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19/02/2016

La revue de presse d'un esprit libre... (2)

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La revue de presse de Pierre Bérard

Au sommaire :

• Dans son émission Répliques, sur France Culture, Alain Finkielkraut recevait samedi 25 avril 2015 le philosophe anglais Roger Scruton et le sociologue Jean-Pierre Le Goff  (Auteur de Malaise dans la démocratie paru ce mois-ci) pour des entretiens sur le thème "comment peut-on être conservateur ?". Ces entretiens montrent parfaitement que la culture européenne est celle de la vie interrogée.
 
 
• Puis Finkielkraut reprend, toujours dans la même émission hebdomadaire, mais cette fois le 13 février 2016 avec comme invités Alain Caillé co-fondateur du MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales) et Jean-Pierre Le Goff, sur le thème Malaise dans la démocratie. Finkielkraut cite dans sa présentation un passage  emprunté au chapitre V du livre de Le Goff (sur la religiosité diffuse) qui montre que les "néo-réactionnaires" sous leur allure parfois austère ne manquent pas d'un certain sens de la facétie. Quant à Alain Caillé pour répondre notamment au défi écologique il critique la démesure économique mais plaide malheureusement, mais avec mesure, pour la naissance d'un conscience mondiale. idée angélique et messianique assez peu réaliste.
 
 
• Dans Marianne Alban Ketelbuters s'en prend à une certaine gauche immigrationiste dans un article consacré à "La gauche et l'extase migratoire".
 
 
• Jean-Claude Empereur reprend pour Europe solidaire son article capital consacré aux thèses que le très influent George Friedman a fait connaitre par son livre Flash Points, the emerging crisis in Europe. Pour cet auteur représentant les vues de l'État profond américain "les Européen ont su conquérir le monde  mais se sont montrés incapables de se conquérir eux mêmes", ce pourquoi il faut toujours la tenir en laisse. En mandataire avisé des intérêts de la thalassocratie anglo-saxonne il pointe l'Allemagne comme adversaire de la "puissance indispensable" dans la mesure où son rapprochement avec la Russie permettrait de constituer politiquement l'Eurasie en pôle autonome de puissance. Hypothèse inacceptable pour les E-U. Cet Américain bien peu diplomate a au moins le mérite de parler clair en faveur d'un jusqu'au-boutisme brutal.
 
 
• De même dans l'émission de France Info "Un monde d'idées" du 15 février Olivier de Lagarde interroge Francis Gutmann, ancien secrétaire général du Quai d'Orsay et l'un des 20 contributeurs du livre "Péchés capitaux. Les 7 impasses de la diplomatie française", paru récemment aux éditions "Le poing sur la table". Pour lui la diplomatie française est sur le déclin car nous ne regardons pas le monde tel qu'il est, mais tel que nous voudrions qu'il soit, bref : nous n'avons plus de conception propre du monde et ceci pourquoi ? Parce que nous sommes à la remorque des États Unis. Par exemple, à propos de la Syrie Gutmann affirme qu'il ne faut pas traiter avec les acteurs qui plaisent, mais avec les acteurs qui comptent, en l'occurrence Poutine et Bachar-el-Assad. 
 
 
• On peut y ajouter cet excellent texte critique de l'observatoire suisse de géostratégie consacré aux sept péchés capitaux de la diplomatie française.
 
 
• Sur Télé Libertés le criminologue Xavier Raufer dresse avec ironie, trois mois après les attentats de Paris et de Saint-Denis, le bilan accablant de l'enquête policière. Mauvaises pistes, négligences, erreurs politiques et déni de réalité. Nos sociétés réagissent toujours trop tard au lieu de précéder l'événement comme il le faudrait. Alarmant.
 
 
• Syrie, l'irresponsabilité des médias français par Jean-Paul Basquiat, énarque et animateur du blog Europe solidaire.
 
 
• L'accord de cessez-le-feu conclu le vendredi 12 février à Munich entre les États-Unis et la Russie à propos de la guerre civile en Syrie a toutes les chances de se révéler  lettre morte. Tant le bombardement par les Turcs des positions kurdes à l'extrême nord-ouest du pays que l'intensification des combats entre forces loyalistes syriennes puissamment soutenues par l'aviation russe sont le signe que cet accord sera déjoué. Les Turcs redoutent que les Kurdes syriens membres du PKK ne fassent leur jonction avec leurs "frères" de la région de Kobane et constituent ainsi un Kurdistan de fait sur leur flanc sud, pouvant servir de base arrière à la guérilla du PKK turque. Erdogan qui indispose aussi bien les Russes que les Américains, incapables de le "tenir", signe de leur déclin dans cette région, est en proie à des difficultés grandissantes au point que l'on peut légitimement se demander qui d'Erdogan ou de Bachar-el-Assad quittera la scène le premier. Ci-dessous un article de Richard Labévière du 15 février suivi d'un article de Thierry Meyssan de la même date et dont l'auteur à l'avantage d'être au contact des services russes et iraniens.
 
 
 
• Donald Trump présenté comme un candidat clownesque et "populiste" aux primaires républicaines, a des vues novatrices en matière de politique extérieure d'après Caroline Galactéros. En effet il se démarque des projets d'interventionnisme botté défendues par tous les autres candidats.
 
 
• Dans l'émission de Méridien Zero du 12 février David L'Épée souligne la dialectique contradictoire entre les "minorités" sexuelles et ethno-raciales (par exemple le féminisme et l'immigré musulman) dont la pseudo solidarité théorisée par nombre d'idéologues dès les années 60-70 a échoué et même volé en éclats comme le montrent, entre autre, le téléscopage à Cologne des idéaux féministes et des idéaux d'ouverture à l'Autre, d'où le désarroi de ces milieux. François Bousquet quant à lui développe brillamment les arguments de son livre sur Foucault et insiste sur le fait que nous avons perdu le seul combat qui compte et qui est celui du symbolique qui dotait les cultures européennes d'un système immunitaire aujourd'hui délabré à force de déconstruction . Une émission de haut niveau.
 
 
• Libération publie un article consacré à Simon Leys, le grand sinologue critique qui fit tomber Mao de son piédestal. À l'encontre de tous ses thuriféraires européens, nombreux dans l'intelligentsia française, les Barthes, Sollers et compagnie dont certains voudraient encore nous donner des leçons de correctitude pour l'aujourd'hui. L'article, de la part d'un journal qui est né de La Cause Prolétarienne, signale que selon Leys, Les deux étendards (de "l'abject" Lucien Rebatet) est un chef d'oeuvre...
 
 
• Cornelius Castoriadis pour qui les trotskistes n'étaient que la fraction de la bureaucratie soviétique en exil a droit dans les colonnes du périodique Rébellion à une courte mais bonne bio-bibliographie qui insiste surtout sur son absence de dogmatisme et le constat qu'il opère sur la dépolitisation de nos sociétés et tout ce qu'elle implique. "Casto" était avant tout le penseur de l'autonomie. On peut toujours à ce propos revenir avec profit sur la définition lumineuse qu'il donnait de la démocratie, bien loin de la bigoterie insipide en vigueur. La manière dont Castoriadis lie naissance de la philosophie et origine de la démocratie en Grèce est semblable à celle qui ressort de l'entretien entre Costanzo Preve et Alessandro Monchietto dans le dernier numéro de Krisis sur le socialisme. Vidéo enregistrée par Chris Marker  en 1989 (seconde référence).
 
 
 
• Le Journal du Dimanche trace le portrait édifiant d'Audrey Azoulay, nouvelle ministre de la culture "vraiment de gauche". On notera avec un certain sourire que sa désignation a suscité la colère de l'Algérie se plaignant d'une "marocanisation de la vie politique française".
 
 
• Les idées raisonnables de Jean-Claude Barreau sur l'immigration et l'assimilation et le complexe européen présentées par Guillaume Bigot sur le site Causeur.
 
 
• Entretien avec Alain de Benoist paru sur Boulevard Voltaire. "La vraie question  c'est qu'est-ce qu'être français, non pas qui est français".
 
 
• Les déclarations de Floriant Philippot (numéro deux du Front national) en Bretagne.
 
 

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