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démographie

  • Tour d'horizon... (311)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur le site de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie, une étude qui cherche à modéliser l’évolution de la population de la France d’ici à 2100, dans sa composition par origine migratoire, selon différents scénarios envisageables...

    Les scénarios démographiques de la France au XXIe siècle

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    - sur Le Grand Continent, un article d'Olivier Roy sur l'échec inéluctable, selon lui, de la "contre-révolution culturelle"...

    La contre-révolution culturelle est un échec

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    Le maire de Châteaudun et son conseil (cf. article)

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  • Démographie et dépendance à la main d’oeuvre immigrée : les deux cancers qui accélèrent le Grand Remplacement...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jean-Pierre Tredia cueilli sur Breizh-Info et consacré aux effets délétères du recours à la main d’œuvre immigrée...

     

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    Grèves de 1982 à Citroën-Aulnay...

     

    Démographie et dépendance à la main d’œuvre immigrée : les deux cancers qui accélèrent le Grand Remplacement

    Savez-vous pourquoi l’Afrique du Sud n’a jamais connu de majorité blanche en matière de population comme ce fut le cas pour les USA, le Canada, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande ?

    Pourquoi l’Afrique du Sud n’a jamais attiré une immigration de masse européenne

    Parce que l’Afrique du Sud ne représentait pas une destination de choix pour les candidats à l’émigration à faible bagage socio-culturel venant d’Europe. Alors qu’un manœuvre écossais pouvait aisément trouver du travail en Nouvelle-Zélande ou en Australie, en Afrique du Sud, sous l’Apartheid, il entrait directement en concurrence avec les Bantous (les Noirs) à qui les emplois subalternes étaient réservés. En Afrique du Sud, il fallait être commerçant, cadre, ingénieur, chef d’équipe, prédicateur calviniste ou avocat pour pouvoir prétendre émigrer d’Amsterdam ou de Hanovre en ayant la certitude de trouver du travail à l’arrivée. Un cireur de chaussure choisissait, lui, plutôt l’Amérique ou l’Australie.

    Cette spécificité a donné au pays de Verwoord une intelligence hors du commun, ce qui amènera les Afrikaners a avoir une centrale atomique dès 1976 et à pratiquer la première greffe d’un cœur en 1967. Mais à l’inverse, cette spécificité était le ver dans le fruit qui allait abattre l’édifice un jour ou l’autre.

    La politique sud-africaine de création de « foyers nationaux noirs » (bantoustans) pour tous les peuples bantous du pays afin de garder la majorité du pays sous domination blanche aura été un échec car il était trop tard. Toutes les villes réputées « blanches » étaient déjà à majorité noire. Masse de jardiniers, éplucheurs de pommes de terre, mineurs ou pousseurs de brouettes de ciment, car il était impensable pour un afrikaner des années 50-60-70 de devoir couper lui-même sa pelouse ou de vider ses ordures, « les Noirs étaient fait pour cela » disait-on alors. Mais comme ces Noirs avaient une démographie beaucoup plus importante que les bourgeois blancs et que l’immigration blanche n’était réservée qu’aux élites, les villes réservées aux Blancs en théorie sont devenus rapidement noires en pratique.

    Si l’on compare grossièrement Johannesburg à New-York, par exemple, c’est comme si Manhattan était le seul territoire majoritairement blanc d’une ville dont tous les autres quartiers, du Bronx au Queens en passant par Brooklyn et Staten Island étaient composé exclusivement de Peaux-Rouges ou de Métis.

    En campagne, c’était exactement la même chose. Le mythe du fermier blanc afrikaner doit être largement nuancé. L’Afrique du Sud agricole est effectivement historiquement et, aujourd’hui encore, contrôlée par les Blancs. Mais le Blanc est le « Baas » (boss) qui règne sur une cohorte d’ouvriers agricoles noirs. Là encore, la question démographique est imparable. Au lieu d’employer des ouvriers agricoles blancs qui auraient, à travers leurs salaires et les soins médicaux assurés par le pouvoir blanc, engendrés des familles blanches qui se seraient multipliées, les fermiers blancs ont permis à des familles noires de prospérer.

    L’assassinat d’Eugène Terre’blanche, emblématique chef de l’AWB, est l’illustration de ce paradoxe. Leader d’une des branches les plus dures de la politique d’Apartheid et du Baaskap (suprématie blanche en Afrique du Sud), il fût assassiné en 2010 par deux ouvriers noirs qu’il employait dans sa ferme !

    Au final, au pic de l’Apartheid, la communauté blanche, afrikaners et anglophones, n’aura jamais dépassé les 20% de la population.

    Main-d’œuvre étrangère : une solution de court terme aux effets durables

    Ce ne sont pas les sanctions internationales ou la figure de Nelson Mandela qui ont signé la fin de l’Afrique du Sud blanche, ce sont la démographie et la dépendance à la main-d’œuvre noire qui aura multiplié les grèves et les sabotages de l’économie, entraînant une fuite des capitaux et des industries, fuite également encouragée les sanctions internationales, bien entendu.

    Ce schéma mortifère de double dépendance est celui que nous connaissons actuellement en France.

    La question démographique est traitée régulièrement dans nos colonnes, je ne reviens pas dessus. Le futur démographique de la France est en train de naître en ce moment même à Saint-Louis du Sénégal ou à Kaboul car Chloë et Matisse ne veulent pas faire d’enfant pour « sauver la planète » ou hésitent à en faire un deuxième car il n’y a pas, autour de chez eux, d’infrastructures de santé, d’accueil ou de scolarité suffisants, sans parler du risque économique et des conséquences sur la carrière de Chloë. A la place, ils adopteront un chien.

    Mais, au-delà de la démographie, la question de la dépendance à la main-d’œuvre immigrée est de plus en plus préoccupante et elle n’est pas du tout abordée dans le débat public. Même dans les cercles conservateurs. Les dernières élections ont montré une situation à la sud-africaine en périphérie des grandes villes. En l’espèce, une présence massive des populations africaines dans les banlieues. Les centres urbains ne conservent que quelques secteurs blancs, le reste étant progressivement gagné par la « diversité » black beur black. Diversité laborieuse ou non mais occupant généralement les emplois les moins qualifiés. « Les métiers que les Français ne veulent plus faire » dit la rumeur populaire. Et celle-ci n’est pas fausse. Car une politique de bas-salaire pratiqué par le grand patronat couplé à un dénigrement systématique des filières d’enseignement technique et professionnel aura donné une université de Rennes 2 ultra-majoritairement blanche (et gauchiste !) et des CFA de la banlieue rennaise de plus en plus colorés.

    La bonne nouvelle, c’est que l’IA va régler une partie du problème en grand-remplaçant certains métiers prisés par les jeunes Blancs (graphistes, développeurs, métiers administratifs, …) alors qu’il faudra attendre encore un peu pour que ChatGPT monte sur les toits pour remplacer les ardoises.

    Autrefois cantonné aux villes, ce phénomène de dépendance à la main d’œuvre immigrée touche désormais les campagnes et notamment la Bretagne confrontée au manque structurel d’employés dans les usines agro-alimentaires. Emplois pénibles, mal rémunérés (quoique, ce n’est plus aussi vrai), mal considérés, où il faut être dans le froid, le chaud, l’humidité, etc…, ces secteurs professionnels sont désormais sous la coupe d’agence d’intérim qui vont directement faire leur marché en Afrique ou en Roumanie. Les dernières élections municipales à Pontivy et l’élection de Soizic Perrault sont indirectement lié à cette question par exemple. Le très industrieux bassin de Pontivy est, en effet, devenu une véritable enclave étrangère entretenue et alimentée par le secteur agro-alimentaire.

    Mais qui blâmer ? Ceux qui ne veulent pas aller y travailler ou les patrons confrontés à de continuels manques de main d’œuvre ? Les deux sans doute car le grand patronat aura lui-même organisé sa pénurie d’ouvriers par diverses stratagèmes et politiques salariales et sociales. Aujourd’hui, avec la multiplication des arrêts maladie, il en paye le prix car même les employés roumains ou mahorais ont désormais des exigences et ont compris « comment ça fonctionne ».

    Idem dans la restauration ou la cueillette de fruits et légumes, secteurs très demandeurs de main d’œuvre immigrée. Il n’y a qu’à voir les annonces des restaurateurs qui promettent des conditions de travail qui s’améliorent par rapport à celles d’autrefois. Seul bémol et il est de taille, une offre d’emploi à 12,2€ brut/heure chez Buffalo Grill avec travail le week-end, coupures, etc… à ce prix-là (environ 1443€ net/mois) et au regard du prix de l’essence, autant rester au chômage, chez soit devant Netflix !

    Partant, une future majorité « nationale » (RN par exemple) devra prendre ces deux problèmes à bras le corps.

    1/ La démographie. Il fût un temps où le RN proposait le « salaire maternel », qu’en est-il de cette proposition qui permettrait aux femmes qui le veulent de rester à la maison élever leurs enfants sans que le couple soit pénalisé pour leur désir de construire une grande famille. D’autres propositions natalistes sont également envisageables.

    2/ Pour que les parents incitent leurs enfants à devenir plâtriers ou mécaniciens, il va falloir plus que des mesures bêtement libérales (« supprimons les aides ») ou des campagnes d’affichage « découpeur de volaille is beautiful », il va également falloir que les conditions de travail s’améliorent encore et que les patrons des grosses entreprises augmentent massivement les salaires. Si un « choc des charges sociales et des normes » libérera l’économie française de ce qui l’empêche d’être concurrentielle à l’international, il ne faut pas non plus oublier les profits records de certaines boîtes. Revenons à Buffalo Grill : 508 millions de chiffre d’affaire et une croissance de 6,5% par an en 2023 pour l’enseigne, on peut applaudir la performance, mais avec des salaires comme celui mentionné plus haut, on comprend que ce succès n’est pas dû qu’à la qualité des steaks et à la bonne stratégie commerciale de l’entreprise.

    Apparemment, une partie du patronat a compris que l’immigration était en train de tuer l’Europe. On découvre chaque jour de nouveaux « patrons patriotes », suivant l’exemple de Pierre-Edouard Stérin ou de Vincent Bolloré. Parfait ! Et bienvenue dans le « cercle du réel ». Mais quel patron osera publiquement mettre en place au sein de sa boîte une audacieuse politique d’entreprise « patriotique » qui incitera les Français a réinvestir certain métiers ? On connaît la musique dans les cercles patronaux : « les Français sont des fainéants, ils ne veulent pas bosser, supprimons les aides ». Eh oui, mais progressivement les employés ont imposé leur loi et leurs exigences aux patrons, grâce notamment à l’arme « arrêt maladie » et « burn-out ». Si un patron augmente significativement ses salariés et cesse de les stresser en permanence (c’est encore le cas dans beaucoup de professions !), les arrêts-maladie fondent bizarrement rapidement.

    Car un certain patronat a oublié que la loi de l’offre et de la demande ça fonctionne dans les deux sens.

    Revenons cependant à un autre patronat : le patronat sud-africain. Celui-ci qui avait construit une partie de sa réussite sur des employés noirs payés 15 fois moins cher que les employés blancs a senti à un moment le vent tourner au mitan des années 80 et, pour ceux qui en avaient les moyens, a déménagé sa production aux USA ou en Australie. Aujourd’hui, cet exil beaucoup plus difficile et les boîtes sud-africaines qui sont restées sont désormais contraintes d’employer deux personnes pour le même poste d’encadrement grâce aux lois de discrimination positive de l’ANC : une (blanche) pour faire le travail, l’autre (noire) pour toucher le salaire.

    Les entreprises françaises devraient réfléchir à cela. Car, quand le basculement démographique et la dépendance à la main d’œuvre sera achevée, elles n’auront nulle part où aller (le Grand-Remplacement touche désormais tous les pays occidentaux) à part en Russie, avec la corruption qui va avec. Et celles qui resteront seront également sûrement contraintes de négocier avec des municipalités, collectivités locales, syndicats ou organisations religieuses d’une autre nature que celles actuelles.

    Il est temps d’ouvrir les yeux camarade patron !

    Jean-Pierre Tredia (Breizh-Info, 2026)

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  • Baby-crash : enquête sur une France sans enfants...

    Pour cette nouvelle édition de "Cette année-là",  sur TV Libertés, Olivier François, avec Xavier Eman, rédacteur en chef d’Éléments, Daoud Boughezala, Rodolphe Cart et Anthony Marinier, remonte à 2020, l’année Covid et au numéro alors déjà consacré à la question démographique auquel fait écho la dernière livraison du magazine des idées à l’endroit.

    Qu’est-ce qui explique la chute de la natalité française ? Les politiques étatiques natalistes sont-elles efficaces ? Face à la dénatalité, doit-on choisir entre immigration ou déclin économique ? Autant de questions abordées dans cette nouvelle émission.

                           

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  • Europe : la guerre civile qui monte...

    Dans cette émission du Plus d’Éléments, diffusée par TV Libertés, l'équipe du magazine s’empare du dernier numéro d’Éléments qui interroge l’avenir des Européens – démographique autant que civilisationnel – face au péril migratoire et à la menace de guerre civile qui gagne l’Ouest du continent, du Royaume-Uni à la France. Une perspective sombre, nourrie d’un faisceau d’indices chaque jour plus inquiétants. 

    On trouvera sur le plateau, autour d'Olivier François, Xavier Eman, rédacteur en chef, Daoud Boughezala, Rodolphe Cart et Anthony Marinier...

     

                                              

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  • Rod Dreher : « Sans Européens, l’Europe n’a aucun avenir »...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Rod Dreher, cueilli sur Breizh-Info et consacré à la question démographique en Europe. Rod Dreher est un essayiste catholique conservateur américain, installé en Hongrie depuis trois ans.

     

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    Rod Dreher : « Sans Européens, l’Europe n’a aucun avenir »

    La crise démographique mondiale, c’est-à-dire la forte baisse du taux de natalité qui touche presque tous les pays du monde, à l’exception (pour l’instant) de ceux d’Afrique subsaharienne, est peut-être la plus grande menace à laquelle la civilisation est confrontée. Mais c’est celle dont peu de gens veulent parler.

    Eh bien, ce n’est pas tout à fait vrai. En Europe, où les taux de natalité sont inférieurs au seuil de renouvellement des générations depuis de nombreuses années, les dirigeants politiques n’ont d’autre choix que d’en parler. Le problème, c’est que la plupart d’entre eux ne veulent dire et entendre qu’une seule chose : que la migration massive depuis les pays plus fertiles est la seule solution possible.

    En janvier, lorsque la Commission européenne a présenté sa « boîte à outils démographique », les parlementaires européens conservateurs l’ont critiquée pour avoir donné la priorité à la migration par rapport à d’autres solutions potentielles à la crise. Les députés européens de gauche les ont dénoncés, comme on pouvait s’y attendre, comme racistes, haineux et xénophobes, toujours convaincus, on suppose, qu’ils peuvent faire disparaître comme par magie les vérités désagréables avec des mots à la mode progressistes.

    Mais peut-on raisonnablement nier que les migrations de masse déchirent l’Europe ? Oh, c’est certainement le cas – non seulement par les dirigeants de l’establishment, mais aussi par les millions d’électeurs qui les soutiennent encore, par peur de voter pour la soi-disant « extrême droite ». L’AfD, parti de droite, a été tenu à distance lors des récentes élections en Allemagne, malgré le fait qu’il ait doublé son nombre de voix, mais personne de sérieux ne s’attend à ce que la coalition centriste de l’establishment qui gouvernera désormais l’Allemagne résolve ses graves crises.

    Il en va de même dans toute l’Europe, mais cela ne durera pas. Dans une implacable analyse de la mort de l’ancien ordre, Gerry Lynch, commentateur libéral nord-irlandais, a fustigé la gauche pour son refus béat d’accepter que les conditions du monde réel aient radicalement changé, au point que ses anciennes certitudes ne tenaient plus. Lynch écrit : « Les paradigmes dépendent de la foi ; la perte de la foi les tue. »

    Son argument est que le paradigme libéral-gestionnaire qui a encadré et guidé la politique aux États-Unis et en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale est mort. Les Européens ont idéalisé leur modèle de gouvernance transnationale, avec son état-providence, sa laïcité intransigeante, son libéralisme culturel, son hostilité à la souveraineté nationale, son humanisme sentimental et son ouverture aux migrations de masse. Les Européens ont vécu dans un monde imaginaire, en partie grâce à la volonté des États-Unis de payer pour leur défense.

    Le coût de la vie croissant inhérent à ce paradigme a été nié pendant de nombreuses années par les dirigeants européens et ceux qui votent pour eux. Sur la question de l’immigration, comme en Amérique, les politiciens ont toujours agi contre la volonté de leur opinion publique, mais ils n’ont généralement pas eu à en payer le prix. Ces jours sont en train de toucher à leur fin, et le changement de régime – le changement de paradigme – en Amérique accélérera l’effondrement de ce que l’on pourrait appeler l’utopie de Bruxelles.

    Il faut dire, cependant, que ce n’est pas seulement un problème de la classe dirigeante eurocratique. L’Europe dépend vraiment de la main-d’œuvre immigrée bon marché. Le ministre français de l’Économie a récemment déclaré à la télévision nationale que la France avait besoin de plus d’immigrés. Le coût culturel massif de cette politique économique structurelle est payé par les Européens ordinaires qui sont confrontés à une montée en flèche de la criminalité violente, y compris les meurtres terroristes commis par des islamistes. Et ce sont les générations futures d’Européens qui paieront, en héritant de nations peut-être irréversiblement modifiées – dé-européanisées – par la présence de ces migrants et de leurs enfants.

    Tous les Européens honnêtes le savent. Et ils le détestent. Tous les autres vivent dans le déni ou, comme le politicien français d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon, encouragent le Grand Remplacement comme une bonne chose (« Nous sommes destinés à être une nation créole, et tant mieux »).

    Et pourtant, la dure réalité demeure : sans Européens, l’Europe n’a pas d’avenir. Si la migration de masse est une solution inacceptable, alors la seule chose à faire pour les Européens est d’avoir plus d’enfants. Il n’y a pas de troisième choix.

    Entrez Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, qui vient d’annoncer une nouvelle politique nataliste radicale : une exonération à vie de l’impôt sur le revenu pour les femmes qui ont deux enfants ou plus.

    Le gouvernement pro-famille du Fidesz a longtemps été à l’avant-garde de l’utilisation de la politique fiscale pour stimuler la natalité. Aujourd’hui, le gouvernement Orbán fait un grand pas en avant dans sa politique nataliste, malgré un coût considérable en termes de dépenses publiques.

    Les priorités ambitieuses d’Orbán sont justes : il ne peut y avoir d’avenir européen sans Européens, et les gouvernements européens doivent faire de l’incitation à la natalité une priorité absolue. Malheureusement, les résultats sont très mitigés, comme l’a expliqué le démographe nataliste Lyman Stone en 2022.

    « Les politiques de la Hongrie jusqu’à présent révèlent une triste réalité : les changements de politique, même spectaculaires, ne suffisent tout simplement pas à créer le monde que de nombreux conservateurs souhaitent », a-t-il écrit.

    La principale raison pour laquelle les mères n’ont pas d’enfants n’est pas financière. Nicholas Eberstadt, l’un des plus grands démographes américains, souligne que la dépopulation touche aussi bien les pays riches que les pays pauvres. Selon lui, ce qui se passe, c’est une révolution culturelle mondiale dans la formation des familles. Lorsque les femmes se rendent compte qu’elles n’ont pas besoin d’avoir une famille nombreuse, elles choisissent généralement de ne pas en avoir. Il écrit :

    Les gens du monde entier sont désormais conscients de l’existence de modes de vie très différents de ceux qui ont confiné leurs parents. Il est certain que la croyance religieuse, qui encourage généralement le mariage et célèbre l’éducation des enfants, semble être en déclin dans de nombreuses régions où les taux de natalité s’effondrent. À l’inverse, les gens accordent de plus en plus d’importance à l’autonomie, à l’épanouissement personnel et à la commodité. Et les enfants, pour leurs nombreux plaisirs, sont par essence peu pratiques.

    Comme tous les parents le savent, élever des enfants exige des sacrifices qui ne sont pas simplement matériels. Créer une famille nécessite de renoncer à une grande partie de son autonomie. En 1999, alors que ma femme et moi nous préparions à accueillir notre premier enfant, ma sœur, qui avait déjà deux petits, m’a dit : « Vous allez tous les deux perdre la liberté dont vous avez joui. Il n’y a pas d’échappatoire, et je pense que tu le sais. Mais ce que tu ne sais pas, c’est à quel point tu vas être heureux en tant que parents. C’est quelque chose que tu ne peux pas savoir tant que tu ne l’as pas fait. »

    Elle avait raison. Nous avons eu deux autres enfants, et nous avons arrêté seulement pour des raisons médicales. Élever des enfants a été la chose la plus difficile que nous ayons jamais faite, mais aussi la plus gratifiante. Ma sœur avait raison, cependant, de dire que les bienfaits qui découlent du sacrifice de son autonomie et de sa commodité sont très difficiles à communiquer à ceux qui n’ont pas d’enfants. Les parents de mes enfants ont fini par comprendre que notre « épanouissement personnel » consistait principalement à être parents.

    Pourtant, nous étions probablement la dernière génération en Amérique à avoir été élevée avec l’idée que le mariage et les enfants étaient un bien primordial, c’est-à-dire quelque chose que l’on faisait simplement pour mener une bonne vie. Il importait également que nous soyons chrétiens et que nous considérions la procréation, avec ses sacrifices, comme une vocation divine. Aujourd’hui, la culture américaine, comme la culture européenne et la plupart des autres cultures mondiales, considère la formation d’une famille comme un bien relatif. Autrement dit, les enfants sont une bonne chose, mais seulement s’ils peuvent s’intégrer dans le cadre d’une vie réussie, une vie qui ne fait pas du mariage et de la procréation le telos de la vie, mais qui les subordonne plutôt à l’objectif ultime d’épanouissement personnel et de « bien-être ».

    En ce sens, la société hongroise n’est pas différente des autres. Une amie catholique de Budapest, mère de trois enfants et âgée d’une trentaine d’années, s’est un jour plainte que sa génération de Hongrois ne souhaite rien de plus que de voir leur pays devenir une version magyare de la Suède. Elle voulait dire par là que malgré le conservatisme manifeste de la Hongrie, au fond, les jeunes Hongrois partagent l’aspiration paneuropéenne à une vie de laïcité, de consumérisme et de confort. Selon elle, ils ne sont pas motivés par des idéaux supérieurs qui les appellent à sortir de leur individualité. Ce n’est pas seulement un problème hongrois, mais aussi européen, américain et même mondial.

    C’est une leçon difficile mais nécessaire à retenir. J’aime citer un discours de Viktor Orbán d’il y a quelques années sur les limites de la politique. Les politiciens, a-t-il expliqué, peuvent fournir la base matérielle du changement et du renouveau culturels, mais ils ne peuvent pas les forcer. Cela ne peut se faire que lorsque d’autres institutions (familles, églises, écoles, organisations civiques, artistes, etc.) profitent de l’espace créé par la politique pour faire ce qu’elles seules peuvent faire.

    Le plus grand défi auquel l’Europe est confrontée est d’inverser son déclin démographique catastrophique sans céder à la migration de masse qui détruit la civilisation. Dans cette crise, la politique est nécessaire, mais pas suffisante. Orbán est très, très en avance sur la plupart des politiciens européens pour ce qui est de saisir la gravité de la crise et ses conséquences à long terme et de mettre toutes les ressources disponibles de son gouvernement au service de sa résolution d’une manière qui garantisse la survie de la Hongrie en tant que telle et de l’Europe en tant qu’Europe.

    Mais, comme je pense qu’il l’admettrait lui-même, à moins qu’Orbán ne trouve des partenaires pro-natalistes en dehors de la politique pour mener une révolution culturelle, tous ses efforts extraordinaires seront vains. Aucun dirigeant politique ne peut forcer des personnes réticentes à avoir des enfants et à les accueillir dans des familles fonctionnelles. Une culture qui en est venue à croire que le bonheur individuel est son but ultime est une culture qui est en voie de stérilité et d’extinction.

    Pensez-y : si nous sommes ici aujourd’hui, c’est parce que nos ancêtres, à une époque de pauvreté matérielle bien plus grande et souvent d’instabilité, ont cru que la formation d’une famille en valait la peine. Ils ont choisi la vie, malgré tout. Pourtant, nous voici, les générations les plus riches et les plus sûres qui aient jamais vécu, et que faisons-nous ? Nous choisissons une mort très confortable. C’est un paradoxe que la politique ne peut résoudre.

    Rod Dreher (Breizh-Info, 27 février 2025)

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  • L'enjeu démographique...

    Le nouveau numéro de la revue Réfléchir & agir (n°83 - Automne 2024) est paru. Le dossier est consacré à la question démographique...

    La revue n'est plus disponible que par abonnement.

     

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    Au sommaire :

    En bref

    Antipasti

    Pierre-Marie Bonneau : « Nous sommes plus nombreux que ce qui est généralement affirmé.»

    Scènes et rustines du nationalisme

     

    DOSSIER 

    L'enjeu démographique

    La démographie, état des lieux planétaire, par Scipion de Salm

    La peste blanche, par Scipion de Salm

    Le QI dans le monde et son impact en France, par Klaas Malan

    L'enjeu de la « bombe N », par Eugène Krampon

    Les mégalopoles mondiales, des enfers à ciel ouvert, par Klaas Malan

    Est-il possible de relancer la natalité ?, par Eugène Krampon

     

    Grand entretien

    François Belliot: « Le principal écueil auquel nous sommes confrontés, c'est la diabolisation et l'invisibilisation.»

    Curiosa

    Beate Uhse : l'art et la manière de s'envoyer en l'air, par Sylvain Roussillon

    Fascisme

    Ernst zu Reventlow, national-bolchévique et païen, par Christian Bouchet

    Stratégie

    Les robots rêvent-ils de guerres électroniques, par Fabrice Seldon

    Histoire

    Irak 1941 : d'une guerre à d'autres, par Sylvain Roussillon

    Notes de lecture

    Les crimes du mois

    Beaux-arts

    Dans les silences de Vermeer, par Pierre Gillieth

    Disques

     

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