Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/04/2012

Tout est permis mais rien n'est possible...

Les éditions Delga viennent de publier un documentaire, disponible en DVD, consacré à l'oeuvre du philosophe Michel Clouscard et réalisé par Ossian Gani et Fabien Trémeau. Michel Clouscard est le premier à avoir senti l'évolution du capitalisme vers une forme de libéralisme libertaire et à avoir analysé le "happening" de mai 1968 sous cet angle...

 

tout-est-permis-mais-rien-n-est-possible-ossian-gani-et-tremeau-fabien.jpg

"La crise actuelle s’avère l’ultime expression de la négation du travail : prévalence des actionnaires sur les producteurs, prépondérance des services en Occident et « usine du monde » délocalisée partout ailleurs etc. Si cette négation tyrannique a été intériorisée même par ses victimes, c’est qu’elle est au résultat de ce long dressage que réalisa le « libéralisme libertaire », dont Michel Clouscard a, le premier, théorisé le concept.

Pour faire pièce au progressisme issu de la Résistance, il s’agissait pour le capitalisme, avec le Plan Marshall, de créer un modèle « permissif pour le consommateur », mais plus que jamais « répressif envers le producteur ». Ce fut alors d’une part l’initiation d’un « marché du désir », dont le Mai 68 sociétal a été ensuite le promoteur décisif, et qui eut tôt fait de réduire le désir au marché, et d’autre part le surgissement de nouvelles couches moyennes, tampon entre le capital et le travail et cibles de ce marché. Le modèle de consommation libidinal, ludique et marginal pour le happy few fut alors décrété seul horizon d’émancipation. « Tout est permis, mais rien n’est possible ».

Parallèlement, pour éloigner radicalement le spectre de l’affrontement de classes, qui entrave les profits, il s’agira pour ce néocapitalisme de « porter la guerre civile chez les pauvres », par l’exaspération de conflits identitaires (jeunes/vieux, locaux/immigrés, etc.), qui par définition ne lui coûtent, eux, pas un sou. Le nombre de jours de grève par an sera, lui, divisé par vingt entre les années 70 et 2000 et 10% de la richesse produite passera dans le même temps de la poche du monde du travail à celles de la finance (les bulles).

La chouette de Minerve ne prenant son envol qu’à la tombée de la nuit, c’est sur fond de capitalisme crépusculaire et de fin de partie, qu'aujourd'hui cette modélisation radicale que propose l’œuvre de Michel Clouscard devient enfin audible. Véritable enjeu existentiel et anthropologique, elle conduit, à la suite de Rousseau, Hegel et Marx, à la réappropriation objective de notre histoire kidnappée par les forces masquées de la contre-révolution."


Bande annonce n°1 - Tout est permis mais rien... par EditionsDelga