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<title>Métapo infos - economie</title>
<description>Actualité du combat culturel et métapolitique</description>
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<lastBuildDate>Tue, 07 Jul 2026 14:01:11 +0200</lastBuildDate>
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<title>USA : Le privé a capturé le profit, le public avait pris le risque...</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Zed)</author>
<category>Economie</category>
<category>Points de vue</category>
<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Nous reproduisons ci-dessous un point de vue du site &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;https://souveraine.tech/&quot;&gt;Souveraine Tech&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; consacré à l'interventionnisme économique américain...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6687519&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/media/02/00/419441595.jpg&quot; alt=&quot;Interventionnisme économique_Etats-unis.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;elementor-element elementor-element-bbf907f elementor-widget elementor-widget-theme-post-title elementor-page-title elementor-widget-heading&quot; data-id=&quot;bbf907f&quot; data-element_type=&quot;widget&quot; data-e-type=&quot;widget&quot; data-widget_type=&quot;theme-post-title.default&quot;&gt;&lt;div class=&quot;elementor-widget-container&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p class=&quot;elementor-heading-title elementor-size-default&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;USA : Le privé a capturé le profit, le public avait pris le risque&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;elementor-element elementor-element-2058487 elementor-widget elementor-widget-theme-post-content&quot; data-id=&quot;2058487&quot; data-element_type=&quot;widget&quot; data-e-type=&quot;widget&quot; data-widget_type=&quot;theme-post-content.default&quot;&gt;&lt;div class=&quot;elementor-widget-container&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il existe un paradoxe que l'on évite soigneusement dans les débats européens sur la politique industrielle : les États-Unis, apôtres déclarés du capitalisme de marché, pratiquent depuis des décennies l'un des interventionnismes économiques les plus massifs du monde. Sauf qu'ils ne l'appellent pas ainsi. Et l'Europe, fascinée par le discours, a longtemps ignoré la réalité. Mais la leçon américaine que certains nous invitent à tirer de ce constat mérite d'être regardée de plus près. Car elle n'est pas celle que l'on croit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le &quot;hidden developmental state&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Des chercheurs en économie politique ont forgé un concept pour désigner ce phénomène : le &quot;hidden developmental state&quot;, l'État développeur caché. Derrière le discours libéral américain se cache une réalité tout autre, celle d'un État fédéral qui finance, oriente et structure l'innovation technologique à une échelle sans équivalent dans le monde occidental.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce n'est pas une théorie du complot. C'est de l'histoire économique documentée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce concept est dû à l'économiste et sociologue Fred Block, qui l'a formalisé dans un article fondateur de 2008, &quot;Swimming Against the Current : The Rise of a Hidden Developmental State in the United States&quot; (Politics &amp;amp; Society, vol. 36, n°2). Block y montre que l'État fédéral américain a construit, derrière le paravent de la défense nationale, un appareil d'intervention économique comparable dans ses effets à celui du Japon ou de la Corée du Sud.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les acronymes qui ont changé le monde&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Pour comprendre le rôle de l'État américain dans la technologie, il faut connaître quelques institutions clés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;DARPA, la Defense Advanced Research Projects Agency, a été créée en 1958 après le choc du lancement de Spoutnik. C'est elle qui a financé ARPANET, le réseau qui a donné naissance à Internet. C'est elle qui a développé le GPS. C'est elle qui a financé les premières recherches sur les interfaces tactiles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La NASA, au-delà de la conquête spatiale, a structuré des filières industrielles entières : matériaux composites, miniaturisation électronique, logiciels embarqués. Des technologies nées pour envoyer des hommes sur la Lune se retrouvent aujourd'hui dans nos smartphones.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Les NIH, les Instituts nationaux de la santé, financent l'essentiel de la recherche biomédicale fondamentale américaine. Lorsque Moderna a développé son vaccin à ARN messager contre la Covid-19 en un temps record, c'est sur des décennies de recherche publique qu'elle s'est appuyée. Le privé a capturé le profit ; le public avait pris le risque.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le Department of Defense mérite sans doute une mention particulière. Premier acheteur technologique du monde, il entretient avec certaines entreprises des relations qui ressemblent moins à des contrats qu'à des rentes. Palantir en offre l'illustration la plus saisissante : en 2023, plus de 55 % de son chiffre d'affaires provenait de contrats gouvernementaux américains, principalement militaires et de renseignement. La société a décroché en 2022 un contrat de 823 millions de dollars avec l'armée américaine pour son système TITAN de ciblage sur le champ de bataille. Son modèle économique n'est pas celui d'une startup technologique : c'est celui d'un prestataire d'État qui se finance sur fonds publics avant de valoriser ses capacités sur les marchés privés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Elon Musk illustre le même paradoxe à plus grande échelle encore. SpaceX a reçu, depuis sa fondation, plus de 15 milliards de dollars de contrats fédéraux, dont une part substantielle de la NASA et du Pentagone. Tesla a bénéficié de milliards en crédits d'impôt fédéraux et subventions d'État. L'entrepreneur qui prétend aujourd'hui défaire l'État fédéral a construit sa fortune sur lui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un modèle national, pas supranational&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Cette réalité a été théorisée de son côté par l'économiste italienne Mariana Mazzucato dans &lt;em&gt;The Entrepreneurial State&lt;/em&gt; (Anthem Press, 2013, traduit en français sous le titre &lt;em&gt;L'État entrepreneur&lt;/em&gt;, Fayard, 2020). Sa thèse complète celle de Block : l'État américain ne se contente pas de camoufler son interventionnisme, il en est le moteur premier, prenant en charge les risques de l'innovation que le secteur privé refuse d'assumer seul. La différence entre les deux lectures est précise : Block explique pourquoi ce rôle reste invisible ; Mazzucato argumente pourquoi il devrait être revendiqué.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C'est ici que la leçon américaine devient inconfortable pour ceux qui voudraient l'enrôler un peu trop rapidement au service de l'intégration européenne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le Pentagone est un acheteur national. La DARPA répond à l'intérêt national américain. Le CHIPS Act est une loi du Congrès américain, votée pour protéger la base industrielle américaine, avec des clauses *Buy American* explicites. Ce modèle n'est pas celui d'un marché intégré supranational entre États souverains qui auraient mis en commun leurs instruments : c'est celui d'un État unitaire qui mobilise librement sa puissance budgétaire au service de ses propres priorités stratégiques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;L'analogie correcte pour la France n'est donc pas &quot;construisons ensemble une DARPA européenne&quot;. C'est une question plus simple et plus exigeante : pourquoi la France ne fait-elle pas, seule, ce que les Américains font seuls ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La réponse est connue. Pas par manque de volonté exclusive, mais parce que le cadre juridique européen l'en empêche structurellement. L'article 107 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne interdit les aides d'État susceptibles de fausser la concurrence. La directive sur les marchés publics impose l'ouverture à la concurrence européenne, y compris pour des contrats à dimension stratégique. Le règlement sur les concentrations a bloqué la fusion Alstom-Siemens au nom de la concurrence intra-européenne, au moment précis où Pékin consolidait son champion ferroviaire national. Ce sont ces règles qui ont désarmé les États membres, pas leur incapacité à coopérer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le tournant américain de 2022 : une leçon que Bruxelles refuse d'entendre&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Depuis 2022, les États-Unis ont abandonné toute ambiguïté. Le CHIPS Act alloue 52 milliards de dollars en subventions directes pour relocaliser la fabrication de puces sur le sol américain. L'Inflation Reduction Act consacre 369 milliards de dollars à la transition énergétique avec des clauses de préférence nationale explicites. Le projet Stargate engage 500 milliards de dollars dans l'intelligence artificielle avec une implication directe du gouvernement fédéral.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ces lois violent frontalement les principes que l'Union européenne impose à ses propres membres. Un État membre de l'UE qui tenterait l'équivalent se verrait immédiatement notifié par la Commission pour aide d'État illégale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;L'Europe n'est donc pas en retard parce qu'elle n'a pas su se coordonner. Elle est en retard parce qu'elle a volontairement désarmé ses États au nom d'une doctrine concurrentielle qui n'a jamais été partagée par ses principaux compétiteurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ce que cela exige&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La vraie leçon américaine n'est pas un appel à davantage d'intégration européenne. C'est un rappel de ce que signifie la souveraineté technologique lorsqu'elle est prise au sérieux : la capacité d'un État à orienter ses commandes, à protéger ses filières, à financer ses risques, sans avoir à en demander l'autorisation à une instance supérieure.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Cette capacité, la France et les autres États membres de l'Union l'ont partiellement cédée. La récupérer ne passe pas par la construction d'une &quot;souveraineté européenne&quot;, formule commode qui ne désigne le plus souvent qu'un transfert supplémentaire de compétences vers des institutions qui ont fait de la neutralité concurrentielle leur raison d'être.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle passe par une révision en profondeur du cadre juridique européen : révision du régime des aides d'État pour autoriser explicitement les commandes publiques stratégiques, clause de sauvegarde technologique dans les marchés publics, reconnaissance du concept d'infrastructure critique nationale soustrait aux règles de concurrence ordinaires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce sont des réformes que des États souverains peuvent exiger. C'est une tout autre ambition que de se lamenter de la fragmentation européenne comme si elle était une fatalité naturelle plutôt que le résultat de choix juridiques erronés et précis, effectués à des moments précis, par des hommes qui croyaient sincèrement, ou prétendaient croire, que le marché suffirait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Cela n'a pas suffi, hélas.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Souveraine tech&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Souveraine tech&lt;/em&gt;, 25 juin 2026)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Guerre en Iran : la crise économique qui vient...</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Zed)</author>
<category>Economie</category>
<category>Multimédia</category>
<category>Points de vue</category>
<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 10:00:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par l'économiste &lt;strong&gt;Jacques Sapir&lt;/strong&gt; à &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/@omertamediaoff&quot;&gt;&lt;em&gt;Omerta&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; à propos des conséquences économiques de la guerre contre l’Iran. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;iframe width=&quot;373&quot; height=&quot;210&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/3DVam7H5CrY?si=jNMauHygxVKg_FDZ&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; referrerpolicy=&quot;strict-origin-when-cross-origin&quot; allowfullscreen=&quot;allowfullscreen&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Innovation et destruction créatrice, l'essence du capitalisme...</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Zed)</author>
<category>Economie</category>
<category>Multimédia</category>
<category>Points de vue</category>
<pubDate>Thu, 21 Nov 2024 10:00:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Dans cette nouvelle vidéo, &lt;strong&gt;Ego Non&lt;/strong&gt; nous fait découvrir l’œuvre de l'économiste hétérodoxe austro-hongrois &lt;strong&gt;Joseph Schumpeter&lt;/strong&gt;, qui a identifié le principe de la destruction créatrice comme moteur du capitalisme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;iframe width=&quot;373&quot; height=&quot;210&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/VVQUpu6kyKg?si=m170kOgmMkGC8i6-&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; referrerpolicy=&quot;strict-origin-when-cross-origin&quot; allowfullscreen=&quot;allowfullscreen&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La France au bord de l'abîme...</title>
<link>http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2024/03/04/la-france-au-bord-de-l-abime-6488205.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Zed)</author>
<category>Economie</category>
<category>Livres</category>
<pubDate>Fri, 08 Mar 2024 16:00:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Les éditions L'Artilleur viennent de publier un essai de &lt;strong&gt;André-Victor Robert&lt;/strong&gt; intitulé &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La France au bord de l'abîme&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. De formation scientifique, André-Victor Robert est économiste.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6516539&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/media/01/02/2180612087.jpg&quot; alt=&quot;Robert_La France au bord de l'abîme.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&quot; Ce livre décrit l’état de la France à la fin de l’année 2023, en matière économique et démographique. Il appuie le diagnostic non pas sur des impressions d’observation personnelle, mais sur les statistiques issues des instituts officiels et sur les travaux académiques disponibles les plus récents. Les statistiques présentées dans cet ouvrage sont toutes disponibles en ligne, sur les sites Internet de l’Insee, de l’Ined, d’Eurostat, de l’OCDE et des principaux instituts de statistiques des pays européens. Les liens pour y accéder sont tous présentés.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Pour donner une vraie signification aux chiffres, l’auteur présente par ailleurs les évolutions temporelles des grandeurs considérées et des comparaisons avec les autres pays développés. Le lecteur peut ainsi mieux évaluer la situation particulière de la France.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le bilan qui se dégage de cet examen d’ensemble est très sombre et l’urgence de mettre en oeuvre des changements radicaux apparaît dans toute sa crudité. &quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
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<title>Guerre en Ukraine : l'irrésistible basculement du monde...</title>
<link>http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2022/11/05/guerre-en-ukraine-l-irresistible-basculement-du-monde-6410152.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Zed)</author>
<category>Economie</category>
<category>Entretiens</category>
<category>Géopolitique</category>
<pubDate>Sat, 05 Nov 2022 10:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le 31 octobre 2022, &lt;strong&gt;Olivier Pichon&lt;/strong&gt;, avec&lt;strong&gt; Pierre Bergerault&lt;/strong&gt;, recevait sur &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.tvlibertes.com/&quot;&gt;TV libertés&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, dans l'émission &lt;em&gt;Politique &amp;amp; Eco&lt;/em&gt;, &lt;strong&gt;Jacques Sapir&lt;/strong&gt;, pour évoquer le basculement du monde provoqué par la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales prises contre la Russie. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Économiste hétérodoxe, directeur d’études à l’EHESS, expert de l’économie russe, Jacques Sapir a publié de nombreux essais comme &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La fin de l'euro-libéralisme&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (Seuil, 2006), &lt;a href=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2011/04/10/la-demondialisation.html&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La démondialisation&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (Seuil, 2011) ou &lt;a href=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2016/01/18/la-question-de-la-souverainete-5746726.html&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Souveraineté - Démocratie - Laïcité&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (Michalon, 2016).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;iframe width=&quot;373&quot; height=&quot;210&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/ZbV0pq9_JMc&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen=&quot;allowfullscreen&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;style-scope yt-formatted-string&quot; dir=&quot;auto&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&quot; Nous assistons, en dépit des apparences, à l’affaiblissement continu des États-Unis et de leurs alliés. Ce processus prend la forme d’une &quot;désoccidentalisation&quot; du monde qui va de pair avec la démondialisation, avec l’émergence des BRICS et de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Mais il faut aussi comparer la part dans le PIB mondial (calculé en parité de pouvoir d’achat) du G-7 et celle des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Aujourd’hui, ce groupe de pays, qui est en passe de s’élargir avec de nouveaux candidats comme l’Algérie, l’Argentine, le Nigeria, le Kenya, l’Indonésie et la Turquie, apparaît comme un bloc refusant les sanctions décidées par les États-Unis et l’UE. Il est donc clair que le processus de démondialisation est aujourd’hui engagé de manière irréversible. Dans ce contexte, quelle est la taille réelle de l’économie de la Russie ? Par la méthode de la parité de pouvoir d’achat, l’économie russe devient alors à peu près équivalente à celle de l’Allemagne. Et compte tenu de la dépendance, que ce soit celle de l’UE ou plus globalement des marchés mondiaux, aux exportations russes, l’impact sur le reste du monde des sanctions sera quant à lui très fort. C’est l’une des formes les plus évidentes de &quot;l’effet boomerang&quot;. Enfin, le rouble s’est apprécié d’environ un tiers et les pays des BRICS réfléchissent sur la constitution d’un fonds monétaire qui leur est propre. Le gel des avoirs de la Banque centrale de Russie a eu pour conséquence d’inquiéter les autres membres du FMI qui songent sérieusement à le quitter pour ne pas tomber sous le coup des mêmes mesures : effet boomerang toujours et encore. &quot;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
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<title>La déterritorialisation des terres : un changement civilisationnel...</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Zed)</author>
<category>Economie</category>
<category>Points de vue</category>
<pubDate>Wed, 12 Oct 2022 10:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Nous reproduisons ci-dessous un point de vue consacré à la « déterritorialisation des terres » , cueilli sur le site &lt;a href=&quot;https://www.champscommuns.fr/&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Champs communs - Le laboratoire d'idées de la reterritorialisation&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; animé par &lt;strong&gt;Guillaume Travers&lt;/strong&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Professeur d'économie, Guillaume Travers est chroniqueur à la revue &lt;a href=&quot;https://www.revue-elements.com/&quot;&gt;&lt;em&gt;Éléments&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et a notamment publié &lt;a href=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2020/02/18/pourquoi-tant-d-inegalites-6213664.html&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi tant d'inégalités ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (La Nouvelle Librairie, 2020), &lt;a href=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2020/05/27/economie-medievale-et-societe-feodale-un-temps-de-renouveau-6241779.html&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Économie médiévale et société féodale&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (La Nouvelle Librairie, 2020), &lt;a href=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2020/09/28/capitalisme-moderne-et-societe-de-marche-6266383.html&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Capitalisme moderne et société de marché&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (La Nouvelle Librairie, 2020) et &lt;a href=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2021/10/02/la-societe-de-surveillance-stade-ultime-du-liberalisme-6341173.html&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;La société de surveillance, stade ultime du libéralisme&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (La Nouvelle Librairie, 2021).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6391877&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/media/02/01/3860031898.jpg&quot; alt=&quot;Privatisation_Terres agricoles.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;La déterritorialisation des terres : un changement civilisationnel&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&quot;&quot; data-mesh-id=&quot;comp-l88hsaoeinlineContent&quot; data-testid=&quot;inline-content&quot;&gt;&lt;div data-mesh-id=&quot;comp-l88hsaoeinlineContent-gridContainer&quot; data-testid=&quot;mesh-container-content&quot;&gt;&lt;div id=&quot;comp-l88hsaof3&quot; class=&quot;_2Hij5 _3bcaz&quot; data-testid=&quot;richTextElement&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;« Déterritorialisation des terres » : l’expression est paradoxale. Et pourtant, c’est bien de cela dont il s’agit : des terres transformées en purs actifs financiers, échangées dans le monde entier par des sociétés anonymes dont les gérants ne les habiteront jamais ; des terres qui ne vaudront que comme placements ou sources de dividendes. Le phénomène est difficile à mesurer, car les statistiques disponibles ne le saisissent pas, mais il s’accélère massivement. Tentons un état des lieux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Un état des lieux&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;En France, l’un des premiers signaux d’alerte s’est allumé en 2015, lorsque deux entreprises chinoises ont racheté 1 700 hectares de terres agricoles dans l’Indre. Le phénomène n’était pas complétement nouveau : on savait ces achats de terres massifs sur d’autres continents, et l’on avait déjà vu des vignobles passer dans des mains étrangères. Mais l’annonce a néanmoins fait l’effet d’une petite bombe – c’était là des champs de blé et d’orge. Un livre récemment paru, &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Hold-up sur la terre&lt;/span&gt;, montre que les acheteurs ne sont pas qu’étrangers : nombre de petites exploitations et de parcelles sont rachetées par des groupes industriels et des entreprises de la grande distribution, Fleury Michon ou Chanel. Les prix payés pour ces achats dépassent tout ce que les jeunes agriculteurs peuvent raisonnablement débourser pour s’installer. À petit feu, l’agriculture cesse d’être familiale, pour être confiée à des multinationales gestionnaires embauchant des travailleurs agricoles non propriétaires. Il est à craindre que la tendance s’accentue soudainement, car la moyenne d’âge chez les agriculteurs est élevée, et plus de 160 000 exploitations devront trouver un successeur dans les trois ans à venir. Enfin, dernière révélation récente : la terre intéresse aussi les très grandes fortunes. Aux États-Unis, le plus grand propriétaire de terres arables n’est autre que Bill Gates, le fondateur de Microsoft, qui détient 97 000 hectares de champs répartis sur 18 États – et qui a bien du mal à expliquer publiquement les raisons de ces achats.&lt;span class=&quot;wixGuard&quot;&gt;​&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le même mouvement touche aussi les forêts. Le bois bénéficie de la mode des énergies « vertes », mais ce n’est guère une bonne nouvelle pour la gestion des forêts, qui se voit industrialisée : des parcelles entières rasées et replantées avec une seule espèce – celle qui convient le mieux à la demande du marché. Là encore, un livre récent, &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Main basse sur nos forêts&lt;/span&gt;, tente d’alerter l’opinion. Et là aussi, la question des achats par l’étranger devient saillante. Plus de 30% du bois français partirait vers l’étranger avant d’être transformé, et notamment vers la Chine, dont les importations de chêne ont bondi de 42% sur un an (et de 66% pour les résineux).&lt;span class=&quot;wixGuard&quot;&gt;​&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Notons, pour clore brièvement le constat, que des tendances comparables touchent aussi le foncier urbain. Au Canada, dans des villes comme Toronto ou Vancouver, plus du tiers de l’immobilier serait possédé par des acteurs chinois. À New York, des débats intenses ont récemment eu lieu s’agissant de certains gratte-ciel autour de Central Park, qui passent de sociétés financières en sociétés financières, sans même être habités. De purs placements.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La rupture du lien à la terre&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le fait de pouvoir acheter des terres n’importe où dans le monde paraît normal à la plupart de nos contemporains. Cela ne choque la majorité, au mieux, que dans quelques cas extrêmes. Si l’on considère la longue durée historique, c’est pourtant quelque chose de tout à fait neuf.&lt;span class=&quot;wixGuard&quot;&gt;​&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire des institutions européennes, une distinction très nette est toujours établie entre les biens immobiliers et les biens mobiliers. Ces derniers, que l’on parle de troupeaux ou de monnaie, ont très tôt été l’objet d’échanges, y compris avec des étrangers. À l’inverse, c’est un pléonasme d’affirmer que le propre de l’immobilier, c’est d’être immobile. Contrairement aux biens meubles, les Européens se sont toujours représentés la terre comme quelque chose qui ne peut pas être liquide, échangeable avec n’importe qui. La terre n’est pas un simple bien matériel, c’est le lieu sur lequel se déploie l’existence d’une lignée ou d’une communauté. Ce fait se laisse voir par de multiples exemples. Ainsi, dans le monde antique, là où les biens mobiliers sont échangés sans formalisme abondant (selon un modèle propre aux transactions commerciales), l’échange de la terre était beaucoup plus rare et formalisé par des cérémonies de nature religieuse : en faisant passer la terre de mains en mains, on délogeait les divinités familiales qui y habitaient, et cela ne pouvait être un acte anodin. Depuis l’Antiquité et jusqu’à la Révolution de 1789, une pratique comme celle du retrait lignager évitait la dispersion du patrimoine des lignées, en permettant précisément de ramener un bien dans le lignage quand celui-ci devait être vendu. Quant à la qualité d’une terre, elle n’a longtemps pas été pensée comme quelque chose de purement objectif ou matériel. On pensait au contraire qu’une terre était meilleure si des lignées illustres y avaient résidé : toujours, la valeur de la terre était représentée comme intrinsèquement liée à l’identité de ceux qui y avaient vécu ou y vivaient toujours. Sous des formes diverses, ces grands traits se retrouvent, pour autant qu’on puisse les reconstituer, depuis les civilisations indo-européennes jusqu’à la fin du Moyen Âge, en passant évidemment par l’Antiquité grecque et latine et par le monde germanique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La distinction très forte longtemps établie entre mobilier et immobilier avait un grand nombre de conséquences pour la structure de l’ordre social. Tout d’abord, la terre avait toujours une dimension politique. Elle était le bien des citoyens ou des membres de la communauté et n’était jamais cédée, ou presque, à des étrangers hors de la cité ou de la communauté. Pour cette raison, l’attachement à la terre était aussi le fondement du pouvoir – aussi bien à Rome que dans le monde féodal. Mais, et c’est ce qui est ici le plus important pour nous, le traitement spécial accordé à la propriété de la terre fut associé à tout un univers mental. La terre n’était pas un bien coupé des hommes, mais une chose à laquelle ils étaient intimement reliés. Elle était considérée comme ce qu’il y a de plus sûr (une perception qui demeure encore aujourd’hui en Europe, ce qui n’est pas le cas dans toutes les aires culturelles, où les biens considérés comme les plus sûr son parfois des meubles, comme les bijoux). Enfin, là où les biens mobiliers sont liquides, homogènes (rien n’est plus similaire à une pièce de monnaie qu’une autre pièce de monnaie), et peuvent être accumulés en théorie sans fin, l’immobilier est associé à l’image d’un monde profondément divers et borné. L’idée que l’on puisse accumuler sans fin des terres, considérées seulement pour leur superficie ou leurs qualités abstraites, est un non-sens dans le monde européen prémoderne.&lt;span class=&quot;wixGuard&quot;&gt;​&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;On mesure donc la révolution que constituent les dynamiques actuelles d’accaparement, où les terres ne valent plus, aux yeux de ceux qui les achètent, comme lieux différenciés et habités d’une âme, mais comme source de profits, ou comme simples « actifs sûrs » pour l’investissement. Historiquement, ce bouleversement est le fruit de la Révolution française et du Code civil, qui ont fait triompher une conception purement individualiste et absolue de la propriété. L’accélération très récente de la concentration de la terre dans les mains de groupes internationaux est un fruit direct de l’amplification de la mondialisation – mais qui ne doit pas faire oublier ces causes plus anciennes. Dans le cas des terres agricoles, la rupture se manifeste nettement dans le fait que les parcelles ainsi achetées ne sont plus travaillées par des paysans attachés à un champ particulier, mais par des simples travailleurs agricoles, possiblement tout aussi mobiles que les capitaux qui les emploient.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Les périls de l’industrialisation&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Si la « déterritorialisation de la terre » heurte notre sensibilité, elle est aussi porteuse de périls graves. Elle témoigne d’un rapport pathologique, purement utilitariste et court-termiste, à notre environnement. Car l’autre face de la marchandisation de la terre, c’est son industrialisation, sa gestion technique, comme une ressource distante, afin de maximiser la profitabilité immédiate du sol.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Les dangers sont particulièrement nets dans le cas des parcelles forestières, dont l’intérêt stratégique est depuis longtemps connu. Au XVIIe siècle, alors que la construction d’un navire peut nécessiter l’abattage de 4000 chênes centenaires, Colbert pense la politique forestière de la France à l’horizon d’un siècle au moins. Récemment, la Chine a fait de même, interdisant l’abattage de tout chêne dans le pays pour une durée de 99 ans. La Russie a suivi, en interdisant les exportations de bois. Alors qu’elle a longtemps été un modèle de gestion forestière, la France subit aujourd’hui de plein fouet les ravages de la marchandisation. La pression commerciale pousse à couper des arbres très anciens, à une vitesse qui ne permet plus leur renouvellement. L’absence de régulation stricte, qui se fonde sur l’illusion libérale selon laquelle rien n’est stratégique localement, car tout pourra toujours être acheté ailleurs, menace tôt ou tard certains de nos approvisionnements. Une part croissante de ces ressources stratégiques part à l’étranger &amp;nbsp;alors que, dans un mouvement inverse, nombre de pays réduisent leurs exportations. À la faveur de discours industriels vantant la « biomasse » et l’« économie verte », les parcelles déboisées sont souvent replantées avec une espèce unique, poussant vite et qui permettent d’optimiser l’utilisation de l’espace. Les conséquences écologiques sont parfois désastreuses : gérée par des coupes franches de parcelles entières, la forêt perd en diversité, et cesse d’être un écosystème vivant pour devenir une plantation industrielle d’arbres. De tels maux sont particulièrement nets sur les terres achetées par des multinationales afin de « compenser » leurs émissions de carbone par des plantations d’arbres. Certaines de ces parcelles n’ont parfois plus rien de naturel, et deviennent paradoxalement des déserts biologiques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Les périls d’une gestion trop distante planent aussi sur les terres agricoles. Gérées de manière industrielle, elles sont converties afin de produire les marchandises les plus échangeables internationalement. Dans le contexte actuel, les cultures destinées à la production de bio-carburants tiennent le haut du pavé, et raison notamment des subventions et du regard public favorable dont elles jouissent. Sur le temps long, le développement à grande échelle des bio-carburants est cependant un leurre. Tout d’abord, les terres étant limitées, leur exploitation à des fins énergétiques se fait au détriment de la production alimentaire – humaine ou animale – , de sorte que l’indépendance en ce domaine est remise en cause. Ensuite, ces activités, qui valent avant tout par la quantité de biomasse produite, sont particulièrement épuisantes pour les sols (il s’agit de planter de priorité ce qui pousse « beaucoup » et « vite ») et sont souvent très gourmandes en intrants. On voit poindre là un danger majeur : le jour où les biocarburants cesseront de bénéficier de subventions directes ou indirectes, l’intérêt des industriels s’en détournera, et l’on réalisera que des millions d’hectares de terres ont été appauvris par des politiques à trop court terme. Le sol est, lui aussi, une ressource épuisable et stratégique qu’il convient de gérer sur le temps long. La marchandisation des terres n’y participe guère.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Conclusion&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Un pays dont le peuple n’est plus maître de ses terres est en danger : parce qu’il s’expose à des crises majeures mais aussi parce qu’il cesse d’&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;habiter&lt;/span&gt; son environnement et de nouer avec lui des liens intimes. Des garde-fous ont longtemps existé, même à l’époque moderne, pourtant dominée par l’absolutisation du droit de propriété : les Safer (sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural) pour réguler la vente des terres agricoles, et l’ONF (office national des forêts) pour gérer les forêts. Malheureusement, par manque de volonté politique, ces deux structures ont été laissées à l’abandon. Dans les deux cas, le tarissement des fonds publics a été compensé par un financement privé, qui a pour partie modifié la nature de ces organismes : financés par des prélèvements sur les ventes de terres agricoles, ou par les ventes de bois, ces institutions ont désormais, davantage que par le passé, intérêt à maximiser les transactions et l’exploitation industrielle des ressources… donc à accompagner le pillage des terres et le démantèlement du patrimoine commun. En miroir, de plus en plus de pays dans le monde nous montrent une autre voie : celle qui conduit à voir la terre comme une ressource d’intérêt national, qui ne peut pas être abandonnée au seul jeu de l’offre et de la demande mondiales.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;font_8&quot; style=&quot;font-size: 15px; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Champs communs &lt;/strong&gt;(&lt;em&gt;Champs communs&lt;/em&gt;, septembre 2022)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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