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romaric sangars

  • En hommage à Maurice G. Dantec...

    Les Cahiers de la marge, sous la direction de Maximilien Friche et Sylvain Gauthier, viennent de publier un nouveau volume à Maurice G. Dantec (1959-2016), auteur de romans allant du polar très noir (Les racines du mal, Villa Vortex) à l'anticipation dystopique (Babylon Babies, Satellite Sisters), traversés par des interrogation métaphysiques et apocalyptiques, mais aussi d'un Journal métaphysique et polémique en trois volumes (Le théâtre des opérations, Le laboratoire de catastrophe générale et American Black Box).

     

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    " Nouvelle Marge récidive ! Après son premier Cahier, dédié à l’œuvre d’André Suarès, celui-ci, le deuxième, est consacré à l’écrivain Maurice G. Dantec. Afin de lui rendre l’hommage qu’il mérite à l’occasion des dix ans de sa mort, nous déposons en ces pages nos modestes tributs, encore brûlants d’avoir été peut-être un peu plus que ses lecteurs fidèles.

    D’aucuns l’ont sans doute déjà oublié, cet écrivain aux lunettes noires, d’autres encore ne savent même pas qu’un tel auteur a pu exister. La postérité est peut-être bien définitivement un concept du passé. Pourtant, avec les Cahiers de la marge, nous prétendons fournir une mémoire longue à l’usage des hommes de l’avenir.

    Peut-on survivre à la lecture de Dantec ? Il faut croire que cela est possible puisque nous sommes réunis ici, aujourd’hui, dans ce Cahier consacré au maître. Nous ne sommes pas des amis, notre unique point commun est Dantec. Nous ne sommes pas un club de fans, nous sommes réunis par l’unique nécessité de rendre grâce pour l’écrivain de notre génération. Non pas en faisant œuvre académique, mais en écrivant tout simplement : nos hommages, nos tribunes, nos récits, nos entretiens, nos souvenirs, nos analyses, nos recensions, nos poèmes, nos clins d’œil, nos outrances, nos délires… Notre nostalgie.

    Nous qui écrivons ici sommes légitimes car nous sommes ceux qui l’avons lu et donc connu. Ceux qui écrivent ici sont ceux qui l’ont aimé. Ceux qui écrivent ici sont ceux qui ont été modifiés par lui.

    Au programme de ce Cahier de la marge :

    • Un premier hommage est rédigé par l’écrivain engendré par Dantec : Marc Obregon !
    • Un entretien avec Dantec lui-même nous est offert par le meilleur critique littéraire français : Juan Asensio !
    • Un témoignage est offert par ce membre de la première heure de la société des lecteurs de MgD : Joan Roméo !
    • Nous avons commandé une analyse au philosophe Marc Alpozzo.
    • Et il nous fallait que l’hommage prenne racine en littérature et poésie, ce que fit Raphaël Denys.
    • Sylvain Gauthier nous a peaufiné une nouvelle vertigineuse « à la façon » de Dantec.
    • Sylvain Gauthier a prolongé l’hommage par la case musicale, en allant à la rencontre de Richard Pinhass.
    • Pierre Joncquez s’est levé en polémiste pour nous offrir sa tribune.
    • Romaric Sangars nous a offert dans un scintillement ironique la lecture apocalyptique de nos temps.
    • Maximilien Friche a raconté ses souvenirs de lecteur-correcteur de Dantec
    • Luc-Olivier d’Algange a foré aux origines de la littérature d’évasion.
    • Le musicien David Atria clôt ce cahier en en poésie.

    Sous la direction de Maximilien Friche et Sylvain Gauthier avec Luc-Olivier d’Algange, Marc Alpozzo, Juan Asensio, David Atria, Raphaël Denys, Pierre Joncquez, Marc Obregon, Joan Romeo, Romaric Sangars, Sylvain Gauthier et Maximilien Friche."

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  • La mort du livre est-elle inévitable ?...

    Le numéro 90 du mensuel conservateur L'Incorrect est en kiosque dans une nouvelle formule. On peut notamment découvrir à l'intérieur un dossier central consacré à la menace qui pèse sur l'existence du livre... et de la littérature !

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    Au sommaire :

    ACTU

    La cage aux phobes

    Joachim Le Floch-Imad sort la sulfateuse

    Brèves de comptoir

    DOSSIER
    La mort du livre est-elle inévitable ?

    MONDE

    Immigration : les Anglais roulent-ils à droite ?

    Dernières nouvelles d'Orient

    IDÉES

    Intelligence du catholicisme

    Miroir des bons princes

    Mary Harrington : pour un féminisme réactionnaire

    Cicéron, la vertu en actes

    Chez les Anglo-Saxons

    CULTURE

    Tautologies & miracles

    Pierre Jourde : phénoménal

    Renaud Camus, un destin américain ?
    Christian Authier : une comédie italienne à Toulouse
    Fabrice Pliskin : la revanche du roman
    Emmanuel Carrère : diaporama en demi-teinte

    The Hivers : toujours pas morts

    Sepideh farsi : la mort pour marketing

    LA FABRIQUE DU FABO

    Les loupes de goudron sont-elles de droite ?

    La dignité des profs

    Une histoire française : la madeleine

    Joël Anglès d'Auriac : un routier contre le nazisme

    Carte noire pour Christian Authier

     

     

     

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  • Le triomphe de Thomas Zins : anatomie d'un consentement...

    Nous reproduisons ci-dessous un bel article cueilli sur Idiocratie et consacré au grand roman de Mathieu Jung, Le triomphe de Thomas Zins, publié en 2017 et réédité en poche en 2018, que nous vous engageons à découvrir, si vous ne l'avez pas encore lu. Les autres pourront prolonger les réflexions de cet article par la lecture du texte, «Thomas Zins, Céline Schaller et leurs enfants. 24 brindilles pour une modeste couronne », qu'a consacré Olivier Rey à ce roman dans le numéro de Nouvelle École (n°72) publié en 2023, ainsi par celle du dossier que la revue L'Atelier du roman (n°94, 2018) lui a consacré (avec des articles de François Taillandier, Romaric Sangars, Dominique Noguez et Olivier Maulin, notamment).

     

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    Le triomphe de Thomas Zins : anatomie d'un consentement

    La publication du roman de Matthieu Jung, Le triomphe de Thomas Zins, n'a suscité que de rares échos bienveillants dans la presse et il s'est trouvé aussi quelques culs-bénis de gauche ou de droite, jetant de part et d'autre des anathèmes bien imbéciles, tel petit fonctionnaire du bien-penser brandissant le sempiternel « soupçon d'homophobie », tel excité du goupillon, campant sur la rive opposée du marigot idéologique français, affirmant au contraire que le roman se vautre « dans la fange sodomite ». Quand les abrutis des deux camps se mettent d'accord pour vilipender un texte, on sait en général que celui-ci risque d'être bon. Avec Matthieu Jung, on est bien au-delà et plus d'un lecteur aura réalisé en achevant le Triomphe qu'il tenait là un très grand texte, certainement d'ailleurs l'un des rares grands textes que la fin du XXè et le début du XXIè, peu prodigues en la matière, nous auront laissé. 

    Dans le Triomphe de Thomas Zins, Matthieu Jung évoque une adolescence vécue dans les années 80 entre Nancy et Paris, évitant tout à la fois la mièvrerie et cette insupportable pseudo-connivence du vintage ou du kitsch, qui est le plus insupportable des maniérismes auxquels nous a habitué une époque obsédée par la mode du « revival ». Pas d'idéalisation, ni de regard attendri ou de second degré lourdingue dans l'évocation que livre Jung d'une adolescence vécue en 1985. Pour décrire le quotidien de Thomas Zins, les filles, les fantasmes, les frustrations et les tics de langage qui peuplent l'univers du nancéen de quinze ans entrant en classe de Seconde, Matthieu Jung fait mouche quasiment à tous les coups. De fait, Le Triomphe est l'une des évocations les plus justes, et, conséquemment, les plus cruelles, qui soient de cette France des années 80 qui vécut « l'illusion lyrique » mitterrandienne avant de voir peu à peu le rêve égalitaire et libérateur s'achever avec le « tournant libéral » fabiusien pour finalement sombrer dans la mascarade du PS à l'heure d'Harlem Désir et de Touche pas à mon pote. C'est aussi dans ce laps de temps d'une dizaine d'années que l'on observe également le triomphe et la ruine de Thomas Zins, jeune homme brillant mais influençable, obnubilé par ses rêves de succès érotiques et littéraires.

    Thomas triomphe, certes, au début du roman, mais ce triomphe, on le comprend, l'aveugle et en fait la victime idéale d'un prédateur croisant son chemin et suffisamment roué pour tirer parti de l'orgueil et des doutes du jeune homme. L'époque que décrit le Triomphe de Thomas Zins, est aussi celle qui célèbre encore, quinze après mai 68, l'impératif de jouissance, jusqu'à donner licence à la perversité la plus manipulatrice. En ce temps-là, on voyait Tony Duvert plastronner dans les colonnes de Libération en déclarant : « Je connais un enfant et si la mère est opposée aux relations que j'ai avec lui, ce n'est pas du tout pour des histoires de bite, c'est avant tout parce que je le lui prends. Pour des histoires de pouvoir, oui. »1 C'est l'époque où une certaine intelligentsia pouvait encore trouver très subversif de voir le même Duvert proclamer : « Je n'ai jamais fait l'amour avec un garçon de moins de six ans et ce défaut d'expérience, s'il me navre, ne me frustre pas vraiment. Par contre, à six ans, le fruit me paraît mur : c'est un homme et il n'y manque rien. Cela devrait être l'âge de la majorité civile. On y viendra. »2 Le journal Libération avait fini par faire son mea culpa en 2001 sous la plume de Sorj Chalandon et s'est cru récemment obligé de rappeler cet aggiornamento tardif alors que la tempête déclenchée par le scandale des pratiques pédophiles au sein de l'Eglise catholique risquait d'atteindre les rivages encore tranquilles de la gauche transgressive, Eglise médiatique autrement plus puissante.

    De ces années 80 là, le roman restait à faire puisqu'un silence gêné a succédé dans nombre de milieux à l'hagiographie littéraire. Les exemples, plus ou moins prestigieux, de Duvert à Matzneff, ne manquaient certes pas pour inspirer dans le Triomphe de Thomas Zins, le personnage de Jean-Philippe Candelier, pédéraste3 sordide se vantant auprès de sa jeune victime de nauséabonds exploits, enjolivés et justifiés au nom de cette esthétique frelatée dont nous sommes habitués à avoir les oreilles rebattues, avec ses thuriféraires, ses grands noms et ses grands prêtres, l'inusable trio  Bataille, Genet, Sade, croquemitaines en carton-pâte du théâtre de Guignol de la pseudo-transgression, agités et brandis à tout propos, pour tout justifier, du grotesque au répugnant. A coup sûr avec Candelier, Matthieu Jung a créé un intéressant monstre littéraire, dont l'humanité n'est pourtant que trop bien restituée dans ces travers les plus révoltants.

    Petit à petit, le prédateur tisse sa toile autour de Thomas, usant du chantage ou de la menace, instillant le doute comme un poison dans le psychisme adolescent pour neutraliser chez sa victime tous les mécanismes de défense, réussissant même pour finir à lui voler jusqu'à la parole pour réduire la victime au silence. Ce que le roman de Jung réussit aussi parfaitement, c'est à laisser la figure de Candelier relativement à l'arrière-plan. Hormis une ou deux scènes cruciales qui montrent simplement de quelle manière l'influence délétère du jouisseur sans entrave peut démolir le psychisme d'un gamin de quinze ans, ce qui intéresse le romancier est de narrer le combat livré par Thomas contre lui-même pour tenter de retrouver, à travers l'inextricable labyrinthe érigé par son vrai-faux « ami », et par la vie elle-même, qui est vraiment Thomas Zins. Au cours de cette lente dérive s'abîment l'adolescence, les premières amours, les amitiés et les ambitions d'un jeune homme trop arrogant et trop naïf qui se rêve romancier à succès et se figure avec candeur que la malhonnêteté et le cynisme de Candelier sont seulement une forme de transgression mondaine qui doit nécessairement accompagner la carrière de tout écrivain brillant et subversif. Some of them want to use you, some of them want to get used by you, some of them want to abuse you, some of them want to be abused...

    A travers les tribulations de Thomas, le roman de Matthieu Jung parle de l'absence destructrice des pères, du renoncement des aînés, d'un traumatisme spécifiquement français, qui renvoie bien au-delà des années 80 ou de mai 68, à la Seconde Guerre mondiale et aux guerres de décolonisation qui jettent dans le livre de Jung une ombre funeste sur les parents, les aînés, se débattant dans leur histoire familiale et leurs existences de plus en plus vides, au point de n'être plus capables de venir au secours de leur propres enfants. En écrivant sur de tels sujets, Matthieu Jung aurait pu aussi tomber dans le pamphlet, le réquisitoire ou le roman à thèse. C'est un écueil qu'il évite complètement en livrant au lecteur un roman d'une lumineuse noirceur.

     Des idiots (Idiocratie, 24 avril 2024)

     

    Notes :

    1 « Non à l'enfant poupée », propos recueillis par Guy Hocquenghem et Marc Voline, Libération, 10 avril 1979

    2 Tony Duvert, L'Enfant au masculin, éditions de Minuit, 1980, pages 18 et 21

     Si d'aventure, il se trouve un lecteur tenté de hurler à l'homophobie en lisant ce passage, je lui conseillerais d'aller tout de suite consulter un dictionnaire pour être bien au clair sur le sens du terme « pédéraste ». Les confusions malveillantes étant de nos jours malheureusement fort commodément entretenues.

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  • Chauffe qui peut !...

    Le numéro 53 du mensuel conservateur L'Incorrect est en kiosque. On peut notamment découvrir à l'intérieur un dossier central consacré à l'énergie et un  entretien avec Laure Mandeville ainsi que les rubriques habituelles "Monde", "Essais", "Culture", et "La fabrique du fabo"...

    Le sommaire complet est disponible ici.

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  • Démocratie, l'automne d'un modèle...

    Le numéro 46 du mensuel conservateur L'Incorrect est en kiosque. On peut découvrir à l'intérieur un dossier consacré à la démocratie, des entretiens avec le journaliste Andy Ngo, les écrivains Laurent James et François Angelier, et les rubriques habituelles "Monde", "Essais", "Culture", "Envers et contre-cool" et "La fabrique du fabo"...

    Le sommaire complet est disponible ici.

     

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  • Le choix dans la droite...

    Le numéro 45 du mensuel conservateur L'Incorrect est en kiosque. On peut découvrir à l'intérieur un dossier consacré à la droite, des entretiens avec les écrivains Eric Audouard et Louis-Henri de la Rochefoucauld, et les rubriques habituelles "Monde", "Essais", "Culture", "Envers et contre-cool" et "La fabrique du fabo"...

    Le sommaire complet est disponible ici.

     

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