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marine le pen - Page 7

  • Le militantisme moral ou la gangrène de la politique française ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alexandre Page, cueilli sur Tysol et consacré au besoin pour la France de politiciens en prise avec leur peuple. Alexandre Page est docteur en histoire de l’art et écrivain.

     

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    Le militantisme moral ou la gangrène de la politique française

    Compte tenu de l’omniprésence de son nom dans les médias, il faudrait vivre sur une autre planète pour ne pas avoir entendu parler du dernier séisme des sondages électoraux pour les présidentielles de 2022 : Éric Zemmour, candidat même pas encore déclaré et soutenu par aucun parti serait au second tour des élections présidentielles avec au moins 17 % de promesses électorales.

    Ce séisme n’est cependant pas le plus notoire. Ce qu’il convient de retenir, c’est que ce score n’est pas si éloigné de celui de toute la gauche réunie, et qu’en s’ajoutant à ceux de toute la « droite dure », il représente allégrement le tiers de l’électorat décidé à voter en avril 2022.

    Toutefois, ce que ce sondage traduit, c’est d’abord la lassitude des Français à l’égard des appareils politiques, même celui du président qui avance sous son seul nom lorsque LREM est renvoyé aux oubliettes. Une raison est assez facile à trouver. En vérité, il n’y a plus en France beaucoup de politiciens, espèce qui s’éteint et qui — je m’en expliquerai ci-après — a subi une mort progressive venue de la gauche avant de gagner la droite. Cette maladie qui a tué les politiciens français au fil du temps pour n’en laisser aujourd’hui qu’une faible poignée s’appelle le militantisme moral. Cette notion apparue dans les années soixante se distingue du militantisme politique dans le sens où il repose essentiellement sur des concepts d’ordres humanitaires, sociaux, écologiques, dans une vision à priori trans-partisane et universelle. En soi, ce n’est pas mauvais, mais par définition, le militantisme moral ne fait pas bon ménage avec la politique, un peu comme le chlore avec le nitrate d’ammonium, et aujourd’hui les politiciens français ont laissé place à des militants se prenant pour des politiciens.

    La différence entre le militant et le politicien est fondamentale, car le militant défend une cause, des valeurs auxquelles il tient plus que tout et qu’il va servir utilement dans des associations, des organismes, des fondations… Un politicien, à l’instar de toute autre personne s’engageant à servir l’État, se met au service de son pays, de sa population et doit traduire dans ses actes ce qui ressort du débat démocratique. Pour cela, il doit mettre de côté ses propres dogmes, ses utopies, sa vision du monde, car il est un instrument et non un combattant (définition originelle du militant). Un militant peut être utopiste, un politicien doit être réaliste ; un militant peut vivre en théorie, un politicien doit être pragmatique ; un militant est là pour changer les choses, un politicien est là pour répondre au peuple devant lequel il est redevable. C’est là un principe assez simple à comprendre, mais il s’avère qu’aujourd’hui l’essentiel de nos hommes politiques — et les femmes ne font pas exception, en dépit du sacro-saint génie féminin que nous vantent certaines féministes — est militant. Ils ne sont pas dans la réalité, ils ne sont pas pragmatiques, ils ne se sentent redevables devant personne de leurs actions. Ils sont utopistes, vivent en théorie et se croient tout permis. C’est un phénomène qui est d’abord né à l’extrême gauche avec le décalage croissant entre la réalité du monde et les propos et programmes politiques du NPA, de Lutte ouvrière ou encore du Parti communiste. Ils ne veulent pas se mettre à jour des réalités du monde et restent enferrer contre vent et marée dans leur utopie. Ils ne cherchent pas à écouter les Français, à répondre à leurs problèmes, mais à défendre leur vision du monde déphasée par rapport à la réalité. Ce phénomène a progressivement contaminé toute la gauche et effondré les scores des partis les uns après les autres jusqu’à réduire le PS, jadis invité traditionnel du second tour des présidentielles, à 4 %. Puis il a mangé et mange encore le centre, amalgamé à ce fourre-tout nommé « majorité présidentielle », et la droite qui ressemble fort au noyé tentant de se débattre pour survivre, mais tout proche de voir ses dernières forces le lâcher. Toutes ces chutes, ces dégringolades, viennent du même mal : ces partis ont perdu leurs politiciens troqués contre des militants. Cette situation explique d’ailleurs l’impuissance actuelle de tous à contrer l’ascension d’Éric Zemmour, alors même qu’il semble prêter le flanc avec un programme en délicatesse sur un certain nombre de sujets (culturel, écologique, diplomatique…). Elle explique plus généralement l’appétence des Français pour les candidats souverainistes de droite dure. Comment un homme politique réagirait-il face à cette ascension ? Il chercherait sans doute à comprendre l’origine de ces votes. En en comprenant l’origine, il chercherait ensuite à répondre politiquement par des propositions qui donneraient des solutions aux problèmes et aux réclamations des Français. Enfin, il appliquerait en homme politique le programme qu’il a promis, car il ne se prend pas pour une diva redevable de rien devant personne. Ça, c’est ce que ferait un homme politique, mais pas un militant déguisé en homme politique. Le militant, face à ces votes, va d’abord pleurnicher, s’alarmer, gronder, se répandre en sentiments shakespeariens dans les médias. C’est, par exemple, la « nausée » d’Anne Hidalgo. Les émotions marchent très bien en matière de militantisme moral dans les ONG, dans les associations, dans les fondations, mais en politique, queue de cerise ! Ensuite, le militant va rester enferrer dans ses idées, dans ses dogmes, il est indéboulonnable, même lorsque les sondages lui prédisent un score tel qu’il ne remboursera pas ses frais de campagne. Les Français ne le suivent pas, mais ce n’est pas grave, il croit toujours que son programme dogmatique est ce qu’ils attendent. Là encore, les gens aiment le militant de Greenpeace qui sur sa barque se met devant les baleiniers géants, mais en politique, ils veulent qu’on écoute et qu’on réponde à leurs problèmes. Enfin, le militant, si par miracle il est élu, par exemple en ayant compris les deux premiers points, va vite jeter son programme en carton-pâte à la poubelle et faire non pas ce que les Français veulent, mais ce qui correspond à sa vision personnelle de ce que doit être le pays et la vie des Français.

    Ainsi, l’homme politique va comprendre que le succès d’Éric Zemmour ou de Marine Le Pen vient probablement de leurs propositions, des sujets qu’ils abordent, des problèmes qu’ils soulignent voire surlignent au marqueur jaune indélébile. Le militant, lui, ne cherche pas à comprendre. Il ne veut rien entendre et s’enferre dans son déni ou son utopie en disant publiquement que « Les Français n’ont rien compris » et secrètement que ce sont de gros cons fachos (et parfois ils le disent également en public).

    Le militant veut imposer sa vision du monde aux Français, un homme politique va construire le monde avec les Français et donc nécessairement devoir les écouter, leur répondre et mettre en œuvre ce qu’ils réclament. Prenons un exemple. Récemment un sondage montrait que 92 % des Français étaient favorables à la perpétuité réelle. Les Français de manière générale sont pour une justice beaucoup plus sévère. Un homme politique n’a pas à faire autre chose que de répondre présent sur ce sujet et de donner satisfaction par des mesures allant en ce sens. Pourtant, entre le déni des uns sur le laxisme judiciaire et les promesses jamais tenues des autres qui ont pris part à l’exercice du pouvoir, force est de constater que le sujet n’est vraiment abordé que par la droite radicale. Alors peut-être que les Français ont tort sur le laxisme judiciaire, mais il n’y a pas de fumée sans feu, et si autant réclament plus de sévérité, ça vient sûrement d’une expérience concrète. Peut-être de cet homme qui insulte les policiers, vole du matériel aux pompiers et écope d’un affreux vilain méchant stage de citoyenneté en retour ! C’est là un exemple entre mille autres.

    Alors bien sûr, on taxe du gros mot de « populistes » ceux qui répondent au peuple, qui disent au peuple ce qu’il veut entendre, mais c’est la moindre des choses en démocratie alors que le peuple est souverain. Si Éric Zemmour ou Marine Le Pen progressent dans les sondages, ce n’est pas en inventant les problèmes des Français. Si c’était si simple, avec tous ceux que la gauche « woke » leur inventent, Sandrine Rousseau serait déjà présidente. Ils répondent à des problèmes que les Français posent à tous et que tous écoutent, mais en omettant trop souvent la réponse.

    Prenons un autre exemple, celui de la question migratoire. Depuis plusieurs années des sondages se succèdent à ce sujet. En 2013, un sondage Ipsos avait ainsi relevé que 7 Français sur 10 estimaient qu’il y avait trop d’étrangers en France. Plus récemment, deux sondages sont venus confirmer qu’il n’y avait pas de changements notables sur ce sujet : 6 sur 10 sont favorables à un référendum pour limiter l’immigration, 4 sur dix seraient même favorables à une immigration zéro.

    Alors peut-être que les Français ont tort encore une fois, mais en vérité, l’immigration est surtout ce qu’on en fait et on peut peut-être concevoir qu’aujourd’hui il y a des problèmes considérables qui ne sont pas réglés. Le chiffre ridiculement petit des expulsions de citoyens étrangers du sol français pourtant actées par la justice française en est un exemple. Un homme politique, un véritable, ne chercherait pas à nier ces problèmes au prétexte que ça contreviendrait à sa vision idyllique de l’immigration et de ses bienfaits et que ça pourrait le maquiller d’un mascara facho. Un militant par contre, ou un militant déguisé en homme politique, chercherait à les nier, car pour lui l’immigration c’est forcément bien, c’est forcément génial, il n’y a aucun souci, tout baigne pour le mieux dans le meilleur des mondes, et les Français qui ne pensent pas cela sont soit des fachos, soit des abrutis. Le militant est dans le déni, car la réalité heurte ses valeurs et ses convictions, jette dans la tempête son utopie.

    Être politicien, un vrai politicien, et sûrement Éric Zemmour ne l’ignore-t-il pas pour en avoir connu une flopée, c’est toujours se souvenir qu’en démocratie, le peuple est souverain. Il est l’armateur du navire qui nomme son capitaine et son équipage en choisissant la route qu’ils doivent prendre. Certes, la démocratie française est bien malade et sûrement beaucoup de politiciens oublient-ils cette réalité à cause de ça, mais elle subsiste, là, sous-jacente, prête à ressurgir. Être militant, c’est s’enfermer dans sa vision dogmatique, contre vent et marée, avec la conviction que la vision que l’on porte est la bonne et en niant bien souvent les réalités contraires. Mais si le capitaine va en Amérique quand l’armateur lui demande d’aller en Afrique du Sud, alors l’armateur change le capitaine et l’équipage. Trop de politiciens aujourd’hui se prennent pour des armateurs, oublieux de leur rôle car devenus complètement hermétiques aux réalités de leur pays, aux ressentis de leur peuple.

    Je conclurai cette déjà longue réflexion politique en soulignant qu’il est bien triste dans une prétendue démocratie de devoir se fier à des sondages plutôt qu’à des référendums pour prendre le pouls de l’opinion des Français. Neuf référendums sous la Ve République née en 1958… En 2019, 73 % des Français en réclamaient un dixième dont 71 % s’exprimaient pour un référendum sur le pouvoir d’achat. Voilà nos candidats à la présidentielle dûment informés, à eux de voir si leur dogmatisme l’emportera sur la seule et unique réponse logique qu’ils doivent promettre et mettre en œuvre au service des Français à ce sujet.

    Alexandre Page (Tysol, 18 octobre 2021)

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  • Face à la montée de l’indifférence, il faut rendre le pouvoir aux Français !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Etienne Lahyre cueilli sur Polémia et consacré à la rupture entre le peuple et la classe politique arrimée au système. Etienne Lahyre est haut-fonctionnaire et analyste politique.

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    Politique. Face à la montée de l’indifférence, il faut rendre le pouvoir aux Français !

    « Le crépuscule du devoir » :  tel est le titre d’un essai de Gilles Lipovetsky paru au début des années 1990. Cela pourrait être aussi la meilleure manière de qualifier le comportement de 31 millions de nos compatriotes qui, face à l’indigence inouïe de l’ensemble de la classe politique, n’ont même pas cru devoir se comporter en citoyens actifs lors des dernières élections régionales et départementales. En réponse aux manquements caractérisés de leurs dirigeants, les Français ont choisi de les ignorer. Ce comportement n’est pas excusable : le vote blanc, comptabilisé à part depuis la loi du 21 février 2014, permet d’exprimer un rejet de l’ensemble des candidats, tout en ne s’affranchissant pas de ses obligations de citoyen.

    Quand le politique ne gouverne plus, les citoyens s’abstiennent

    Quant aux motifs donnés par les abstentionnistes pour justifier leur passivité démocratique, ils sont de nature à disqualifier leurs auteurs : selon une enquête de l’IFOP mise en ligne le 20 juin, 40% des abstentionnistes ne sont pas allés voter car « ces élections ne changent rien à leur situation personnelle ». Le politique se bornerait donc à n’être qu’un prestataire de services que l’on n’actionnerait uniquement si l’on estime pouvoir en tirer avantage : l’individualisme, cette « rouille des sociétés » selon Tocqueville, a transformé l’animal politique en homo oeconomicus, soucieux exclusivement de maximiser son utilité. Jamais l’érosion du commun n’a paru aussi profonde dans les sociétés occidentales. Celles-ci s’apparentent au monde de Globalia, décrit par Jean-Christophe Ruffin en 2005 : « Fracture définitive entre les riches et les pauvres, dépolitisation totale, ignorance de l’histoire, hédonisme individualiste ; la peur obsessionnelle du terrorisme, des risques écologiques et de la paupérisation est alors utilisée comme facteur de cohésion sociale afin de justifier le contrôle de l’information et de la force publique par une oligarchie de sociétés multinationales. ».

    Le processus de globalisation, à l’œuvre depuis le début des années 1970, dont on ne rappellera jamais assez qu’il n’est pas naturel, contrairement aux allégations des thuriféraires de la mondialisation heureuse, mais qu’il résulte de choix politiques, se manifeste essentiellement par un travail de sape effectué contre l’Etat-Nation, en tant que détenteur de la souveraineté et en tant qu’expression d’une identité. Jusqu’au début des années 1980, l’organisation politico-administrative de la France reposait sur le triptyque Etat / Département / Commune, légitime géographiquement et démocratiquement, cohérent et proche des gens. L’approfondissement de la construction européenne initié par l’Acte unique de 1985, aussi crucial que funeste, ainsi que les lois de décentralisation successives ont brisé cette architecture. Au triptyque précité, s’est substitué celui formé par l’Union européenne, la région et l’intercommunalité, présentant des caractéristiques opposées en termes de légitimité politique et démocratique, de répartition des compétences et de proximité. Des structures administratives ont remplacé des institutions politiques : l’administration des choses plutôt que le gouvernement des hommes. La progression vertigineuse de l’abstention est intimement corrélée à l’abandon délibéré par l’Etat-Nation de ses prérogatives et aux trahisons successives de nos dirigeants.

    La révision constitutionnelle destinée à permettre la ratification du Traité de Lisbonne, stade suprême de la forfaiture, a contribué de manière décisive à ancrer l’idée que voter ne servait à rien. Non seulement le politique n’exerce plus le pouvoir, mais il empêche le peuple souverain de contester cet état de fait. Les prétendus représentants du peuple se sont retournés contre lui ; ils ont renforcé leur propre impuissance, et partant, remis en cause leur légitimité. Le poids des partis dans la constitution des listes aux élections régionales, qui mêlent conjoints, politiciens au rencart et exécuteurs de basses œuvres, la définition fluctuante de l’intérêt communautaire des établissements publics de coopération intercommunale (métropoles, communautés d’agglomération et communautés de communes) et le caractère peu démocratique du mode de désignation de leur exécutif ont éloigné les Français de ces institutions. La réforme inepte consistant en la création de « grandes régions », si emblématique de l’incurie du quinquennat Hollande, ayant quant à elle aggravé le caractère « hors sol » du mandat de conseiller régional.

    Rien ne change depuis près de quarante ans

    Depuis 1978, toutes les majorités parlementaires sortantes ont été battues aux élections législatives (si l’on excepte le scrutin de 2007 remporté par les sarkozystes qui avaient affiché leur volonté de rompre avec l’inertie chiraquienne). Cette situation, inédite dans un pays européen, est révélatrice du profond mécontentement des Français, qui ont le sentiment que rien ne change malgré leur vote sanction. Comment leur donner tort ? Depuis quarante ans, la politique migratoire est laxiste, la politique étrangère est atlantiste, la politique européenne est bruxelloise, la politique économique et sociale conjugue le pire du socialisme et du néo-libéralisme, en alliant goût immodéré de la dépense publique et de l’assistanat et ouverture à tous vents (le « libéralisme à la française » selon Guillaume Sarlat). Le corset des traités européens, le tropisme saint-simonien des dirigeants français, leur volonté d’être les meilleurs élèves de la globalisation et les hérauts du politiquement correct ont concouru à l’extinction du politique. Lassés de cette impéritie, les Français se sont alors tournés vers le « nouveau monde », le « parti du mouvement », et son candidat, disciple du banquier Laffitte, Emmanuel Macron, qui a mené exactement la même politique, en s’aliénant, par son arrogance, la quasi-totalité du bloc populaire. La jacquerie des gilets jaunes n’a pas eu plus d’influence sur le cours de choses que les manifestations contre la loi Taubira ou la loi El Khomri ; le parti de la mondialisation avance à marche forcée : le parti de la déconstruction, du déracinement et du mépris de classe n’a que faire des élections ou des mouvements populaires. Ne procédant pas du peuple, il n’a pas de comptes à lui rendre.

    C’est cela que ressentent, sans le formaliser ainsi, de nombreux Français. C’est cela qui a abouti à l’émergence d’une « société de défiance ». Défiance renforcée par la crise du Covid 19 au cours de laquelle l’antagonisme entre les tenants du parti de la mondialisation et les gaulois réfractaires s’est notamment cristallisé autour de la figure du professeur Raoult. Chaque camp a alors rivalisé d’irrationalité, multipliant anathèmes et procès d’intention. Sans surprise, ce sont les sympathisants LFI et RN qui manifestent le plus de sympathie pour lui [1], alors que certains élus LREM n’hésitent pas à manifester ouvertement du mépris à son égard. Tout se passe comme si tout enjeu soumis au débat public opposait désormais « les deux clans » analysés par David Goodhart, organisés autour du clivage relatif à la mondialisation. Cette opposition ne s’est pas uniquement traduite en termes intellectuels : du fait de la nature-même de leur activité professionnelle, les habituels gagnants de la mondialisation, les prétendus « premiers de cordée », ont pu sortir indemnes des confinements successifs. La généralisation possible du télétravail a même amélioré le confort de vie de certains. À l’inverse, ce sont les classes populaires qui étaient en première ligne : dans les hôpitaux et les EHPAD, dans les entreprises de transport et de livraison, ou dans les services techniques des collectivités locales. Notre pays a tenu grâce à « ceux qui ne sont rien », ceux dont la rémunération est inversement proportionnelle à l’utilité sociale, ce qui démontre si besoin en était, la profonde indécence du capitalisme mondialisé façonné par et pour les « manipulateurs de symboles » (Robert Reich).

    Le RN désorienté face à des scrutins locaux sans enjeu national

    C’est dans ce contexte de covidisation des esprits que se sont tenues les élections municipales, puis départementales et régionales. Depuis le septennat de Valéry Giscard d’Estaing, les élections locales sont fréquemment utilisées par les Français pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis du pouvoir exécutif. La droite avait ainsi perdu les élections cantonales de 1976, les municipales de 1977 ou de 2008, et les régionales de 2004 et 2010, quand la gauche connaissait un sort identique aux cantonales de 1982, aux municipales de 1983 ou de 2014 et aux régionales de 1992 et 2015. Le pouvoir macroniste a quant à lui affronté les élections locales de 2020 et 2021 sans bastions à défendre, ce qui a eu pour effet direct de démotiver les électeurs habituellement adeptes du vote sanction. Le retour de l’obsolète clivage droite / gauche a contribué à mobiliser uniquement la frange la plus âgée de l’électorat, structurellement moins abstentionniste et continuant à se reconnaitre dans ce clivage artificiel. Pour paraphraser la célèbre boutade soviétique, les Français se sont dit en quelque sorte : « Ils font semblant de nous représenter, faisons semblant de voter pour eux ». Dans les grandes villes, les élections municipales ont vu aussi la mobilisation d’une partie de la jeunesse, diplômée, informée, très présente sur les réseaux sociaux, qui a largement contribué à la victoire des Verts à Lyon, Bordeaux ou Strasbourg.

    Quant au Rassemblement national, les premiers signes annonciateurs de la débâcle aux élections régionales étaient perceptibles. Si la réélection de la plupart des maires sortants et le miracle de Perpignan, face à un sortant héritier de la famille Alduy, qui tenait la ville depuis 1959 (!), avaient été mis en avant par Marine Le Pen, le parti n’en avait pas moins enregistré de cuisants revers dans les grandes villes en obtenant parfois des résultats inférieurs aux scores planchers de 2001 et 2008, années de vaches maigres pour le FN. Outre les évolutions sociologiques défavorables au RN dans les grandes villes, celui-ci avait payé la médiocre qualité de ses élus sortants, dont une part significative l’avait quitté avant le terme de leur mandat, l’érosion qualitative et quantitative de sa structure militante et l’absence de propositions relatives aux enjeux locaux, particulièrement problématique dans un scrutin dénationalisé. Le FN avait obtenu 1498 sièges de conseillers municipaux en 2014, le RN n’en a obtenu que 827 six ans plus tard.

    Les sondages flatteurs, des ralliements inattendus (tels celui du Sénateur Jean-Louis Masson en Moselle, ou de l’ancien directeur de cabinet de Georges Frêche dans l’Hérault), l’impopularité relative de l’exécutif, la volonté prêtée aux Français de protester contre les atteintes aux libertés publiques, avaient conduit Marine Le Pen à considérer que les élections régionales pouvaient constituer la rampe de lancement idéale de sa candidature à l’élection présidentielle. Las ! Le RN a perdu plus de la moitié des 6 millions de voix obtenues en 2015 : presque 910 000 voix pour Marine Le Pen dans les Hauts-de-France en 2015, moins de 325 000 pour Sébastien Chenu six ans plus tard ; 640 000 voix pour Christophe Boudot en Auvergne Rhône-Alpes 2015, 210 000 pour Andrea Kotarac en 2021. Le RN, qui a changé 11 de ses chefs de file sur 13, a particulièrement souffert face aux sortants de droite. Et le résultat de second tour enregistré par Thierry Mariani (42.7%) a démontré une énième fois qu’en duel, même face à un adversaire d’une insondable indigence politique et morale tel que Muselier, le candidat RN ne peut pas l’emporter à l’échelle d’un territoire relativement vaste.

    Pour la France, il faut saborder le RN !

    Marine Le Pen a commis plusieurs erreurs lourdes : la principale consistant à considérer que l’électorat populaire lui était acquis et que l’unique ressort de son adhésion était son opposition à l’immigration (en mésestimant notamment la fracture territoriale et ses conséquences [2]). Et qu’en conséquence de quoi, sa présence au second tour de l’élection présidentielle étant certaine, elle se devait d’aller à la conquête des quelques points manquants auprès de l’électorat bourgeois et âgé. Sa tribune parue dans l’opinion le 21 février dernier [3] consacrée à la dette avait pour but de démontrer qu’un fois élue président de la République, son gouvernement serait composé, selon la formule de Léon Blum au 38ème congrès de la SFIO, de « gérants honnêtes et loyaux des affaires du capitalisme ». Abandon du Frexit, de la sortie de la CEDH, silence sur les questions sociales et sociétales : la Présidente du RN a abandonné sa ligne social-souverainiste de 2017 au profit d’un discours attrape-tout, fondé sur la recherche éperdue de crédibilité. Sa volonté de normalisation lui a été fatale au premier tour, la rémanence de la diabolisation l’a été au second.

    Les palinodies et l’absence de sens stratégique de Marine Le Pen sont connues. Mais au fond, c’est le RN lui-même qui est une scorie, inadaptée aux institutions de la cinquième République, fondées sur le scrutin majoritaire, a fortiori depuis la promulgation de la loi constitutionnelle instaurant le quinquennat qui a vidé de leur sens les élections législatives qui ne sont désormais plus qu’un troisième tour confortant quasi-mécaniquement le président de la république élu quelques semaines plus tôt. François Mitterrand avait parfaitement compris que dans le cadre des institutions gaulliennes, un candidat issu du PCF ne parviendrait jamais à être élu à l‘Elysée, et qu’il pouvait s’engager dans une alliance avec les communistes alors même que le PS était plus faible. Le PCF, pourtant dominant à gauche jusqu’aux élections législatives de 1978, ne pouvait convaincre une majorité de Français au second tour d’une élection présidentielle. Le RN n’en est pas davantage capable aujourd’hui, quel que soit le candidat qu’il serait amené à présenter. Quant à l’ « union des droites », elle est chimérique et inopérante face au clivage relatif à la mondialisation. Nicolas Sarkozy en 2007 avait ainsi réuni des patriotes « de droite » (Buisson, Guaino) et des mondialistes « de droite » (Copé, Woerth et tant d’autres) : sa présidence fut celle de la trahison de Lisbonne, de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN et de la désastreuse guerre en Libye. Les expériences autrichienne (gouvernement Schüssel, 2000-2002) et italienne (gouvernements Berlusconi 1994-95, 2001-2006 et 2008-2011) ont montré qu’une telle union entre les « libéraux » et les « nationaux » bénéficie exclusivement aux premiers et aux intérêts de la droite du capital. Comment unir dans un même camp classes populaires et retraités dont les intérêts et les aspirations économiques sont aux antipodes ?

    Transformer l’élection présidentielle en référendum sur l’immigration ?

    Contrairement à Marine Le Pen, la défaite de LREM aux élections régionales n’aura aucune incidence sur Emmanuel Macron, quand bien même le mouvement présidentiel n’est qu’un « parti Potemkine ». Le président de la République, élu en 2017 sans l’appui d’une quelconque structure partisane, se moque des élections locales : celle-ci ne sont pour lui qu’une sorte de « Ligue 2 » de la compétition électorale, sans talents, et surtout sans spectateurs. Macron répond parfaitement aux attentes de ses mandants et du bloc élitaire, minoritaire en voix mais dépositaire de l’idéologie dominante. Face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron a rassemblé bourgeoisies de gauche et de droite au premier tour, puis les électeurs issus de l’immigration au second. La carte électorale du macronisme de 2017 correspond ainsi parfaitement à la superposition des cartes du oui au référendum de 2005 et du vote François Hollande en 2012. Macron obtient ainsi 93,4 % dans le troisième arrondissement de Paris, 88,8 % à Neuilly-sur-Seine et 79,4 % à Clichy-sous-Bois. Il sait parfaitement que l’opposition, si elle est incarnée au second tour par Marine Le Pen, ou par tout autre candidat issu de la droite nationale, ne peut pas s’unir face à lui en raison de la fracture identitaire autour de la question de l’immigration et de l’islam. La fracture identitaire brise l’unité du bloc national, tout comme la fracture sociale brise celle du bloc populaire.

    À la faveur des sondages d’opinion mettant en lumière une attente forte des Français en matière d’immigration [4], d’aucuns espèrent faire des trois « I » (Immigration – Islam – Insécurité), l’enjeu central, voire unique de l’élection présidentielle. Passons sur le caractère réducteur et lacunaire de la démarche, qui néglige délibérément des pans essentiels du débat public. Cette stratégie ne perçoit pas davantage l’évolution inquiétante d’une partie de la jeunesse, qui a toujours connu une forte présence immigrée en France, et ne s’en offusque pas. Un récent sondage a montré que 67% des 18-24 ans était favorable à l’autorisation du burkini dans les piscines [5]. C’est cette même tranche d’âge qui est la plus favorable à la PMA dite « pour toutes » [6], et qui a le plus de sympathie pour la marche dite « des fiertés » [7]. L’américanisation de la jeunesse française est en marche : elle adhère de plus en plus au mythe de l’individu législateur de lui-même et, sans le savoir, à la phrase du Pape François : « Qui suis-je pour juger ? ». Qui suis-je pour juger une femme qui porte le voile islamique ? Elle peut tout à fait le porter dans la mesure où son choix ne m’ôte aucun droit. Qui suis-je pour juger l’émigré syrien ou érythréen demandant l’asile à la France dès lors qu’il fuit la misère et la guerre ? Qui suis-je pour juger nos compatriotes qui, bien que Français, donnent des prénoms non européens à leurs enfants dans la mesure où je peux continuer à appeler mon fils Théo et ma fille Océane ? Cette montée de l’indifférence au commun dès lors que les droits individuels ne sont pas remis en cause par les choix des autres est fondamentale pour appréhender l’évolution intellectuelle de la jeunesse. Pour méritants qu’ils soient, les jeunes militants identitaires n’ont jamais été aussi isolés. Cette politisation inconsciente de la jeunesse se réalise, non plus par le truchement des partis politiques, mais au sein des établissements d’enseignement supérieur, et par l’influence des piliers de la société du spectacle (mass médias, grandes marques, fédérations sportives entre autres). Les gaullistes ont commis, dans les années 1960, les mêmes erreurs que les Républicains américains, en négligeant le combat culturel, et en ne percevant pas la dynamique déconstructrice du marché. L’historien Russell Jacoby voit là la posture schizophrénique de la droite traditionnelle qui « vénère le marché tout en maudissant la culture qu’il engendre ». La jeunesse française hanounisée, tiktokisée, hermétique à la culture classique, est à mille lieues des attentes de ceux qui virent en la mobilisation de masse contre la loi Taubira un avatar de la prétendue « droitisation » de la société, voire « une révolution des valeurs » ou un « mai 68 conservateur ».  Ce fut un contraire le dernier sursaut du vieux monde moribond.

    En deuxième lieu, à la supposer établie, l’hostilité d’une majorité de nos compatriotes à l’égard de l’immigration n’a pas vocation à se traduire par une poussée des mouvements politiques censés incarner ladite hostilité. 62.5% des Allemands seraient hostiles à l’accueil de migrants [8] ; or, dans les intentions de vote mesurées avant les élections législatives prévues en septembre prochain, l’union CDU/CSU est donnée à moins de 30%, ce qui constituerait le pire résultat de son histoire, l’AFD, particulièrement focalisée sur les questions d’immigration, plafonne à 12%, quand les Verts obtiendraient plus de 20% de voix.

    Par ailleurs, dans le cadre de la recension de l’ouvrage de Jérôme Fourquet « Karim vote à gauche, son voisin vote FN » [9], nous avions rappelé le caractère homogène et massif du vote afro-musulman contre les candidats les plus hostiles à l’immigration. C’est cet électorat qui avait assuré la défaite de Sarkozy en 2012. C’est cet électorat, qui est le plus abstentionniste lors des scrutins intermédiaires (ainsi aux régionales de 2021, on a relevé 86.7% d’abstention à Clichy-sous-Bois, 82,4% à Roubaix ou 80% à Grigny), et qui est en capacité de se mobiliser dans la cadre d’un scrutin national à enjeu. Plus la question de l’islam sera au cœur des débats, plus la possibilité d’élection d’un candidat opposé à l’islamisation sera élevée, plus la mobilisation de cet électorat, dont le poids dans le corps électoral ne cesse d’augmenter, sera forte. Et parallèlement, on sous-estime largement le poids de la droite du capital dans la promotion de l’immigration, dans laquelle elle continue à trouver son armée de réserve [10].

    Enfin, si par extraordinaire un candidat hostile à l’immigration venait à l’emporter, il aurait les mains liées par les traités européens et la CEDH. L’adoption par référendum d’une loi restreignant le droit d’asile ou instaurant l’éloignement automatique des délinquants étrangers serait parfaitement inopérante. En effet, rappelons que la CJUE, alors CJCE, avait jugé dès 1978 que le juge national a « l’obligation d’assurer le plein effet des normes communautaires, en laissant au besoin inappliqué, de sa propre autorité, toute disposition contraire nationale, même postérieure, sans qu’il y ait à demander ou attendre l’élimination de celle-ci par voie législative ou tout autre procédé constitutionnel [11]. ».  Toute mesure d’éloignement d’un étranger fondé sur des dispositions législatives contraires au droit dérivé de l’UE ou aux stipulations de la CEDH sera immanquablement annulée par les juges nationaux, privant de tout effet utile la loi référendaire. Rappelons-le à nouveau : il est fallacieux de prétendre pouvoir contrôler l’immigration dans le cadre de la CEDH et de l’UE, cette dernière ayant l’obligation juridique d’adhérer à la CEDH depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et du protocole 14 à ladite convention.

    « Let’s take back control ! »

    Il est donc fort peu probable de gagner la prochaine élection présidentielle en se bornant à déplorer le « grand remplacement ». Les opposants au parti de la mondialisation doivent se poser une seule question : quand, au cours de ces quarante dernières années, ont-ils été dans le camp des vainqueurs lors d’une soirée électorale ? À une seule reprise : le 29 mai 2005, quand 54.7% des Français ont rejeté le traité établissant une Constitution pour l’Europe, en dépit d’un intense blitzkrieg médiatique et des pressions internationales. Tout le défi consiste à trouver un candidat susceptible d’incarner les aspirations hétéroclites et parfois contradictoires de ce bloc du non, et de passer d’un vote dépersonnalisé, de statu quo, à un choix politique pouvant constituer un saut dans l’inconnu.

    Il s’agit d’une gageure à laquelle la fiction a pu trouver une réponse non dénuée d’intérêt. Dans la série « Baron noir », une jeune technocrate, euro-libérale, dont le profil rappelle celui d’Emmanuel Macron, est élue présidente de la République en 2017 face au représentant du Front National. L’exercice de son mandat est difficile, marqué par le terrorisme et la contestation sociale ; la Présidente est même giflée par un manifestant au cours d’un déplacement en province, et chacun anticipe une élection présidentielle de 2022 à haut risque, avec un Front National aux portes du pouvoir. À quelques mois du scrutin, un vidéaste, inconnu des médias et populaire sur les réseaux sociaux, annonce sa candidature articulée autour de la critique radicale de la démocratie représentative et de la promotion du tirage au sort. Ce candidat connaît une ascension fulgurante, siphonne une partie des voix FN et parvient à se qualifier au second tour, sans véritable programme mais s’étant montré plus « disruptif » que le candidat frontiste.

    Plus que dans le contenu programmatique, la radicalité semble devoir se manifester dans l’attitude générale vis-à-vis du système : les victoires de Trump en 2016 et du mouvement cinq étoiles italien en 2018 ont procédé de cette logique. Emmanuel Macron lui-même n’avait pas hésité à affirmer en décembre 2016 : « On se fout des programmes ! ». Plus que dans la cohérence et le sérieux des propositions, la capacité à emporter l’adhésion repose sur la tonalité d’espoir imprégnant le discours du candidat. « Un chef est un marchand d’espérance » selon Napoléon. « Make America Great Again ! » proclamait Donald Trump, reprenant le slogan de Reagan en 1980, quand Macron nous enjoignait à « penser Printemps » (!) en construisant ses discours à coups de truismes lénifiants dignes d’Obama et d’incantations de télévangéliste.

    Trump et le mouvement cinq étoiles ont échoué dans l’exercice du pouvoir, non en raison de leurs excès mais de leur incompétence et de leur incapacité à faire « turbuler le système », le « Deep State » américain et le carcan européen ayant eu raison de leurs velléités respectives.

    Boris Johnson, quant à lui, s’est inscrit avec brio dans le sillon tracé par Theresa May, entérinant la rupture avec le thatchérisme [12] et renouant avec les accents sociaux des Tories de Benjamin Disraeli. Il a fait du parti conservateur le parti des « brexiteurs », en marginalisant le mouvement de Nigel Farage et en présentant le Labour comme le parti des seules minorités. BoJo l’excentrique a su jouer de ses extravagances et appréhender le Brexit non comme une fin en soi, mais comme la condition sine qua non permettant de recouvrer pleinement les prérogatives d’un Etat souverain (« take back control ») pour réinventer le modèle britannique : un « populisme décent » au service de l’intérêt national.

    La victoire face au bloc élitaire n’est possible qu’en affirmant avec force une volonté de rupture par rapport au modèle de la mondialisation visant à l’extinction du politique, en ayant le courage de réunir enfin au sein d’une plate-forme politique commune, épigone du Conseil National de la Résistance, patriotes de gauche comme de droite, fondée non sur l’absurde tirage au sort, mais sur un engagement principal consistant à rendre le pouvoir aux Français. Le candidat, représentant les populares, devra composer un gouvernement de salut public et s’engager à soumettre au référendum dans les plus brefs délais une révision constitutionnelle permettant à la France de quitter l’Union européenne et instaurant le référendum d’initiative citoyenne. C’est à ces conditions nécessaires que le peuple français, à nouveau maître de son destin, pourra trancher lui-même les questions essentielles liées à la préservation de l’identité nationale et aux enjeux stratégiques de demain.

    Etienne Lahyre (Polémia, 04 juillet 2021)

     

    Notes :

    [1] https://www.lefigaro.fr/flash-actu/le-professeur-raoult-apprecie-par-un-francais-sur-deux-selon-un-sondage-20200916

    [2] https://www.lopinion.fr/edition/politique/ayons-idees-claires-bon-sens-dette-tribune-marine-lepen-237103

    [3]  https://www.lopinion.fr/blog/a-front-renverse/si-vous-fermez-bureau-poste-on-vote-front-national-98673

    [4] https://observatoire-immigration.fr/lopinion-des-francais-sur-limmigration/

    [5] https://www.fdesouche.com/2021/06/25/73-des-francais-sont-pour-interdire-le-burkini-dans-les-piscines/

    [6] https://www.bfmtv.com/societe/67-des-francais-en-faveur-de-la-pma-pour-toutes-53-a-la-gpa-pour-les-couples-homosexuels_AN-202106070009.html

    [7] https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2021/06/118228_Rapport_Ifop_ADFH_MarcheFierte_2021.06.22.pdf

    [8] https://www.fdesouche.com/2021/06/23/sondage-625-des-allemands-estiment-que-leur-pays-ne-doit-plus-accueillir-de-migrants-un-desaveu-pour-angela-merkel/

    [9] https://www.polemia.com/karim-vote-a-gauche-et-son-voisin-vote-fn-dirige-par-jerome-fourquet/

    [10] https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/04/16/97002-20110416FILWWW00429-immigration-parisot-s-oppose-a-gueant.php

    [11] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A61977CJ0106

    [12] https://www.lesechos.fr/2016/07/le-programme-tres-social-de-theresa-may-214050

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  • Feu sur la désinformation... (338)

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un numéro de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et animée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, et Nicolas Faure.

    Au sommaire :

    • 1 : L’image de la semaine
      Emmanuel Lechypre, éditorialiste de BFM, a provoqué l’émoi avec une déclaration aussi incohérente qu’hallucinante sur la vaccination.
    • 2 : CNews, Europe 1 : bataille pour la liberté d’expression
      Les journalistes ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnait ! Patrick Cohen, censeur assumé, dénonce le rapprochement entre CNews et Europe 1 dans un stupéfiant numéro d’enfumage. Pendant ce temps-là, de nombreux médias attaquent frontalement la rédaction de CNews en se focalisant particulièrement sur Christine Kelly et Laurence Ferrari.
    • 3 : Revue de presse
    • 4 : Élections régionales : l’heure du bilan
      Ces élections ont été marquées par une abstention massive ainsi que par un gros revers pour plusieurs partis, dont le Rassemblement national.

     

                                          

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  • Feu sur la désinformation... (337)

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un numéro de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et animée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, et Nicolas Faure.

    Au sommaire :

    • 1 : L’image de la semaine
      En allant voter pour les élections régionales et départementales, Jordan Bardella a émargé devant une femme voilée. Une image qui a créé la polémique.
    • 2 : Élections régionales : les Français veulent du changement !
      L’événement le plus commenté médiatiquement ces derniers jours, c’est bien entendu le résultat du vote aux élections régionales. Entre une abstention record et des déceptions pour le Rassemblement national, il y a effectivement beaucoup à dire...
    • 3 : Revue de presse
    • 4 : Europe 1 : un média peut-il être de droite ?
      Les journalistes d’Europe 1 sont vent debout contre ce qu’ils appellent la transformation de la station en « radio d’opinion ». Comprenez en « radio de droite ». Une opposition à un rapprochement avec CNews évidemment soutenue par de très nombreux journalistes d’autres antennes.

     

                                              

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  • Jérôme Rivière sonne le tocsin !...

    Les éditions de La Nouvelle Librairie viennent de publier un recueil de chroniques de Jérôme Rivière intitulé Tocsin - Chroniques contre les liquidateurs de la France. Député européen, Jérôme Rivière est porte-parole à l’international du Rassemblement national et membre du bureau de la Fondation Identité et Démocratie.

     

    Rivière_Tocsin.jpg

    " Depuis mon élection au Parlement européen sur la liste soutenue par Marine le Pen, je me suis efforcé de défendre les intérêts de ceux qu’on ne défend plus et qui ne veulent pas mourir, mes compatriotes.
    Ces chroniques en portent l’empreinte. Elles sont un hymne en faveur d’une Europe des nations et de la grandeur de la France. Une France, fière de son histoire, de son art de vivre et consciente de la dette qu’elle a vis-à-vis de ceux qui ont forgé notre pays. La civilisation française est ancienne, elle s’est bâtie en plusieurs siècles. Elle mérite qu’on la préserve.
    J’entends porter la voix d’un peuple qui veut continuer à vivre libre. "

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  • Marine Le Pen : virage à droite ?...

    Le numéro 41 du mensuel conservateur L'Incorrect est arrivé en kiosque. On peut découvrir à l'intérieur un dossier consacré à Marine Le Pen et au Rassemblement national, conclu par un article juste et plein de bon sens de Pierre Robin, un entretien avec Vincent Coussedière, et les rubriques habituelles "Politique", "Monde" "Essais", "Culture" et "La fabrique du fabo"...

    Le sommaire complet est disponible ici.

     

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