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  • Fin du monde ou fin d'un monde ?...

    Le nouveau numéro de la revue Éléments (n°175, décembre 2018 - janvier 2019) est en kiosque !

    A côté du dossier consacré à la collapsologie, on retrouvera l'éditorial d'Alain de Benoist, les rubriques «Cartouches», «Le combat des idées» et «Panorama» , un choix d'articles variés, des entretiens, notamment avec Stephan Carbonnaux, Jérôme Fourquet et Jérôme Sainte-Marie, les chroniques de Xavier Eman, d'Hervé Juvin, d'Olivier François, de Ludovic Maubreuil, de Fabien Niezgoda, de Laurent Schang, d'Yves Christen et de Slobodan Despot et l'anti-manuel de philosophie de Jean-François Gautier...

    Bonne lecture !

    Vous pouvez commander ce numéro ou vous abonner sur le site de la revue : http://www.revue-elements.com.

     

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    Éditorial           

    Mauvaise conscience, par Alain de Benoist

    Agenda, actualités

    L’entretien

    Stephan Carbonnaux. Pour une école de la diplomatie écologique à la française, propos recueillis par Pascal Esseyric

    Cartouches

    Le regard d’Olivier François : Un diable à visage mesquin

    Une fin du monde sans importance, par Xavier Eman

    Le carnet géopolitique d’Hervé Juvin : Utile, respecté, entendu, ou  le retour du politique

    Un peuple et son roi : trop grande révolution , par Ludovic Maubreuil

    Un miracle grec, par Armand Grabois

    Champs de bataille : Solférino. une bataille, deux villages, trois couronnes, par Laurent Schang

    Arto Paasilinna, un fieffé païen, par Anne-Laure Blanc

    Jérémiades, par Pascal Esseyric

    Bestiaires : L'instinct maternel, ce n'est pas du caca. Quoique..., par Yves Christen

    Sciences

    Le combat des idées

    Pourquoi Mélenchon bute sur la question migratoire, l'analyse de Jérôme Fourquet et Jérôme Sainte-Marie

    Populisme : Jean-Claude Michéa persiste et signe, par Thomas Hennetier

    Sahra Wagenknecht, la gauche allemande au défi de l’immigration, par Benedikt Kaiser

    Aux sources de l'Iliade avec Philippe Conrad, propos recueillis par Pascal Esseyric

    En son pays, en sa race. Bâtir, habiter, penser en poète avec Rémi Soulié, par François Bousquet

    Races et antiracismes, critique d'un discours schizophrène, par Alain de Benoist

    Universités sous influence, par Guillaume Travers

    Contre l'éternel retour de Lyssenko, par Pascal Esseyric

    Une histoire mouvementée du rock identitaire français, par Xavier Eman

    La sociologie du hardeur de Lounès Darbois, pour ou contre ?, par Xavier Eman et David L’Épée

    Anarcho-primitivistes fin-de-siècle : les naturiens contre le progrès, par Olivier François

    Relire Walter Scott, un héros de l’Europe romantique, par Fabien Niezgoda

    Saint-Exupéry, le voltigeur foudroyé, par Christophe A. Maxime

    La maison rouge de Malaparte, par Laurent Schang

    Dossier

    Collapsologie

    La fin du monde, une histoire sans fin : impolitique de la catastrophe, par François Bousquet

    Apocalypse now : Quelle alternative à l’économie du désastre ?, par Jean de Juganville

    Déclin de l’Occident : les 100 ans du maître-ouvrage de Spengler, par David Engels

    Halte à la croissance ! L’étrange destin du rapport Meadows, par Eric Maulin

    Là où finissent les étoiles : Isaac Asimov et l’effondrement de la galaxie, par Fabien Niezgoda

    Paul Virilio, guetteur d’apocalypse : l’accélération du monde, par Pierre Le Vigan

    Panorama

    L’œil de Slobodan Despot

    De l'importance de soigner sa barbe, par Slobodan Despot

    Philo : Éprouver l'injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?, par Jean-François Gautier

    L’esprit des lieux : La Hütte de Todtnauberg, par Rémi Soulié

    C’était dans Éléments : Jean Anouilh contre la télévision

    Éphémérides

     

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  • « Le citoyen est autant fils de la patrie que de la nation »...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Vincent Coussedière, cueilli sur Figaro Vox et consacré à la question des relations entre patriotisme, nationalisme et populisme. Professeur de philosophie et essayiste, Vincent Coussedière a notamment publié Eloge du populisme (Elya, 2012), Le retour du peuple - An I (Cerf, 2016) et Fin de partie - Requiem pour l'élection présidentielle (Pierre-Guillaume de Roux, 2017).

     

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    « Le citoyen est autant fils de la patrie que de la nation »

    L'assurance d'Emmanuel Macron, affirmant que le patriotisme est l'exact contraire du nationalisme, ce dernier en constituant la trahison, mérite pour le moins d'être interrogée, de même que l'assimilation récurrente qu'il a l'habitude d'opérer entre nationalisme et populisme. Il ne s'agit pas ici de réhabiliter le «nationalisme» ou le «populisme» contre le «patriotisme», mais de douter de l'évidence objective sur laquelle reposeraient ces oppositions et distinctions, qui s'entourent trop souvent d'une justification «scientifique» prétendument tirée de la connaissance historique.

    Commençons par le nationalisme, auquel on réserve l'effet péjoratif produit par l'utilisation du «isme» dont on préserve au contraire le patriotisme. Remarquons le bénéfice de l'opération - dont Emmanuel Macron n'est bien évidemment pas l'inventeur, mais qu'il hérite d'une longue tradition - qui est de faire rejaillir sur tout amour ou attachement profond et existentiel à la nation le soupçon d'extrémisme et de fanatisme. L'opprobre jeté sur le «nationalisme» devient un opprobre jeté sur la nation. En opposant à cet amour réputé irrationnel de la nation que constituerait le «nationalisme», le «patriotisme», qui seul serait rationnel, Macron se place sous la protection de son maître Habermas et plus largement de toute la pensée «européiste». En effet l'Europe des «pères fondateurs» s'est construite sur une conception rendant la nation coupable d'engendrer d'elle-même le nationalisme. Reprenant l'opération communiste du «transfert d'exécration» noté par Jules Monnerot, qui passe du nazisme et du racisme au fascisme en général, puis de celui-ci de manière encore plus extensive au «nationalisme», les «pères fondateurs» firent de la nation et du nationalisme les responsables des deux grandes guerres mondiales, faisant ainsi oublier que les deux grands totalitarismes ne firent pas fond sur la nation mais sur la race et sur la classe.

    Opposé à ces extrêmes, le patriotisme européen se voulut un rapport contractuel et libre à la communauté politique, dans laquelle chacun pourrait désormais entrer et sortir, rapport opposé à toute relation d' «appartenance», réputée opprimer la liberté de l'individu et ouvrir ainsi la voie à d'inutiles sacrifices. Le «patriotisme constitutionnel» d'Habermas fut la formule brillante résumant cette entreprise.

    Pourtant cette opposition entre nationalisme belliqueux et patriotisme pacificateur pose de nombreux problèmes. Le premier est historique: ni l'hitlérisme ni le stalinisme, principaux acteurs de la seconde guerre mondiale, ne furent des «nationalismes», mais des racialismes et des «classismes» (réduisant les peuples à la race ou à la classe). On objectera que pour la première guerre mondiale la responsabilité du nationalisme est engagée, mais c'est parce qu'on a préalablement fait de l'impérialisme une composante essentielle du nationalisme, pensé comme un amour de la nation impliquant la haine des autres nations et la volonté de les soumettre. Or comme le faisait remarquer avec humour Alfred Fouillée: aimer sa propre femme n'implique pas de haïr celle des autres ni de la violer.

    En réalité, cette opposition entre «nationalisme» et «patriotisme» est assez arbitraire. Historiquement l'usage confond l'appartenance à la mère patrie et l'appartenance à la nation. Il semble donc difficile de faire du patriotisme et du nationalisme d'exacts contraires alors qu'ils renvoient aux termes de patrie et de nation qui sont si proches. De Gaulle en avait eu l'intuition, qui ne renonçait pas au terme de nation en faisant de son mouvement celui des «nationaux» qu'il distinguait de celui des «nationalistes».

    Il semble qu'une piste pourrait être explorée qui fasse sortir d'une opposition qui profite à ceux qui aimeraient bien enterrer les nations avec le nationalisme. Cette piste qui nous est indiquée par l'étymologie latine, consisterait à ne pas opposer la nation et la patrie comme des contraires, mais à les penser dans leur complémentarité. Patrie renvoie à «pater» c'est-à-dire à la terre des pères. Nation vient de «naissance» et renvoie ainsi plus directement que patrie à une origine maternelle. La nation c'est une origine qui place en situation de passivité et de dépendance, la nation c'est ce que je reçois et qui m'alimente avant toute liberté et toute autonomie, mais qui est en même temps la condition de la liberté et de l'autonomie. La patrie c'est ce qui vient m'affilier à une communauté politique, c'est ce qui vient me reconnaître par le nom du père dans un état civil et préparer ma liberté de citoyen à travers mon appartenance à l'État.

    Loin que la nation et le nationalisme soient d'exacts contraires de la patrie et du patriotisme, il faudrait plutôt penser aujourd'hui leur complémentarité et leur articulation. Le citoyen est fils de la nation et de la patrie et, associé aux autres citoyens, qui sont ses frères, il forme ainsi un peuple politique.

    Ceci nous amène au troisième terme d'une confusion entretenue: le «populisme».

    Le populisme est la protestation d'un peuple politique qui ne veut pas choisir entre sa mère et son père, entre la nation et la patrie, entre l'appartenance et la citoyenneté, mais qui a compris qu'il avait besoin des deux pour se constituer en peuple politique. Le populisme est le refus opposé par un peuple politique au divorce qu'on lui propose entre nation et patrie, héritage et liberté, conservatisme et progrès, communauté et république, nationalité et citoyenneté, démos et démocratie.

    Le populisme ne doit pas être confondu avec de simples mouvements politiques et partisans, il est beaucoup plus profondément «populisme du peuple», c'est-à-dire refus des vieux peuples politiques européens de disparaître. Le message que ces peuples adressent aux politiques, totalement incompris de Macron, est le suivant: cessez d'opposer la nation et la patrie, la nation et la république, l'institution d'un peuple et sa constitution.

    Être un «national», un «patriote» et un «populiste», peut être aujourd'hui une seule et même chose, en refusant d'opposer l'attachement charnel à la nation à l'attachement rationnel aux institutions, en comprenant au contraire leur complémentarité dans l'existence d'un peuple politique dont on veut poursuivre l'aventure.

    Vincent Coussedière (Figaro Vox, 15 novembre 2018)

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