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Livres - Page 629

  • La grâce de l'Histoire

    Philippe Grasset, l'animateur du remarquable site d'analyse De Defensa, consacré aux questions politico-stratégiques, et l'auteur des Chroniques de l'ébranlement et du Monde malade de l'Amérique, prépare la publication d'un essai de philosophie de l'histoire intitulé La grâce de l'Histoire, dont on peut lire ici l'introduction. Il explique ci-dessous son projet.

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    Philippe Grasset parle de La grâce de l’Histoire

    Au départ, le projet était limité, dans l’ampleur chronologique du sujet, autant que dans le fond et dans les ambitions d’interprétation. Il devait beaucoup à une première expérience que vous connaissez (Les Âmes de Verdun, livre et album photographique dont vous pouvez consulter les différents caractères), et à une idée générale concentrée sur la période 1919-1933 et ses rapports conceptuels avec notre crise actuelle. Cette idée générale se résumais en ceci qu’on trouvait dans cette période entre 1919 et 1933 (ces dates sont justifiées précisément dans le cours du livre) un éveil considérable et un courant d’analyse et de polémique d’exceptionnelle qualité à propos de certains caractères (machinisme, américanisme, technologisme, communication, etc.) qui sont les fondements de notre grande crise actuelle. Cette crise elle-même était perçue dans ses signes précurseurs, au point que nombre des textes publiés pendant la période pourrait l’être aujourd’hui – certains sont republiés actuellement –, faisant bien meilleure figure que ceux qu’on trouve dans le courant de l’édition, venus de nos penseurs postmodernes de la crise.

    A l’étude et à la réflexion, la chose s’est transformée, le cadre s’est élargi, l’ambition a grandi, le sujet lui-même a pris ses aises et réclamé plus d’observations, de largeur de vue, d’efforts, de considération, voire de respect pour lui-même. Ce qui apparaissait, peu à peu à découvert, s’imposait bientôt comme une immense crise affectant toute une civilisation, et l’enquête réduite aux bornes initiales s’avérait de plus en plus incomplète et, en vérité, fort étriquée. Le projet a changé. Dès que le titre fut choisi, en mars dernier, un peu comme s’il s’imposait de lui-même, le sort en était jeté… La grâce de l’Histoire exigeait que l’on allât plus loin, beaucoup plus loin. Je me suis exécuté. Il y a des mots qui ont des exigences.

    Cela explique le retard apporté à ce que nous avions primitivement prévu comme calendrier pour la mise en ligne. Il faut aussi savoir que la rédaction de l’ouvrage n’est pas terminée: fin de la sixième Partie encore à faire, septième Partie (qui est la conclusion) à écrire complètement mais dont le canevas est déjà constitué en reprenant la thèse complète de l’ouvrage, avec ses perspectives; travail conséquent de relecture à faire dans les quatrième et cinquième Parties. Le travail se poursuivra donc parallèlement à la publication, et il s’agit là, au fond, du principe même du “feuilleton” dans le sens traditionnel du genre, qui est écrit à mesure de la publication. C’est suggérer également combien il est justifié de penser qu’il y aura des modifications entre la publication en ligne et la publication en édition classique que nous projetons ensuite. Le calendrier est donc à peu près celui d’une publication tous les 20-25 jours ; la première aujourd’hui, la seconde le 10-15 janvier 2010, la troisième le 30 janvier-5 février 2010 et ainsi de suite. Mais j’espère que vous comprendrez que ce calendrier est théorique, qu’il peut être changé selon la bonne marche du travail de l’auteur.

    La veine de l’“histoire prophétique”

    Il s’agit d’un “essai métahistorique”, ou de métahistoire, ou de “philosophie de l’Histoire”. La “méthode”, si l’on veut bien passer sur ce mot, fait un grand appel à l’intuition, au moins autant qu’à l’expérience et à la connaissance, elle est très exhaustive, dans le choix des choses jugées importantes et dans la mise à l’écart des autres. Le style, qui est peu habituel pour un livre d’histoire comme on en a la coutume aujourd’hui, joue son rôle dans l’équilibre et la force recherchées du livre, s’il y a effectivement de l’une et de l’autre. La veine se réclame d’un courant très fécond dans la littérature française du passé, et qui s’est malheureusement tarie, de l’“histoire prophétique” (que je jugerais illustrée par des écrivains comme Châteaubriant, Maistre, etc.). J’ai retrouvé ce passage sur “l’historien prophétique” dans le livre de Pierre Kaufmann, L’inconscient politique (Vrin, 1988), p.36 – ce passage seul, sans les observations idéologiques qui l’accompagnent, qui ne sont pas nécessairement de ma chapelle; ce passage a l’avantage de résumer l’ambition de cette catégorie de la littérature qu’est l’“historien prophétique” :

    «26 mai 1789 : Schiller prononce à l’Université d’Iéna la leçon inaugurale de son cours d’histoire : Qu’est-ce que l’histoire universelle et pourquoi l’étudie-t-on ?, acte de foi dans le développement de la civilisation à l’échelle de l’humanité entière : l’historien de l’histoire universelle, en effet, n’est pas seulement l’historien du passé mais aussi bien et surtout l’historien prophétique de l’avenir…»

    Je le répète avec force, je ne suis pas sûr d’adhérer aux conceptions qui accompagnent cette citation mais je trouve dans cette citation l’ampleur de l’ambition dont je parle, quelle que soit l’orientation choisie et l’esprit politique qui la marque. Cette ampleur universelle, je l’espère, se retrouve dans La grâce de l’Histoire même si le sujet est volontairement réduit à quelques acteurs (principalement Allemagne, Etats-Unis, France, et aussi, moins présent, l’Angleterre). Ces acteurs suffisent à illustrer la thèse et constituent les principaux instruments de démonstration du phénomène universel que je veux décrire. Les spécificités nationales, si elles sont longuement et profondément étudiées, ne le sont qu’en fonction de leurs rapports avec le phénomène universel qui est le sujet de l’essai, et nullement par rapport aux spécificités nationales dont on voudrait faire des cas particuliers, et éventuellement des cas destinés au bûcher régulièrement rallumé pour brûler les nationalismes qui, c’est bien connu dans nos temps d’une crise universelle suscitée par un système technologique et de communication global qui nous emprisonne, semblent constituer le danger le plus pressant et le plus infâme. La paille et la poutre et la querelle sur le sexe patriotique des anges, voilà qui devrait être inscrit comme deux des spécialités olympiques phares des Jeux Olympiques réformés par postmodernisme.

    La poids de La grâce de l’Histoire

    Le point principal de La grâce de l’Histoire, que nous avons déjà mentionné ici et là, est bien que nous nous trouvons dans une “deuxième civilisation occidentale” depuis le passage du XVIIIème au XIXème siècle. C’est un point essentiel parce qu’il doit modifier nombre de nos visions et de nos conceptions, tant du passé (“première civilisation”) que du présent (“deuxième civilisation”). Cette idée de “deuxième civilisation” est venue dans le cours de la réflexion et de l’écriture, elle s’est imposée d’elle-même.

    Ma conviction est que des conditions nouvelles, ou les germes puissants de conditions entièrement nouvelles, embrassant tous les aspects de la vie économique, psychologique, culturelle et sociale, et la politique par conséquent, sont brutalement apparues dans l’espace de vingt années de la fin du XVIIIème siècle et du début du XIXème siècle, établissant effectivement une rupture de civilisation. Trois événements sont principalement la cause ou les signes de cette rupture, et ils forment à eux trois la matrice de la “deuxième civilisation”: les deux Révolutions (l’américaine, ou américaniste, et la française) et le choix de la thermodynamique pour la production d’énergie (ce que nous résumons par l’expression de choix du feu que l’on retrouve dans le cours du texte, marquées en italique comme référence au livre d’Alain Gras publié en 2007 sous ce titre). Ce point essentiel du choix du feu, qui est le moins connu des trois événements de rupture que nous mentionnons, est une idée qui n’est pas nouvelle – signe de son importance. Notre ami Guglielmo Ferrero le mentionnait ainsi, en 1924 (dans la fameuse période 1919-1933), dans son Dialogue aux sourds:

    «C’est le culte du Feu, du vieux Dieu Agni, qui renaît, déguisé, dans le rationalisme dominant de plus en plus toutes les formes de l’activité humaine; la grande industrie, les machines de métal mues par la vapeur ou l’électricité; la civilisation quantitative, à grande production, qui remplace les anciennes civilisations qualitatives.»

    Mais l’hypothèse va plus loin, ou plus haut. L'idée de cette “deuxième civilisation” ainsi détaillée nimbe toute l’approche du thème ainsi choisi. Elle concerne l’Histoire dans le sens le plus haut qu’on peut donner au mot. C’est l’essentiel du propos et je ne sais encore sous quelle forme il sera précisé, et comment l’esprit en sera présenté; il formera une part importante du point de vue du sens fondamental de l’ouvrage, dans sa conclusion. C’est le mystère, ou le Mystère on verra, de La grâce de l’Histoire qui n’est pas encore achevée, à l’heure et au jour où ces lignes paraissent.

    Je m’adresse aux lecteurs de defensa.org, qui savent certes dans quelles conditions ce livre est lancé et qui souscrivent à l’esprit de ce projet. Ils ont un rôle à jouer, directement et même indirectement, en y souscrivant et en répandant le bruit de sa publication. Nous ne comptons pas trop sur les ci-devant, encore sur le devant de la scène, faisant fonction de critiques officiels de genre de la littérature historique, pour s’emparer de la chose. Ils ont d’autres chats à caresser dans le sens du poil.

     

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  • Place au philosophe-voyou !

    Les frères Saint-Vincent, fondateurs d'un réseau de clubs dédiés à l'apprentissage des techniques de combat rapproché, ont théorisé la figure du philosophe-voyou qui "réconcilie l'être de l'homme à travers le muscle et la pensée". Ils ont développé leurs idées dans le manifeste du philosophe voyou, publié aux éditions l'Harmattan en 2007.

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    "Ce texte s'origine dans le désir de rendre la philosophie populaire. Populaire parce qu'elle touche à de vraies questions. L'amour, la mort, le désir, le politique, l'éducation, le sexe. Ou le suicide. Et non à des interrogations pour spécialistes, luxueuses, spécieuses, universitaires. Populaire aussi parce qu'il s'agit de «mettre la philosophie dans la rue», selon l'expression des auteurs. Pas la rue des politiciens. Mais celle de ceux qui y vivent, qui y sont, tous les jours, à toutes heures ; la rue de cette population urbaine condamnée à oeuvrer pour sauver sa peau, à besogner pour se procurer une âme. La rue du malfrat.

    D'où la création d'une nouvelle figure, opposée à ce nihilisme pérenne et chronique. Celle du philosophe-voyou. Figure de l'oxymore, capable seule d'obvier à cette situation.

    Alliage entre deux figures de l'opposition : le philosophe pour l'abstrait, et le voyou pour le sensible. Synthèse soumettant la thèse suivante aux lecteurs : le mal n'est pas mauvais, il permet même d'atteindre la vertu.

    Afin de projeter ces concepts sur la scène humaine, il fallait donc une forme sanguine, du premier degré. Un style polémique et sincère. De l'attaque et de l'offense. Il fallait un pamphlet. Pour introduire ainsi le combat en philosophie en même temps que la philosophie dans le monde de la cogne.

    Voici le philosophe-voyou - disciple renégat de Michel Onfray et de l'hédonisme - qui vous propose un art de vivre le quotidien dans le plaisir et la souffrance, pour le meilleur et pour le pire."
     
     

    On peut retrouver les frères Saint-Vincent sur le blog  du philosophe-voyou. On peut y lire, notamment, quelques maximes intempestives :
     "

    Etre “philosophe-voyou”, c’est concevoir le monde d’une manière unique : le sang abreuvant les neurones.

     Le cerveau comme muscle. La sueur comme vapeur de l’esprit.

     

                                                                ***

     

    Pour être « philosophe » et « voyou » tout ensemble, il te suffit d’agir d’après tes pensées et de penser suivant tes actes. 

     

                                                               ***

    Quant tu as donné trop de temps aux livres et que ton corps t’insulte, brûles-en quelques uns. Surtout ceux que tu prises par-dessus tout.

     

                                                                ***

     

    Suis chacun de ces préceptes comme les aiguilles d’une boussole. Car le monde n’est qu’un lieu sans repères. Une forêt de la Raison, remplie de chemins qui ne mènent nulle part.

     

                                                                ***

    Les ancêtres du philosophe-voyou : Xénophon et Diogène de Sinope, Démocrite et Sénèque, Lucrèce et Chrysippe, Néron et Al Capone, Antisthène et Arsène Lupin.

     

                                                                 ***

     

    Le père du philosophe-voyou : le Socrate de Potidée. Spadassin, l´épée à la main.

    Le Socrate qui tranchait des gorges.

     

                                                                 ***

     

    La philosophie-voyou : c’est l’hédonisme onfrayien, plus  la violence et le sang.

     

                                                                 ***

     

    Fight Club, The Godfather, Heat, Collatéral, autant de manuels modernes pour apprendre à vivre. Avant on échangeait avec Socrate au coin de la rue. Maintenant, on écoute le celluloïd.  Pédagogie de masse pour le philosophe-voyou.

     

                                                                 

     

     

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  • Jacques Laurent le magnifique !

    Les éditions Pardès publient dans leur collection Qui suis-je une biographie de Jacques Laurent, l'auteur des Corps tranquilles et du Petit canard, sous la plume de Gérard Chauvancy.

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    "Jacques Laurent (1919-2000): "C'est en dehors de la politique que l'esprit de liberté subsiste, c'est dans l'art. L'art n'a pas à en être plus fier pour ça. C'est un fait qu'il a besoin pour durer de cette équivoque où le devoir n'est pas tracé. Par là, il entretient sans le vouloir l'esprit de libre examen." Critique littéraire, journaliste, essayiste, Jacques Laurent fut également un pamphlétaire redouté. Auteur de best-sellers sous le pseudonyme de Cecil Saint-Laurent, il fut aussi lauréat du Goncourt, membre de l'Académie française, pasticheur encore, historien, reporter de guerre , directeur et fondateur de revues. Jacques Laurent a été un des hommes les plus en vue de son temps. Faisant la couverture des magazines des années cinquante, académicien respecté à la fin de sa vie, il fut traqué par la police au temps de l'OAS. Défenseur du désengagement politique en littérature, il a été vilipendé par la gauche, prompte à dénoncer son "fascisme" supposé. Bien qu'adversaire des écoles et des catéchismes politiques, religieux ou littéraires, on a voulu faire de lui le maître à penser des "Hussards". Brûlant son existence par les deux bouts, multipliant ses succès féminins, roulant en Buick avec chauffeur, écumant les palaces des côtes méditerranéennes et les bars de Saint-Germain-des-Prés au temps de sa gloire, il mit fin à ses jours dans l'absolu dénuement d'une chambre de bonne parisienne. Jacques Laurent sort des cadres et des sentiers battus. La profusion de son oeuvre donne le vertige. Que ce soit en littérature ou dans les combats, elle se démarque par une liberté de ton et une intelligence percutantes. Ce "Qui suis-je ?" Jacques Laurent s'attache à restituer l'essentiel de la leçon de liberté et d'intelligence laurentienne en éclairant les faces les plus marquantes de la vie de l'homme et de son oeuvre. "(...) une intelligente biographie (...)." (Dominique Venner, La Nouvelle Revue d'Histoire.) - "Jacques Laurent et son double Cecil Saint-Laurent (1919-2000) sont aujourd'hui au purgatoire (...). La monographie que leur consacre Raphaël Chauvancy dans la collection 'Qui suis-je?' devrait contribuer à les en sortir. Rarement, en aussi peu de pages, aura-t-on réussi à cerner d'aussi près une personnalité aussi complexe et aussi riche que celle de Jacques Laurent-Cély (le vrai nom patronymique de Jacques et de Cecil) et une oeuvre aussi protéiforme que la sienne. (...) une introduction captivante à une oeuvre foisonnante et inégale, nourrie par la passion de la liberté et par un attachement charnel, quasi érotique, à la civilisation française et à sa langue, considérées comme créations continues (...)." (Michel Marmin, Éléments.) - "Quelle gageure de parler de Jacques Laurent, écrivain si divers, si prodigieusement fécond, en un très petit nombre de lignes! (...). Dix ans maintenant que Jacques Laurent est parti. Il fallait marquer le coup. Merci donc à Raphaël Chauvancy de nous avoir donné envie de le redécouvrir." (Michel Toda, La Nef.) "
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  • Le premier sexe !

    A signaler la parution en livre de poche, chez J'ai lu, du petit essai incisif d'Eric Zemmour, Le premier sexe. Un bon complément à Vers la féminisation d'Alain Soral.

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    "Après des décennies de féminisme forcené, que reste-t-il de l'homme ? Il n'a pas disparu, non, il s'est métamorphosé. En femme. L'homme d'aujourd'hui s'épile et pouponne. Il est fidèle, sentimental, consommateur. Oublié, le macho viril, honni le Casanova à la mâle séduction, le " premier sexe " n'existe plus que de nom. Comment cela est-il arrivé ? Dépoussiérant les vieux débats, pointant du doigt les faiblesses de notre société, Éric Zemmour démontre que les hommes ont une place à reconquérir. "
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  • Crise ou coup d'état ?

    Michel Drac publie aux éditions Le retour au source  une analyse de la crise percutante et résolument hétérodoxe s'appuyant sur de nombreux documents tirés de la presse économique.

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    "La crise qui a éclaté avec l’implosion de la bulle des subprimes n’est pas survenue par hasard. Elle a été préparée par une longue séquence d’évènements, de l’abolition de la convertibilité-or du dollar en 1971 à l’explosion de la masse monétaire entre 2002 et 2007.
     

    En s’appuyant sur de très nombreux graphiques qui rendent son travail facile d’abord même pour des non spécialistes,  l’auteur démontre que cette crise s’insère complètement dans la dynamique contemporaine du capitalisme mondialisé. Mieux encore : il explique pourquoi il est très probable, presque certain même, qu’elle a été dans une large mesure voulue.

    En réalité, c’est un coup d’Etat.

    Des gens, peu nombreux mais très puissants, sont en train de voler la terre à l’humanité."

     

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  • Underworld USA ...

    "Le roman noir est par excellence le roman américain du XXe siècle et du XXIe balbutiant, dans la mesure où il tente de saisir ce qui les caractèrise : le secret (le sale petit secret des autres, le secret qui est désormais l'essence même du pouvoir depuis 1789...) où se reflète le pessimisme contemporain. L'Amérique s'est réveillée le 11 septembre 2001 en proie à ses démons intérieurs lâchés sur le monde et sur elle-même depuis le meurtre des frères Kennedy. Aujourd'hui, en proie aux conspirations, elle est devenue l'Amerika que décrypte James Ellroy, dont l'oeuvre romanesque, historique et morale est à la mesure de l'univers paranoïde qu'il tente d'explorer et d'exorciser."

    Jean-Pierre Deloux (entretien publié dans le numéro 123 de la revue Eléments, hiver 2007-2008)

     

    Après American Tabloïd et American Death Trip, les éditions Rivages publient début janvier, Undeworld USA, le dernier volet de la trilogie de James Ellroy consacrée à la face sombre de l'histoire des Etats-Unis au cours des années 60.

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    "24 février 1964, 7h16 du matin à Los Angeles. Attaque d'un fourgon blindé de la Wells Fargo. Quatre convoyeurs abattus, trois braqueurs morts ; le quatrième a pris la fuite en emportant seize sacs de billets et quatorze mallettes remplies d'émeraudes.

    C'est sur ce braquage, disséqué avec une maestria éblouissante, que s'ouvre Underworld USA, dernier volet de la trilogie commencée avec American Tabloid. Le narrateur reste dans l'ombre ; il a "suivi des gens, posé des micros et mis des téléphones sur écoute". Il nous prévient que le livre est fondé sur "des documents publics détournés, des journaux intimes dérobés, la somme de mon expérience personnelle et quarante années d'études approfondies".

    Le récit lui-même peut commencer, suite directe d'American Death Trip. Eté 1968 : Martin Luther King et Robert Kennedy ont été les victimes de conspirations meurtrières. La Convention démocrate de Chicago est sabotée par des spécialistes en coups fourrés. Howard Hughes s'est fait escroquer dans le rachat des casinos de Las Vegas par la mafia. Les militants noirs se préparent à l'insurrection dans les quariters sud de Los Angeles, et le FBI, toujours sous la houlette de J. Edgar Hoover, utilise tous les moyens pour les détruire. A la croisée de ces événements, le destin a placé trois hommes : Dwight Holly, l'exécuteur des basses oeuvres de Hoover, Wayne Tedrow, ancien flic et trafiquant d'héroïne, et Don Crutchfield, jeune détective obsédé par les femmes. Dwight, Wayne, Don : leurs vies s'entrechoquent sur la piste de Joan Rosen Klein, la "Déesse rouge", et chacun d'eux paiera "un tribut élevé et cruel à l'Histoire en marche".

    En 131 chapitres et cinq parties au titre aussi évocateur que provocateur, ce roman noir et politique reconstruit les années les plus tourmentées de l'Amérique du XXe siècle, avec une largeur de vision et une profondeur stupéfiantes. Underworld USA est la flamboyante conclusion de la trilogie qui a placé James Ellroy au rang des "plus grands écrivains américains d'aujourd'hui", selon le Los Angeles Times Book Review."

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