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sale guerre

  • Une guerre ? Quelle guerre ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue intéressant de Jean Bonnevey, publié sur Metamag, le magazine de l'esprit critique, à propos de l'enlisement de la guerre contre la Libye... BHL, notre stratège de pointe, serait-il parti en vacances ?...

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    Y a-t-il encore une guerre en Libye ?

    Et si l’enlisement médiatique précédait l’enlisement militaire

    Depuis l’attentat de Marrakech et la mort de Ben Laden, il faut vraiment être intéressé pour savoir ce qui se passe en Libye. Les dizaines d’envoyés spéciaux de nos médias, auprès bien sûr des « combattants de la liberté », semblent réduits à une sorte de chômage technique. Pendant une semaine, il aura fallu capter une brève à la radio ou aller dans les pages intérieures de la presse, pour avoir quelques données.

    Cet enlisement médiatique n’est pas de bon augure pour une guerre qui semble, n’en déplaise à l’Otan, s’enliser. Mais ce recul de l’intérêt porté par les informateurs à la guerre contre le tyran de Tripoli correspond, fort curieusement, aux résultats d’un bombardement allié dont le résultat a été de tuer son plus jeune fils et quelques uns de ses petits enfants. Ce qui, on l’admettra, est inefficace et loin d’être très glorieux. Quand la « guerre du bien » dérape vers la sale guerre…Silence radio, diront les mauvais esprits, qui ont souvent raison de l’être.

    L'expédition militaire ne ressemble, en rien, à l'avancée éclair des forces rebelles, au début de la révolte d’une partie du pays. La bataille des airs est une guerre d'usure : elle ne détruit les forces ennemies que petit à petit. Toutefois, comme elle dispose d'un véritable relais au sol, fût-il encore bien inexpérimenté, on peut penser qu'elle finira par faire tomber Kadhafi et ses  partisans, estime toujours l’OTAN.

    Les troupes du colonel se sont, cependant, adaptées aux frappes de l'OTAN, en apprenant à se disperser rapidement, puis à se reformer au moment des attaques; mais les ressources de Kadhafi ne sont pas infinies. Son principal espoir : la puissance des alliés est aussi très limitée.

    Ce n’est pas une promenade de santé et elle coûte

    Même si les Anglais et les Français engagent des forces, qui sont loin d'être négligeables, elles sont très minces au regard des ressources nécessaires pour une campagne rapide. Selon Gérard Longuet, qui l’a communiquée devant la Commission de la Défense Nationale, la note s’élèverait déjà, selon notre confrère « Les Echos », à 50M€, dont une trentaine pour les munitions tirées: un missile de croisière coûte la bagatelle d’1ME. A dispositif inchangé, c’est 100M€ par trimestre.

    Surtout que la coalition émet des ratés, notamment du côté italien. Après une semaine de bras de fer avec le gouvernement dont elle est le principal allié, la Ligue du Nord est parvenue à faire voter à la Chambre, la semaine dernière, une motion exigeant la fixation d'une date butoir, en accord avec les alliés, à l'intervention italienne en Libye. Le texte, voté par 309 députés (contre 294), exclut une "quelconque participation italienne" à d'éventuelles opérations au sol.

    Le temps pourrait donc finir par jouer pour Kadhafi et cela augmenterait la tentation de lui faire le coup du vrai-faux-vrai Ben Laden ; si on n’a pas essayé, déjà, de le faire à plusieurs reprises. Ce qu’on nie, évidemment, en haut lieu. L'objectif de l'intervention militaire internationale en Libye «n'est pas de tuer Kadhafi» mais d'affaiblir son appareil répressif, a affirmé le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, en indiquant que le CNT venait d'établir une «feuille de route».

    «Nous ciblons des objectifs militaires sur Tripoli», a-t-il poursuivi. «Il n'est pas question de s'enliser en Libye. Au bout de sept semaines, on ne peut pas parler d'enlisement, j'espère que cela ne durera pas au-delà de quelques semaines, au plus de quelques mois, mais il est prématuré de parler d'enlisement».

    Bien vague ce baratin de notre Ministre des Affaires Etrangères qui, comme les stratèges et va-t-en guerre au petit pied euphoriques du 19 mars, se sont simplement plantés dans leur prévisions, persuadés que Kadafhi allait tomber, comme une figue sèche, en quelques jours de pétarades. Alors, un jour, une semaine, un mois, deux mois… On laissera la responsabilité de ses prévisions à notre Juju. Et on imagine, déjà, ce que sera l’avenir « otanisé » de la Libye à l’aune de leur précision.

    Jean Bonnevey (Metamag, 11 mai 2011)

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