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21/06/2012

Les législatives sans le peuple...

Nous reproduisons ci-dessous une analyse d'Andrea Massari et de Michel geoffroy, cueillie sur Polémia et consacrée aux leçons qu'il est possible de tirer des élections législatives...

 

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Les législatives sans le peuple

1-Une abstention record

Au deuxième tour de l’élection législative, le 17 juin 2012, 47,60% des électeurs se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. C’est un record absolu sous la Ve République. Plus de la moitié des moins de 44 ans se sont abstenus, tout comme la majorité des employés et des ouvriers. Illustration du désintérêt pour l’élection : durant l’entre-deux-tours, les couvertures des magazines (Le Nouvel Observateur, L’Express, Marianne) titraient, non sur l’enjeu du scrutin, mais sur la guerre des concubines présidentielles (« La première femme contre la première dame », selon France Dimanche).

2-Une assemblée à la représentativité douteuse

Avec 16,5% des inscrits au premier tour le Parti socialiste a la majorité absolue. Avec 2% à l’élection présidentielle, les écologistes disposent de 18 élus. Avec 18% à l’élection présidentielle, le Front national dispose de 2 élus.

On notera, en contrepoint, que les minorités ethniques disposent au titre de la « diversité » de 10 députés et de 3 ministres.

Précisons que la circonscription de Marine Le Pen avait été redéfinie par le gouvernement Fillon pour rendre la victoire de la gauche plus facile (avec l’ancien découpage Marine Le Pen aurait été élue avec 53% des suffrages !)

Marine Le Pen (18% à la présidentielle), Jean-Luc Mélenchon (11%), François Bayrou (9%) sont exclus de l’assemblée nationale : soit trois personnalités représentatives de 38% des électeurs.

3- La stratégie centriste de Fillon, Copé, Juppé a démobilisé les électeurs UMP

Avec la « stratégie Buisson », celle d’un langage à droite toute, Nicolas Sarkozy est parvenu à rassembler 48,5% suffrages, le 6 mai 2012. A contrario, la mollesse de la campagne législative Copé/Fillon a accentué la démobilisation naturelle de l’électorat. L’UMP ne retrouve que 44% des suffrages, soit 4,5 points de moins qu’à la présidentielle.

Les reports du FN vers l’UMP ont été découragés par les déclarations politiquement correctes des Juppé, Dati, Jouanno (tous non candidats), NKM et autres Copé.

A contrario, les médias ont beaucoup glosé sur la défaite des élus UMP de la droite populaire, sans voir que beaucoup d’entre eux partaient de situations très défavorables ; pourtant, dans leurs circonscriptions, Jean-Paul Garraud, Brigitte Barèges ou Bernard Carayon, quoique battus, limitent les pertes par rapport à la moyenne nationale.

4- L’union à droite, cela marche : le populiste Bompard élu à Orange

L’élection de Jacques Bompard à Orange a été très largement passée sous silence par les médias. Or Bompard a été particulièrement bien élu, obtenant près de 59% des suffrages. Parti de 22% au premier tour, il a réuni sur son nom la quasi-totalité des 40% de suffrages dispersés sur le Front national, l’UMP et les candidats divers droites. Ce brillant résultat est le fruit d’une fidélité sans faille à ses convictions politiques, d’un travail de terrain constant et d’une habile stratégie électorale. C’est dans ce contexte, propre au Comtat Venaissin, que Marion Le Pen a été élue à Carpentras avec l’aide de l’équipe de campagne de son suppléant intelligemment choisi parmi la Ligue du Sud de Bompard.

5-Les reports UMP/FN ont existé et le Front national est donc entré dans un processus de normalisation politique

Là où le FN était fort, il a bénéficié de bons reports de l’UMP : notamment à Hénin-Beaumont dès le premier tour ; dans le Gard pour Gilbert Collard qui a même bénéficié, au deuxième tour, d’un « vote utile » en sa faveur ; et aussi dans les Bouches-du-Rhône où deux candidats FN ont atteint 49% : des chiffres insuffisants pour gagner mais néanmoins très significatifs, puisque supérieurs aux résultats obtenus en 1988 et 1997. De même Florian Philippot a bénéficié de bons reports UMP en Lorraine.

Le Front national est donc bien entré dans un processus de normalisation politique, au grand dam de la gauche et de l’oligarchie.

Cela tient à la fois à la personne et à l’action de Marine Le Pen, mais aussi au fait que la situation générale de notre pays et de l’Europe confirme les analyses de la droite identitaire. Le discours d’ostracisme vis-à-vis du Front national est donc de moins en moins audible, dans un pays de plus en plus en crise. Le Front de gauche, malgré un soutien systématique de l’oligarchie médiatique, a d’ailleurs été incapable de supplanter le Front national, en particulier à cause de sa position sur l’immigration.

6-La partialité médiatique a une fois de plus biaisé l’élection en faveur des médiagogues

Il y a une grande différence entre un référendum et une élection représentative. A un référendum les électeurs votent pour des idées et des projets. A une élection représentative les électeurs votent aussi en fonction des images des candidats. Ainsi certains candidats – NKM par exemple – sont angélisés. D’autres sont diabolisés, comme le furent Christian Vanneste (éliminé dès le premier tour), Nadine Morano ou Jean-Paul Garraud. Et l’opinion est, volens nolens, influencée par les personnalités les plus présentes dans les médias qui sont précisément celles qui tiennent le discours le plus convenu et le plus politiquement correct.

7-Hollande : des pouvoirs réduits, une légitimité faible

Les médias ont glosé sur les pouvoirs rassemblés par Hollande : la majorité absolue de l’Assemblée nationale, la majorité du Sénat, la majorité des collectivités territoriales.

Mais ces pouvoirs sont limités par ceux des organisations internationales : l’Union européenne, l’Organisation mondiale du commerce, l’OTAN. Sa marge de manœuvre est dérisoire.

En interne ses pouvoirs sont limités par les organes juridictionnels : sait-on, par exemple, que depuis 40 ans, 90% des lois et décrets sur l’immigration ne sont pas le fait des députés mais celui du Conseil d’Etat, de la Cour de cassation, du Conseil constitutionnel, de la Cour de justice européenne, de la Cour européenne des droits de l’homme ?

Hollande a été choisi (à défaut de DSK, indisponible) comme gérant d’apparence des intérêts de la superclasse mondiale. Sa marge de manœuvre est faible. De retour de la conférence du Bilderberg (où il a séjourné, en Virginie, du 29 mai au 3 juin), Erik Israélewicz, directeur du Monde (dont Matthieu Pigasse, de la banque Lazard, est l’actionnaire de référence), fixe la feuille de route présidentielle : dans des éditoriaux à l’arrogance mal dissimulée, le patron du Monde dit au président de la République ce qu’il doit faire, sur l’euro, l’Europe, la Grèce, le redressement des comptes publics et même comment il doit recadrer sa concubine…

8-Hollande, une légitimité fragile

Or Hollande, malgré les discours euphoriques de médias versatiles, a une légitimité faible : il n’a obtenu que 48,64% des votants du deuxième tour, davantage par rejet de Nicolas Sarkozy que par adhésion. Et il n’a obtenu la majorité des suffrages exprimés que par le vote des minorités ethniques dont les représentants les plus agités ont fêté la victoire en agitant des drapeaux étrangers.

Aux législatives, on l’a dit, et là aussi malgré la mobilisation du vote ethnique en sa faveur, le Parti socialiste n’a rassemblé que 16,1% des suffrages.

Jamais sous la Ve République la coupure entre le pays légal et le pays réel n’a donc été aussi profonde ; l’usure du système politique français, de moins en moins représentatif, est manifeste et le clivage gauche/droite recouvre donc de plus en plus un clivage identitaire, ce qui va contribuer à radicaliser le débat politique.

Sur le plan du style, la « présidence normale » et son gouvernement se sont coulés dans la continuité de l’hyperréactivité émotionnelle, les morts de militaires et de gendarmes et les blessures de policier servant cyniquement de carburant électoral. C’est une stratégie médiatique efficace à court terme mais dangereuse dans la durée.

Bon courage, M. Hollande

Michel Geoffroy et Andrea Massari (Polémia, 19 juin 2012) 

17/05/2012

Les populistes contre les médiagogues...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Andrea Massari, cueilli sur Polémia  et consacré aux médiagogues, ces hommes (ou femmes...) politiques qui collent aux idées dominantes propagées par les médias... 

 

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Les populistes contre les médiagogues


« Le camp du bien »

A quelques exceptions près, les journalistes appartiennent au « camp du bien » (selon Robert Ménard). Ils partagent un ensemble de valeurs communes à base de mondialisme, d’antiracisme, d’autoculpabilisation européenne et de rupture des traditions. Les médias ne sont pas neutres. Ils sont engagés. Les hommes politiques invités dans les médias doivent tenir compte de cette réalité.

Pour les socialistes, c’est assez facile : cela correspond globalement aux idées qu’ils défendent. Il en va de même pour l’histrion pseudo-révolutionnaire Mélenchon. D’ailleurs, des votes effectués dans les écoles de journalisme à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle de 2012 ont montré que 71% des élèves du CELSA et 85% de ceux de l’ESJ de Lille votaient à gauche ou à l’extrême gauche. Les candidats de ces formations sont reçus à domicile dans la presse !

Les médiagogues

Il n’en va pas de même pour ceux de l’UMP (et a fortiori du FN). C’est pour cela qu’on a vu apparaître à l’UMP une nouvelle catégorie d’hommes politiques : les médiagogues, ceux qui choisissent délibérément de flatter les journalistes et de tenir un discours proche des idées dominantes dans les médias. L’objectif des médiagogues est d’obtenir une bonne visibilité et une bonne image, ce qui leur permet de progresser dans la carrière et de passer de député à ministre, de ministre à présidentiable.

Ainsi dès les années 1990, Alain Juppé s’est forgé une image d’homme hostile au Front national dans l’espoir de devenir maire de Paris ou présidentiable. Lors du débat sur le PACS, en 1999, une parfaite inconnue, Roselyne Bachelot, est devenue la coqueluche des médias en votant avec la gauche contre l’avis de ses amis. Ce qui lui a permis de devenir ministre et de le rester sept ans. Aujourd’hui un certain nombre de bébés présidentiables suivent la même stratégie : Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse et Bruno Lemaire par exemple. Chantal Jouanno qui vise Paris joue la même partition. Deux marqueurs suffisent pour être dans le « camp du bien » : être favorable au « mariage gay » et à « l’homoparentalité » et préférer le PS au Front national.

Les populistes

Les populistes sont dans une logique radicalement différente. Ils sont en phase avec l’opinion de la majorité des Français. Ainsi les deux tiers des Français trouvent qu’il y a trop d’immigration et que des mesures protectionnistes seraient utiles : Marine Le Pen a exprimé leurs préoccupations, dans un environnement médiatique de plus en plus hostile. Nicolas Dupont-Aignan s’est inscrit dans une logique voisine. Il n’a par ailleurs pas hésité sur Canal+ à mettre en cause les journalistes et leur coupure avec la France profonde.

Un certain nombre de députés UMP et la « droite populaire » défendent aussi des idées médiatiquement hétérodoxes sur l’identité ou les valeurs. Christian Vanneste, qui s’oppose au lobby homosexualiste, a même fini par être exclu de l’UMP. Il faut ici apporter une précision : les médias insistent sur le fait qu’il y aurait une majorité de l’opinion qui serait favorable au « mariage gay ». Le seul problème c’est que partout où il y a eu des référendums (Californie, Arizona, Floride, Arkansas et Slovénie) le « mariage gay » a été repoussé…

Sarkozy et Copé : le grand écart !

Il faut ici analyser la stratégie de Nicolas Sarkozy. Elle systématise la dissociation de l’action et de la parole. Nicolas Sarkozy a beaucoup agi dans le sens du médiatiquement correct : il a supprimé la « double peine » (permettant ainsi aux délinquants étrangers de rester en France), il a mis en œuvre la discrimination positive, il a promu l’enseignement de la « théorie du genre » au lycée et a poursuivi la politique d’ouverture des frontières. Mais la parole sarkozyste a souvent été en rupture avec l’action : en 2007, le candidat Sarkozy a prétendu rompre avec l’esprit de Mai-68 ; en 2012, le sortant Sarkozy s’est fait le chantre des frontières. Paroles, paroles… mais des discours qui ont été singulièrement efficaces : permettant une victoire nette en 2007 et limitant une défaite inéluctable en 2012.

Copé s’inscrit strictement dans la même stratégie. Deux axes dominent la prochaine campagne législative de l’UMP : en direction des électeurs, un message patriotique et tricolore ; en direction des médias, un discours d’exclusion du Front national.

Que feront les populistes de l’UMP ?

La force de l’UMP, c’est son double positionnement : un clin d’œil populiste pour les électeurs, un clin d’œil médiagogique pour la caste dominante. Mais c’est aussi sa faiblesse.

La question est la suivante : jusqu’à quand les populistes vont-ils continuer à jouer les porteurs d’eau des Juppé, Copé, Jouanno, Pécresse, Bachelot et autres NKM ? Jusqu’à quand les électeurs vont-ils se laisser berner ? Le jeu des médiagogues est une insulte à la démocratie.


Andrea Massari (Polémia, 11 mai 2012)

26/04/2012

Enseignements sur le premier tour de l'élection présidentielle de 2012...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Andrea Massari, cueilli sur Polémia et consacré aux enseignements qu'il est possible de tirer du premier tour de l'élection présidentielle...

 

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Dix enseignements sur le premier tour de l'élection présidentielle de 2012

1-Un nouveau désaveu de la classe médiatico-sondagière

Depuis plusieurs semaines les médias et les sondages scénarisaient deux duels : Hollande/Sarkozy pour la première place, Mélenchon/Le Pen pour la seconde. Au final, il y sept points d’écart entre le candidat du Front de gauche et la candidate du Front national : l’un était surestimé de 3,5 points, l’autre sous-estimé d’autant. Il est vrai que Mélenchon (11,11%) bénéficiait à la fois de la sympathie de nombreux journalistes trotskystes et de la bienveillance intéressée des stratèges sarkozystes… En novlangue, quand les médias et les sondeurs ont bobardé on dit que les résultats sont une « surprise ».

2-Le vrai échec de Mélenchon

Mélenchon a réussi à polariser sur son nom les voix de l’extrême gauche ; mais celles-ci, malgré la crise économique et la contestation du capitalisme financier plafonnent à moins de 13% (Mélenchon + Poutou + Artaud). C’est un peu mieux qu’en 2007, mais moins bien qu’en 2002.

3-L’incontestable succès de Marine Le Pen

Avec plus de 17,90% des suffrages exprimés, Marine Le Pen dépasse les meilleurs résultats de son père. Certes, elle n’atteint pas, en pourcentage, le total Le Pen + Mégret de 2002 (19,20%), mais en nombre de suffrages (plus de 6,3 millions) et en pourcentage des inscrits (près de 15%), c’est un record absolu !

Le couplage stratégie de « dédiabolisation » puis retour sur les « fondamentaux » (immigration et sécurité) dans la dernière ligne droite a plutôt bien fonctionné.

4-Le niveau du « bloc patriotique » est élevé

Si l’on regroupe les électeurs par rapport au discours qui leur a été adressé, on peut parler d’un « bloc patriotique », au moins par le verbe, avec Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Nicolas Sarkozy et ses paroliers (Buisson et Peltier, Guaino et Emmanuelle Mignon). Ce « bloc patriotique » se situe à un niveau élevé et le tricolore fait recette avec 47% des suffrages.

C’est plus qu’en 2007 où le score s’établissait à 45% (Le Pen père + Sarkozy + Villiers + Nihous). C’est plus aussi que le bloc de gauche en 2012 qui se situe à 43%.

Mais s’ils sont importants par ce qu’ils révèlent de l’état de l’opinion, ces résultats ne permettent en rien de prédire un succès sarkozyste au deuxième tour.

5-L’équation impossible de Nicolas Sarkozy

A 20h15 dimanche, la gauche était déjà rassemblée. Et il est raisonnable de croire que 85% des électeurs de Mélenchon, des petits candidats trotskystes et d’Eva Joly se reporteront sur Hollande (28, 63%). A contrario, les électeurs de Bayrou et de Le Pen se partageront plus ou moins également entre Sarkozy, Hollande et l’abstention.

Ainsi, pour gagner, Sarkozy (27,18%) devrait récupérer au moins les trois quarts de l’électorat lepéniste : un pari difficile, jamais réussi dans le passé ; et un pari qui sera d’autant moins facile à gagner cette année que Marine Le Pen appellera probablement à l’abstention dimanche 1er mai, Place de l’Opéra.

6-Le grand écart sarkozyste

Dans l’entre-deux tours, Sarkozy va poursuivre la stratégie Buisson : les oreilles des électeurs de Marine Le Pen vont être saturées de petite musique nationale et de flonflons patriotiques. Et le projet socialiste de droit de vote des étrangers aux élections municipales va être brandi devant leurs yeux comme un épouvantail.

Pourtant, comme l’a rappelé le directeur stratégique de Marine Le Pen, Florian Philippot, lors de la soirée électorale, il y a un fossé entre Sarkozy et Le Pen : l’un défend le système mondialiste, l’autre le combat, l’un accepte l’abandon de la souveraineté française, l’autre le refuse, l’un s’oppose à la préférence nationale (ou la priorité nationale), l’autre la promeut.

Comme en 2007, Sarkozy peut tout promettre en paroles à condition de n’en rien faire dans les actes (pour ne pas perdre l’appui des oligarchies qui le soutiennent). En 2007, il a été cru sur ses seules paroles. Mais après cinq ans d’expérience présidentielle son discours ne peut que se heurter à un certain scepticisme des électeurs. Chat échaudé craint l’eau froide ! Ce qui rend incertaine en 2012 la réussite du renouvellement de la manœuvre électorale de 2007 : tous les électeurs n’ont pas la mémoire-tampon du poisson rouge…

7-Front national : les ambiguïtés de la « dédiabolisation »

Marine Le Pen a déclaré quelques jours avant le premier tour que, dans l’esprit des électeurs en tout cas, la bataille de la dédiabolisation était gagnée. C’est en partie vrai, encore qu’incomplètement, car manifestement une partie des sondés ont continué de cacher leur vote.

Et surtout les mécanismes de diabolisation et d’intimidation du Système sont toujours en place. L’écrivain Renaud Camus a apporté son soutien à Marine Le Pen : mais malgré les prudences de langage et les précautions historiques qu’il a prises dans la tribune libre qu’il a adressée au Monde, il a, dans la foulée, perdu son éditeur. Le DRH du groupe Marie-Claire, Marc Desgorces, a, lui, rejoint le comité de soutien à Marine Le Pen, il a immédiatement été frappé d’interdits professionnels.

Cela s’explique. Certes, Marine Le Pen s’est démarquée des positions les plus « sulfureuses » de son père. Mais, en continuant à défendre la préférence (ou priorité) nationale, en refusant le droit du sol, en combattant les abandons de souveraineté à l’Union européenne, à l’OMC, à l’OTAN, en préconisant un protectionnisme raisonnable, elle reste profondément politiquement incorrecte.

C’est ce qui fait son intérêt pour ses électeurs. Mais c’est aussi ce qui la désigne comme une ennemie pour l’oligarchie financière et médiatique. D’où la persistance des mécanismes de diabolisation : ainsi Marine Le Pen, qui qualifie le nazisme de « pire abomination », reste diabolisée pendant que Mélenchon, qui fait l’apologie de la terreur et assume sans complexe le goulag (100 millions de morts), est toujours présenté comme un gentil garçon… A la mode anglo-saxonne, il y a les « good guys » d’un côté, les « bad guys » de l’autre.

8-Marine Le Pen : le défi de l’après-présidentielle

Bref, Marine Le Pen a encore du chemin à faire pour renverser la table… D’autant que jusqu’ici chaque période post-présidentielle a été une épreuve pour le Front national. Car au soir du premier tour les lampions médiatiques s’éteignent. Les caméras se braquent sur les deux seuls candidats restés en lice pour le second tour. Puis sur les cérémonies d’investiture du nouveau président et la constitution du nouveau gouvernement. Après un mois de diète médiatique les législatives arrivent avec un mode de scrutin particulièrement défavorable, d’autant que l’enracinement local du Front national est aujourd’hui très faible.

Certes, Marine Le Pen va tenter de changer la donne. Elle vise, pour le Rassemblement bleu marine qu’elle va constituer, un score important, de nombreuses triangulaires comme en 1997 et des élus au deuxième tour. Elle entend pour cela se présenter comme la nouvelle opposition : ce qui suppose évidemment l’élection de François Hollande, au demeurant arithmétiquement très probable.

9-La crise en embuscade pour le nouveau président

Quel que soit le vainqueur, l’état de grâce du nouveau président sera bref. La crise financière, l’ampleur de la dette et du déficit extérieur (80 milliards) reviendront très vite au premier rang de l’actualité. Les promesses électorales seront intenables. Et l’opinion sera d’autant plus déçue qu’à part venant de Bayrou elle n’a guère entendu de discours de rigueur. Or Bayrou, qui avait eu le courage de parler de la dette en 2007, n’en a guère été récompensé en 2012 où il n’a rassemblé que 9,13% des suffrages. Reconnaissons d’ailleurs que les deux tiers des électeurs (Hollande, Sarkozy, Bayrou) ont implicitement choisi la poursuite des politiques de mondialisation (comme ceux de l’internationaliste Mélenchon d’ailleurs). Cela ne peut que déboucher sur une amplification de la crise et un nouveau bond du chômage.

10-Les ambiguïtés du « vote utile »

« Au premier tour on choisit, au deuxième on élimine », la vieille formule va à nouveau s’appliquer. Hollande va s’efforcer de rassembler tous ceux qui veulent le départ de Sarkozy. A contrario, Sarkozy va faire une campagne du type « Au secours la gauche revient ! » La peur va à nouveau servir à mobiliser les électeurs de droite.

Reste à savoir si, à tout prendre, il ne serait pas plus démonstratif et moins dangereux d’avoir Hollande aux commandes pour faire face au rebond de la crise. Reste aussi à savoir si une présidence Hollande ne permettrait pas un profond renouvellement des majorités municipales en 2014.

Or il y a aujourd’hui moins de différences entre la droite et la gauche en politique nationale (parce que celle-ci se fait dans les instances internationales) que dans les politiques locales (où les élus sont plus libres, y compris vis-à-vis du politiquement correct).

Bref, pour avoir des maires de « droite » en 2014, ne vaudrait-il pas mieux voter Hollande en 2012 ? Alors, que le meilleur perde ? Que nos lecteurs se rassurent : ces propos provocateurs visent simplement à montrer la complexité des jeux stratégiques et des votes tactiques…

Andrea Massari (Polémia, 23 avril 2012) 

29/11/2011

L'Union européenne contre l'Europe !...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Andrea Massari cueilli sur Polémia et consacré à la trahison de l'europe par l'Union européenne... 

 

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L'Union européenne contre L'Europe

La confusion entre l’Union européenne (institution politico-bureaucratique politiquement correcte) et l’Europe (héritage culturel et mythologique) est un mensonge qui fait beaucoup de mal. Car ce qui va de travers est attribué à l’Europe alors que ce qui est en cause, c’est l’Union européenne et son idéologie néfaste.

Destruction des frontières et conflits de frontières

En fait, la destruction des frontières et la volonté générale de normalisation et de centralisation dressent les Européens les uns contre les autres :

- ce sont l’Irlande et la Pologne qui s’opposent à propos des immigrés polonais en Irlande ; ou la Roumanie qui entre en conflit avec les autres pays à propos des Roms ;
- ce sont l’Italie et la France qui se chamaillent à propos des migrants clandestins de Lampedusa ;
- c’est le Danemark qui se fait gourmander quand il rétablit des contrôles à ses frontières ;
- ce sont les pays du nord qui ne veulent pas payer pour les pays du sud, appelés avec mépris les pays de « Club Méd » ;
- ce sont les pays du sud qui se sentent humiliés par les pays du nord qui veulent racheter leurs îles et leurs côtes ;
- ce sont les petits pays qui regimbent devant les diktats des plus grands.

« L’Europe c’est la paix » est un slogan qui parle encore aux générations qui ont connu la guerre. Mais dans la réalité d’aujourd’hui, c’est de la novlangue, car l’Union européenne – qui n’est pas l’Europe – est un multiplicateur de conflits entre Européens.

L’euro et le retour de la germanophobie

L’euro a imposé une monnaie unique à des pays qui ne constituaient pas une zone monétaire optimale. L’euro a imposé le même carcan monétaire à des pays de culture économique et monétaire différente. La monnaie commune était une idée heureuse, la monnaie unique une idée dangereuse.

Aujourd’hui les craquements de l’euro – sorte de Mark continental – développent l’acrimonie entre Européens. Les Allemands se plaignent de l’irresponsabilité et de la nonchalance de leurs voisins. La France et les pays du sud répondent que le modèle allemand n’est pas généralisable : pour une raison simple, l’Allemagne réalise ses excédents commerciaux non sur le reste du monde (elle a eu, en 2009, 19 milliards de déficit commercial sur la Chine) mais sur les autres pays européens. Si les voisins de l’Allemagne s’alignaient sur le modèle allemand, l’Allemagne plongerait dans la déflation.

Cette analyse objective s’accompagne souvent de commentaires germanophobes : sur le site Atlantico, l’essayiste Jean-Luc Schaffauser, qui se présente comme « Alsacien, Germain et Français », écrit : « Il revient à la France, avec l’appui de l’Espagne et l’Italie, et d’autres pays de l’Europe du Sud, de contenir le démon allemand. A défaut, l’Europe n’aura aucune chance de survie. Nous sommes, en effet, en train d’aller vers une Europe allemande, c’est-à-dire vers plus d’Europe du tout ! L’Allemagne, après avoir détruit deux fois l’Europe, risque fort de la détruire une troisième fois par la guerre des temps modernes, la guerre économique. L’Allemagne a besoin d’une correction ; sa correction, c’est la vérité sur sa politique ! ». « Europe allemande », « démon », « correction » : derrière une analyse économique rationnelle, c’est le retour d’un vocabulaire stigmatisant, culpabilisant et diabolisant, peu propice à l’amitié entre les peuples.

Dans le même esprit un auteur des Echos avait sérieusement envisagé que l’Allemagne prenne en charge la dette grecque au titre de « réparations » dues pour la Seconde Guerre mondiale pourtant officiellement terminée il y a… deux tiers de siècle.

La faute de l’Union européenne : ne pas s’être (op)posée face au reste du monde

L’Union européenne a un marché unique et une monnaie unique mais elle n’a pas de politique commerciale face au reste du monde. L’Union européenne est la zone économique la plus ouverte du monde ; son déficit commercial n’est pas dû à ses faiblesses économiques mais à ses faiblesses politiques. Son tort est d’accepter le dumping social et environnemental des pays émergents ; son tort est d’accepter les pratiques commerciales déloyales de ses principaux concurrents ; son tort est d’accepter sans réagir la politique mercantiliste de la Chine qui impose un yuan sous-évalué tout en exigeant des exportateurs européens qu’ils transfèrent leur technologie et abandonnent, de facto, leurs droits de propriété intellectuelle.

L’Union européenne a une monnaie unique mais elle n’a pas de politique financière commune. Elle se trouve donc exposée aux pratiques prédatrices de la finance anglo-saxonne. Les déficits budgétaires américains et britanniques sont supérieurs à ceux de l’Italie et de la France ; leur endettement public et privé est aussi supérieur : pourtant la spéculation (« les marchés ») s’attaque à l’Italie et à la France, non, pour le moment du moins, aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne. La raison en est simple : les banques centrales anglo-saxonnes rachètent la dette des Etats anglo-saxons ; la Banque centrale européenne ne rachète pas (elle n’en a d’ailleurs pas le droit) les dettes des Etats européens. Résultat : la masse monétaire créée par les Anglo-Saxons est disponible pour spéculer sur les dettes européennes. Inspiré par l’Allemagne, le modèle monétaire de la BCE est sans doute vertueux mais il n’est pas tenable dans un monde complètement ouvert. L’Union européenne devra choisir : réglementer et protéger son marché financier ou faire, comme les autres, fonctionner la planche à billets.

L’Union européenne cherche à construire un gouvernement économique commun mais les personnalités mises en avant appartiennent toutes à la superclasse mondiale : le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, est un homme du Bilderberg et de la Trilatérale ; comme l’est Mario Monti, le nouveau premier ministre italien, par ailleurs ancien de Goldman Sachs ; tout comme Mario Draghi, le nouveau président de la BCE. Ce qu’on appelle la « gouvernance européenne » est de fait au service de la finance mondialisée.

L’Europe, une figure singulière face aux trois impérialismes : américain, musulman, chinois

Les peuples et les nations européennes sont en train de reprendre leurs chicaneries.
Pour deux raisons :

- l’Union européenne veut leur imposer des règles communes qui ne leur conviennent pas ;
- et dans le même temps l’Union européenne les livre pieds et poings liés à trois impérialismes :

  • l’impérialisme financier des Etats-Unis et de la superclasse mondiale ;
  • l’impérialisme commercial des Chinois ;
  • l’impérialisme migratoire et civilisationnel des musulmans.

En face de cela, l’Europe ne peut survivre qu’en retrouvant le sens de son identité, de ses frontières et de ses intérêts. L’Europe a des concurrents, des adversaires, des prédateurs et même des ennemis. Son problème c’est que l’Union européenne ne veut pas en tenir compte.

Andrea Massari (Polémia, 24 novembre 2011)

11/07/2011

Des intellectuels en révolte contre le système ?

Nous reproduisons ci-dessous un texte d'Andrea Massari, cueilli sur le site de Polémia, dans lequel il dresse un panorama des intellectuels en révolte contre le système. Les tireurs sont en position... Feu sur le quartier général !

 

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La révolte des intellectuels contre le système

La dissidence des intellectuels a précédé la chute de l’Union soviétique. La révolte des intellectuels contemporains pourrait bien annoncer la chute de l’empire cosmopolite. Certes, les oligarques du Système sont puissants : ils possèdent l’argent et contrôlent les médias classiques. Mais le pouvoir de ces oligarques est triplement menacé : par la révolte populiste, par la révolte numérique mais aussi par la révolte des intellectuels. Philosophes, anthropologues, économistes, géopoliticiens, géographes et sociologues sont de plus en plus nombreux à contester le désordre établi. A l’écart d’une actualité hollywoodienne, Andrea Massari nous propose de prendre un peu de hauteur… Explications.

Les philosophes à la quête du sens

Dans les années 1950, la majorité des philosophes étaient marxistes ; ils sont devenus droits-de-l’hommistes dans les années 1970/1980. Aujourd’hui, beaucoup de philosophes sont des critiques acerbes de la modernité et portent souvent la parole d’un retour à la tradition. C’est le cas de Jean-François Mattéi, auteur de La Barbarie intérieure et du Procès de l’Europe. C’est le cas de Philippe Nemo, auteur de La Régression intellectuelle de la France. Chantal Delsol dénonce, elle, L’Age du renoncement. Et avec une grande rage littéraire l’écrivain Richard Millet dénonce La Fatigue du sens et l’horizontalité du monde. Un pamphlet philosophique éloigné de toute bien-pensance et frappé du sceau de la radicalité.

Le grand retour des frontières

Dans la novlangue contemporaine le mot frontières était devenu tabou : on n’en parlait pas, si ce n’est pour les… supprimer. Régis Debray a brisé le tabou en publiant un Eloge des frontières. L’éloge des frontières, c’est aussi le fil rouge du livre fulgurant d’Hervé Juvin : Le Renversement du monde. L’économiste et anthropologue rejoint ainsi le philosophe. L’un et l’autre chez Gallimard.

La réhabilitation du protectionnisme

Face à la grande menace industrielle, le vieux gaulliste Jean-Marcel Jeanneney avait publié, en 1978, Pour un nouveau protectionnisme. En forme de chant de cygne car depuis la fin des années 1970, c’est le libre-échange qui donne le tempo. Parvenant même à faire censurer le Prix Nobel Maurice Allais. Cette époque de censure est révolue : des économistes osent aujourd’hui s’afficher protectionnistes : Jacques Sapir et Jean-Luc Gréau ont rejoint Gérard Dussouy, théoricien de la mondialité, et Alain Chauvet (Un autre monde : Protectionnisme contre prédation).

Sociologues et géographes portent un regard critique sur l’immigration

Le géographe Christophe Guilluy a jeté un pavé dans la mare avec ses Fractures françaises. Il y montre l’ampleur des fractures ethniques. Fractures ethniques qui ne sont pas forcément sociales : car on est plus riche (monétairement parlant, en tout cas) en Seine-Saint–Denis que dans la Creuse. De son côté, Malika Sorel tient Le langage de vérité [sur] Immigration, Intégration. Dans les mêmes perspectives que Michèle Tribalat (de l’INED) dans Les Yeux grands fermés (L’Immigration en France) ou Hugues Lagrange dans Le déni des cultures.

Le grand retour de la géopolitique

Chaque année le festival de géopolitique de Grenoble, organisé par Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud, marque le retour des intellectuels vers les préoccupations de puissance : Aymeric Chauprade, auteur de Chronique du choc des civilisations, peut y croiser Pascal Boniface, auteur de Atlas du monde global et pourfendeur des Intellectuels faussaires. Hors champ, on ne saurait oublier le général Desportes, ancien directeur de l’Ecole de guerre et critique des guerres américaines. Ni Alain Soral, qui ne veut pas seulement Comprendre l’empire mais le combattre. Ni Christian Harbulot, théoricien de la guerre économique. Ni François-Bernard Huyghe, lumineux médiologue.

Le dévoilement de l’art « contemporain »

L’art « contemporain » a plus… d’un siècle. Il est plus que… centenaire ! Il est né dans les années 1890 et trône dans les musées depuis l’Urinoir de Duchamp en 1917 ! Mais les critiques de l’art « contemporain » sont de plus en plus nombreuses et acerbes. Jean-Philippe Domecq annonce que « l’art du contemporain est terminé ». Ces Artistes sans art sont aussi critiqués par Jean Clair, académicien et ancien directeur du Musée Picasso, dans L’hiver de la culture et Dialogue avec les morts. Sans oublier les charges argumentées d’Aude de Kerros (L’art caché), de Christine Sourgins (Les mirages de l’art contemporain), de Jean-Louis Harouel (La grande falsification de l’art contemporain) ou d’Alain Paucard (Manuel de résistance à l’art contemporain).

La dénonciation des oligarchies

Il y a dix ans, les « oligarques » désignaient des dirigeants russes plus ou moins mafieux qui s’enrichissaient sur les ruines de l’ex-Union soviétique. Aujourd’hui, la critique des oligarchies a franchi le mur de l’ex-« rideau de fer ». Apôtre de la démocratie directe, Yvan Blot publie L’Oligarchie au pouvoir. Il se trouve en compagnie d’Alain Cotta dénonçant Le Règne des oligarchies et d’Hervé Kempf qui publie, au Seuil, L’Oligarchie, ça suffit, vive la démocratie. Et le libéral Vincent Bénard, directeur de l’Institut Hayek, dénonce les « oligarchismes ». Un point de vue que reprend d’une autre manière, l’anthropologue Paul Jorion dans Le Capitalisme à l’agonie. Ainsi cinq auteurs, partant de cinq points de vue différents, convergent dans la même critique. A la place des oligarques on s’inquiéterait !

Les neurosciences contre la télévision et les pédagogies nouvelles

Des milliers d’études scientifiques ont établi la malfaisance de la télévision sur la santé (obésité, maladies cardio-vasculaires) et le développement intellectuel en particulier des jeunes enfants. Avec TV lobotomie Michel Desmurget en fait un point sans concession, frappant au cœur l’instrument central de contrôle des esprits.

Les neurosciences offrent aussi des arguments décisifs contre les pédagogies dites « nouvelles » dont les ravages dans l’éducation sont constamment dénoncés, notamment par Laurent Lafforgue, médaille Fields.

Un bouillonnement fécond

Ce qui est frappant dans ce nouveau paysage intellectuel, c’est la diversité de ceux qui le composent. Il y a les établis et les marginaux : ceux qui ont pignon sur rue chez Gallimard et au Seuil, et ceux qui publient leurs livres à la limite de l’autoédition. Qu’importe, les uns et les autres rencontrent le succès grâce à Amazon notamment.

Il y a ceux qui viennent des rives de la gauche et du marxisme et ceux qui s’assument réactionnaires. Il y a des libéraux lucides et des lecteurs de Krisis. Il y a des catholiques, des laïcs et des panthéistes. Il y a ceux qui sortent de trente ans de bien-pensance et ceux qui luttent depuis trente ans contre la bien-pensance. Il y a aussi tous ceux qui viennent de nulle part mais qui respectent les faits.

Le pouvoir des oligarques et l’ordre politiquement correct (mondialiste, « antiraciste », libre-échangiste, en rupture avec les traditions) sont placés sous un triple feu : les mouvements populistes, la blogosphère dissidente et les intellectuels en rupture. Gageons que les événements qui viennent les feront converger !

Andrea Massari (Polémia, 5 juillet 2011)

19/06/2011

Tour d'horizon... (9)

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Au sommaire :

- sur Polémia, Andrea Massari analyse la normalisation en cours dans les médias...

Présidentielle 2012 : après Zemmour, Ménard, vers la surnormalisation des médias

 

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- sur Causeur, Jérôme Leroy nous rappelle que l'école mériterait de figurer au menu de la présidentielle.

L'Ecole est finie

 

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