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sociétés multiethniques

  • Les leçons d'Irma...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Laurent Ozon cueilli sur Breizh Info et consacré aux enseignements qu'il est possible de tirer du chaos provoqué par l'ouragan Irma dans les îles françaises de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy...

    Chef d'entreprise et essayiste, Laurent Ozon est l'auteur de France, années décisives (Bios, 2015).

     

     

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    Les leçons d'Irma

    Les populations touchées par l’Ouragan Irma ont été secouées par des crises particulièrement révélatrices : anarchie, pillages, violences inter-ethniques et intersociales, désespoir viral sur les réseaux sociaux, peurs contagieuses, critique de l’absence de moyens de secours et d’assistance des institutions.

    Ces effets contrastent avec ce qui s’est passé au Japon par exemple. Un pays dont la population très homogène a pourtant été touchée par des tsunami, des tremblements de terre et une catastrophe nucléaire ces dernières années. Une population qui est pourtant restée solidaire, travailleuse et pudique sur ces souffrances, sans pour autant renoncer à exercer une pression réelle sur l’Etat afin qu’il fasse le bilan et tire les conséquences de ses inconséquences. Alors pourquoi ces différences ?

    On pourrait évoquer de nombreux facteurs mais la récurrence des actes de pillages et de violences en Louisiane durant l’ouragan Katrina qui avait entrainé l’intervention de l’armée, comme ceux d’Haïti ou de Saint-martin ne laissent pas de doutes sur leurs causes réelles.

    Les catastrophes révèlent en effet l’état du lien social et la nature réelle des solidarités. Ces évènements fabriquent de véritables épidémies de stress qui soudent, délitent et recomposent les communautés humaines sur des bases organiques. Les êtres humains se regroupent et s’organisent sur des bases d’intérêts perçus, d’affinités identitaires et les liens artificiels se disloquent.

    Lorsque dans ces moments, l’armée ou la police perdent leurs moyens, on mesure la sincérité des liens générés par le vivre-tous-ensemble. Et le constat est simple et évident : Les pillages et violences qui suivent les catastrophes et le recul de l’Etat dans les sociétés multi-ethniques démontrent que la peur de la police est leur seul ciment. Raphaël Enthoven nous le rappelait récemment sur Europe 1, « c’est la peur et non l’amour qui fonde le vivre-ensemble « . Raphael Enthoven confond seulement le vivre-ensemble avec  le vivre-tous-ensemble qui semble devoir continuer à être le programme commun de toutes les formations politiques, des Insoumis ou Front National. Pourtant, ce que nous dit Irma est simple: Le « contrat social » ne peut suffire à faire tenir ensemble des peuples sans un État policier et un contrôle serré des citoyens. Lorsque l’État s’affaiblit, la société révèle sa véritable nature. Nous en avons eu, une fois de plus, l’évidente démonstration.

    On peut le regretter mais c’est ainsi. Le destin des sociétés multi-ethniques confrontées aux aléas inévitables de l’histoire et à leurs passions centrifuges, est de devenir des sociétés coercitives, liberticides et étatistes et ce faisant, de justifier la désolidarisation des peuples qui les composent et veulent finalement s’en affranchir lorsque l’Etat engage sa spirale descendante.

    Les catastrophes, qu’elles soient sociales, sanitaires, économiques ou naturelles accélèrent l’histoire des hommes. Les besoins de sécurité, de liberté et de bien-être des peuples imposent toujours des recompositions. Celles-ci disloquent les constructions artificielles soudés par l’idéologie, le contrôle et la force et recomposent des communautés génératrices de sécurité, de liens, et finalement de nouvelles institutions.

    Irma nous parle de notre futur. L’hiver arrive.

    Laurent Ozon (Breizh Info, 14 septembre 2017)

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  • Une sensibilité à fleur de peau...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Michel Geoffroy, cueilli sur le site de Polémia et consacré à la très grande "susceptibilité" des représentants autoproclamés des minorités...

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    La « sensibilité » à fleur de peau des professionnels de la représentation des minorités

    Ceux qui prétendent représenter ou incarner les « minorités visibles » ont une curieuse caractéristique : leur extrême sensibilité à tout. Une sensibilité à fleur de peau, dirait-on en bon français.

    La « terre de souffrance » d’un député martiniquais

    M. Guéant vient d’en faire l’expérience.

    Il a suffit qu’il déclare, on ne sait pas trop pourquoi d’ailleurs, que « Pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas » pour que le député de la Martinique M. Letchimy non seulement se sente visé, mais en outre l’invective violemment. Et M. Letchimy d’ajouter : « Moi, Martiniquais, fils d’une terre de souffrance, je ne peux accepter ces propos ».

    Par contre, lui ne se gêne pas pour mettre en accusation à cette occasion « la France obscure qui cultive la nostalgie de l’époque de l’esclavage et de la colonisation » (Le Figaro.fr du 8 février 2012). On ne sait pas bien qui incarne aujourd’hui dans notre pays la nostalgie de l’esclavage. Mais M. Letchimy a tellement souffert en Martinique – pensez donc : il est député apparenté socialiste ! – qu’on lui pardonne, le pauvre.

    Black ou blonde ? Deux poids , deux mesures

    Le magazine Elle a déclenché il y a quelque temps l’ire des ligues de vertu communautaires pour un article sur l’évolution des pratiques vestimentaires des femmes de couleur (on dit « blacks » en novlangue). L’article paru le 13 janvier 2012 avait pour titre « Black fashion power » (sic) et, ironie du sort, se voulait positif. Mais voici l’auteur soumis à un torrent d’injures, accusé de racisme et prié de s’excuser sur-le-champ, alors que ce magazine est si politiquement correct ! On ne sait d’ailleurs plus trop ce qui était reproché à cet article : de parler trop ou pas assez de la « black fashion » ?

    Evidemment les blagues répétées sur les blondes ne posent aucun problème à ces censeurs. Ce ne sont jamais, bien sûr, des clichés « racistes » ni des « stéréotypes dégradants »

    Jean-Paul Guerlain comparaît devant le Tribunal correctionnel de Paris pour « injures raciales » parce qu’il a déclaré, lors d’une interview le 15 octobre 2010, qu’il s’était mis à « travailler comme un nègre », même s’il ne savait pas si les nègres avaient « toujours tellement travaillé ». Malgré ses excuses publiques, les associations communautaires et « antiracistes » appellent alors au boycott des produits Guerlain et traînent l’intéressé en justice.

    Dans le pays des chansonniers, un simple mot vous envoie au tribunal si par malchance il s’adresse à ces personnes si sensibles, comme les banlieues du même nom. Un geste aussi, bien évidemment.

    Un jeune Chti sensible ?

    M. Maurice Boisard, maire de Cousolre dans le Nord, comparaît devant le Tribunal correctionnel d’Avesnes parce qu’il a giflé un « jeune » qui l’avait traité de « bâtard ». Cette gifle était un « geste instinctif », d’après le maire. On apprend que ce jeune, si sensible qu’il a aussitôt saisi la justice, aurait aussi déclaré à l’intention du maire « Fils de pute, je vais niquer ta mère, je vais te tuer », paroles qui sont sans doute du pur chti (Le Monde 5 février 2012). Mais ne croyez pas qu’elles constituent un outrage contre un dépositaire de l’autorité publique ni des menaces de mort. Non c’est le maire que l’on poursuit. Ah ! Si au moins il avait giflé un Belge !

    M. Ahmed Zobir, aurait eu aussi un geste « instinctif et animal » (Le Parisien du 9 février 2012) quand il a poussé sur la voie du RER, à La Défense le 10 avril 2009, Renaud qui a failli y perdre la vie : ce dernier a en tout cas perdu une jambe. M. Zobir explique à l’audience que Renaud aurait été « hautain » à son égard. Qu’on se rassure : les expertises conduites sur ce SDF si sensible au regard d’autrui semblent conclure à « l’abolition de son discernement » suite à « un déplacement d’émotion, de rancœur et de dépit » à l’égard de ces cadres qui travaillent à La Défense.

    C’est fou comme nous sommes de plus en plus entourés de personnes « sensibles » ! Et c’est inquiétant que ceux qui constituent une telle « chance pour la France » soient si sensibles à tout.

    Français de souche : voir l’identité d’autrui c’est stigmatiser, ne pas la voir c’est mépriser…

    Car résumons la complexité du problème auquel nous sommes confrontés, nous les Français de souche.

    Ces personnes sensibles souhaitent que l’on reconnaisse leur identité, mais il ne faut pas trop le faire, au risque de tomber dans le « stéréotype » ou le « cliché ». Car elles revendiquent de ne pas s’y réduire. Elles sont sensibles au fait qu’on les désigne ou, au contraire, qu’on ne les désigne pas. A vous de trouver quand il faut et quand il ne faut pas. That is the question !

    Certains revendiquent leur « négritude », mais c’est un privilège réservé aux intéressés eux-mêmes. Ils revendiquent leur identité ou d’autres leur religion mais ils ne supportent pas qu’on le leur fasse remarquer si on est français de souche. Du moins, ceux qui font profession de représenter ces personnes si sensibles ne le supportent pas. Même si eux ne se gênent pas pour nous désigner tels que nous sommes ou nous caricaturer.

    En d’autres termes leur identité doit être visible pour eux et invisible pour nous.

    Cela commence à compliquer les relations humaines et à beaucoup remplir les prétoires !… C’est pour cette raison que les sociétés multiethniques deviennent rapidement des sociétés multiconflictuelles. Un regard ou un mot de trop et c’est le drame : il se règle à coups de couteaux, ou d’avocats si on est plus policé.

    Nous, les Français de souche, nous savons en tout cas que nous sommes différents : nous avons la peau nettement plus dure. Cela fait tellement longtemps qu’on nous traite de tous les noms d’oiseaux : calotins, racistes, xénophobes, rétrogrades, ringards, passéistes, esclavagistes, colonialistes, tortionnaires, fascistes, céfrans – et j’en passe – que nous avons perdu notre sensibilité. Cela fait si longtemps qu’on nous accuse de tous les crimes possibles, que nous sommes déjà au-delà du bien et du mal.

    Nous sommes certainement d’une civilisation plus robuste, dirait M. Guéant !

    Michel Geoffroy (Polémia, 10 février 2012)

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