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12/03/2012

Où va la Justice ?...

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Le numéro de mars 2012 de la revue Le spectacle du monde est en kiosque. 

Le dossier est consacré aux errances de la Justice. On pourra y lire, notamment, des articles de Gilles Gaetner ("Sarkozy, Président et garde des Sceaux", "Le juge indéboulonnable", "Le casse-tête de la récidive"), de Xavier Prague ("Le poison des affaires", "L'erreur judiciaire, faille de l'Amérique") et de Thomas Renteag ("Les jurés populaires en question"), ainsi qu'un entretien avec Philippe Bilger ("La magistrature est devenue une pétaudière").

Hors dossier, on pourra aussi lire un entretien avec Christophe Bourseiller ("Nombre d'idées nouvelles ont surgi à la périphérie") et des articles de Michel Marmin ("La Grande Illusion, un émerveillement renouvelé"), d'Olivier Maulin ("Julien Blanc, tout au bout de la nuit") ou de Jérôme Leroy ("Le paradoxe Ben Laden"). Et on retrouvera aussi  les chroniques de Patrice de Plunkett et d'Eric Zemmour.

 

05/01/2012

Extrémisme ?...

Les éditions du CNRS viennent de publier un essai de Christophe Bourseiller intitulé L'extrémisme - Une grande peur contemporaine. Depuis une vingtaine d'années, Christophe Bourseiller a publié de nombreux essais consacrés aux mouvements extrémistes ou radicaux, qu'ils soient de droite, de gauche ou d'ailleurs, comme Les ennemis du système (1989), Extrême-droite (1991), Les maoïstes : la folle histoire des gardes rouges français (1996), Vie et mort de Guy Debord (1999), Histoire générale de l'ultra-gauche (2003) ou A gauche toute ! (2009).

 

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"Pieuvre géante, Golem envahissant,fantasme collectif et nouvelle grande peur des bien-pensants, l’extrémisme sculpte l’actualité. Mais qui sont les extrémistes ? Les mécontents, les ennemis du système, les contestataires, les destructeurs, les nihilistes, les terroristes, les rebelles ?Extrémistes, les militants du Front national, les néo-royalistes, les catholiques intégristes ? Extrémistes, les trotskystes, les maoïstes, les nostalgiques de Staline, les nationaux communistes ? Toujours invoqué mais rarement défini, l’extrémisme serait-il la nouvelle hydre de Lerne des sciences politiques ? En répondant à ces questions, et à beaucoup d’autres, Christophe Bourseiller décrypte un phénomène politique majeur. Il montre que les extrémistes se distinguent par leur incapacité à tolérer l’ambiguïté et l’incertitude. Fascinés par la violence, allergiques au présent, ils militent pour un changement radical de société et perçoivent leurs adversaires comme intrinsèquement maléfiques. Et, par-delà les programmes, les manifestes, les excommunications,en appellent à l’avènement d’authentiques contre-cultures."

05/09/2011

Révolution ou révoltes ?...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Christophe Bourseiller, cueilli sur son Antiblog,  qui souligne la difficulté qu'ont les ennemis du système à bâtir un projet révolutionnaire crédible.

Christophe Bourseiller s'intéresse depuis de nombreuses années aux courants minoritaires et a écrit de nombreux essais sur l'extrême gauche, les situatinnistes et les droites radicales, notamment.

 

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Existe-t-il toujours un projet révolutionnaire en France ?

La question du projet révolutionnaire et de sa viabilité renvoie dès l’abord à l’horizon mystérieux et angoissant de la révolution. Qu’est-ce que la révolution, sinon l’absolu bouleversement , celui qui modifie la substance et non l'accident ? La révolution, c’est la destruction du système, la mise à mort du roi, du tsar, l’édification d’un monde radicalement nouveau.

Ce coup de balai est-il encore envisageable, ou bien relève-t-il d’une mythologie désuète, surannée, caduque ?
Dans un livre important, De la Révolution aux révoltes (1), Jacques Ellul observe que “ maintenant l’ère des révolutions est close ”.  La remarque pourrait choquer bien des tenants du Grand Soir. L’auteur estime en réalité que les divers surgissements de colère sociale ou politique ne remettent pas en cause la nature d’un système qui s’est imposé jusqu’à dominer la planète avec la force de l’évidence. Il y a certes des crises sociales de grande ampleur, des émeutes sanglantes, des guerres civiles. Jacques Ellul observe cependant que “ (...) cette société ne peut plus être véritablement mise en cause. Seulement ses apparences ”.

En d’autres termes, les éruptions sociales conduisent, au minimum à des réformes, au maximum à des changements de dirigeants. La nature même du système n’est plus remise en cause. On l’a vu récemment en Tunisie ou en Egypte. Dans les deux cas, le système a tenu, tandis que les régimes se sont au mieux démocratisés.

Alors même que la révolution, dans son extrême même, se voit ainsi bafouée, aux profit de révoltes canalisées, les mouvements politiques révolutionnaires connaissent, partout dans le monde, un regain d’influence.
En France, les extrêmes gauches manifestent leur vitalité dans la rue, plus que dans les urnes. On les a vues participer activement l’automne dernier au mouvement contre la réforme des retraites. Elles sont sociologiquement implantées dans la population et bénéficient de bastions, locaux, régionaux, professionnels, syndicaux. Elles règnent sur une partie de l’économie sociale.

En parallèle, la prolifération des partis populistes, qui témoignent de la dissémination des discours extrémistes, est l’un des faits majeurs de l’époque présente. Les populistes prétendent rassembler l’ensemble des “ ennemis du système ” , sous une bannière démagogique. Ils se développent dans toute l’Europe.

Au même moment, on voit les crises sociales se multiplier : Guadeloupe, Grèce, Tunisie, Egypte... Autant d’éruptions populaires et de cris de colère.

Tel est bien le paradoxe pointé par Jacques Ellul dès 1972. Nombreux sont aujourd’hui les porte-drapeaux de la révolution. Mais les “ mouvements sociaux ” ne menacent pas le système. Ils ne font que fragiliser les gouvernements. Ils provoquent des réformes. Ils contraignent les partenaires sociaux à des négociations.

Comment en est-on arrivé à un tel état de fait ?
L’absence de réel projet révolutionnaire tient sans doute à la question du renouvellement. Il existe dans les différents courants extrémistes des sensibilités modernistes et rénovatrices. Celles-ci interrogent le corpus idéologique. Comment présenter au XXIe siècle une alternative crédible au capitalisme, quand les expériences du XXè siècle ont généralement échoué dans le sang et les larmes ? Cette question cruciale n’est pas tranchée.
En attendant, les forces révolutionnaires peinent à incarner une voie de salut. Il leur faut sans doute opérer en leur sein une révolution culturelle, seul préalable à la révolution sociale qu’elles appellent de leurs vœux.

Christophe Bourseiller (Article publié dans Rue Saint-Guillaume n°163, juin 2011)

1) Jacques Ellul, De la Révolution aux révoltes, édition originale, Calmann-Lévy, 1972, réédition aux Editions de la Table ronde, 2011, p. 498

10/02/2010

A gauche, toute !

Les éditions du CNRS ont publié en mai 2009 un recueil d'articles et de préfaces de Christophe Bourseiller, sur le thème de la gauche radicale et de ses différentes "chapelles". La partie la plus intéressante de l'ouvrage est consacrée au situationnisme et à Guy Debord.

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"L’extrême gauche est là. Dans les esprits. Dans les médias. Dans les rues. Mais que représente-t-elle vraiment ? En a-t-elle fini avec la violence révolutionnaire ? Marque-t-elle l’avènement d’un nouveau populisme ou d’un nouveau réformisme ? Va-t-elle devenir, électoralement, un cauchemar pour la gauche et une aubaine pour la droite ? Qu’en est-il surtout de cette nébuleuse ? Néo-staliniens, libertaires, anarcho-syndicalistes, situationnistes, altermondialistes, comment s’y retrouver ? Le Nouveau Parti Anticapitaliste d’Olivier Besancenot parviendra-t-il à dépasser le trotskisme ? Nathalie Arthaud saura-telle endosser la défroque d’Arlette Laguiller ? Et que penser quand la gauche de la gauche semble se rapprocher des islamistes ? N’hésitant pas à briser les tabous, brossant un tour d’horizon complet, avec ce livre qui constitue à la fois une étude documentée, une analyse rigoureuse et une somme passionnante, Christophe Bourseiller décrypte de manière inégalée les secrets d’une famille politique étonnamment française et en pleine révolution."

Écrivain, Christophe Bourseiller est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, parmi lesquels Vie et Mort de Guy Debord, Les Maoïstes. Il est par ailleurs professeur à Sciences Po.