtable, H16 allume la Commission européenne incapable de favoriser la croissances de licornes européennes...

    Comment l’épargnant européen finance assidument les licornes américaines qui vont l’écraser

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  • Les snipers de la semaine... (310)

     

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur le site de la revue Éléments, Nicolas Gauthier rafale le système médiatique qui veut faire monter le sauveur de l'extrême-centre...

    Édouard Philippe : ultime recours du « système » et prêt à faire don de sa personne à la France ?

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    - sur Acrimed, Pauline Perrenot dézingue les médias qui ont complaisamment relayé la campagne de communication de l'ambassadeur d'Israël en France à propos de la guerre contre l'Iran...

    Dans l’audiovisuel, un tapis rouge pour l’ambassadeur d’Israël

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  • Les snipers de la semaine... (310)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur le site de la revue Éléments, Nicolas Gauthier allume les influenceurs "français" expatriés à Dubaï pour des raisons fiscales dont le patriotisme s'est brutalement révélé depuis le début de la guerre contre l'Iran...

    Plus fort que la téléréalité : les bronzées à Dubaï

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    - plus sérieusement, sur Hashtable, H16 prend dans sa ligne de mire l'OTAN dont les dernières manœuvres en Estonie ont montré l'inadaptation des moyens militaires terrestres face à la guerre des drones...

    Drones vs OTAN : on a perdu la 7ème compagnie

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  • USA/ Venezuela : géopolitique et retour aux réalités oubliées...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Nicolas Gauthier, cueilli sur le site de la revue Éléments et consacré à l'opération des États-Unis au Venezuela.

     

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    USA/ Venezuela : géopolitique et retour aux réalités oubliées

    « J’avais l’impression de regarder une série télévisée », aurait affirmé Donald Trump en regardant, en direct, l’équipée américaine au Venezuela. Passé l’effet de sidération médiatique, un état des lieux s’impose.

    Le moins qu’on puisse prétendre est, qu’en France comme en Europe, les réactions demeurent de convenance, à l’exception de La France insoumise, résolument contre, et de Giorgia Meloni, présidente italienne du Conseil des ministres, résolument pour. Si les autres autorités, de l’Élysée au Rassemblement national, en passant par Les Républicains et le Parti socialiste, condamnent cette violation manifeste du droit international, le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne s’indignent guère plus que ça. À quoi bon, d’ailleurs ? Certes, le discours de Dominique de Villepin à la tribune de l’ONU, en 2003, s’il avait sauvé l’honneur du Vieux continent, n’avait en rien empêché les USA de partir en guerre contre l’Irak avec le succès qu’on sait. Comme quoi le pouvoir de la parole ne compte que si sous-tendu par le pouvoir véritable, celui des armes. Si Villepin fut entendu ; Trump, lui, est écouté. La nuance est de taille.

    Ne pas confondre Maduro et Chávez…

    Autre nuance ayant manifestement échappée à nombre de nos confrères : Nicolás Maduro n’est pas Hugo Chávez. Le second fut un leader charismatique, populiste et nationaliste, doublé d’un bâtisseur, ayant été le premier chef d’État vénézuélien à vouloir sortir son pays du piège d’une rente pétrolière confisquée par les oligarchies locales en tentant de diversifier l’économie locale et en mettant tout en œuvre pour extirper le peuple d’une pauvreté structurelle. Une lutte qui s’inscrivait dans celle de son compatriote Simón Bolívar, l’homme qui, après avoir rompu avec la couronne espagnole, refusait la tutelle yankee sur l’Amérique latine. Une sorte de troisième voie d’alors, en quelque sorte.

    Le parcours du premier est tout autre. Issu de la petite bourgeoisie de Caracas, il adhère tôt à La Ligue socialiste, un groupuscule marxiste, où il officie comme garde du corps avant d’être envoyé à Cuba, à l’école des cadres communistes. Un apparatchik sans réelle envergure donc, coupé des réalités d’un peuple qu’il ne connait finalement pas tant que ça. D’où cette dérive de plus en plus autoritaire qui répugnait à son auguste prédécesseur. Pour s’en convaincre, il suffit de relire Que la bête meure, l’un des meilleurs SAS consacrés au sujet, à l’occasion duquel Gérard de Villiers explique comment la CIA a protégé Hugo Chávez contre des tentatives d’assassinat ourdies par la haute société vénézuélienne, blanche il va de soi, contre celui qu’elle tenait pour un communiste à moitié Indien. La Maison-Blanche semblait alors tenir cet autocrate pour une personnalité respectable avec laquelle il fallait, bon an mal an, compter. Manifestement, cette époque n’est plus depuis longtemps.

    La prégnance de la doctrine Monroe…

    Après, comment dire, on s’étonne que nos confrères puissent faire mine de s’étonner devant un tel coup de force. Les plus érudits évoquent le retour de cette doctrine Monroe, développée dès 1823 par le président James Monroe qui annonçait que le Sud du continent américain avait vocation à être la chasse gardée de Washington. Depuis, les gouvernements ont pu changer d’étiquette, mais Démocrates et Républicains ont toujours appliqué la doctrine en question ; avec des gants, parfois, le plus souvent sans. Dès 1901, Cuba est occupé par les USA, alors que l’île vient tout juste de s’émanciper de Madrid, passant, de fait, d’une tutelle à une autre. Inutile de rappeler l’épisode tragicomique de la Baie des cochons, en 1961, quand la CIA tente de débarquer Fidel Castro, qui avait préalablement lui-même débarqué Fulgencio Batista, son prédécesseur installé au pouvoir par la Maison-Blanche. Hormis les putschs à répétition organisés en Amérique latine par les services secrets américains, on se souviendra de deux autres expéditions préfigurant celle qui vient d’avoir lieu au Venezuela.

    En 1983, sous le premier mandat de Ronald Reagan, les forces spéciales américaines sont parachutées sur l’île de la Grenade, dont le gouvernement, mené par un Conseil militaire révolutionnaire, tend à se rapprocher du régime castriste. Si l’heure n’est pas encore aux séries télévisées, la dimension hollywoodienne de l’événement pousse Clint Eastwood à réaliser l’un de ses films les plus crétins, Le Maître de guerre (1986). En 1989, c’est au tour de George Bush d’envahir le Panama et d’y kidnapper son président, Manuel Noriega, pourtant agent quasi-officiel de la CIA, mais narcotrafiquant officieux. En 1992, il est condamné à quarante ans de prison par le tribunal de Miami.

    Bref, et tel que plus haut rappelé, rien de bien neuf sous le soleil. Les nations fortes imposent leur loi aux pays faibles. D’ailleurs, que fut la Françafrique ? Des coups d’état à l’occasion desquels l’Élysée se débarrassait de potentats devenus encombrants pour les remplacer par d’autres, plus accommodants. Mais, autrefois, on y mettait les formes, de façon plus ou moins hypocrite. Le véritable changement, c’est que Donald Trump n’a que faire de ces bonnes manières. Il dit ce qu’il va faire et fait ce qu’il a dit. Au contraire d’un Woodrow Wilson par exemple qui, président américain de 1913 à 1921, fut à l’origine de la Société des Nations, cette instance internationale censée mettre fin à toutes les guerres, sans parvenir à empêcher aucune. Un humanisme qui ne l’encombre pas, en 1914, quand il s’agit d’envahir le Mexique et de s’y installer trois ans. Dans le même temps, il intervient militairement à Haïti et en République dominicaine, au motif que les intérêts américains y étaient menacés. Pas mal pour un pacifiste ; même si par ailleurs il était grand admirateur du Ku-Klux-Klan et à l’origine de la Prohibition. À ta santé, Woodrow…

    L’effacement diplomatique de la France…

    Il y a deux sortes de satrapes. Ceux qui se comportent comme tels et qui l’assument. Et ceux qui font de même tout en administrant des leçons de morale à la terre entière. À tout prendre, il n’est pas interdit d’opter pour les premiers. Donald Trump correspond assez bien à cette définition. Tout comme ses homologues russes et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping. Après, on est en droit de préférer Bernard Kouchner : tous les mauvais goûts sont dans la nature. Fortuitement, ce sont ceux des instances européennes, encore persuadées qu’une loi contre la guerre suffit à mettre la guerre hors la loi, alors la guerre a ses propres lois depuis que l’homme est homme ; celle du plus fort prévalant, généralement. En revanche, le génie de la diplomatie a longtemps consisté à les éviter, non point au nom d’un manichéisme infantile (défendre les gentils contre les méchants), mais en raison d’intérêts réciproques bien compris. Ainsi, la guerre d’Ukraine aurait pu être évitée si le Quai d’Orsay était devenu autre chose qu’une officine néoconservatrice sous influence américaine. Car ce sont bien les USA qui ont acculé la Russie à la guerre, tout comme ils l’avaient autrefois fait, en 1990, avec l’Irak, poussant Saddam Hussein à envahir le Koweït.

    En ce sens, l’équipée américaine au Venezuela participe d’une toute autre logique, puisque, franchise trumpesque oblige, il affirme que ses armées sont là pour s’enrichir avec le pétrole local. Une telle honnêteté est proprement désarmante, si l’on peut dire en la circonstance. Idem pour ce Groenland qui pourrait bientôt connaître le même sort. Car malgré ses allures de brute inculte, Donald Trump semble avoir quelques lettres en matière historique. À ce titre, faut-il savoir qu’en 1867, les États-Unis proposaient déjà au Danemark de leur acheter ce fichu Groenland, offre renouvelée en 1946 par le président Harry Truman et, en 2019 par… Donald Trump, lors de son premier mandat. À croire que notre homme a de la suite dans les idées et que ce qui pourrait passer pour l’une de ses énièmes lubies, est de longue date ancrée dans la politique de la Maison-Blanche.

    Après, objectent les derniers tenants de l’ordre international, ce qu’a fait Trump au Venezuela dédouane en quelques sorte ce que Poutine fait en Ukraine ou que Jinping pourrait faire à Taïwan. Ce n’est pas faux. Mais l’un ne ressent plus guère le besoin de se justifier, pas plus que l’autre n’aura éventuellement envie de faire de même, sachant qu’il estime que cette île fait partie intégrante de la Chine. Ce qui est d’ailleurs conforme au fameux “droit international”.

    Mais, après la politique étrangère, quid de la politique intérieure ? Donald Trump a précisément été réélu pour pleinement s’y consacrer. D’où la colère d’une partie de son électorat MAGA à tendance isolationniste, qui voit mal l’intérêt qu’il y a à bombarder l’Iran pour le compte d’Israël et à maintenant envahir le Venezuela, en attendant que vienne le tour de Cuba ou de la Colombie. Ce d’autant plus que si ce raid éclair a été couronné de succès, avec sûrement des complicités intérieures au plus haut niveau, quid de la suite ? Il n’y a pas que les Arabes à savoir mener des guérillas, les Sud-Américains s’y connaissant plus qu’un peu. Soit un problème qui risque de bientôt se poser en termes électoraux, sachant que l’électorat hispanique, de plus en plus incontournable aux USA, a en partie fait sa victoire en 2025, pourrait le défaire à l’occasion des élections de mi-mandat qui s’annoncent. À force d’avoir trop de fers on feu, il peut arriver qu’on puisse se brûler. Une préoccupation qui, manifestement, n’encombre pas plus que ça les cervelles de nos technocrates bruxellois, incapable de comprendre que leur nouvel ordre international, ce chaos organisé, ne fut qu’une parenthèse hypocrite et que le réel reprend aujourd’hui ses droits. En admettant toutefois qu’il les ait un jour oubliés. Le passé a encore de l’avenir, dit-on.

    Nicolas Gauthier (Site de la revue Éléments, 6 janvier 2026)

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  • Demain, une Europe sans Européens ?...

    Le nouveau numéro de la revue Éléments (n°217, décembre 2025 - janvier 2026) est en kiosque!

    A côté du dossier consacré à la démographie des peuples européens, on découvrira l'éditorial d'Alain de Benoist, les rubriques «Cartouches», «Le combat des idées» et «Panorama» , un choix d'articles variés et des entretiens, notamment avec David Betz, Ivan Krastev et Dany Robert-Dufour...

    Et on retrouvera également les chroniques de Xavier Eman, d'Olivier François, de Laurent Schang, de Nicolas Gauthier, d'Aristide Leucate, de David L'Epée, de Bruno Lafourcade, de Guillaume Travers, d'Yves Christen, de Bastien O'Danieli, d'Ego Non et de Bernard Rio...

     

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    Au sommaire :

    Éditorial
    Vous avez dit « domination » ? Par Alain de Benoist

    Agenda, actualités

    L’entretien
    L’entretien choc de David Betz : vers une guerre civile européenne? Propos recueillis par Daoud Boughezala

    Cartouches
    L’objet disparu: le scoubidou, par Nicolas Gauthier

    Mes lectures, par Alain de Benoist

    Une fin du monde sans importance, par Xavier Eman

    Cinéma: Chien 51, dystopie crépusculaire, par Nicolas Gauthier

    Curiosa Erotica: Jean-Pierre Bouyxou, homme de toutes les fascinations. Par David L’Épée

    Champs de bataille: il y a ferraille et ferraille. Par Laurent Schang

    Uranie, l’hortothérapeute (IX). Par Bruno Lafourcade

    Littérature. Les choix d’Anthony Marinier

    Un homme, une maison d’édition: Xavier Meystre. Propos recueillis par François Bousquet

    Le droit à l’endroit: l’État de droit, une vieille idée neuve. Par Aristide Leucate

    Économie. Par Guillaume Travers

    Bertrand Lacarelle, écrivain forlongueur. Par Olivier François

    Bestiaire: Kant, le chien et l’ornithorynque. Par Yves Christen

    Sciences. Par Bastien O’Danieli

    Le combat des idées
    Taxe Zucman: panacée ou illusion ? Par Guillaume Travers

    Le miracle européen : la « grande divergence », apogée et épuisement. Par Thomas Hennetier

    Ivan Krastev: comment notre monde est devenu illibéral. Propos recueillis par Daoud Boughezala

    Qui sont les Blancs ? Julien Rochedy ouvre le dossier interdit. Par François Bousquet

    « Sale Blanc ! » P.-A. Taguieff, radiographie le ressentiment victimaire. Par François Bousquet

    Thomas Hennetier : « Pas de démocratie sans peuple ». Propos recueillis par François Bousquet

    Dans la tête de Mélenchon. Par Denis Collin

    Badinter au Panthéon: la mort lui va si bien. Par Christophe A. Maxime

    L’histoire secrète d’Enrico Mattei : or noir et stratégie de la tension. Par Gérard Boulanger

    Samuel Fitoussi contre les mandarins : pourquoi les intellectuels se trompent. Par David L’Épée

    Dany-Robert Dufour: baise ton prochain comme il te baisera. Propos recueillis par François Bousquet

    Le droit à la continuité historique contre l’extinction des peuples. Par Gabriel Piniés

    Un pas de côté avec Patrice Jean : le roman n’a pas dit son dernier mot. Par Anthony Marinier

    Hugues Pagan le survivant: la nuit n’a pas d’alibi. Par Gérard Landry

    Yellowstone, la pastorale américaine de Taylor Sheridan. Par François-Xavier Consoli

    Erich Fromm, l’apôtre de la société saine. Par Thomas Hennetier

    Dossier : Démographie: l’hiver des peuples européens
    Gérard-François Dumont : anatomie du déclin démographique français. Propos recueillis par Daoud Boughezala

    Trilemme démographique : immigration, stagnation ou sursaut nataliste ? Par Anthony Marinier

    Le Grand Bond… en arrière du continent noir. Par Loup Viallet

    Le mythe nataliste de l’immigration démenti par les faits. Par Darel E. Paul

    Le crépuscule du désir : comment le Japon se vide sans se renier. Par Nina Pravda

    Jean Raspail: l’homme qui avait tout vu venir. Par Anthony Marinier

    Panorama
    La leçon de philo politique : le rêve aristocratique d’Ernest Renan. Par Ego Non

    Pourquoi une philosophie politique civilisationnelle ? Par Frédéric Saint Clair

    Un païen dans l’Église : inspiration finale à Notre-Dame d’Avesnières. Par Bernard Rio

    « Back to bled! » La remigration selon Renaud Camus. Par François Bousquet

    Éphémérides

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