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27/07/2015

Dans les laboratoire du dieu de la guerre...

Le magazine Sciences et Avenir vient de publier un numéro hors-série (n°182, juillet-août) sur le thème « Science et guerre, nouveaux conflits, nouvelles technologies. Cyberguerre, Drones, Soldat du futur, Propagande, Nucléaire, Robots...

 

Science et guerre.jpg

Au sommaire :

Édito

Une paix traversée de guerres 

Rencontre

 « Le champ de bataille classique disparaît »

Propagande

 Internet, arme de persuasion massive

Drones

L'envol de l'avion sans pilote

Tuer n’est pas jouer

Cyberguerre

L’armée des nombres

Le cyberespace sur écoute

La France a son Pentagone 

Armée high tech

Le pari du soldat augmenté

La tenue de combat du futur

Les robots montent au front

La guerre à la vitesse de la lumière 

Espace

L’œil infaillible des satellites espions

Guerre froide sur orbite 

Nucléaire

Simuler ... pour mieux dissuader

Trente ans d’hiver ... 

Agents toxiques

Le spectre de l'attaque biologique

Quarante-huit heures pour administrer un antidote

« Le risque: qu’une forme virale dangereuse échappe au contrôle »

Un héritage empoisonné

De l’eau qui vaut de l’or

Le ciel nous tombera-t-il sur la tête ?

« Les modifications climatiques vont exacerber les conflits » 

Cinéma

La guerre dans le viseur des cinéastes

 

23/04/2013

Théorie du drone...

Les éditions La Fabrique publient cette semaine Théorie du drone, un essai de Grégoire Chamayou. Philosophe et chercheur au CNRS, Grégoire Chamayou a notamment traduit les Principes fondamentaux de stratégie militaire de Clausewitz et a préfacé Kubark, le manuel de manipulation mentale et de torture psychologique de la CIA, publié chez Zones.

Théorie du drône.jpg

" Le drone est l'instrument d'une violence à distance, où l'on peut voir sans être vu, toucher sans être touché, ôter des vies sans jamais risquer la sienne. Cette forme de violence télécommandée, qui à la fois supprime le face-à-face et fait éclater la distance impose de repenser des concepts apparemment aussi évidents que ceux de combattant (qu'est-ce qu'un combattant sans combat ?) ou de zone de confit (où a lieu, une telle violence, écartelée entre des points si distants ?).
Mais, plus radicalement, c'est la notion de " guerre " qui entre elle-même en crise : le drone est l'emblème de la " chasse à l'homme préventive ", forme de violence qui débouche, à mi-chemin entre guerre et police, sur des campagnes d'exécutions extrajudiciaires menées à l'échelle globale. Cette tentative d'éradication absolue de toute réciprocité dans l'exposition à la violence reconfgure non seulement la conduite matérielle de la violence armée, techniquement, tactiquement, mais aussi les principes traditionnels d'un ethos militaire officiellement fondé sur la bravoure et l'esprit de sacrifice.
Car le drone est aussi l'arme du lâche : celle de ceux qui ne s'exposent jamais. Cela n'empêche pourtant pas ses partisans de la proclamer être l'arme la plus éthique que l'humanité ait jamais connue. Opérer cette conversion morale, cette transmutation des valeurs est la tâche à laquelle s'attellent aujourd'hui des philosophes américains et israéliens qui oeuvrent dans le petit champ de l'éthique militarisée.
Leur travail discursif est essentiel pour assurer l'acceptabilité sociale et politique de cette arme. Dans ces discours de légitimation, les " éléments de langage " de marchands d'armes et de porte-parole des forces armées se trouvent reconvertis, par un grossier processus d'alchimie discursive, en principes directeurs d'une philosophie éthique d'un nouveau genre - une " nécroéthique ", dont il est capital de faire la critique. "