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L'hostobiographie d'Alphonse Boudard...

Les éditions de La Table Ronde ont réédité voilà quelques semaine un récit d'Alphonse Boudard intitulé L'hôpital - Une hostobiographie. Écrivain sorti du ventre de Paris, Alphonse Boudard est un pur anar de droite, grand maître de l'argot des rues de la capitale, auteur de romans noirs comme La métamorphose des cloportes ou de récits autobiographiques comme Les combattants du petit bonheur. On lui doit également l'indispensable Méthode à Mimile !

 

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" Ce livre, un des meilleurs d’Alphonse Boudard, est une tranche de vie saignante comme une hémoptysie, une chronique du temps où les malades étaient encore presque considérés comme des détenus de droit commun.

« L'hosto, quand on y a séjourné longtemps et qu'on a failli y clamser, on y reste toujours un peu. Il vous fascine, vous obsède... on se dit qu'on y reviendra un jour ou l'autre. Il est l'image de notre mort... la mort des pauvres. J'en ai tant vu des mecs dévisser là-dedans, jeunes, vieux, ivrognes ou sobres, je n'arrive plus à oublier. Je voudrais, je m'efforce, et puis ça m'alpague au tournant d'une rue... J'aperçois le portail, une grille... ça me file les jetons. Comme la taule, tous les lieux de vacherie. J'aurais préféré vous raconter de merveilleux voyages, croyez-moi... Je vous instruis, vous divertis avec ce que je sais. J'invente rien, je réorganise ma souvenance et puis je fais danser les mots, je vous les amène le plus guilleret puisqu'il faut bien rire jusqu'au bout. On charrie dans sa mémoire les hommes, les endroits, les instants... ça vous fait une drôle de fresque... tous ces cadavres qui défilent, ces vivants stropias, grelotteux, ces tronches d'assassins, de marlous, de pédés, d'idiots, de viceloques. »

Nous sommes au début des années 50. Les antibiotiques ont fait leur apparition, mais la tuberculose n'est pas encore vaincue. Restent les services de phtisiologie des hôpitaux et des sanatoriums. Alphonse Boudard, dans ce qu'il appelle son hostobiographie, raconte ses différents séjours dans les salles communes des hôpitaux parisiens et dans les sanas de l'Assistance publique. Les malades s'entassent. La promiscuité est épouyantable. On boit du gros rouge comme on consomme une drogue. On meurt, on souffre... mais sans pourtant oublier le monde qui vous entoure avec les séquelles de la dernière guerre, avec la pauvreté, le stalinisme, les haines de toutes sortes recuites dans l'étuve de la vie communautaire. "

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