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de gaulle - Page 12

  • Vers une révolution conservatrice ?...

    Les éditions Pierre-Guillaume de Roux publient cette semaine un essai de Paul-François Paoli intitulé Malaise de l'Occident - Vers une révolution conservatrice ? . Chroniqueur au Figaro littéraire, Paul-François Paoli est l'auteur de plusieurs essais, dont La tyrannie de la faiblesse (Bourin, 2010) et Pour en finir avec l'idéologie antiraciste (Bourin, 2012).

     

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    " La France est-elle au bord de la guerre civile ainsi que le clament de manière unanime l’ensemble des médias, toutes tendances confondues ?  Le mal profond dont souffre le pays résulte de plusieurs fractures dépassant de loin  la « fracture sociale » dénoncée par Jacques Chirac il y a 20 ans. Ainsi les grandes manifestations contre le « mariage pour tous » ont témoigné du fossé existant désormais entre une France affiliée à une certaine vision « naturaliste » de la famille et le monde parisien où les partisans du « mariage pour tous » sont très majoritaires. Cette fracture est extrêmement profonde car dépassant les affiliations politiques: il s'agit, ni plus ni moins, d'une vision de l'homme, de la femme et de l'enfant. Une autre question, tout aussi dramatique par sa violence, a trait à l'identité de la France et de la République.  D’un côté, la gauche a réussi à imposer, à travers les discours récurrents de Peillon, Hamon, Taubira ou Hollande, une vision de "l'homme universel" dont, nous autres Français, aurions, en quelque sorte, déposé l'imprimatur depuis la Révolution Française. Là encore il s'agit d'une spécificité française, marquée par la culture jacobine, mais aussi par les idéaux du Grand Orient de France auxquels moult ministres socialistes sont affiliés. Cet universalisme idéologique n'est pas aussi partagé qu'on le croit et son affirmation autoritaire instaure un clivage dans un pays marqué par le morcellement croissant des identités. La troisième fracture  découle de l'histoire d'une Résistance marquée par l'influence communiste. Au point que toute contestation de sa vision passe pour une forme de collaborationnisme. La pensée gaullienne, nationale dans son essence, a été, en fin de compte, occultée au bénéfice d'un humanisme messianique dont Stéphane Hessel est devenu, ces dernières années, le parangon médiatique. Occultation qui est la raison d'être fondamentale de l'apparition du FN dans les années 80, lequel se construit sur les ruines du gaullisme politique.  Aux yeux d'un De Gaulle, la légitimité de l'Etat français est fondée sur un peuple; le peuple français, dont la francité n'est pas réductible à la citoyenneté , prônée à toute force par la République officielle de Peillon et consorts, mais relève aussi d'un sentiment d'affiliation historique et culturelle.. . Toutes ces fractures ont pour enjeu la survie même du pays. A l'heure où émergent ces grands blocs que constituent l'Inde et la Chine et où se radicalise l'Islam, il semble vain de se nourrir d'illusions sur le rôle, par définition universel, de la France dont l'influence, désormais scellée par l'entreprise européenne, s'est amoindrie depuis la fin de l'Empire colonial. Alors quelle révolution  s’impose-t-elle sinon, celle qu’on appellera «  conservatrice » ? "

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  • Les années rouge et noir...

    Les éditions du Seuil viennent de publier Les années rouge et noir, un polar politique de Gérard Delteil, qui dépeint les violents affrontements politiques des «Trente glorieuses» . Classé à gauche , Gérard Delteil est l'auteur de nombreux polars, dont le polar géopolitique vigoureusement anti-américain, Les pilleurs de Bagdad (L'Archipel, 2003).

     

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    " Véritable saga historique et sociale des « Trente Glorieuses », mais aussi thriller aux rebondissements multiples, Les Années rouge et noir retrace les aventures de trois personnages principaux : Anne Laborde, jeune résistante qui s’engagera aux côtés du général de Gaulle et mènera une carrière politique. Alain Véron, frère d’un militant communiste mystérieusement assassiné à la Libération, qui fréquente les boîtes de Saint-Germain-des-Prés et semble avoir mille vies. Et enfin Aimé Bacchelli, ancien collabo et homme de l’ombre, à la recherche de reconnaissance mais aussi de coups tordus...

    Leurs itinéraires vont se croiser à différentes reprises, au gré de l’usage que font certains d’un fichier politique établi sous Vichy, que Bacchelli a pu en partie récupérer et enrichir, et auquel vont bientôt s’ajouter ceux du SAC, autrement dit des barbouzes gaullistes. Au fil des pages, on croise Aragon, Sartre, Krasucki, Frachon, Malraux, Pasqua… et tant d'autres.

    Une fresque passionnante, au parfum de roman d’espionnage, où se dévoilent divers aspects longtemps tenus secrets de la vie politique et sociale de la France de cette période ? des aspects qui, il faut bien le dire, n’ont rien de bien glorieux. "

     

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  • Les héros de la Grande Guerre...

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    Le numéro de janvier 2014 de la revue Le spectacle du monde est en kiosque. 

    Le dossier est consacré aux héros de la Grande Guerre. On pourra y lire, notamment, des articles d'Eric Branca ("La mémoire d'un peuple"), de Philippe Conrad ("Le sacrifice des paysans"), de Josée Pochat ("Hommes au front, femmes au travail" ; "Marie Curie et les «petites Curies»"), de Jean-François Gautier ("La médecine en première ligne"), de Cyril de Beketch ("Les carnets du capitaine Dubarle") ou un extrait du discours du général de Gaulle à l'occasion du cinquantième anniversaire de la bataille de Verdun ("Quand de Gaulle rendait hommage à Pétain").

    Hors dossier, on pourra aussi lire, notamment, des articles d'Olivier Zajec ("L'équation ukrainienne"), de François Bousquet ("Écrire après les tranchées"), de Stéphane Guégan ("L'art au cœur de la guerre") et de Fabrice Madouas ("Les sentinelles de pierre"). Et on retrouvera aussi  les chroniques de Bruno de Cessole ("Genevoix et Jünger face à face"), de Laurent Dandrieu ("La grande désillusion"), de Patrice de Plunkett ("Goûts et couleurs") et de François d'Orcival ("Le gendarme obligé de l'Afrique").

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  • Plaidoyer pour la Russie...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de l'écrivain Gabriel Matzneff, cueilli sur le site du Point et consacré à la curieuse hostilité de la France à l'égard de la Russie...

     

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    Plaidoyer pour la Russie

    J'aimerais beaucoup qu'en 2014 on m'explique les raisons de l'inféodation de la politique étrangère française - droite et gauche confondues - à celle des États-Unis ; qu'on me déroule les arcanes de l'opiniâtre hostilité que les autorités françaises, les médias français - gauche et droite confondues - témoignent à la Russie. En Irak, en Serbie, en Afghanistan, en Libye, en Syrie, et, de manière moins sanglante mais semblablement servile, en Géorgie et en Ukraine, l'Élysée et le Quai d'Orsay, le petit doigt sur la couture du pantalon, sont, depuis de nombreuses années, aux ordres des Américains, adoptent sans barguigner leur exécrable politique étrangère. Parfois même s'y montrent - en Libye et en Syrie par exemple - des serviteurs encore plus zélés que leurs maîtres.

    La première fois que j'ai voté pour élire le président de la République, figurait parmi les candidats celui du parti américain. Il s'appelait Jean Lecanuet et se prenait pour la réincarnation de John Kennedy, assassiné deux ans plus tôt. Il n'était pas antipathique, mais sa ferveur pro-yankee prêtait à sourire et, à droite, les gens sérieux se rassemblaient derrière le général de Gaulle qui, lui, prônait une politique étrangère peu soucieuse des intérêts des États-Unis ; une politique qui, au Proche-Orient, en Europe orientale, au Canada, en Amérique du Sud, en Asie, était uniquement attachée aux intérêts de la France.

    "Nous sommes en guerre contre l'Amérique"

    À ces élections de 1965, la gauche portait les couleurs d'un seul candidat, François Mitterrand. Je me battais pour lui dans les colonnes de Combat, un journal de jeunes insolents mousquetaires dont le capitaine de Tréville se nommait Philippe Tesson ; et aussi dans un hebdomadaire de droite, La Nation française de Pierre Boutang, où mon meilleur argument était : François Mitterrand, lui aussi, saura dire non aux Américains.

    Le général de Gaulle, défenseur d'une Europe de l'Atlantique à l'Oural, était attentif à développer cette amitié franco-russe qui, depuis le mariage de la princesse Anne de Russie avec le roi Henri de France jusqu'aux champs de bataille des deux guerres mondiales, est la colonne d'or de l'équilibre européen ; il s'inscrivait dans cette féconde tradition de l'alliance franco-russe célébrée par le duc de Saint-Simon, Chateaubriand et tant d'autres esprits lucides.

    Mitterrand, lui aussi, était un slavophile qui n'imaginait pas un instant que l'Europe pût n'être qu'une Europe catholique et protestante ; qui savait que la Russie et les autres pays orthodoxes de l'Europe orientale constituaient un élément essentiel de notre vieux continent. Fidèle à l'amitié qui unit la Serbie et la France, il a souffert de la guerre de l'Otan contre le peuple serbe. Dans un beau livre paru chez Plon, Le dernier Mitterrand, Georges-Marc Benamou cite ce propos que le président malade lui tint en 1994 :

    "La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique... Oui, une guerre permanente, une guerre vitale... Leur propagande, les manipulations, leurs mensonges... Les Américains voulaient envoyer les Turcs bombarder les Serbes, j'ai fait ce qu'il fallait pour éviter cette folie."

    L'intelligentsia française témoigne une sourcilleuse exigence démocratique à l'endroit de Poutine

    Personne ne fait aux Américains le reproche d'avoir une politique favorable à l'Amérique. Comme le dit Pierre Fresnay dans L'assassin habite au 21, "c'est bien normal". En revanche, nous pouvons légitimement regretter que les successeurs du général de Gaulle et de François Mitterrand, hier Nicolas Sarkozy, aujourd'hui François Hollande, se soumettent si platement aux mots d'ordre de Washington, se croient obligés - lors de crises telles que, hier, celle de la Géorgie, aujourd'hui celle de l'Ukraine, - de prendre le parti des marionnettes pro-américaines, de manifester leur hostilité à la Russie et aux amis de la Russie.

    Les Russes ont toujours été animés de cette "passion extrême de s'unir avec la France" que Saint-Simon se réjouit d'observer chez Pierre le Grand, et cette passion fut longtemps réciproque, mais, pour des raisons que j'aimerais qu'en 2014 on m'explique, elle ne l'est plus. En 1988, lorsque Gorbatchev décida de mettre fin au régime dictatorial qui depuis soixante-dix ans oppressait le peuple russe, cela aurait dû être en France, et en particulier chez les intellectuels, les artistes, une explosion de joie. Qu'après des décennies de décervelage d'État, les Russes pussent enfin redécouvrir leurs racines culturelles, spirituelles, prier librement, s'exprimer librement, voyager librement, que dans les vitrines des librairies ressuscitent les livres interdits - des Démons de Dostoïevski au Requiem d'Akhmatova, des oeuvres de Berdiaeff à celles de Florensky -, aurait dû réjouir tous les Français attachés à la liberté d'expression, et en premier lieu ceux qui se réclament de la gauche.

    Bizarrement, il n'en fut rien et, en 2013, il n'en est toujours rien. L'intelligentsia française, qui durant soixante-dix ans a témoigné une incroyable indulgence aux tortionnaires Lénine, Staline, Brejnev, qui, au pire des persécutions, a continué de lécher le cul du pouvoir soviétique et de bouffer ses petits fours à l'ambassade de la rue de Grenelle, témoigne soudain une sourcilleuse exigence démocratique à l'endroit de Poutine. Oui, c'est en vérité curieux, car, à comparaison des trois sanglants zozos que je viens de nommer, Poutine est un parangon de démocratie.

    Si des professionnels de la politique européenne pouvaient en 2014 me dévoiler les raisons de ce deux poids deux mesures, de cet assujettissement aux États-Unis, de cet incroyable et absurde désamour de la Russie chez nos gouvernants, nos journalistes et nos intellos bon chic bon genre, j'en serais ravi. Sur ce, Joyeux Noël, Bonne Année et, comme disent nos amis corses, Pace e Salute !

    Gabriel Matzneff (Le Point, 15 décembre 2013)

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  • Amérique année zéro...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jean-Philippe Immarigeon sur la dette américaine, publié dans le numéro de décembre 2013 de la revue Défense nationale et cueilli sur son blog American parano.

     

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    Amérique année zéro

    Certes le débat sur la dette qui va de nouveau secouer les Etats-Unis dans les prochains mois semble n’être que l’onde de choc d’une crise financière de 2008 qui n’a jamais été résolue, la poussière ayant été mise sous le tapis. Certes tous les pays industrialisés connaissent ce débat. Mais une évidence a surgi, qu’il est inconséquent d’ignorer : les Etats-Unis vont faire défaut à leur dette mais surtout à leur rôle de locomotive, et la seule question est désormais de savoir quand.

     

    Depuis que la Chambre des Représentants à majorité républicaine a rejeté, à l’automne 2008, la première mouture du Plan Paulson de sauvetage du système financier, vote inspiré par la colère de ce qu’on pourrait appeler l’Amérique profonde, on sait qu’un jour où l’autre, avec ou sans ce Tea Party né quelques semaines après ce vote mais engendré par lui, les Etats-Unis vont faire banqueroute. Rien de nouveau en soi, nombre d’historiens rappellent depuis plusieurs mois les précédents de Philippe le Bel avec les Templiers, de François II avec les banquiers transalpins ou de Sully.

     

    Il est vrai que, en cette fin d’année 2013, le Trésor américain est autorisé à emprunter jusqu’au 7 février prochain, et l’Etat fédéral est financé jusqu’au 15 janvier. Mais après ? Le déficit public sera encore de 800 milliards en 2014 et au mieux de 600 milliards en 2018, et encore si la croissance atteint 4% par an. La balance des paiements enregistre un déficit de l’ordre de 500 milliards par an depuis plus de dix ans. Le plafond autorisé de la dette va donc être franchi quelque soient les relèvements votés. La crise peut recommencer dès le début de l’année prochaine, et plus sûrement le 1er octobre prochain, premier jour de la nouvelle année fiscale, en pleine campagne électorale, moment où les élus comptent leurs troupes.

     

    Mais laissons ce débat finalement secondaire. Si les Américains vont faire défaut, c’est qu’à l’occasion du dernier rebondissement du feuilleton de la dette, celle-ci a fait irruption dans leur imaginaire collectif comme le symbole de cette intrusion de l’étranger qu’ils refusent depuis la Farewell Address de George Washington, et même depuis cette Tea Party de Boston de 1773 qui sert de raison sociale aux trublions du Congrès et qui fut déjà une prophylaxie. Ce jour-là, de surprise stratégique il n’y aura guère, d’autant que, depuis la débâcle irakienne, les Américains se replient dans leur île-continent.

     

    Certes ils font preuve d’un activisme certain en Amérique latine, au Moyen Orient ou en Asie. Mais à y regarder de près, cette agitation s’apparente à un vaste repli stratégique laissant derrière lui des marches ou ces gisements de matières premières indispensables à une société gaspilleuse. Plus que jamais, les Etats-Unis ne se sentent tenus à aucun engagement vis-à-vis du Reste du monde qui n’est pour eux, comme je l’écrivais dès 2006, que le Rien du monde. Tocqueville l’avait déjà compris : ils n’ont aucune vraie politique extérieure parce qu’ils n’ont aucun intérêt autre que ce qui leur permet de survivre.

     

    Et ils sont entrés dans un processus de survie. Car s’ils vont faire défaut c’est aussi et surtout parce qu’ils savent mieux que quiconque que leur sous-productivité ne leur permettra jamais de rembourser la dette abyssale qu’ils ont accumulée depuis le milieu des années 70, lorsqu’ils ne firent pas les mêmes efforts de productivité que le reste des pays industrialisés. Ils font semblant de faire de la croissance dans une économie subventionnée à tous les étages : c’est un Plan Marshall à l’envers. Cette croissance n’est tirée que par la production de dollars, ce qui permet de gaspiller davantage de richesses qu’il ne s’en crée.

     

    C’est ce que dénonce Charles de Gaulle dès février 1965 : « Le fait que de nombreux Etats acceptent des dollars pour compenser les déficits que présente à leur profit la balance américaine des paiements, amène les Etats-Unis à s’endetter gratuitement vis-à-vis de l’étranger, avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre, et alors que le dollar est un moyen de crédit approprié à un Etat ». Et tout le monde triche, parce que personne ne peut envisager que la locomotive du monde n’en soit pas une. C’est comme au Monopoly, les après-midis pluvieux de vacances bretonnes : il arrive un moment où la petite sœur n’a plus de quoi acheter l’hôtel de l’avenue Mozart, alors on lui fait une avance pour que le jeu continue, qu’il fait trop froid pour aller se baigner et qu’on est déjà allé à la crêperie hier.

     

    « Amérique, devenue cette faible main de pierre séparée d’une statue », écrivit Supervielle. Que vaut aujourd’hui ce dollar-assignat ? Lorsque Richard Nixon, en avril 1973, décide de le découpler de l’or, une once s’achète 35 dollars : quarante ans plus tard, il faut en débourser 1.200. Or les Etats-Unis refusent obstinément d’aborder la question monétaire, on le voit à chaque G-20, et ils vont encore s’y refuser lors des négociations du Grand Marché Transatlantique.

     

    D’où vient alors que ceux qui passent la Grèce en coupe réglée au nom du respect des critères de Maastricht, supplient dans le même temps les Etats-Unis de laisser filer leur déficit et de relever le plafond de leur endettement ? « Un Schpountz n’est pas un idiot, il raisonne parfaitement sur toute chose, il a même du bon sens, sauf en ce qui concerne l’Amérique », fait dire Marcel Pagnol, au début du film, à un de ses personnages… à un mot près, bien sûr. Il y a dans nos élites une véritable addiction à l’Amérique, on ne sait plus faire sans elle, et on ne lui connaît pas de méthadone de substitution.

     

    Mais un jour tout va s’arrêter. « Tout se rue sur l’empire, écrivait Giraudoux, de la chenille à l’ennemi héréditaire et aux hypothèques de Dieu. » Et cette fois-ci ce sont les Américains eux-mêmes qui vont dire : ça suffit !

    Jean-Philippe Immarigeon (American parano, 12 décembre 2013)

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  • Unité des dissidents !...

    Nous reproduisons ci-dessous un texte de Jean-Yves Le Gallou, cueilli sur Polémia et qui vise à poser quelques principes simples de résistance face à la diabolisation de la pensée dissidente par le système...

     

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    Dissidents de toute tendance, unissez-vous !

    La diabolisation est l’arme absolue des chiens de garde du système mondial dominant. Tout ce qui n’est pas politiquement correct est média-diabolisé.

    Contrairement à ce que le système cherche à faire croire ce n’est pas le fait de commettre des erreurs ou des maladresses qui conduit un homme à s’exposer à la diabolisation : c’est le courage et la lucidité.

    C’est le courage et la lucidité (et non la maladresse) qui exposent à la diabolisation.

    Or, par une singulière perversion de l’esprit public, c’est la victime d’une campagne de diabolisation que l’opinion traite en coupable.

    Quand, en 1966, De Gaulle fait sortir la France de l’OTAN, « l’ingrat », « l’irresponsable » est diabolisé. Il l’est à nouveau en 1967 lorsqu’il refuse de soutenir Israël dans la Guerre des Six Jours : une diabolisation que l’ancien chef de la France Libre paiera au prix fort en 1968 et 1969.

    Quand, en1968, Enoch Powell, espoir du parti conservateur britannique issu de Cambridge, dénonce dans un discours brillant les dangers de l’immigration, il ne « dérape » pas, il est lucide. Une lucidité qui ruinera ses ambitions légitimes.

    Lorsque Benoît XVI prononce un grand discours à Ratisbonne, il remplit, en conscience, son magistère tout comme quand il ouvre les bras de Rome aux défenseurs de la tradition catholique. Mais c’est cela qui lui vaut l’attaque des « loups » médiatiques.

    Quant aux mauvaises images de Christine Boutin et de Christian Vanneste, elles ne sont pas le produit d’ « erreurs de communication », comme des esprits irréfléchis pourraient le penser, mais de prises de position précoces, exposées et courageuses contre la dénaturation du mariage.

    Et il faut être bien naïf pour croire que Jean-Marie Le Pen a dû sa diabolisation à ses déclarations sur le « détail » : son analyse lucide de l’immigration (1983), son engagement contre les guerres américaines (1990), ses critiques du Traité de Maastricht (1992) et du libre-échange mondialiste (1993) suffisent largement à expliquer son statut de paria médiatique. En politique il n’est jamais bon d’avoir raison trop tôt !

    La fonction de la diabolisation est simple, simplissime même : interdire les propos et les actions jugées politiquement incorrectes par les dominants.

    La fonction de la diabolisation : paralyser, dénigrer, censurer, isoler, diviser

    Comme une bombe à fragmentation la diabolisation agit de façon multiple pour :

    – Paralyser celui qui en est victime dans l’espoir de lui interdire la répétition de propos politiquement incorrects pour protéger la bien pensance ;

    – Dénigrer l’auteur de propos jugés mal sonnants pour en minimiser la portée ;

    – Et légitimer l’occultation progressive du dissident et censurer l’expression de ses convictions.

    Comme la peine de mort pour les criminels, la diabolisation a aussi une fonction de dissuasion ; de dissuasion de la dissidence dont elle souligne le coût exorbitant.

    La diabolisation suivie du silence et de l’isolement débouche enfin sur la mise en quarantaine du dissident : c’est le fameux « cordon sanitaire ».

    La diabolisation est aussi un élément clé de division des adversaires du régime : chaque opposant vivant dans la crainte d’être contaminé par le voisin.

    Sortir du piège de la diabolisation : résister, contourner, jouer solidaire

    Il faut sortir du piège de la diabolisation en adoptant une stratégie courageuse et intelligente.

    D’abord, en résistant. En résistant à la tyrannie du politiquement correct et en refusant les logiques de la diabolisation. Bien se convaincre et bien convaincre – les exemples historiques sont nombreux – que c’est souvent le diabolisé qui est dans le vrai. En leur temps Jeanne d’Arc (« une sorcière »), Galilée (« un hérétique ») ou Soljenitsyne (« un houligan ») furent diabolisés.

    Ensuite, en faisant face aux vents contraires : ne pas hésiter à avoir un préjugé pour le diabolisé contre les diabolisateurs, ces chiens de garde du système.

    Enfin, en contournant les grands organes médiatiques de diabolisation par la pratique et la culture de la réinformation, le recours aux médias alternatifs sur Internet et les réseaux sociaux. Ce qui était impossible hier devient de plus en plus facile aujourd’hui : la preuve, le président Assad est en train d’échapper au sort de Milosevic et de Saddam Hussein.

    Reste un point essentiel : apprendre aux dissidents à jouer solidaires, à se respecter les uns les autres. En tout cas à éviter de se tirer dans le dos. Ou de se balancer à la police de la pensée.

    Jouer solidaire : ne pas accuser l’autre d’être « xénophobe », « homophobe », « ringard » ou « réac »

    Chacun a ses préférences dans l’expression de ses convictions et ses méthodes d’action.

    On peut privilégier la lutte contre l’immigration et la défense de l’identité nationale ou bien préférer l’engagement pour la souveraineté, le protectionnisme économique et la défense de la langue française, ou encore mettre au premier plan de sa militance le combat pour les valeurs, la défense de la vie et de la famille. A une condition que nul n’accuse l’autre d’être « raciste », « xénophobe », « ringard », « réac » ou « homophobe ».

    De même chacun est libre de choisir sa forme d’action : voter, réinformer, militer dans un parti politique, porter sa parole dans une assemblée, ou bien aller dans la rue pour manifester, conduire des actions symboliques, faire entendre aux ministres et aux oligarques ses convictions, ou bien entrer dans la résistance passive ou active. « Chaque Philoctète sait que sans son arc et ses flèches Troie ne sera pas conquise. »

    Chaque action a sa légitimité. Chacun doit respecter l’action des autres, qu’il soit militant politique, veilleur, sentinelle debout, hommen ou activiste identitaire. En France, comme hier en Irlande ou en Inde, la résistance nationale et civilisationnelle est appelée à prendre des formes différentes et complémentaires.

    Diaboliser le voisin, ce n’est pas se dédiaboliser c’est renforcer sa propre diabolisation

    Il faut se garder du piège de la division fondée sur le refus de comprendre et d’accepter ce que fait son voisin selon la logique suivante : celui qui en fait moins (ou qui agit autrement que moi) est un « lâche ». Celui qui en fait plus que moi (ou choisit des formes d’action plus spectaculaires) est un « extrémiste ». Penser cela c’est permettre au système de saucissonner ses opposants. Il ne faut pas entrer dans ce jeu.

    Il est crucial de ne pas contribuer à la diabolisation des autres ou de ses voisins. Certains se croient malins en pensant qu’en contribuant à diaboliser autrui ils se dédiaboliseront à peu de frais. Quelle erreur ! Hurler avec les loups n’est pas seulement moralement minable c’est surtout stupide car cela contribue à renforcer la diabolisation en général et, par contagion, sa propre diabolisation. C’est aussi permettre à l’adversaire d’appliquer la technique du salami : couper et manger une tranche puis… passer à la suivante.

    Il faut juger les autres sur ce qu’ils sont, sur ce qu’ils font, sur ce qu’ils disent, non sur la caricature qu’en donnent leurs adversaires. Appliquons la présomption d’innocence, ne participons pas au lynchage des diabolisés sur des on-dit.

    Les dissidents de l’identité nationale et civilisationnelle n’ont qu’un seul adversaire : les tenants du politiquement correct et de l’idéologie unique qui veulent abolir toutes les frontières, frontières physiques des nations et des peuples, frontières morales que sont les traditions.

    Bref, il faut jouer solidaire ! Dissidents de toute tendance, unissez-vous !

     Jean-Yves Le Gallou (Polémia, 14 octobre 2013)

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