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21/03/2018

Le gai savoir de Nietzsche...

Les éditions du CNRS viennent de publier un essai d'Olivier Ponton intitulé Le gai savoir de Nietzsche - Une manière divine de penser. Professeur de philosophie en classes préparatoires et spécialiste de Nietzsche, Olivier Ponton est notamment l'auteur de Nietzsche, philosophie de la légèreté (Walter de Gruyter, 2007).

 

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" 1882 Nietzsche publie Le Gai savoir, un texte joyeux, ironique.
Après Choses humaines, trop humaines et Aurore, c’est l’œuvre d’un convalescent qui retrouve toutes ses forces. Il suffit de lire le titre du prologue : « Plaisanterie, ruse et vengeance », ou celui de l’appendice : « Chanson du prince Hors-la-loi ».
C’est dans ce livre de la maturité que sont « lancées » la mort de Dieu (aphorisme 125) et l’éternel retour (aphorisme 341), deux pensées des plus importantes et des plus énigmatiques auxquelles le nom de Nietzsche demeure attaché.
Si Dieu est mort, et qu’on ne croit plus en lui, pourquoi faut-il encore l’annoncer à des incroyants ? Si je dois revivre ma vie éternellement à l’identique, est-ce avec le souvenir de l’avoir déjà vécue ? Et quelle différence, si je la revis ?
Ce livre tente de comprendre la logique et la fonction de ces deux pensées. Convoquant d’autres auteurs (Pascal, Freud, Foucault, Bourdieu, Castoriadis, Jankélévitch) pour mieux éclairer l’expérience que Nietzsche s’efforce également de susciter en nous, Olivier Ponton reconstitue la cohérence si singulière du Gai savoir, ce chef-d’œuvre d’écriture aphoristique. Est ainsi mise en lumière une conception originale de la pensée, dont le pouvoir, moins théorique que pratique, est d’abord un pouvoir d’institution : institution du sens et de la valeur de la vie. "

07/03/2015

Nietzsche en lettres...

Les éditions Gallimard viennent de publier le quatrième tome de la Correspondance de Friedrich Nietzsche, qui couvre la période de janvier 1880 à décembre 1884.

 

Correspondance Nietzsche 4.jpg

" Le tome IV de la correspondance de Nietzsche couvre les années 1880-1884 : cinq années seulement, mais riches en crises et en métamorphoses. Désormais libre de toute attache universitaire, Nietzsche va connaître les plus douloureuses déceptions dans les rapports avec autrui, et les plus souveraines créations, avec Aurore, Le Gai Savoir et la figure nouvelle de Zarathoustra. À l'arrière-plan : lancinante, une douleur indéfinie, un mal-être physique et psychique permanent qui ne connaît que de rares rémissions (lors du «saint Janvier» de 1882) ; des relations de plus en plus difficiles avec sa mère et sa sœur Elisabeth ; et la quête souvent déçue d'un «lieu» propice à l'écriture, à Venise – auprès du compositeur Heinrich Köselitz, «Peter Gast», dont il admire et défend la musique –, à Gênes, dans l'anonymat d'un grand port, à Nice, ville un peu trop française, et, en Engadine, «présent inattendu», qu'il découvre alors, séjour fécond de ses étés. Dans cette errance un peu contrainte, entre Suisse et Italie, Nietzsche formule ses pensées les plus secrètes : son affinité avec Spinoza, le défi de l'éternel retour, l'annonce du surhomme, la critique du «dernier homme». Mais à qui confier ces perspectives nouvelles? Vers quelle petite élite se tourner? C'est le vieux rêve de Nietzsche.
En mai 1882 a lieu la fatale rencontre avec Lou von Salomé à Rome, et se forme le projet naïf d'une «Trinité» avec le froid Paul Rée. Cet épisode bien documenté sera un échec désastreux, qui va conduire Nietzsche à rompre avec sa famille et ses amis wagnériens et le condamner à une solitude de plus en plus irrémédiable. Si les lettres qui témoignent de cet épisode pathétique révèlent les premiers craquements de sa personnalité, elles sont aussi d'une densité, d'une élégance d'écriture et d'une intensité humaine et intellectuelle qui en font sans conteste une des plus bouleversantes correspondances de langue allemande. "