Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/10/2018

Le retour d'une justice d'exception...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Eman, cueilli sur son site A moy que chault ! et consacré à la condamnation d'Estaban Morillo et de Samuel Dufour, jugés à la suite de la mort d'un militant antifa au cours d'une rixe le 5 juin 2013 à Paris. Animateur du site d'information Paris Vox et collaborateur de la revue Éléments, Xavier Eman a récemment publié un recueil de ses chroniques mordantes intitulé Une fin du monde sans importance (Krisis, 2016).

 

Esteban et Samuel.jpg

Affaire Méric : le retour de la justice d'exception

Le vendredi 14 septembre, la justice française, déjà mal en point, s'est gravement déshonorée.

En condamnant Esteban Morillo et Samuel Dufour à 11 et 7 ans de prison ferme, elle a révélé son vrai visage. Non pas celui d'une institution sereine, impartiale et équitable mais celui, hideux et grimaçant, d'une mégère hargneuse et cruelle, toute entière au service d'une basse vengeance politique. Car si Esteban et Samuel ont été frappés par des peines aussi lourdes – extravagantes au regard des sentences ordinairement prononcées pour ce type de faits, et même pour certains beaucoup plus graves et sordides...- c'est principalement, essentiellement même, parce qu'ils ont été désignés, qualifiés, identifiés comme étant des « skinheads », c'est à dire des individus incarnant – ou au moins singeant – l'idéologie du « mal ».

De ce fait, exclus du camp du « bien », donc de l'humanité, ils ne méritaient non seulement aucune pitié mais également un acharnement à la hauteur de leur crime idéologique de lèse-bien-pensance. C'est pourquoi, à une époque où la justice se gargarise de « seconde chance » de « réinsertion » et de « peines adaptées », il ne fallait pas uniquement punir mais surtout briser, éradiquer, broyer ces deux jeunes hommes sans antécédents criminels ni casiers judiciaires. Non pas pour ce qu'ils avaient fait – Samuel n'a même pas touché Méric!- mais pour ce qu'on leur reprochait de penser, pour les idées qu'on leur prêtait et pour ce qu'ils pouvaient incarner. Pour l'exemple.

Certains commentateurs ont également évoqué un « procès de classe », tant, il est vrai ,était criante l'opposition absolue entre les milieux sociaux des accusés et de la victime, entre l'humilité ouvrière un peu hagarde des parents d'Esteban et l'arrogance bourgeoise pérorante des parents de Méric. Mais il ne s'agit là que d'un élément accessoire. Si Esteban et Samuel ont été si durement châtiés, ce n'est pas parce qu'ils sont des « prolos » mais bien parce qu'ils sont des « fachos ». Vouloir mettre en avant, dans cette affaire, une sorte de nouvel épisode de la « lutte des classes » - prégnante en beaucoup d'autres occasions... -, c'est se voiler la face. Car ce qu'ont clairement voulu faire un avocat général en croisade et une juge suintant le militantisme, c'est bel et bien poursuivre la « chasse aux fafs » entamée dans la rue par Clément Méric et ses amis qui, rappelons le, constituent des groupuscules activistes et violents qui n'ont pas pour but la promotion d'un quelconque projet politique ou d'un modèle de société alternatif, mais uniquement et exclusivement l'éradication, y compris physique, des mal pensants. Ainsi d'ailleurs, les simili-milices « antifas », prétendument révolutionnaires et libertaires, ont montré leur parfaite connivence, pour ne pas parler de collaboration, avec l'appareil répressif étatique. Deux méthodes, un même objectif.

Ces sentences, odieuses, sont d'autant plus graves et inquiétantes qu'elles donnent de facto un blanc-seing à la violence d'extrême-gauche ( légitimée de façon délirante par les prétendues « belles idées humanistes » qui sont censées la motiver...) et ne laisse plus aux dissidents du politiquement correct qu'un seul choix : se laisser massacrer ou croupir en prison.

C'est pourquoi, tous ceux qui ne dénoncent pas avec la plus grande fermeté l'inanité de ce jugement, pour des raisons tactiques, « stratégiques » ou cosmétiques (cheveux trop courts, tatouages « craignos »...) font une grave et terrible faute qui se retournera contre eux lorsqu'ils seront à leur tour confrontés à cette « justice » fanatisée.

On annonce un nouveau procès, suite à l'appel du parquet. Espérons qu'il lave, au moins partiellement, l'honneur des magistrats. Mais ne rêvons pas trop...

Xavier Eman (A moy que chault ! , 22 septembre 2018)