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Jean-Yves Le Gallou : « Identitaires de tout pays, unissez-vous ! »

Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Jean-Yves Le Gallou à Breizh-Info à l'occasion de la sortie de son essai Remigration - Pour l'Europe de nos enfants.

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« Identitaires de tout pays, unissez-vous !» : Jean-Yves Le Gallou défend la remigration pour l’Europe de nos enfants

Breizh-info.com : Vous aviez consacré vos précédents ouvrages à la préférence nationale, puis à la préférence de civilisation. Pourquoi la remigration aujourd’hui, et pourquoi sous la forme d’un livre court — cent vingt pages — que vous revendiquez comme un manifeste plus que comme un essai ? Qu’est-ce qui, dans le contexte politique de 2026, vous a convaincu qu’il était temps de passer de l’analyse à la proclamation ?

Jean-Yves Le Gallou : L’urgence, l’urgence, l’urgence. Si on poursuit ainsi, entre 2030 et 2050, les nouveau-nés européens seront progressivement minoritaires dans les maternités de tous les pays d’Europe. Il faut s’organiser pour éviter cela (par la remigration) ou y faire face (par la communautarisation). C’est vrai que je traite depuis plus de 40 ans de cette question à travers livres, discours, actions. Cela m’a valu d’être banni pour « extrémisme » par la bien-pensance médiatique alors que mes analyses péchaient par optimisme et ont été démenties par une réalité PIRE que celle que j’entrevoyais .

Breizh-info.com : Le mot « remigration » reste, pour le grand public, un terme flou, voire repoussoir. Vous en proposez une définition, une généalogie et une justification. Si vous deviez expliquer en quelques phrases à un lecteur qui découvre ce concept — ce parent qui vote encore LR que vous évoquez vous-même — ce que recouvre exactement la remigration, et surtout ce qu’elle ne recouvre pas, comment formuleriez-vous cette définition ?

C’est simple ! C’est ce qu’on a appelé par le passé l’inversion des flux migratoires : plus de sorties que d’entrées ! Il faut procéder par étape :

-l’interruption des entrées nouvelles (500 000 par an), la grande pause,

-l’expulsion des clandestins (plus d’un million),

-l’expulsion des délinquants,

-le non renouvellement des titres de séjour de ceux des étrangers qui vivent de l’aide sociale et qui plombent nos systèmes sociaux

-et à la fin du processus le retour de ceux des immigrés à la deuxième génération qui sont à la fois inassimilés et hostiles.

Bien sûr les Français d’origine étrangère assimilés ne sont pas concernés par cette politique qui au demeurant sera bienfaisante pour eux.

Quant au « parent LR » qui hésite demandez-lui s’il souhaite pour ses enfants, ses petits-enfants et tous ces descendants le sort des Blancs d’Afrique du sud. Et accessoirement où habite-t-il et où scolarise-t-il sa marmaille ? Nous nous ne laissons plus culpabiliser, culpabilisons-les !

Breizh-info.com : Vous rappelez que jusque dans les années 1970, ce que l’on appelle aujourd’hui remigration relevait simplement de la pratique administrative ordinaire en Europe occidentale. Comment expliquez-vous que ce qui allait de soi il y a un demi-siècle soit devenu, en quelques décennies, un tabou absolu ? Y a-t-il eu, selon vous, un basculement identifiable — une décision, une loi, un traité, une doctrine — ou s’agit-il d’une dérive diffuse, culturelle autant que juridique ?

Jean-Yves Le Gallou : A partir des années 1970, et dans la foulée de mai 1968, on a assisté à la mise en place d’une idéologie dominante, mondialiste, cosmopolite et droit de l’hommiste, ne voulant prendre en compte que les seuls intérêts des individus d’où qu’ils viennent. La distinction entre le national et l’étranger a été progressivement abolie et même condamnée par la loi Pleven de 1972. Là-dessus le Conseil d’Etat a ouvert un droit A l’immigration au titre du regroupement familial et de l’asile. C’est open bar !

Breizh-info.com : Vous identifiez dans votre livre le principal obstacle à toute politique de remigration : non pas l’opinion publique, mais le pouvoir des juges — Conseil d’État, Conseil constitutionnel, CEDH. D’où votre formule, appelée à faire date : plutôt que le FREXIT, un « JUGEXIT ». Concrètement, à quoi ressemblerait ce JUGEXIT ? S’agit-il de réviser la Constitution, de dénoncer des traités, ou de porter un rapport de forces politique qui obligerait le gouvernement des juges à reculer ?

Jean-Yves Le Gallou : Le JUGEXIT c’est le retour de la souveraineté du peuple à travers ses lois qui doivent s’imposer aux juges. Comment ? Par une réforme de la constitution :

-interdisant, comme l’avait voulu le général de Gaulle, au Conseil constitutionnel de censurer le contenu des lois,

-rétablissant la suprématie de la loi postérieure sur le traité antérieur,

-interdisant aux juges -administratifs et judiciaires – sous peine de forfaiture de ne pas appliquer le texte des lois votées sous prétexte qu’elles seraient contraires à l’idée que ces fonctionnaires de justice se font de textes généraux.

Breizh-info.com : Vous citez la Suède et le Danemark comme des exemples de politiques que l’on peut déjà qualifier de remigratoires. Or ces deux pays ont mené ces politiques sans sortir ni de l’Union européenne, ni de la CEDH. Cela signifie-t-il que la marge de manœuvre juridique est plus large qu’on ne le dit, et que ce qui manque à la France n’est pas le droit, mais la volonté politique ? Qu’est-ce qui, selon vous, distingue la situation scandinave de l’impuissance française ?

Jean-Yves Le Gallou : Il y a plus que de l’impuissance française, il y a de la part des oligarchies médiatiques, administratives, judiciaires françaises la volonté d’en faire toujours plus pour les « migrants ». Le parlement européen a adopté à la majorité des droites (groupes patriotes et PPE) une directive-retour plus restrictive : les autorité macronistes ont immédiatement fait savoir qu’elles ne l’appliqueraient pas. Vous le voyez, pas besoin de FREXIT pour être encore plus laxiste que l’Union européenne… Et pour mémoire en Grande Bretagne il y avait 300 000 entrées annuelles d’étrangers du tiers-monde avant le BREXIT, 600 000 après. Il ne faut pas opposer les Européens entre eux, il faut les unir autour de la défense de leur identité commune.

Breizh-info.com : Parmi vos propositions figurent l’arrêt de l’immigration (« la Grande Pause »), le renvoi des clandestins, la déchéance de nationalité pour les criminels et des aides au retour. Ces mesures, prises séparément, figurent déjà dans les programmes de plusieurs formations européennes, y compris modérées. Qu’est-ce qui, dans votre livre, transforme cet inventaire pragmatique en véritable doctrine de rupture ? Est-ce l’ensemble, la cohérence, ou la philosophie qui les sous-tend ?

Jean-Yves Le Gallou : Il ne faut pas seulement pérorer, il faut agir. Rompre avec la doxa universaliste. Et réaffirmer le droit du peuple historique à la continuité. Le peuplement européen vient du fond des âges : 40 000 ans pour nos ancêtres chasseurs cueilleurs (Chauvet, Lascaux), 9 000 ans pour nos ancêtres agriculteurs anatoliens (Le mégalithes, Cnossos), 5 000 ans pour les Indo-Européens (nos langues, notre vue du monde). La chrétienté s’est constamment protégée des invasions musulmanes au sud-ouest (la Reconquista, 9 siècles), en méditerranée (Lépante, 1571) à l’est dans les Balkans (Vienne, 1683). Le peuplement européen est resté à l’abri des invasions extérieures jusqu’aux années 1960 quand la Grande Bretagne et la France se sont ouvertEs à l’immigration.

Breizh-info.com : Les contradicteurs de la remigration lui opposent deux arguments récurrents : un argument moral — on ne peut pas défaire ce qui a été fait, notamment pour les personnes nées en France — et un argument pratique — c’est irréalisable à l’échelle voulue. Comment répondez-vous à ces deux objections ? Et quelle distinction établissez-vous entre l’étranger en situation régulière, le binational, le naturalisé récent et le citoyen né sur le sol français ?

Jean-Yves Le Gallou : Pour les titulaires de la carte d’identité issus d’Afrique ou d’Asie je distingue trois cas :

-ceux qui sont à la fois inassimilés et hostiles - les racaillisés en quelque sorte – ils doivent être déchus de la nationalité et être rapatriés sur la terre de leurs ancêtres ;

-ceux qui sont inassimilés sans être hostiles, il faut les encourager, pour leur bien (et le nôtre) à repartir et les aider s’il le faut dans cette démarche volontaire ;

-ceux qui sont assimilés et qui bien sûr peuvent rester.

Breizh-info.com :  Martin Sellner signe la préface de votre livre en écrivant : « Rien ne peut arrêter une idée dont l’heure est venue. » Votre ouvrage s’inscrit donc explicitement dans une dynamique européenne — autrichienne, allemande, italienne, scandinave — qui dépasse le strict cadre français. Diriez-vous qu’il existe aujourd’hui une véritable internationale de la remigration, avec ses réseaux, ses penseurs, ses points d’appui politiques ? Et la France, dans ce paysage, est-elle à l’avant-garde ou à la traîne ?

Jean-Yves Le Gallou : OUI ! Identitaires de tout pays, unissez-vous ! Voilà ma recommandation. La France a été plutôt à l’avant-garde du combat intellectuel avec des penseurs comme Guillaume Faye ou Renaud Camus et les travaux des identitaires. Aujourd’hui l’autrichien Martin Sellner et la néerlandaise Eva Vlaardingerbroek sont à la pointe de ce combat métapolitique. Et certains grands partis comme l’AFD en Allemagne ou le FPOE en Autriche ont inscrit la remigration à leur programme. Bravo ! A part Reconquête ce n’est pas le cas en France. Par paresse intellectuelle ou manque de courage moral, les lubies assimilationnistes complètement ringardes servent encore de béquilles à d’autres.

Breizh-info.com : Vous présentez la remigration comme un « mythe mobilisateur » capable de dépasser les divisions internes au camp national — souverainistes, identitaires, chrétiens, laïcs, écologistes, libéraux, étatistes. N’y a-t-il pas un risque que cette fonction fédératrice dilue, à l’usage, la radicalité du propos ? Et concrètement, comment amener à la même table un catholique traditionaliste et un libéral agnostique, un jacobin et un régionaliste — un Breton attaché à sa langue et à sa terre, par exemple — autour d’un même horizon politique ?

Jean-Yves Le Gallou : Comment se mettre à la même table ? C’est simple : autour de l’essentiel : la défense de l’identité ethnique, culturelle, civilisationnelle, religieuse, des Européens. Regardez : la plus grande manifestation identitaire en France, c’est le colloque de l’Institut Iliade, plus de 1500 personnes autour de conférences, de stands, de libraires et d’artistes. Chacun y vient avec sa sensibilité mais tous sont en accord avec la défense de notre identité.

Breizh-info.com : La conclusion de votre livre affirme que « toutes les grandes victoires des deux derniers millénaires ne vaudront rien si nous perdons ce combat. Ni les Thermopyles, ni Poitiers, ni Vienne, ni Lépante ne furent plus importants que notre lutte. » C’est une déclaration d’une extrême gravité. À quelle échéance pensez-vous qu’il sera trop tard ? Quel est, selon vous, le point de non-retour démographique, culturel, politique — et sommes-nous déjà en train de le franchir, ou reste-t-il une fenêtre ouverte pour « l’Europe de nos enfants » ?

Jean-Yves Le Gallou : Il ne sera jamais trop tard ! tant qu’il restera des Européens de sang et d’esprit alors la grande aventure européenne pourra repartir !

 

Jean-Yves Le Gallou, propos recueillis par Yann Vallerie (Breizh-Info, 24 avril 2026)

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