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17/09/2010

Crise ou décadence ?...

Crise ou décadence ? C'est le thème du dossier du dernier numéro des Cahiers de l'Indépendance, la revue de tendance souverainiste dirigée par Paul-Marie Coûteaux. Toutes les contributions ne sont pas d'égales valeurs, mais on trouve avec intérêt celles de Jacques Sapir, d'Hervé Coutau-Bégarie, d'Eric Zemmour, de Philippe de Saint-Robert et de Paul-Marie Coûteaux lui-même.

Il est possible de se procurer les Cahiers de l'Indépendance sur le site de Paul-Marie Coüteaux

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"Au lendemain de l'effondrement de l'Union soviétique, un avenir radieux s'emblait s'offrir à l'humanité enfin débarrassée du totalitarisme et de la guerre. Francis Fukuyama théorisait cet optimisme avec sa trop célèbre thèse sur la fin de l'histoire : l'humanité était parvenue au modèle indépassable, désormais incarné par 1a démocratie avancée, qui se trouvait correspondre au modèle de la puissance sortie victorieuse de la guerre froide et appelée à une domination plus universelle, plus parfaite que toutes celles qui avaient pu la précéder, d'Alexandre le Grand à la « pax britannica ». On sait comment ce discours triomphaliste des néoconservateurs américains a abouti aux catastrophes de la présidence de George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001. La toute puissance militaire américaine, issue de la révolution dans les affaires militaires, a été mise en échec par les insurgés irakiens et afghans et la tentative de remodelage du monde sur les valeurs américaines, sous l'appellation commode de globalisation, s'est heurtée à la dure complexité de la nature humaine et de la pluralité des nations et des civilisations. La fin de l'histoire a été remplacée par le choc des civilisations, annoncé de manière péremptoire et quelque peu unilatérale par Samuel Huntington.

De même, l'heure est au désenchantement en matière économique. À partir des années 1990, avec la révolution de l'information et la libéralisation des échanges, les milieux économiques ont eu tendance à croire que l'ère des crises était terminée et que 1'on entrait désormais dans une période de croissance, sinon éternelle, du moins de très longue durée. La crise immobilière du début des années 1990 a été oubliée avec une rapidité confondante et la crise asiatique de 1997-1998 a été considérée comme un simple accident de parcours. Une économie globalisée ne devait plus connaître que la croissance. Il a suffi de la défaillance d'un fonds d'investissement pour que l'on s'aperçoive que tout cela n'était qu'un château de cartes. La croissance faramineuse de l'économie financière reposait sur des montages de plus en plus déconnectés de l'économie réelle et donc de plus en plus factices.  […]
L’une des escroqueries actuelles est de vouloir nous persuader qu’il ne s’agit que d’une crise conjoncturelle, que des mesures de relance doivent endiguer pour que le système reprenne sa marche en avant. Mais il s’agit bien d’une crise structurelle, sinon systémique, cette croissance forcée s’apparentant à une course à l’abîme."

Hervé Coutau-Bégarie