Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Livres - Page 635

  • Les fers de l'opinion

    Professeur de sciences politiques, Philippe Bénéton a publié en 2000 aux PUF un livre essentiel, intitulé Les fers de l'opinion, qui explique de façon magistrale comment, dans la société qui est la nôtre, les questions qu'il est convenable de disputer se resserrent progressivement, mais inexorablement, comme nous avons pu le constater encore ces derniers jours avec les tentatives de mise à l'index d'Eric Zemmour, de Robert Ménard ou de Philippe Bilger, par exemple... Nous en reproduisons ici un court extrait.
    Bénéton.jpg
    "La logique de l'opinion apparaît ainsi comme un mécanisme à double détente. D'un côté (versant relativiste), elle tend à neutraliser les distinctions intellectuelles et morales traditionnelles : telle conduite, c'est son affaire ; telle discipline, elle vaut les autres ; telles cultures, elles sont égales... Corrélativement (versant dogmatique), elle définit de nouvelles règles : quiconque parle autrement manque de tolérance ou manque à l'égalité. Le processus fonctionne comme une machine à trier les jugements autorisés et les jugements non autorisés. La pente de l'opinion ne conduit pas à l'abolition de la morale mais à sa redéfinition. De quelle manière ? Dans le monde dont nous avons hérité, le mal prend mille formes et taraude le cœur de chacun. Dans le nouveau monde moral, le mal est clairement circonscrit, il se resserre, il s'incarne tout entier dans les propos et les attitudes qui blessent l'égalité, la démocratie, les droits de l'homme entendus dans leur version contemporaine ou radicale. Plus particulièrement, il s'incarne dans les mots et les actes convaincus à tort ou à raison de racisme, de sexisme, d'élitisme, d' « homophobie ». Entre les deux morales, il y a sans doute des croisements et des recoupements, mais l'essentiel n'est pas là : le centre de gravité a changé. Il n'est plus dans des vertus objectives auxquelles la liberté est ordonnée, il est dans le nouveau principe d'égalité qui, à certains égards, affranchit la liberté et à d'autres la borne."

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • Débats interdits ?...

    Le journaliste Jean Robin publie aux éditions Tatami un Petit dictionnaire des débats interdits. Il dissèque seize sujets, d'importance diverse, du réchauffement climatique à la peine de mort, plombés par la pensée dominante et à propos desquels certains arguments intellectuellement valides (et qui ne tombent sous le coup d'aucune loi) ne peuvent jamais être entendus et donc discutés...

    debats interdits.jpg
    "Régulièrement paraissent des dictionnaires de la censure, du politiquement correct ou des tabous. Mais jamais ces ouvrages ne mentionnent les thèmes que nous allons aborder dans ce dictionnaire des débats interdits. Ils préfèrent aborder les questions secondaires, la censure de la pornographie ou du sexe (voir l’exposition de l’Enfer à la Bibliothèque Nationale), la violence (notamment dans les films)... Des thèmes ressassés à longueur de temps depuis des années, pour ne pas dire des dizaines d’années, et qui font croire que la censure est dénoncée dans notre pays. Or, il n’en est rien.
    Ce dictionnaire des débats interdits est le premier du genre. Il met le doigt là où cela fait mal, ou, pour parler en langage journalistique, il plonge la plume dans la plaie. Le format choisi privilégie les arguments interdits (bien que légaux), puisque les arguments autorisés se trouvent déjà dans l'espace public. Il n’est toutefois pas question de donner un avis sur les sujets abordés mais simplement de poser la question : pourquoi certaines interrogations autour de questions de société majeures ne peuvent-elles plus être posées ni débattues ?

    La première condition de la démocratie n'est-elle pas le débat ?

    Ce livre aborde seize débats interdits aujourd'hui dans notre pays, à chaque fois sous le même format : la définition, le niveau d’interdiction du débat en question (1 = minimum ; 5 = maximum), un historique, l’atteinte ou non du point de Godwin (le débat finit-il par l’accusation de l’une ou l’autre partie d’être nazie, négationniste ou autre), les invectives employées, les modalités de l’interdiction, pourquoi le débat est-il interdit, les arguments interdits, la vérité officielle, les incompréhensions, à l’étranger, sur les chaînes de télévision publiques et une bibliographie."
    Lien permanent Catégories : Livres 2 commentaires Pin it!
  • Avant-gardes !

    Futurisme, vorticisme, cubisme,  expressionnisme, surréalisme... Serge Fauchereau revient dans un superbe livre, richement illustré, Avant-gardes du XXème siècle, publié chez Flammarion, sur les nouvelles formes d'expression artistiques que le premier quart du XXème siècle a engendrées à travers le monde.

    Avant-gardes.jpg
    "Au début du XXe siècle, de grands changements sociaux, scientifiques et technologiques bouleversent la vie quotidienne et intellectuelle et provoquent une effervescence artistique qui veut faire table rase du passé. Cet ouvrage expose les théories et Les pratiques des différents mouvements de l'avant-garde de 1905 à 1930 dans tous les domaines de l'art: littérature, peinture, sculpture, architecture, photographie, musique, cinéma et arts du spectacle, sans négliger La création indépendante et non avant-gardiste. Envisageant pour la première fois la culture d'un point de vue panoramique international, l'auteur fait apparaître des parentés ou des différences, des évolutions parallèles ou divergentes d'un pays à l'autre. Cette circulation des idées et des formes est rendue tangible par un constant recours à des citations et par plusieurs centaines de reproductions en couleurs rares et parfois inédites. Découvrir combien idées et formes suivent l'évolution économique et politique, s'usent, se démodent ou bien se redynamisent sous La pression des événements ne manquera pas d'inspirer maintes réflexions à un lecteur d'aujourd'hui."
    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • Le Manuel de l'Hérétique

     Les éditions du Retour aux sources viennent de publier le Manuel de L'hérétique, une vigoureuse charge contre le politiquement correct écrite par Paul Dautrans. Il est possible d'en consulter un extrait ici

    Manuel hérétique.gif

    "Le Manuel de l'Hérétique est un livre qui mettra en colère absolument tous les cons. Et eux seulement. Ce livre vous permet d'ailleurs de tester vos relations. Offrez-leur le Manuel. S'ils n'aiment pas, c'est que ce sont des cons. Le Manuel de l'Hérétique ose dire ce que tout le monde sait, mais que les cons refusent d'entendre. Que l'antiracisme est une tartufferie. Que le féminisme est une préciosité puritaine. Que le politiquement correct, c'est juste le nouveau nom de l'Inquisition. Le Manuel de l'Hérétique vous donne même le mode d'emploi pour le prouver dans les dîners en ville. Ne manquez pas le Manuel de l'Hérétique. Vous saviez déjà que les bien pensants vous prenaient pour un con. Mais après avoir lu ce bouquin, vous saurez comment leur donner tort."

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • Eloge du carburateur !

    Avec Eloge du carburateur - Essai sur le sens et la valeur du travail, publié par les éditions La Découverte, le mécanicien-philosophe Matthew B. Crawford se livre à une réhabilitation du travail artisanal et concret. Pour la très bien-pensante revue Books, "il est aussi à l'unisson [...] d'un mouvement de défense du local contre le global, du petit contre le gros, du lent contre le rapide qui n'est pas dénué d'accents réactionnaires. [...] la nostalgie du monde d'hier flirte avec celle du bon vieux machisme du travail d'autrefois". Voilà qui peut mériter le détour !

    crawford,travail

     

    « La génération actuelle de révolutionnaires du management s'emploie à inculquer de force la flexibilité aux salariés et considère l'éthos artisanal comme un obstacle à éliminer. On lui préfère de loin l'exemple du consultant en gestion, vibrionnant d'une tâche à l'autre et fier de ne posséder aucune expertise spécifique. Tout comme le consommateur idéal, le consultant en gestion projette une image de liberté triomphante au regard de laquelle les métiers manuels passent volontiers pour misérables et étriqués. Imaginez à côté le plombier accroupi sous l'évier, la raie des fesses à l'air. »

    Matthew B. Crawford était un brillant universitaire, bien payé pour travailler dans un think-tank à Washington. Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir... un atelier de réparation de motos. À partir du récit de son étonnante reconversion professionnelle, il livre dans cet ouvrage intelligent et drôle l'une des réflexions les plus fines sur le sens et la valeur du travail dans les sociétés occidentales.
    Mêlant anecdotes, récit, et réflexions philosophiques et sociologiques, il montre que ce « travail intellectuel », dont on nous rebat les oreilles depuis que nous sommes entrés dans l'« économie du savoir », se révèle pauvre et déresponsabilisant. De manière très fine, à l'inverse, il restitue l'expérience de ceux qui, comme lui, s'emploient à fabriquer ou à réparer des objets - ce qu'on ne fait plus guère dans un monde où l'on ne sait plus rien faire d'autre qu'acheter, jeter et remplacer. Il montre que le travail manuel peut même se révéler beaucoup plus captivant d'un point de vue intellectuel que tous les nouveaux emplois de l'«économie du savoir ».

    « Retour aux fondamentaux, donc. La caisse du moteur est fêlée, on voit le carburateur. Il est temps de tout démonter et de mettre les mains dans le cambouis... »

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • Football païen !

    "Alors avec l'entrée dans le stade commence l'apothéose. Le terrain fait figure d'arène, d'enceinte sacrée. Un destin véritable se joue sous nos yeux, ouvert, entre deux équipes de champions que l'on s'est choisi : l'avenir se décide en deux mi-temps, qui rangeront les uns dans la honte des vaincus, les autres dans la gloire des vainqueurs. Le stade est un réceptacle populaire où l'on peut voir surgir l'ineffable. L'être biologique isolé est pris dans l'exaltation des spectateurs plus ou moins entassés : l'émotion est là du début à la fin dans un jeu qui opère sur le mode constant de l'intensité maximale. L'investissement est total : pas question de regarder du bout des yeux, il faut chanter, crier, trépigner, exploser de joie, de tristesse ou de colère. Le stade étant, surtout en Europe, un des derniers endroits d'émotion collective active devant un destin qui n'est pas joué d'avance, on mesure sans peine tout ce qui peut s'y investir."

    Cercle Héraclite, La civilisation du football, in Eléments n°59, été 1986 

    La dimension païenne du match de football vécu dans le stade par les supporters, c'est le sujet de Dans les tribunes, un ouvrage de Jean-françois Pradeau, professeur de philosophie à l'université de Lyon III et spécialiste de Platon, que les éditions Les Belles Lettres doivent publier début mai.  

    Pradeau.gif
    "Le football est le sport le plus pratiqué au monde. Il est aussi et surtout le plus commenté, le plus observé et le plus regardé. Chaque semaine, en France comme ailleurs, des centaines de milliers de supporters viennent peupler les tribunes des stades pour encourager leur équipe, chanter, danser, crier, deux heures durant. Dans les tribunes est une réflexion sur la vie des tribunes, sur ce qui s'y dit et s’y fait, sur la manière dont on y chante et on y danse. Une réflexion qui part du principe qu’en dénonçant souvent la violence ou la bêtise des supporters, on ne comprend rien à la célébration très particulière qui se déroule dans les tribunes et qui est l’une des particularités du football. Une célébration qui mêle l’amour et le savoir.
    Car dans les tribunes des matchs de football, la cérémonie qui se déroule a bien quelque chose de sacré. Non pas qu’elle ressemble à une messe, mais parce que ceux qui s’y rendent accomplissent en son sein un rituel dont l’issue est à chaque fois une véritable révélation, ce que les anciens Grecs appelaient une « apocalypse » : une danse et une transe collectives à la faveur desquelles les hommes et les dieux se rencontrent. Les tribunes sont aujourd’hui l’équivalent de ce qu’étaient dans l’Antiquité les cultes à mystère.
    Il fallait réunir le supporter et l’antiquisant pour le comprendre."
    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!